Estimation Catherine Lusurier (1752-1781) – Cote, prix et expertise
Catherine Lusurier (1752-1781) est une peintre française du XVIIIe siècle, principalement identifiée par des portraits. Son corpus est restreint, ce qui rend la lecture du marché délicate et impose une approche rigoureuse des attributions. Dans le cadre d’une demande d’estimation, l’objectif est de déterminer une fourchette cohérente de prix, en tenant compte du sujet, de la technique, du format, de la signature, de la provenance et de la qualité d’exécution, ainsi que de l’historique des ventes publiques.
Une expertise sérieuse doit aussi intégrer le contexte d’atelier et les confusions possibles avec des peintres proches (œuvres attribuées, œuvres d’entourage, copies d’après). Pour établir une valeur réaliste, le travail porte autant sur l’œuvre elle-même que sur sa documentation (comparaisons, archives, reproductions, bibliographie, mentions anciennes).
Domaines artistiques | Prix / Valeur / Cote |
Peintures (huile sur toile, portraits) | 26 500 € – 440 500 € |
Peintures attribuées (portraits, scènes de genre) | 8 000 € – 32 660 € |
Biographie
Catherine Lusurier naît à Paris en 1752 et meurt à Paris le 11 janvier 1781. Elle est formée dans l’entourage de la dynastie des Drouais. Elle est notamment présentée comme la nièce de Hubert Drouais (1699-1767), auprès duquel elle apprend la peinture. Après la mort de Hubert Drouais, elle demeure dans le cercle familial et d’atelier, avec des liens forts avec François-Hubert Drouais (1727-1775) et Jean-Germain Drouais (1763-1788).
Les sources muséales attestent d’un profil de portraitiste, capable d’œuvres ambitieuses, tout en restant dans des formats et des sujets compatibles avec les commandes privées. Son œuvre documentée comprend des portraits identifiés et signés, ainsi que des œuvres attribuées. Le nombre d’œuvres fermement retenues est limité, ce qui explique la rareté en vente et l’attention portée aux réapparitions d’œuvres sur le marché.
Œuvres et présence dans les collections
Plusieurs institutions conservent des œuvres rattachées à Catherine Lusurier. Le musée du Louvre conserve un portrait de Jean-Germain Drouais, sous le titre “Le peintre Germain-Jean Drouais (1763-1788) à l’âge de quinze ans” (huile sur toile, vers 1778). Le musée Carnavalet conserve notamment “Portrait de Jean Le Rond d’Alembert (1717-1783), mathématicien et philosophe”, daté 1777 et signé, ainsi qu’un autre portrait daté 1770 (longtemps identifié comme d’Alembert). La National Gallery of Art (Washington) conserve un dessin au crayon, “Portrait of a Young Boy”. D’autres œuvres sont recensées dans des musées américains, avec des attributions et des discussions historiographiques.
Cette présence institutionnelle est importante pour l’expertise. Elle fournit des comparaisons fiables, notamment sur la typologie des visages, le traitement des chairs, la palette, les fonds, et la manière de poser le regard du modèle. Elle aide également à encadrer les attributions, car une partie des œuvres historiquement associées à l’artiste a pu circuler sous d’autres noms (atelier, suiveur, attribution ancienne).
Style de l’artiste
Le style de Catherine Lusurier est principalement décrit à travers le portrait. Les œuvres connues montrent une recherche de ressemblance, un intérêt pour la psychologie du modèle et une mise en scène sobre. Les compositions privilégient souvent un cadrage rapproché, avec une attention portée aux mains, aux accessoires (table de travail, instruments, feuilles, attributs intellectuels), et à la lisibilité des volumes.
Le rendu des textures est un point déterminant dans l’analyse. Le traitement des étoffes, des rubans, des dentelles et des accessoires peut être précis, sans excès décoratif. La palette reste généralement équilibrée, avec des tons chair maîtrisés et des contrastes modérés. Dans les portraits d’enfants ou de jeunes modèles, l’artiste recherche une expression directe et une présence frontale, ce qui se traduit par des regards posés vers le spectateur et une lumière structurante sur le visage.
Du point de vue de l’attribution, le style doit être comparé à celui des Drouais, ainsi qu’à des portraitistes parisiens proches par le sujet et la période. Les confusions historiques proviennent souvent d’une proximité de milieu, de modèles similaires, et de la circulation d’œuvres d’atelier, parfois non signées, ou de copies d’après des compositions connues.
Techniques, matériaux, périodes
Les œuvres rattachées à Catherine Lusurier sont majoritairement des huiles sur toile. Les formats peuvent être rectangulaires, mais on rencontre aussi des formats ovales, typiques du portrait de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les dimensions varient sensiblement selon le statut de la commande, l’ambition du portrait et la destination (salon privé, cabinet, présentation familiale).
La signature, lorsqu’elle existe, peut prendre des formes différentes. Les collections publiques signalent des inscriptions de type “C. Lusurier” avec date, ou “Mlle Lusurier” avec date, ce qui est un élément clé lors d’une authentification. La datation documentée se concentre sur les années 1770-1777 pour des œuvres majeures conservées en musée. La période active se place donc dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, jusqu’au décès de l’artiste en 1781.
En parallèle de la peinture, des œuvres sur papier existent, comme des dessins au crayon. Ces feuilles sont importantes pour comprendre le niveau de dessin et la manière de moduler les volumes. Dans une expertise, l’examen des techniques graphiques (craie rouge, craie noire, rehauts, estompe) et du support (papier vergé, teinte du papier, trame) permet d’orienter une attribution et de situer l’œuvre dans une pratique d’atelier ou une production autonome.
Analyse du marché
Le marché de Catherine Lusurier est un marché de rareté. Les œuvres apparaissent peu en vente publique, et les résultats peuvent varier fortement selon le degré de certitude de l’attribution. Le premier facteur de différenciation est donc le statut de l’œuvre: œuvre signée et datée, œuvre attribuée, œuvre d’atelier, œuvre d’entourage, ou œuvre anciennement attribuée. À lui seul, ce point peut multiplier ou diviser la valeur par un facteur important.
Le second facteur est la typologie. Les portraits aboutis, avec un modèle identifiable, une mise en scène cohérente et un niveau d’exécution élevé, sont ceux qui concentrent l’intérêt. Les portraits d’artistes, d’intellectuels, ou les scènes à la frontière du portrait et de la scène de genre (enfants au travail, jeune dessinateur) peuvent bénéficier d’une demande plus large, car ils répondent à un goût actuel pour les sujets documentaires et les redécouvertes de peintres femmes du XVIIIe siècle.
Le troisième facteur est la provenance et la documentation. Une provenance ancienne, des mentions dans des catalogues, une présence dans des expositions, ou une bibliographie spécialisée renforcent la solidité d’un dossier. En pratique, une œuvre peu documentée, même de bonne qualité, peut rester en retrait si la comparaison avec des œuvres de référence n’est pas suffisamment convaincante. À l’inverse, une réattribution argumentée et bien documentée peut créer une dynamique de prix, en particulier pour une artiste à corpus restreint.
Enfin, le format et l’état de présentation (cadre ancien, format ovale, qualité du support) influent sur la perception, mais ils interviennent après les critères d’attribution, de sujet et de qualité. En expertise, l’objectif est de hiérarchiser ces facteurs pour produire une fourchette d’estimation utilisable, cohérente et défendable en vente publique.
Analyse technique de la thématique
Pour une estimation centrée sur Catherine Lusurier, l’analyse technique consiste à vérifier la compatibilité matérielle et stylistique de l’œuvre avec la production attendue d’un portraitiste parisien des années 1770. Sur une huile sur toile, on examine d’abord le support (toile, tension, préparation), puis la construction de l’image (dessin sous-jacent, placement du visage, proportions, traitement des mains). On évalue ensuite la facture, notamment la manière de rendre les chairs, la transition des ombres, et la gestion des contours (plus ou moins fondus).
Les portraits attribués à Lusurier montrent souvent des visages au modelé doux, avec une lumière lisible, et un équilibre entre précision descriptive et simplification des fonds. Les arrière-plans peuvent rester neutres ou légèrement modulés, afin de concentrer l’attention sur le modèle. Dans certains portraits, des accessoires de travail (table, feuille, plume, instrument) structurent la narration. Ce point est utile pour rapprocher une œuvre d’un thème fréquent: l’enfant ou le jeune modèle représenté dans une activité (dessin, étude, écriture).
Sur une œuvre sur papier, l’analyse porte sur la nature du trait, la cohérence des hachures, l’usage de la couleur (craie rouge et noire), et la manière de suggérer les volumes du visage sans recourir à des rehauts systématiques. Les portraits au crayon du XVIIIe siècle peuvent être très proches d’un autre artiste par simple proximité d’atelier. Il est donc essentiel de comparer les détails récurrents, comme la construction du regard, la forme des lèvres, et la manière de traiter les cheveux et les drapés.
Dans tous les cas, l’identification correcte des titres d’oeuvres est un point concret de la méthode. Une œuvre peut circuler sous des appellations variables (portrait présumé, portrait d’homme, portrait de jeune fille, jeune dessinateur). Une expertise doit stabiliser une désignation, décrire le sujet de façon neutre, et distinguer ce qui est certain de ce qui est hypothétique. Cette clarification a un impact direct sur la valeur et sur la qualité du dossier présenté en vente publique.
Marché des enchères
Les résultats ci-dessous illustrent la variabilité des prix pour Catherine Lusurier, selon l’importance du tableau, la qualité, et le niveau d’attribution. Pour faciliter la comparaison, les montants sont présentés en euros, même lorsque la vente était libellée dans une autre devise.
- Christie’s, 20 mai 2025, lot 14, “Portrait of a young artist”, 440 500 €
- Sotheby’s, 3 décembre 1997, lot (même œuvre), “Portrait of a young artist”, 147 200 €
- Bonhams, 3 juillet 1997, lot 79, “A Young Boy Seated In A Landscape, Three-Quarter Length”, 32 660 €
- Leroux, 17 novembre 1986, “Portrait de d’Alembert à sa table de travail”, 26 500 €
Conclusion
L’estimation d’une œuvre attribuée à Catherine Lusurier repose sur une combinaison d’indices: qualité picturale, cohérence stylistique, technique, format, signature, provenance et comparaisons muséales. La rareté de l’artiste peut soutenir la valeur, mais elle impose aussi une exigence plus élevée sur la solidité du dossier et sur le degré de certitude de l’attribution.
Pour obtenir une fourchette d’estimation adaptée à votre œuvre (huile sur toile, dessin, attribution, entourage), vous pouvez solliciter une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. Selon les cas, l’expertise peut être structurée pour une présentation en vente publique, notamment auprès d’acteurs du marché tels que MILLON, en respectant les exigences de catalogue, de documentation et d’attribution.
Comment reconnaître une œuvre de Catherine Lusurier ?
On commence par vérifier la technique (souvent huile sur toile), le type de sujet (portrait), puis la présence d’une signature et d’une date. L’étape suivante consiste à comparer le visage, le regard, les mains et la palette avec des œuvres de référence conservées en musées.
Une œuvre non signée peut-elle être attribuée à Catherine Lusurier ?
Oui. Une attribution peut être proposée si l’œuvre présente une cohérence stylistique et technique, et si des comparaisons solides existent. Dans ce cas, la valeur dépend fortement de la qualité du dossier et du degré de consensus.
Quels sujets sont les plus recherchés sur le marché ?
Les portraits aboutis, en particulier ceux dont la composition est structurée et dont l’exécution est de haut niveau. Les scènes proches du portrait d’enfant ou du jeune modèle en activité peuvent aussi susciter un intérêt marqué.
Quelle différence entre “attribué à” et “école de” ?
“Attribué à” signifie qu’une œuvre est proposée sous le nom de l’artiste avec un degré de probabilité, sans certitude absolue. “École de” renvoie à un contexte plus large (milieu, période, influence) sans engagement direct sur l’auteur.
Quels documents aident le plus pour une estimation ?
Des photos nettes (face, détails, signature), les dimensions, la technique, et tout élément de provenance (factures, inventaires, anciennes étiquettes, historique familial). Une bibliographie ou une reproduction ancienne renforce aussi le dossier.
Pourquoi les prix peuvent-ils varier autant ?
Parce que le marché distingue fortement une œuvre signée et documentée d’une œuvre attribuée. Le sujet, la qualité d’exécution, le format et la provenance expliquent également des écarts importants de valeur.
Les dessins de Catherine Lusurier ont-ils une cote stable ?
Le marché des dessins est plus étroit et dépend beaucoup de la qualité, de l’état de présentation, et de la certitude d’attribution. Une feuille bien caractérisée et comparable à des œuvres conservées en institution est mieux valorisée.
Comment se déroule une estimation gratuite avec Fabien Robaldo ?
Vous transmettez des informations factuelles (photos, dimensions, technique, éléments de provenance). L’analyse vise à proposer une fourchette d’estimation et à préciser le statut d’attribution le plus pertinent.
Faut-il un expert pour vendre en vente publique ?
Une expertise structurée est fortement recommandée pour sécuriser l’attribution, présenter une description cohérente et défendre une estimation. Elle améliore aussi la compréhension de l’œuvre par les enchérisseurs.
Une attribution ancienne à un autre artiste empêche-t-elle une relecture ?
Non. Des œuvres ont parfois été attribuées à des peintres proches par commodité ou par tradition. Une réattribution est possible si elle est argumentée et appuyée par des comparaisons pertinentes.
Qu’est-ce qui fait monter la valeur d’un portrait de Lusurier ?
La signature et la date, la qualité du visage et des mains, une provenance claire, un sujet fort, un format attractif, et une documentation solide (comparaisons, bibliographie, expositions).
Peut-on faire estimer une œuvre située hors de France ?
Oui. Des photographies et des informations techniques peuvent suffire pour une première estimation. Si nécessaire, une analyse complémentaire peut être envisagée selon la nature de l’œuvre et les enjeux.
Sources
Musée du Louvre, notice de “Le peintre Germain-Jean Drouais (1763-1788) à l’âge de quinze ans”
Paris Musées (Carnavalet), notice du portrait daté 1770 (anciennement identifié comme d’Alembert)
National Gallery of Art, fiche artiste et “Portrait of a Young Boy”
Philadelphia Museum of Art, notice de “Portrait of a Woman Drawing”
Wikipédia (FR), Catherine Lusurier
Wikipédia (EN), Catherine Lusurier
Christie’s, lot en ligne: Catherine Lusurier, “Portrait of a young artist”
HENI News, synthèse de résultats d’enchères (prix en USD) pour Catherine Lusurier
Invaluable, base d’archives de lots (mentions de prix en EUR)