Jan & Joël Martel : bas-reliefs et œuvres architecturales du XXe siècle

Expertise Fabien Robaldo, portrait photo de l'expert en Noir et blanc

Jan & Joël Martel : bas-reliefs et œuvres architecturales du XXe siècle

Introduction

Jan et Joël Martel comptent parmi les sculpteurs et décorateurs français les plus identifiés de la période Art déco. Leurs bas-reliefs et interventions architecturales ont marqué les années 1920 et 1930 par une esthétique géométrique, synthétique et lisible, appliquée à des thèmes variés comme la danse, la musique, les sports, l’allégorie ou le bestiaire. Leur production se situe à la croisée de la sculpture, du décor intégré et du projet urbain. Cet article présente un cadre clair et orienté marché pour comprendre, décrire et estimer leurs bas-reliefs et œuvres architecturales, avec des repères de typologies, de matériaux, de périodes et de valeur, ainsi que des résultats de ventes vérifiés.

Définition et description générale de la thématique

La thématique couvre l’ensemble des bas-reliefs et œuvres liées à l’architecture conçus par Jan et Joël Martel. Elle inclut les panneaux en faible saillie destinés à l’ornement d’intérieurs privés, d’édifices publics, de jardins ou de monuments commémoratifs, ainsi que les maquettes, projets et éléments préparatoires rattachés à des commandes architecturales. On y trouve des sujets profanes et sacrés, des scènes de danse et de musique, des allégories, des portraits et des compositions animalières stylisées. Ces œuvres répondent à une logique de série et de déclinaisons de formats, afin d’être intégrées à des programmes décoratifs complets ou adaptées à des espaces précis.

L’approche des frères Martel est structurée par la collaboration avec des architectes et des décorateurs. Elle privilégie la lisibilité et l’efficacité plastique dans un contexte architectural. Leur vocabulaire formel, influencé par le cubisme et l’Art déco, s’exprime dans des bas-reliefs aux volumes simplifiés, aux rythmes clairs, conçus pour un dialogue avec les lignes et matériaux du bâti. Certaines pièces existent en versions d’atelier, en plâtre patiné, en terres cuites, en laiton ou en bronze, parfois en éditions postérieures sous contrôle, d’autres sont uniques car produites pour un site donné.


Typologies, matériaux, périodes et styles

Typologies

Les typologies les plus représentées sont les panneaux en bas-relief destinés aux murs, trumeaux, dessus-de-porte, manteaux, paliers ou halls. À côté de ces formats, on rencontre des plaques décoratives de dimensions plus modestes, conçues pour des intérieurs privés, et des éléments architecturaux plus importants comme des frises, tympans, pilastres animés par des scènes en bas-relief, ou des ensembles monumentaux intégrés à une fontaine, une pergola, un pavillon d’exposition ou une façade. Les maquettes et projets préparatoires, souvent en plâtre ou en bois peint, permettent d’identifier l’implantation d’ensemble et les variantes d’exécution. Certaines pièces relèvent de la sculpture décorative autonome quand elles sont détachées de leur contexte initial, mais conservent un langage pensé pour l’architecture.


Matériaux

Les matériaux employés sont adaptés aux contextes de présentation et aux contraintes techniques. Les plâtres d’atelier, parfois patinés, dorés ou argentés, constituent un corpus important. Les terres cuites existent en versions patinées ou polies, selon l’effet recherché. Les bas-reliefs en pierre, ciment ou mortier sont privilégiés pour l’intégration au bâti, notamment en extérieur. Des variantes existent en laiton, bronze patiné ou fonte éditée à faible tirage, permettant la diffusion de certains sujets. On rencontre ponctuellement des procédés de surface assimilables à des finitions laquées ou dorées appliquées sur des supports moulés. Les maquettes architecturales, en bois peint ou en plâtre, documentent l’intention volumétrique et le rapport aux proportions du lieu.


Périodes et styles

La période clef se situe entre le milieu des années 1920 et la première moitié des années 1930. Les projets liés à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes à Paris en 1925 constituent une référence fondatrice, avec l’emploi du béton armé et la mise en place d’un langage géométrique fonctionnel à l’échelle du jardin et du pavillon. La fin des années 1920 et le début des années 1930 voient se multiplier les commandes architecturales, publiques et privées, où les bas-reliefs s’intègrent à des halls, pergolas, salles de spectacles, casinos et monuments commémoratifs. Le style reste ancré dans l’Art déco, avec des simplifications volumétriques, des silhouettes ramassées et une organisation rythmique des plans favorisant la lecture à distance et l’inscription sur surface plane.


Facteurs simples influençant la valeur

Plusieurs éléments non techniques orientent la valeur des bas-reliefs et œuvres architecturales des frères Martel. Le premier est la destination de l’œuvre. Un panneau documenté comme provenant d’une commande architecturale identifiée, rattachée à un lieu, un architecte ou un programme connu, bénéficie d’une demande plus élevée que des variantes décoratives sans provenance claire. Lien direct avec un monument ou une commande publique, mention dans un catalogue d’exposition ou un dossier d’archives renforcent la pertinence historique et la liquidité sur le marché.

Le second facteur est le sujet. Les thèmes phares comme la danse, la musique, les allégories ou les scènes liées à un projet emblématique des années 1920-1930 suscitent une demande plus soutenue. Les compositions bien référencées, par exemple des panneaux conçus en pendant, peuvent dynamiser l’intérêt des collectionneurs du décor de la période Art déco et de l’architecture moderne.

Le troisième facteur est le matériau et, le cas échéant, l’édition. Les bas-reliefs en pierre, ciment ou pierre reconstituée associés à une architecture demeurent recherchés, de même que les plâtres d’atelier aboutis, signés et documentés. Les terres cuites patinées et les bronzes patinés, surtout lorsqu’ils sont de tirage maîtrisé, soutiennent des niveaux de prix cohérents. La mention d’un fondeur reconnu sur un bronze, la signature et les dimensions jouent à la hausse. À l’inverse, les versions postérieures non documentées ou les réductions tardives affichent une dynamique plus modérée.

La taille et la visibilité de la composition sont déterminantes. Un grand panneau conçu pour un hall ou un trumeau s’impose dans un intérieur et attire une clientèle élargie, du collectionneur d’Art déco à l’amateur d’architecture. Les formats plus modestes conservent de l’attrait par leur accessibilité et leur facilité d’accrochage. Enfin, la documentation publiée, la présence dans des musées ou des expositions de référence, et une provenance claire renforcent la valeur perçue et la confiance des acheteurs.


Marché de l’art : demande, cote, valeur

Le marché des bas-reliefs et œuvres architecturales des frères Martel est porté par la solidité du segment Art déco et par l’intérêt transversal des collectionneurs d’architecture, de design et de sculpture moderne. Les œuvres liées à des architectes identifiés ou à des expositions majeures des années 1920-1930 présentent un socle de demande récurrent. Le positionnement prix se structure en plusieurs paliers. Les grands bas-reliefs emblématiques, rattachés à des programmes historiques et conservés dans un bon état de présentation, peuvent atteindre des adjudications à six chiffres. Les panneaux décoratifs de taille moyenne, en plâtre doré ou patiné, en terre cuite patinée ou en matériau moulé de qualité, se situent plus fréquemment dans une fourchette de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d’euros selon le sujet, le format et la documentation.

Les plaques décoratives et petites compositions en bas-relief signées, souvent présentes sur le marché français, constituent une porte d’entrée accessible et mouvante, avec des adjudications variables en fonction du thème, de l’édition et de la rareté. Les propositions reliées à des monuments, fontaines ou pergolas, ou encore accompagnées de maquettes et dessins préparatoires, bénéficient d’un supplément d’intérêt qui se répercute sur la valeur. Les publications récentes et la mise en avant des collaborations avec des architectes modernistes ont également contribué à la visibilité des œuvres Martel au cours des dernières années.

La dynamique d’enchères pour ces œuvres reste principalement ancrée en France, avec une audience internationale attentive aux signatures de l’Art déco. Les institutions et les grandes collections de design et d’architecture contribuent à la reconnaissance de ce corpus, ce qui se traduit par une épaisseur de marché supérieure sur les lots documentés. Les ventes spécialisées Art déco et design du XXe siècle, ainsi que certaines vacations généralistes, concentrent l’essentiel de l’offre et des résultats reflétant cette typologie.


Repères historiques et collaborations architecturales majeures

Les frères Martel participent à de nombreuses expositions parisiennes à partir des années 1920 et s’illustrent à l’Exposition internationale de 1925 où ils conçoivent des éléments sculptés intégrés aux pavillons et jardins. Leur collaboration avec Robert Mallet-Stevens favorise la diffusion de leur langage sculptural à l’échelle de l’architecture, puis l’édification de leur maison-atelier à Paris. Dans les années 1930, ils interviennent sur des programmes commémoratifs et décoratifs dont des panneaux en bas-relief structurent la mise en scène, en cohérence avec les partis pris de l’Art déco tardif.

Les réalisations architecturales mettent en évidence la maîtrise de la composition sur surface plane, l’articulation des plans et la stylisation de figures humaines, végétales et animales. Cette écriture visuelle, conçue pour des halls, façades ou fontaines, répond à des critères de clarté formelle et d’adéquation au site, caractéristiques de la sculpture décorative moderne de l’entre-deux-guerres. Les maquettes d’atelier, plaques d’essai et variantes en plâtre documentent ce processus d’intégration et intéressent le marché quand elles sont accompagnées d’archives ou de références publiées.


Œuvres et thèmes récurrents en bas-relief

La danse et la musique forment un noyau thématique fréquent chez les Martel, déclinés en panneaux conçus en pendant, parfois destinés à des lieux de spectacle ou à des intérieurs de mélomanes. Les allégories liées aux arts, aux saisons, à la concorde sociale ou à la mémoire prennent place dans des programmes décoratifs civils et commémoratifs. Les bestiaires stylisés, notamment oiseaux, mammifères et animaux marins, existent sous forme de bas-reliefs autonomes ou d’éléments intégrés. Les sujets sacrés, comme des scènes hagiographiques, apparaissent plus ponctuellement et sont recherchés quand ils sont signés, datés et bien localisés dans l’œuvre des artistes.

On rencontre aussi des bas-reliefs de transport, sportifs ou industriels, rattachés à l’imaginaire moderne des années 1920-1930. Les panneaux commémoratifs dédiés à des compositeurs, écrivains ou scientifiques s’inscrivent dans l’esthétique structurée propre aux Martel, avec une économie de moyens et une hiérarchisation des plans favorable à la lisibilité. Selon les cas, ces œuvres existent en maquettes et en versions d’exécution, ce qui permet au marché d’absorber différentes tailles et finitions par familles de sujets.


Critères d’estimation synthétiques

Pour une première approche d’estimation gratuite, les critères suivants orientent l’analyse. Le rattachement à un projet identifié, une collaboration connue ou un lieu précis est déterminant. La signature lisible, un marquage d’atelier ou de fondeur, une provenance précise et la présence d’une documentation d’époque apportent une base objective. Le matériau et le format pondèrent l’attente de prix, tout comme la qualité de la composition et sa notoriété thématique. La rareté d’un sujet ou d’un modèle, l’existence d’un pendant, ou l’appartenance à un ensemble publié influencent la valeur. Enfin, l’historique d’expositions et les reproductions dans des catalogues de référence renforcent la crédibilité du lot auprès des acheteurs spécialisés.


Résultats de ventes

Les exemples ci-dessous illustrent différentes gammes de prix observées pour des bas-reliefs et œuvres architecturales liés aux frères Martel. Les montants sont indiqués en euros.

  • “La Danse”, panneau en bas-relief, vers 1927. Maison: Christie’s, Paris, mars 2011. Adjugé 115 000 €. Référence catalogue publique de la maison et synthèse publiée.
  • “La Danse”, édition Pierre Séailles “lap de nuance rouge”. Maison: Artcurial, Paris, novembre 2014. Adjugé 51 400 €. Résultat publié et relayé dans les synthèses de marché.
  • “Maternité”, bas-relief en terre cuite patinée, signé Jan Martel. Maison: MILLON, Paris, vente “Arts décoratifs du XXe”. Lot 85. Adjugé 3 000 €. Fiche de lot en ligne avec prix indiqué.


Ces repères montrent l’écart de prix entre, d’une part, des panneaux emblématiques, publiés et liés à des ensembles de référence, et, d’autre part, des bas-reliefs de format plus modeste issus d’atelier. La documentation, la visibilité institutionnelle et la relation à un programme architectural demeurent les principaux moteurs de valeur sur ce segment.


Conclusion

Les bas-reliefs et œuvres architecturales de Jan et Joël Martel occupent une place établie au sein de l’Art déco français. Le marché valorise en priorité les sujets phares, les œuvres publiées et les pièces rattachées à des commandes identifiées des années 1920-1930. Les formats, matériaux et éditions créent des paliers de prix complémentaires qui permettent d’entrer dans ce corpus à différents niveaux. Pour situer précisément la valeur d’une œuvre, il est utile de confronter le sujet, le matériau, la provenance et les références publiées aux résultats comparables récents. Pour obtenir une orientation chiffrée et argumentée, vous pouvez solliciter une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. Cet accompagnement vous permettra d’aligner la stratégie de mise en marché sur les attentes actuelles des collectionneurs et des spécialistes.


FAQ

Qui sont Jan et Joël Martel et quelle est leur période d’activité principale ?

Frères jumeaux nés en 1896 et actifs surtout entre le milieu des années 1920 et la première moitié des années 1930, ils sont associés à l’Art déco et aux collaborations avec des architectes modernistes.

Qu’appelle-t-on “bas-relief” chez les frères Martel ?

Une sculpture à faible saillie conçue pour une surface plane, destinée à l’architecture, à un décor intérieur ou à une présentation murale autonome.

Quels matériaux rencontre-t-on le plus souvent ?

Plâtre patiné ou doré, terre cuite patinée, pierre, ciment, parfois bronze patiné ou laiton, ainsi que des maquettes en plâtre ou bois peint.

Les œuvres existent-elles en plusieurs versions ?

Oui, certains sujets se déclinent en maquettes, variantes d’atelier, éditions en métal ou en matériau moulé, et versions d’exécution pour l’architecture.

Quels thèmes reviennent régulièrement dans leurs bas-reliefs ?

La danse, la musique, les allégories, des sujets commémoratifs et un bestiaire stylisé sont récurrents.

Qu’est-ce qui influence le plus la valeur d’un bas-relief Martel ?

Le rattachement à un projet architectural identifié, la documentation, le sujet, le format, le matériau et la qualité de publication sont déterminants pour la valeur.

Un bas-relief lié à une commande architecturale vaut-il davantage ?

En général oui, car il bénéficie d’une provenance claire, d’une visibilité historique et d’une demande soutenue.

Peut-on trouver des œuvres à des niveaux de prix accessibles ?

Oui, les petites plaques et certains bas-reliefs d’atelier signés circulent à des niveaux modérés selon le sujet, la taille et l’édition.

Les œuvres en bronze sont-elles plus recherchées que celles en plâtre ?

Le bronze soutient souvent des prix solides, surtout s’il est de tirage maîtrisé et fondu par un atelier référencé, mais des plâtres publiés ou rattachés à un programme fort peuvent atteindre des montants élevés.

Les maquettes et projets préparatoires ont-ils un marché ?

Oui, lorsqu’ils documentent un ensemble connu et disposent d’une provenance et de références publiées.

Où se concentrent les ventes ?

Principalement en France, avec une audience internationale pour les signatures Art déco, dans des vacations spécialisées ou généralistes du XXe siècle.

Comment obtenir une estimation gratuite pour une œuvre des frères Martel ?

Contactez Fabien Robaldo pour une estimation gratuite fondée sur des comparables récents et une analyse du sujet, du matériau, de la provenance et de la documentation.

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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