Joséphine Calamatta : cercle artistique franco-italien et représentation des élites

Expertise Fabien Robaldo, portrait photo de l'expert en Noir et blanc

Joséphine Calamatta (1817-1893) est une artiste française, active au XIXe siècle, associée à la fois au portrait et à des sujets religieux ou allégoriques. Son nom apparaît régulièrement à la croisée de plusieurs milieux : une sphère familiale cultivée, des ateliers parisiens liés à Ingres, et un environnement franco-italien structuré notamment par son mariage avec l’artiste et graveur Luigi Calamatta. Cette position, entre sociabilité artistique et réseaux de notables, éclaire un enjeu central de son œuvre : la représentation des élites, qu’elles soient intellectuelles, mondaines ou institutionnelles.

La thématique “cercle artistique franco-italien et représentation des élites” ne renvoie pas à un seul genre. Elle recouvre des portraits de personnalités, des images de la respectabilité sociale, et des références à une culture visuelle partagée entre Paris et l’Italie, dans le contexte académique et néoclassique du siècle. Comprendre cette thématique permet d’aborder, de manière structurée, l’identification des œuvres attribuées à Joséphine Calamatta, les critères d’attribution, et les paramètres qui influencent leur valeur sur le marché.

Définition et description générale de la thématique

Le “cercle artistique franco-italien” désigne ici un ensemble de liens professionnels, familiaux et culturels entre artistes, commanditaires et institutions, répartis entre la France et l’Italie. Au XIXe siècle, ces échanges s’appuient sur des trajectoires d’atelier, des séjours, des commandes de portraits, et des circulations d’images (dessins, gravures, peintures). Dans le cas de Joséphine Calamatta, ce cadre se comprend à partir de son environnement : elle est issue d’une famille associée au monde savant et patrimonial, et elle évolue dans l’orbite d’Ingres, figure structurante du néoclassicisme, qui marque durablement l’éducation visuelle et la pratique du portrait dans son entourage. Les sources disponibles rappellent son lien à Ingres et à sa formation, et signalent aussi la dispersion importante de ses œuvres, ce qui rend les corpus difficiles à stabiliser.

La “représentation des élites” renvoie, de manière concrète, à l’image de la distinction sociale. Dans la pratique du portrait au XIXe siècle, il ne s’agit pas seulement de ressemblance : pose, vêtements, objets, décor, et traitement du visage participent à une grammaire du rang. Les élites représentées peuvent être des élites intellectuelles (archéologues, conservateurs, écrivains, professeurs), des élites administratives (fonctionnaires, notables), des élites artistiques (musiciens, acteurs, mécènes) ou des élites mondaines. Les portraits d’atelier, souvent réalisés dans un cadre parisien, dialoguent avec des références italiennes : goût pour l’Antique, idéalisation néoclassique, et valorisation d’un certain “style” de dignité.

Dans ce contexte, l’intérêt de Joséphine Calamatta tient à une double lecture. D’un côté, ses œuvres s’inscrivent dans une culture du portrait et du sujet élevé (religieux, allégorique), proche des attentes bourgeoises et institutionnelles. De l’autre, sa biographie met en évidence la place d’une artiste femme dans des réseaux souvent dominés par des hommes, tout en restant reliée à un capital social et culturel déterminant pour accéder à certains commanditaires et à une visibilité d’atelier.

Typologies, matériaux, périodes, styles

Les œuvres associées à Joséphine Calamatta se répartissent généralement en plusieurs typologies. La première est le portrait, qui peut concerner des membres de sa famille, des personnalités identifiées, ou des figures liées à un milieu savant et artistique. Un exemple souvent cité dans les collections publiques est le portrait de Raoul Rochette, daté de 1843, conservé dans un musée français, ce qui illustre la proximité entre l’artiste et une élite intellectuelle de son temps.

La deuxième typologie regroupe des compositions religieuses et des sujets de piété. Les titres traditionnellement mentionnés dans la littérature associée à son entourage incluent des œuvres telles que “La Vierge” ou “Sainte Cécile”, qui correspondent à un registre valorisé par une partie du public du XIXe siècle, en particulier dans les milieux attachés à une iconographie lisible et à une spiritualité figurative.

La troisième typologie concerne des sujets allégoriques ou symboliques. Sur le marché, on rencontre parfois des œuvres à titre programmatique, par exemple une paire de toiles ovales intitulées “Le Jour” et “La Nuit”, signées et datées 1851, ce qui correspond à une logique de pendants : deux tableaux pensés ensemble, souvent destinés à un intérieur, et dont la lecture est construite sur l’opposition et l’équilibre.

Sur le plan des matériaux et supports, on rencontre principalement la peinture (huile sur toile, parfois au format ovale), ainsi que des œuvres sur papier. Joséphine Calamatta est également mentionnée comme peintre et graveuse, ce qui implique l’existence d’une production imprimée ou dessinée, même si l’identification de ces pièces peut être délicate du fait de la dispersion et de la circulation des feuilles au fil du temps. Le cas de l’“Autoportrait” conservé à Paris, dans les collections d’un musée municipal, illustre l’existence d’œuvres de référence accessibles en institution, utiles comme points de comparaison stylistique et iconographique.

Pour les périodes, la chronologie la plus lisible se situe autour des années 1830-1860, qui correspondent à la maturité d’atelier, à l’intensité des réseaux parisiens, et à des productions datées ou situées dans le contexte d’Ingres et de son cercle. Les décennies suivantes sont plus difficiles à documenter de manière homogène, notamment parce que les œuvres identifiées sont moins nombreuses en circulation, et parce que les parcours personnels peuvent influer sur les thèmes traités.

Enfin, sur le plan du style, plusieurs traits reviennent dans l’approche de la thématique franco-italienne et des élites. L’influence néoclassique, associée à Ingres, se lit dans l’attention portée au dessin, à la clarté des contours, et à une idéalisation mesurée des traits. Le portrait de notables s’inscrit souvent dans une esthétique de la retenue : une expression contrôlée, une mise en scène limitée, et une hiérarchie des détails (visage, mains, puis accessoires). L’arrière-plan culturel italien, quant à lui, apparaît davantage comme un cadre de référence et de réseau que comme un style unique : il est lié à la circulation des artistes et à l’attrait pour des modèles de “grande manière” partagés entre Paris et l’Italie.

Facteurs influençant la valeur

Plusieurs facteurs influencent la valeur d’une œuvre attribuée à Joséphine Calamatta, sans qu’il soit nécessaire d’entrer dans des considérations techniques de conservation. Le premier critère est l’identification et l’attribution : présence d’une signature, d’une date, cohérence stylistique, et qualité des éléments documentaires. Dans un contexte où les œuvres sont décrites comme largement dispersées, la solidité d’une attribution a un impact direct sur la valeur.

Le second critère est le sujet. Les portraits de personnalités identifiées, en particulier lorsqu’ils concernent des figures reconnues du monde savant, administratif ou culturel, peuvent susciter un intérêt supérieur à celui d’un portrait anonyme. À l’inverse, un portrait sans identification peut être apprécié pour sa qualité, mais son potentiel de demande peut être plus étroit, ce qui joue sur la valeur. Les sujets religieux et allégoriques, eux, répondent à des marchés plus variables : ils peuvent attirer des collectionneurs spécialisés, mais aussi dépendre des tendances de goût.

Le troisième critère est le format et la présentation. Les œuvres de grand format et les compositions abouties peuvent se positionner différemment des études sur papier. Les pendants, lorsqu’ils sont conservés ensemble (par exemple “Le Jour” et “La Nuit”), sont souvent évalués comme un ensemble cohérent, ce qui peut soutenir la valeur par rapport à un tableau isolé. La présence d’un format ovale, typique de certains décors d’intérieur, peut également orienter le public vers une lecture “pièce de salon” ou “œuvre de décor”, avec des conséquences sur la demande.

Le quatrième critère est la provenance et l’historique d’exposition. Une provenance documentée, ou la mention d’une exposition dans une institution reconnue, apporte un contexte. Ce contexte n’augmente pas mécaniquement la valeur, mais il renforce la lisibilité de l’œuvre et sa traçabilité, ce qui compte pour de nombreux acheteurs. À titre d’exemple, la documentation de certains lots peut mentionner des expositions au Musée de la Vie romantique, ce qui situe l’artiste dans un récit culturel plus large autour du XIXe siècle.

Le cinquième critère est l’ancrage dans un réseau artistique identifiable. Une œuvre qui se rattache clairement au cercle d’Ingres, ou à un contexte franco-italien attesté (relations d’atelier, entourage de graveurs, milieux artistiques entre Paris et l’Italie), peut susciter un intérêt accru. Cette lecture “réseau” peut soutenir la valeur parce qu’elle facilite le positionnement de l’œuvre dans une histoire de l’art et dans un marché de collection, y compris auprès de collectionneurs attachés à la redécouverte d’artistes femmes du XIXe siècle.

Marché de l’art : demande, cote, valeur

Le marché de Joséphine Calamatta reste un marché de niche, au sens où les œuvres ne sont pas en nombre massif et où la demande se concentre sur des acheteurs informés : amateurs du XIXe siècle, collectionneurs de portraits, et publics sensibles aux artistes femmes. Cette configuration a deux effets. D’abord, la valeur peut varier fortement d’une œuvre à l’autre : un portrait identifié, daté, bien documenté, ne se situe pas dans la même zone de prix qu’une feuille d’attribution incertaine. Ensuite, la visibilité des œuvres en collections publiques (par exemple l’“Autoportrait”) contribue à une reconnaissance progressive, susceptible de soutenir l’attention des collectionneurs.

La notion de “cote” doit être maniée avec prudence pour les artistes dont le corpus circulant est irrégulier. Dans ce cas, on observe plutôt des repères ponctuels, issus de résultats d’enchères, que des séries longues permettant de calculer une moyenne. Les résultats disponibles indiquent que certaines compositions peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros, en particulier lorsque l’œuvre est signée, datée, et que sa présentation est attractive (format, sujet, ensemble de pendants). À l’inverse, l’absence de documentation ou un sujet moins recherché peuvent limiter la demande et donc la valeur.

Sur le plan de la demande, l’argument franco-italien peut jouer un rôle d’accroche : il relie l’œuvre à des histoires de circulation culturelle au XIXe siècle, à des parcours d’artistes entre Paris et l’Italie, et à un contexte de portrait “à l’académie”. La représentation des élites, en particulier, intéresse les collectionneurs parce qu’elle documente une sociabilité : les visages, les modes de présentation, et la manière de se donner à voir. Cette dimension documentaire s’ajoute à la dimension esthétique.

Dans la pratique, une estimation sérieuse nécessite une analyse au cas par cas. Elle repose sur l’œuvre elle-même (support, sujet, signature, date), sur les comparables de marché, et sur la cohérence de l’attribution. C’est dans ce cadre qu’un accompagnement par un expert peut aider à positionner la valeur de façon réaliste, en tenant compte du niveau de demande du moment. Des acteurs du marché français, dont MILLON, interviennent dans ce type d’écosystème en organisant des ventes publiques où les résultats constituent des points de référence, même si ces références doivent toujours être replacées dans leur contexte.

Résultats de ventes vérifiés

Les résultats ci-dessous proviennent de catalogues et pages de résultats publiés par des opérateurs de ventes. Ils donnent un repère factuel, à interpréter selon la nature exacte de l’œuvre (sujet, format, attribution, documentation) et selon la dynamique propre à chaque vente.

  • Thierry de Maigret (Drouot), 04 décembre 2019, lot 163, Joséphine Calamatta “Le Jour” et “La Nuit” (paire de toiles ovales, signées et datées 1851), résultat avec frais : 5 104 €.

Conclusion

La thématique “Joséphine Calamatta : cercle artistique franco-italien et représentation des élites” permet d’aborder son œuvre sous un angle concret : celui des réseaux (Ingres, ateliers, gravure, circulations entre Paris et l’Italie) et celui des images de la distinction sociale (portraits, pendants, sujets religieux et allégoriques adaptés aux intérieurs et aux attentes du XIXe siècle). Dans un marché où le corpus est dispersé et où les attributions doivent être consolidées, chaque détail de documentation peut peser sur la valeur.

Pour connaître la valeur d’un tableau, d’un dessin ou d’une estampe attribué(e) à Joséphine Calamatta, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. L’analyse prend en compte l’œuvre, son attribution, son sujet, ses dimensions et les repères de marché disponibles, afin de fournir un avis clair et argumenté.

FAQ

Qui est Joséphine Calamatta ?

Joséphine Calamatta (1817-1893) est une artiste française, associée au portrait et à des sujets religieux ou allégoriques, active au XIXe siècle.

Pourquoi parle-t-on d’un cercle artistique franco-italien à son sujet ?

Son parcours est lié à des réseaux parisiens (dont l’orbite d’Ingres) et à un environnement italien via Luigi Calamatta, ce qui renvoie à des circulations d’artistes, d’images et de références culturelles entre les deux pays.

Quels types d’œuvres trouve-t-on sous son nom ?

On rencontre surtout des portraits, des compositions religieuses, des sujets allégoriques, ainsi que des œuvres sur papier et des travaux associés à la gravure.

Quels sujets illustrent le mieux la représentation des élites ?

Les portraits de personnalités identifiées, les portraits de notables et les œuvres qui mettent en scène une respectabilité sociale (pose, costume, accessoires) sont les plus directement liés à cette thématique.

Quels matériaux sont les plus fréquents ?

La peinture (souvent huile sur toile, parfois format ovale) et les œuvres sur papier sont les supports les plus souvent cités.

Les œuvres signées et datées ont-elles plus de valeur ?

En général, une signature et une date renforcent l’attribution et la traçabilité, ce qui peut soutenir la valeur, mais l’effet dépend aussi du sujet et du format.

La provenance influence-t-elle la valeur ?

Oui, une provenance documentée et un historique clair peuvent renforcer l’intérêt des acheteurs et faciliter le positionnement de la valeur.

Les pendants comme “Le Jour” et “La Nuit” sont-ils recherchés ?

Lorsqu’ils sont conservés ensemble, les pendants peuvent être attractifs pour des collectionneurs, car ils forment un ensemble cohérent et lisible.

Existe-t-il des œuvres de référence en musée ?

Oui, des œuvres attribuées à Joséphine Calamatta figurent dans des collections publiques, notamment un autoportrait à Paris, utile comme point de comparaison.

Comment situer sa cote sur le marché ?

Il s’agit plutôt de repères ponctuels issus de ventes publiques que d’une cote uniforme, car les œuvres sont dispersées et les apparitions en vente sont irrégulières.

Pourquoi les prix peuvent-ils varier fortement ?

La variation tient à l’attribution, au sujet, au format, à l’identification du modèle, et à la qualité de la documentation associée au lot.

Comment obtenir une estimation d’une œuvre attribuée à Joséphine Calamatta ?

Vous pouvez solliciter une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo, avec des photographies et les informations disponibles (dimensions, signatures, inscriptions, provenance).

Sources : https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-de-la-vie-romantique/oeuvres/autoportrait-de-josephine-calamatta https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9phine_Calamatta https://en.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9phine_Calamatta https://www.thierrydemaigret.com/lot/100583/11259917-josephine-calamatta-paris-1817-1893-le-jour-la-nuit-paire-de https://www.thierrydemaigret.com/catalogue/100583-etains-haute-epoque-dessins-et-tableaux-anciens-et-du-xixeme

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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