Estimation Henri Antoine de Favanne (1668-1752)

Expertise des œuvres de l'artiste "Henri Antoine de Favanne" et présentation de celui-ci, Autoportrait, v. 1730, Collection privée (Vente Paris, hôtel Drouot, Delorme, 16 décembre 2009, lot. 30)
Expertise des œuvres de l'artiste "Henri Antoine de Favanne" et présentation de celui-ci, Autoportrait, v. 1730, Collection privée (Vente Paris, hôtel Drouot, Delorme, 16 décembre 2009, lot. 30)

 

Estimation Henri Antoine de Favanne (1668-1752) – Prix, cote et valeur des tableaux et dessins

 

Henri Antoine de Favanne, parfois orthographié Favanne ou Favannes, est un peintre d’histoire actif entre la fin du XVIIe siècle et le milieu du XVIIIe siècle. Son nom apparaît surtout dans le contexte des grands décors et de la peinture d’inspiration académique, avec des sujets religieux, mythologiques et allégoriques. Sur le marché, ses oeuvres restent relativement rares. La demande se concentre sur les huiles abouties, les esquisses liées à des programmes décoratifs identifiés, et certains dessins d’atelier (académies et études de figures).

Pour une estimation, l’enjeu principal est de qualifier précisément la nature de l’oeuvre (tableau fini, modello, esquisse, dessin préparatoire, étude d’après l’antique), d’en vérifier l’attribution, puis de positionner le niveau d’intérêt dans l’iconographie et la provenance. Les titres d’oeuvres, les inscriptions, les marques de collection, ainsi que les références à un décor documenté (notamment Chanteloup) peuvent influencer fortement la valeur.

Domaines artistiquesPrix / Valeur / Cote
Huile sur toile (esquisse / étude liée à un décor identifié)28 800 €

 

Biographie factuelle

 

Henri Antoine de Favanne naît à Londres le 3 octobre 1668 et meurt à Paris le 27 avril 1752. Il est généralement présenté comme un peintre d’origine française né en Angleterre, et actif principalement en France, avec un passage important en Italie puis en Espagne. Il s’inscrit dans la tradition de la peinture d’histoire, au sens académique du terme, qui regroupe les sujets religieux, mythologiques, allégoriques et historiques.

Sa formation se déroule à Paris, notamment auprès de René-Antoine Houasse, artiste lié à l’héritage de Charles Le Brun. Il obtient le Grand Prix de Rome en 1693, ce qui structure la suite de son parcours. Son séjour romain est généralement situé entre 1695 et 1700. Cette étape est importante pour comprendre sa culture visuelle, son dessin, et sa manière de composer des scènes ambitieuses, pensées pour être lisibles à distance et organisées en frises ou en compartiments.

Favanne travaille ensuite en Espagne dans l’entourage de la princesse des Ursins. Cette période l’oriente vers des commandes en lien avec le pouvoir et la représentation politique, dans un contexte marqué par le début du règne de Philippe V. Après son retour en France, il est associé à un programme décoratif majeur, celui du château de Chanteloup (décor aujourd’hui disparu). Les études et tableaux en lien avec Chanteloup constituent une partie structurante de son corpus connu, avec des oeuvres conservées dans des collections publiques (Louvre, Versailles, Tours, Lille).

À Paris, sa position institutionnelle est attestée par son rôle à l’Académie royale, où il est notamment élu recteur. Dans le cadre d’une expertise, ces éléments biographiques servent à situer l’artiste au croisement d’un goût encore marqué par le classicisme du Grand Siècle et d’évolutions du XVIIIe siècle, visibles dans le coloris, la gestuelle et certains thèmes.

 

Style de l’artiste

 

Le style de Favanne est généralement rattaché à la peinture d’histoire française, avec une organisation claire des groupes, un souci de narration, et une hiérarchisation des figures. Ses compositions peuvent adopter une lecture en frise, particulièrement adaptée aux décors de galerie et de plafond. La gestuelle des personnages est souvent expressive, au service d’un récit lisible, avec une attention portée à l’articulation des corps et aux rythmes des attitudes.

Son coloris est décrit comme délicat, et son oeuvre a parfois été analysée comme un trait d’union entre des références classiques (Poussin, Le Brun) et des sensibilités qui annoncent certains aspects du néo-classicisme. Dans l’expertise, ces marqueurs stylistiques sont utiles, car les oeuvres attribuées peuvent varier fortement de qualité. Les meilleures pièces montrent une maîtrise de l’espace, un dessin solide, et un équilibre entre la précision des contours et des transitions plus souples dans les ombres.

Les sujets identifiés dans les collections publiques confirment la diversité des registres, du religieux (saints, épisodes bibliques) au mythologique (Phaéton), en passant par l’allégorie politique (reconnaissance de Philippe d’Anjou comme roi d’Espagne). Cette variété impose, pour l’estimation, une approche par typologie, car un sujet mythologique de décor ne se positionne pas comme un dessin isolé d’académie, ni comme une allégorie destinée à un contexte de cour.

 

Techniques, matériaux, périodes

 

Les oeuvres connues de Favanne comprennent des peintures à l’huile sur toile, notamment pour des décors (modelli, esquisses préparatoires, compartiments), ainsi que des dessins d’étude. Les collections publiques conservent des peintures liées au décor de Chanteloup, dont des scènes mythologiques préparatoires à des plafonds. Un exemple documenté est une peinture à l’huile sur toile datée vers 1715-1716 et associée à une étude de plafond (modello) pour le salon de Chanteloup, sur le thème de Phaéton.

Pour le dessin, le répertoire technique associé à l’artiste inclut des combinaisons de craie noire et craie blanche sur papier brun, souvent adaptées aux académies et aux études de nus. Ce type de feuille peut porter une signature ou une inscription du type “Defav.ne”, et présenter des filigranes, éléments utiles pour situer la feuille dans une chronologie et une pratique d’atelier. Dans une logique d’expertise, l’étude des papiers (filigrane, vergeures, teinte), des rehauts et de la manière de poser les blancs est déterminante pour distinguer un dessin autographe d’un travail d’atelier ou d’une attribution ancienne non confirmée.

La carrière de Favanne se comprend en grandes séquences. Une phase de formation à Paris, suivie d’un séjour à Rome (fin du XVIIe siècle), puis d’une période espagnole au début du XVIIIe siècle, et enfin d’un retour en France avec des commandes décoratives importantes autour des années 1710-1716 (Chanteloup). Cette segmentation est utile pour l’estimation, car les oeuvres liées à un décor documenté et datable peuvent être mieux contextualisées, et parfois mieux défendues sur le marché que des feuilles isolées, surtout si le sujet est générique.

 

Analyse du marché

 

Le marché d’Henri Antoine de Favanne est un marché de spécialiste. L’artiste est connu des historiens de l’art et présent dans des collections publiques, mais il n’est pas un nom de premier plan auprès du grand public. En conséquence, les transactions se concentrent sur un volume limité, et la hiérarchie des prix est très sensible à la qualité de l’attribution et à l’intérêt documentaire de l’oeuvre.

On peut distinguer plusieurs typologies. D’abord, les huiles sur toile liées à des ensembles décoratifs identifiés (Chanteloup) et aux sujets historiques en rapport avec Philippe V. Ensuite, les tableaux religieux ou mythologiques autonomes, dont la réception peut dépendre du format et de la force de la composition. Enfin, les dessins, souvent des académies ou des études, qui intéressent un public différent, plus ciblé, et dont la valorisation dépend fortement de l’état de lisibilité (contrastes, rehauts), de la présence d’une signature, et d’une provenance claire.

Les facteurs qui pèsent le plus sur la valeur sont l’attribution (autographe, atelier, attribué à, entourage), le caractère préparatoire rattachable à un décor documenté, la qualité d’exécution, les dimensions, et la lisibilité du sujet. Une étude préparatoire pour un décor connu peut être considérée comme une pièce de référence, car elle s’intègre dans une histoire de commande et peut être comparée à d’autres fragments conservés. À l’inverse, une oeuvre isolée, sans provenance ni rattachement, aura plus de difficultés à soutenir une valorisation élevée, même si le style est convaincant.

Pour une estimation sérieuse, il est recommandé de rapprocher l’oeuvre de points de comparaison concrets, dans les musées (Versailles, Louvre, Tours, Lille) et dans les résultats de ventes. La cohérence entre le sujet, la manière, et la chronologie supposée de l’artiste est un argument essentiel. Dans ce cadre, le rôle du spécialiste est de documenter l’oeuvre et de la situer précisément dans la production de Favanne, plutôt que de la traiter comme une peinture d’école française anonyme du XVIIIe siècle.

 

Analyse technique de la thématique

 

Dans le contexte d’une estimation, la “thématique” Favanne renvoie souvent à la peinture d’histoire et aux ensembles décoratifs du début du XVIIIe siècle. Techniquement, cela implique des oeuvres conçues pour des espaces spécifiques. Les esquisses et modelli présentent fréquemment une touche plus libre que les tableaux finis, avec une construction rapide des masses, un modelé synthétique et une palette resserrée. Ce type d’oeuvre peut néanmoins être très recherché lorsqu’il correspond à une étape identifiable du processus créatif d’un décor.

Pour les décors de Chanteloup, les sujets documentés couvrent plusieurs registres. Un ensemble mythologique autour de Phaéton est associé au salon, tandis que la galerie aurait comporté des scènes liées à la vie de Philippe V, et la chapelle un programme religieux. Dans une expertise, la reconnaissance de ces cycles iconographiques est utile, car elle permet de vérifier si une composition correspond à un épisode attesté, et si ses dimensions et son format sont cohérents avec une fonction décorative (plafond, dessus de porte, dessus de cheminée, compartiment de galerie).

Pour le dessin, les études de nus à la craie noire et blanche sur papier brun relèvent d’une pratique académique et d’atelier. Les rehauts de blanc servent à construire les volumes et à accentuer les points de lumière. Dans le cadre d’une authentification, on observe notamment la manière de structurer l’anatomie, la transition des ombres, la qualité des contours, et la cohérence des proportions. La présence d’un filigrane et d’une signature peut renforcer le dossier, mais ne suffit pas à elle seule. Il faut aussi évaluer la compatibilité stylistique avec les dessins conservés dans les institutions (par exemple, au département des arts graphiques du Louvre).

Enfin, l’analyse d’une peinture attribuée à Favanne passe par l’observation de la préparation, de la matière, et de la construction du coloris. Les oeuvres liées à des projets décoratifs montrent souvent une efficacité narrative, avec des oppositions de plans et des regroupements de figures. L’objectif, pour l’expert, est de vérifier si ces constantes sont présentes, et si la qualité globale correspond à un niveau compatible avec un peintre d’histoire reconnu par l’Académie et engagé sur des commandes officielles.

 

Marché des enchères

 

  • Sotheby’s, 19 juin 2007, “La bataille d’Almança ou La bataille de Villaviciosa” (étude préparatoire), 28 800 €.

Ce type de résultat illustre un point clé: les prix les plus structurants concernent des oeuvres identifiées comme préparatoires à un décor documenté, avec une iconographie et un contexte établis. À l’inverse, les oeuvres plus isolées, sans rattachement direct à un programme connu, peuvent afficher une dispersion de prix importante selon l’attribution, la qualité, le format et la provenance.

 

Conclusion

 

L’estimation d’une oeuvre de Henri Antoine de Favanne exige une approche méthodique: identification précise du sujet, qualification de la technique (huile, esquisse, dessin), analyse stylistique, et mise en perspective avec des comparaisons muséales et des résultats de ventes. La rareté relative de l’artiste sur le marché renforce l’importance d’un dossier solide, notamment lorsqu’une oeuvre peut être rattachée à Chanteloup ou à des sujets d’histoire liés au début du règne de Philippe V.

Pour obtenir une estimation gratuite, vous pouvez solliciter Fabien Robaldo, au sein de MILLON, afin d’établir une analyse documentée et cohérente avec les pratiques du marché des enchères. Cette démarche permet de déterminer une fourchette de valeur adaptée au type d’oeuvre, à son attribution et à son intérêt historique.

 

Qui est Henri Antoine de Favanne ?

Henri Antoine de Favanne (1668-1752) est un peintre d’histoire né à Londres et actif principalement en France, avec des périodes de travail à Rome et en Espagne.



Quels sujets Favanne a-t-il le plus souvent traités ?

Il travaille des sujets d’histoire, religieux, mythologiques et allégoriques, souvent dans des contextes décoratifs.



Quels types d’oeuvres de Favanne passent en vente ?

On rencontre surtout des huiles sur toile (tableaux, esquisses) et des dessins d’étude, notamment des académies et études de figures.



Pourquoi les oeuvres liées à Chanteloup sont-elles importantes ?

Parce qu’elles s’inscrivent dans un programme décoratif documenté, ce qui facilite l’identification, la datation et la comparaison avec des oeuvres conservées en collections publiques.



Une signature suffit-elle à authentifier une oeuvre ?

Non. La signature est un indice. L’attribution repose aussi sur l’analyse stylistique, la technique, la provenance, et la cohérence avec les oeuvres de référence.



Quels supports et matériaux sont fréquents chez Favanne ?

En peinture: huile sur toile. En dessin: craie noire et blanche sur papier brun, parfois avec filigrane.



Comment se construit la cote de Favanne aux enchères ?

Elle dépend surtout de l’attribution, du lien à un décor identifié, du sujet, du format, de la qualité d’exécution et de la provenance.



Un dessin d’académie a-t-il la même valeur qu’une huile ?

En général non. Les huiles, surtout rattachées à un projet connu, peuvent atteindre des niveaux supérieurs. Les dessins restent plus dépendants de la rareté, de la qualité et de l’attribution.



Que faut-il préparer pour une estimation ?

Des photos nettes (face, détails, signature, dos), les dimensions, toute information de provenance, et tout document ancien (inventaire, facture, exposition, reproduction).



Peut-on estimer une oeuvre à partir d’une photo ?

Une première orientation est possible, mais une estimation fiable nécessite souvent des vues détaillées et, selon les cas, un examen direct.



Quel est l’intérêt d’une oeuvre préparatoire (esquisse, modello) ?

Ce sont des pièces utiles pour comprendre le processus de création. Si le rattachement à un décor est établi, l’intérêt historique et la demande peuvent augmenter.



Comment demander une estimation gratuite avec Fabien Robaldo ?

Il suffit de transmettre les informations disponibles (photos, dimensions, contexte, documents) afin d’obtenir une analyse et une fourchette de valeur adaptée.

 

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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