Impressionnisme · Pastels · Danseuses
Vous possédez un tableau, un pastel, un dessin, une estampe ou un bronze d’Edgar Degas ? Sa valeur dépend de la technique, du sujet, de la provenance et, pour une sculpture, de l’histoire précise de sa fonte.
Le cabinet Fabien Robaldo examine les photographies et les documents de votre œuvre pour vous proposer une première estimation gratuite et confidentielle. Cette étude permet de préciser les recherches nécessaires avant une éventuelle vente aux enchères.
Demander une estimation gratuiteEdgar Degas occupe une place majeure dans l’art français du XIXe siècle. Ses danseuses, ses scènes de courses, ses portraits et ses femmes à la toilette existent sous des formes très différentes. Une étude au crayon, un pastel travaillé en couleurs, une eau-forte et une fonte posthume relèvent de comparaisons distinctes. Identifier exactement l’objet constitue donc la première étape pour apprécier sa cote.
Cote d’Edgar Degas : combien vaut une œuvre ?
La cote d’Edgar Degas couvre plusieurs marchés. Les estampes permettent d’aborder son œuvre à des niveaux très différents de ceux des peintures et des grands pastels. Pour les bronzes, le modèle et l’édition modifient fortement la valeur. Les fourchettes ci-dessous réunissent des repères larges issus de transactions documentées, sans constituer des minimums ou des maximums absolus.
| Typologie d’œuvre | Fourchette indicative de cote |
|---|---|
| Peintures originales à l’huile, études et compositions abouties | 100 000 à 6 000 000 € |
| Pastels et techniques mixtes sur papier, des paysages aux grandes compositions | 20 000 à 10 000 000 € |
| Dessins originaux au crayon ou au fusain, hors pastels | 20 000 à 500 000 € |
| Eaux-fortes et pointes sèches, selon l’état et la date du tirage | 750 à 30 000 € |
| Petits bronzes de l’édition Hébrard, hors Petite danseuse de quatorze ans et exemplaires exceptionnels | 30 000 à 250 000 € |
Ces repères concernent des œuvres et des éditions identifiées. Ils rapprochent des adjudications hors frais et des prix frais inclus, précisés pour chaque exemple. Ils ne donnent ni une moyenne statistique ni une garantie de vente. Les monotypes, les fontes tardives et les reproductions demandent une analyse distincte. Certains exemplaires rares peuvent dépasser ces niveaux.
Un petit paysage au pastel, Maisons au pied d’une falaise, a été vendu 23 940 € chez Christie’s en 2022. À l’autre extrémité, Trois danseuses, vers 1900, a atteint 11 925 000 USD, frais inclus, le 14 mai 2015 chez Christie’s, soit environ 10,44 millions d’euros au taux de référence du jour : 1 € = 1,1419 USD. Le sujet, l’ambition de la composition et la qualité du pastel expliquent l’importance de distinguer les œuvres.
Pour la peinture, Femme à la coiffe blanche a obtenu 130 000 CHF hors frais chez Piguet le 6 juin 2024, soit environ 134 200 € au taux de référence du jour : 1 € = 0,9687 CHF. Une première comparaison relève ainsi de notre domaine d’expertise et d’estimation des tableaux, avant l’étude approfondie de l’attribution.
Un résultat exceptionnel pour la Petite danseuse
Le 12 mai 2022, un bronze de Petite danseuse de quatorze ans, fondu en 1927 et provenant de la collection Anne H. Bass, a atteint 41 610 000 USD, frais inclus, chez Christie’s à New York. Annoncé comme un record lors de cette vente, ce résultat concerne un exemplaire majeur du modèle à l’échelle originale. Il ne représente pas la cote des petits bronzes de danseuses, ni celle d’une reproduction du même sujet.
Résultats de ventes aux enchères d’Edgar Degas
Ces cinq résultats proviennent de cinq maisons de ventes distinctes. Ils illustrent une peinture, un pastel, un dessin, un bronze posthume Hébrard et une estampe tirée après le décès de l’artiste.
| Œuvre | Maison et date | Description | Prix publié |
|---|---|---|---|
| Danseuses (Les Coulisses de l’Opéra), vers 1886 | Christie’s, Paris 31 mars 2022 Lot 215 | Huile sur toile, cachet Degas. 49,8 × 61,1 cm. | 6 101 500 € Prix frais inclus. |
| Femme assise, robe jaune (Joséphine Chabot), vers 1892–1895 | Hôtel des Ventes de Monte-Carlo 20 juillet 2022 Lot 7 | Pastel sur papier, cachet Degas. 71 × 59 cm. | 2 400 000 € Adjudication hors frais. |
| Napoléon III et les maréchaux : Canrobert, Niel, Bazaine et Mac-Mahon | Osenat 6 mars 2016 Lot 70 | Crayon noir, cachet de la succession. 30,5 × 20 cm. | 54 000 € Résultat sans frais. |
| Première arabesque penchée | Rossini 28 juin 2024 Lot 59 | Bronze à patine noire, fonte A. A. Hébrard, n° 2/K. Hauteur : 27,7 cm. | 245 000 € Résultat sans frais. |
| Au Louvre : la peinture (Mary Cassatt), modèle de 1879–1880 | Ader 13 décembre 2017 Lot 221 | Eau-forte, vernis mou, aquatinte et pointe sèche. Épreuve sur japon, tirage Vollard de 1918 sur cuivre rayé. | 2 250 € Résultat avec frais. |
Les montants se rapportent à des œuvres précises et à des conditions de vente différentes. Ils ne doivent pas être comparés sans tenir compte de la technique, de l’édition et des frais. La date du modèle d’une sculpture ou d’une gravure ne correspond pas nécessairement à celle de l’exemplaire vendu.
Comprendre le marché des œuvres de Degas
Danseuses, portraits et paysages : des comparaisons différentes
Les danseuses occupent une place importante dans l’image de Degas, mais le seul sujet ne détermine pas le prix. Une silhouette rapidement étudiée au crayon, une grande scène de répétition et un pastel de plusieurs figures présentent des qualités et des formats différents. Le degré d’élaboration, la présence de couleurs, la composition et les références bibliographiques permettent de sélectionner des comparables utiles.
Les paysages, les portraits de famille, les chevaux et les scènes de toilette possèdent également leur marché. Le pastel Étude de ciel (Rivage et ciel), de 1869, a ainsi obtenu 93 750 € frais inclus chez Lempertz le 17 juin 2021. Une œuvre sans danseuse peut donc présenter un intérêt réel, tandis qu’une image de ballet imprimée en reproduction demeure un objet d’une autre nature.
Les bronzes Hébrard et les fontes plus tardives
Degas modelait ses sculptures en cire, en terre et avec d’autres matériaux. L’édition en bronze a été organisée après sa mort, avec l’autorisation de ses héritiers. Un bronze Hébrard de Degas est donc une fonte posthume : sa valeur repose notamment sur le modèle, les marques, le numéro d’exemplaire, la qualité de la fonte et la provenance.
Des éditions plus tardives existent aussi, notamment avec des marques de fondeurs différents. Elles demandent une étude de leurs documents et de leur statut propre. Le nom Degas et la mention « bronze » ne suffisent pas pour les assimiler à l’édition historique. Notre page consacrée à la fonderie Hébrard et à l’estimation de ses bronzes présente les points à examiner.
Biographie d’Edgar Degas (1834–1917)
Une formation classique et l’importance du dessin
Hilaire-Germain-Edgar De Gas naît à Paris le 19 juillet 1834, dans une famille de banquiers. Il reçoit une formation classique au lycée Louis-le-Grand. Après un bref passage par les études de droit, il choisit la peinture. Il fréquente le Louvre comme copiste et se forme auprès de Louis Lamothe, dont l’enseignement accorde une place centrale au dessin. Les voyages en Italie des années 1850 prolongent cet apprentissage par l’étude des maîtres anciens.
Ses débuts comprennent des portraits et des sujets historiques. Cette formation nourrit durablement sa méthode : Degas prépare ses compositions, reprend les poses et étudie les rapports entre les figures. L’apparente spontanéité de ses scènes repose souvent sur une construction attentive, nourrie de recherches répétées sur le corps, le geste et l’espace.
La vie moderne et les expositions impressionnistes
Dans les années 1860 et 1870, Degas développe les sujets liés à la vie contemporaine : courses de chevaux, spectacles, cafés et métiers urbains. Son séjour à La Nouvelle-Orléans, d’octobre 1872 à mars 1873, donne aussi lieu à des représentations de son entourage et du monde des affaires. Il contribue à l’organisation des expositions indépendantes et participe à sept des huit expositions impressionnistes, entre 1874 et 1886.
Au sein de ce groupe, il conserve une position personnelle. Son intérêt pour les intérieurs, les éclairages artificiels et les cadrages asymétriques accompagne une pratique fondée sur le dessin. Ses échanges avec Mary Cassatt, peintre et graveuse impressionniste, témoignent également de l’importance du pastel et de l’estampe dans ce milieu artistique.
L’Opéra, les danseuses et les recherches techniques
La danse devient un sujet suivi pendant plusieurs décennies. Degas représente les leçons, les répétitions, les attentes et les gestes quotidiens des danseuses, autant que la scène. Il transpose les positions observées dans des dessins, des pastels et des modelages. En 1881, il expose Petite danseuse de quatorze ans, une sculpture en cire associant différents matériaux et un véritable vêtement.
Il poursuit parallèlement ses recherches sur les femmes à la toilette, la gravure et le monotype. Le pastel lui permet de travailler les surfaces, les superpositions et les couleurs. Cette diversité technique forme une part essentielle de son œuvre : une composition peut naître d’une étude dessinée, d’une impression retravaillée ou de plusieurs étapes successives.
Les dernières années et la transmission de l’atelier
Degas pratique aussi la photographie, notamment dans les années 1890. Malgré l’affaiblissement progressif de sa vue, il poursuit ses recherches jusqu’aux dernières années de sa carrière. Il meurt à Paris le 27 septembre 1917. Les ventes de son atelier en 1918 et 1919 révèlent de nombreuses études conservées par l’artiste. L’édition posthume des sculptures contribue ensuite à la diffusion de ses modèles dans les collections privées et les musées.
Peintures, pastels, estampes et bronzes : reconnaître les techniques
Degas expérimente plusieurs procédés et les associe parfois dans une même œuvre. Les cadrages décentrés et les espaces partiellement coupés participent à son langage visuel, également nourri par les estampes japonaises. Cette relation s’inscrit dans l’influence du japonisme sur les artistes européens. Le support et la matière restent toutefois décisifs pour identifier l’objet à estimer.
Peintures à l’huile
Les peintures comprennent des portraits, des scènes de ballet, des courses et des études. Le support, les reprises et les marques au revers permettent de documenter leur exécution. Une œuvre peinte sur papier puis marouflée sur toile doit être décrite selon sa technique réelle.
Pastels et dessins
Le pastel peut être associé au fusain, à la gouache ou à une base imprimée. Un dessin au crayon et un pastel en couleurs ne se confondent pas. Le papier, les raccords, les fixatifs et le montage doivent être examinés sans manipulation susceptible d’altérer la surface.
Gravures et monotypes
L’eau-forte et la pointe sèche permettent plusieurs impressions d’une matrice. Leur état et leur date de tirage comptent particulièrement. Le monotype repose sur une image travaillée sur une plaque puis transférée sur papier ; parfois rehaussé au pastel, il exige des comparables propres.
Sculptures et éditions
Les modelages de l’artiste et les bronzes fondus après sa mort ont des histoires différentes. Pour un bronze, il faut relever les inscriptions, le numéro, le fondeur et les dimensions. La chronologie de la fonte doit être distinguée de la date de création du modèle.
Signature de Degas : comment identifier une œuvre ?
Une œuvre peut porter une signature manuscrite, un cachet de signature ou une marque liée aux ventes de l’atelier. Ces éléments ont des fonctions différentes. La présence du nom Degas ne suffit pas à démontrer que l’objet a été exécuté par l’artiste, et une feuille non signée peut néanmoins être documentée dans l’histoire de son œuvre.
Pour un dessin ou une peinture, l’étude rapproche les caractéristiques matérielles, les photographies anciennes, les provenances et les références des catalogues. Les travaux de Paul-André Lemoisne et le catalogue raisonné numérique de Michel Schulman constituent des outils documentaires. Une mention dans un catalogue de vente doit être replacée dans son contexte, avec la formulation exacte de l’attribution.
Pour une estampe, la signature imprimée dans la planche n’est pas une signature autographe sur la feuille. Certains tirages ont été réalisés après 1917, comme les épreuves Vollard sur cuivres rayés. Notre domaine d’expertise des dessins et gravures de maîtres permet d’aborder ces distinctions avant de fixer une estimation.
Quels critères influencent la valeur d’un Degas ?
- L’attribution et les références
Une provenance suivie, une publication ancienne et des références concordantes renforcent le dossier. L’œuvre doit être étudiée dans son ensemble, au-delà de la signature.
- La technique et le support
Huile, pastel, fusain, eau-forte et bronze correspondent à des comparables différents. Un monotype rehaussé ou un pastel marouflé demande une description précise.
- Le sujet et la composition
Le nombre de figures, les gestes, la construction de l’espace et l’importance du travail en couleurs modifient l’intérêt d’une scène de danse ou de toilette.
- Le format et le degré d’élaboration
Les dimensions doivent être relevées hors cadre. Une étude partielle et une composition aboutie ne prennent pas la même valeur, même si leurs sujets sont proches.
- L’édition et la date d’exécution
Pour les bronzes et les estampes, identifier l’exemplaire évite de comparer une édition historique avec un tirage tardif ou une reproduction décorative.
- L’état et la provenance
Rousseurs, lacunes, retouches, reprises de patine et restaurations peuvent modifier le prix. Les anciens catalogues, factures et étiquettes éclairent l’histoire de l’objet.
Faire estimer et vendre une œuvre d’Edgar Degas
Pour une première estimation, transmettez une photographie de face, une vue du revers, les dimensions hors cadre et des détails de la signature ou des marques. Ajoutez les factures, certificats, catalogues ou informations de succession dont vous disposez. Pour un bronze, photographiez la terrasse, le dessous, la marque du fondeur et le numéro d’exemplaire.
L’étude des photographies permet d’orienter les recherches et de proposer un premier avis sur la valeur. Elle peut conduire à demander un examen direct ou une documentation complémentaire. L’authentification définitive et l’estimation commerciale restent deux étapes distinctes, particulièrement pour une attribution importante ou une édition dont l’histoire doit être précisée.
Une fois le dossier établi, le cabinet peut vous conseiller sur une éventuelle présentation aux enchères et sur les comparables à retenir. Pour les fontes, notre domaine d’estimation des sculptures et des bronzes complète l’analyse des marques et de l’édition.
Vous souhaitez connaître la valeur de votre œuvre ?
Envoyez vos photographies et vos documents au cabinet Fabien Robaldo pour une première estimation gratuite et confidentielle.