Henri Le Secq (1818–1882) : estimation, cote et prix des photographies

Portrait d’Henri Le Secq assis dans un fauteuil
Henri Le Secq, portrait par Gustave Le Gray.

Expertise · Photographie du XIXe siècle · Peinture

Vous possédez une photographie, un portfolio ou un tableau d’Henri Le Secq ? Sa valeur dépend de la nature de l’objet : épreuve sur papier salé, publication photomécanique ou peinture. La date de l’image et celle de sa réalisation matérielle doivent être distinguées.

Le bureau d’expertise Fabien Robaldo étudie les photographies de votre œuvre, ses dimensions, ses inscriptions et sa provenance pour rechercher des ventes comparables et proposer une première estimation.

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Henri Le Secq (1818–1882) participe à la Mission héliographique de 1851. Formé à la sculpture et à la peinture, il photographie les monuments, les paysages, les objets et les scènes de la vie quotidienne. Ses négatifs sur papier et ses épreuves photographiques doivent être différenciés des photogravures diffusées ultérieurement à partir de ses images.

1818–1882Peintre et photographe né et mort à Paris
1851Participation à la Mission héliographique
Papier saléÉpreuves positives issues de négatifs sur papier
1879Publication du portfolio sur la cathédrale de Reims

Cote et valeur des œuvres d’Henri Le Secq

La cote d’Henri Le Secq se lit par procédé et par type d’objet. L’estimation d’une photographie ancienne examine le papier, la période du tirage, le sujet, les dimensions, l’état et l’historique de l’exemplaire. Une inscription datée dans l’image ne suffit pas à établir la date de fabrication de la feuille.

Repères indicatifs en euros, selon la nature de l’œuvre
Typologie d’œuvre Fourchette indicative de cote
Tirages sur papier salé : feuilles isolées d’architecture, de paysage ou d’étude 200 à 10 000 €
Suites et portfolios d’épreuves photomécaniques, selon le contenu et la complétude 500 à 5 000 €

Ces repères arrondis correspondent aux comparables documentés et ne constituent ni une moyenne ni un plafond. Dorotheum publie 212 € frais inclus pour une vue d’Amiens et 311 € pour un paysage de Montmirail, vendus en décembre 2025. Binoche et Giquello publie 1 200 € sans frais pour une étude d’objets en 2012 et 2 413 € sans frais pour une vue du parc de Versailles en 2016.

Pour les publications, la composition du lot compte autant que le nombre de feuilles. ADER a vendu deux épreuves photomécaniques 750 € sans frais en 2016. Deux portfolios de Reims comprenant respectivement 30 et 32 photogravures ont obtenu 1 300 € et 1 800 € chez MILLON en 2021 et 2025.

Les bases de frais varient selon les maisons et sont précisées dans les exemples. Les grands tirages rares, les négatifs originaux et les ensembles historiques demandent une étude particulière. Les prix d’une suite ne se répartissent pas automatiquement entre ses feuilles. Une peinture relève de comparaisons distinctes.

Résultats de ventes aux enchères

Les résultats suivants illustrent plusieurs catégories : épreuves photographiques, suites imprimées et peinture. La date de vente est séparée de celle de l’image ou du tableau. Les prix des ensembles portent sur le lot complet.

Six lots documentés — cinq maisons de ventes
Œuvre Maison et date Description Prix publié
Cathédrale de Reims
Lot 123
MILLON
10 avril 2025
Portfolio publié en 1879 : 32 photogravures d’après des images de 1851. Images d’environ 33,5 × 24 cm ; planches d’environ 57 × 40 cm. 1 800 €
Au marteau, pour le portfolio
Parc du château, bassin de Neptune, Versailles, 1852
Lot 18
Binoche et Giquello
10 novembre 2016
Épreuve sur papier salé, 32,2 × 23 cm. Signature et date dans le négatif ; ancienne annotation « Bassin du dragon » au verso. 2 413 €
Sans frais, selon la notice
Portail de la cathédrale de Strasbourg, 1851
Lot 4
Dorotheum
3 novembre 2021
Papier salé, 31,2 × 22,7 cm, sur carton d’origine. Signature, titre et date dans le négatif. Rousseurs du carton et pli en marge droite signalés. 777 €
Frais acheteur et TVA inclus
Cathédrale de Reims, images de 1851
Lot 3
ADER
8 juin 2022
18 héliogravures en chemise ancienne, images de 32 × 24 à 34 × 26 cm. Une photographie albuminée anonyme est jointe. Provenance : archives Charles Genuys. 860 €
Sans frais, pour l’ensemble
Cathédrales et bas-reliefs, 1851 et vers 1854–1856
Lot 326
Goxe-Belaisch, Hôtel des ventes d’Enghien
6 novembre 2015
Dix épreuves d’époque sur papier salé, de 21 × 17 à 25 × 35 cm. Vues et études de Saint-Denis, Auxerre, Reims et de la collection Depaulis. 800 €
Sans frais, pour les dix épreuves
Scène de port à Naples, 1845
Lot 260
Dorotheum
9 mai 2023
Huile sur toile signée, datée et située Naples. Environ 64 × 95 cm. 2 860 €
Frais acheteur et TVA inclus

La nature du prix est reprise selon les indications de chaque maison. Chaque résultat reste lié au procédé, aux dimensions, à l’état et à la provenance de l’œuvre concernée.

Comprendre les écarts de prix

Le sujet ne suffit pas à rendre deux œuvres comparables. Une vue de cathédrale peut être un négatif sur papier, un positif photographique, une photogravure ou un contretype documentaire postérieur. Le procédé et la période d’exécution de l’objet doivent être identifiés avant de rapprocher les prix.

La présence d’un ensemble cohérent change aussi l’analyse. Chez Christie’s, quinze papiers salés consacrés à la cathédrale d’Amiens, d’après des images de 1851–1852, ont été vendus 19 550 GBP le 1er mai 1996. Ce résultat historique porte sur les quinze photographies réunies ; il ne donne pas un prix unitaire et ne peut pas être comparé directement à un montant en euros.

À l’inverse, le nombre de feuilles ne garantit pas un prix élevé : l’ensemble de dix papiers salés vendu à Enghien en 2015 a obtenu 800 € sans frais. La qualité de chaque image, les tonalités, les montages, les inscriptions et la provenance doivent être étudiés à l’échelle du lot.

Les publications de 1879 sur Reims illustrent une autre logique : il faut compter les planches, identifier l’édition, relever les manques et examiner la chemise ou le portfolio. Les résultats disponibles ne démontrent pas à eux seuls une hausse ou une baisse générale de la cote.

Biographie et œuvres repères

Henri Le Secq naît à Paris en 1818. Il se forme auprès du sculpteur James Pradier à partir de 1835, puis du peintre Paul Delaroche à partir de 1840. Gustave Le Gray l’initie à la calotypie. Ses premiers essais sur papier remontent à 1848.

Membre fondateur de la Société héliographique, il participe en 1851 à la commande de la Commission des monuments historiques. Ses photographies documentent notamment les monuments de l’Est de la France. Les cathédrales, leurs portails et leurs sculptures sont étudiés en vues générales et en détails.

Son travail photographique comprend aussi paysages, objets, portraits et scènes de genre. Le musée d’Orsay conserve notamment Ruisseau en forêt (Montmirail), vers 1853, une épreuve sur papier salé issue d’un négatif papier ciré sec. En 2022, la BnF a annoncé l’acquisition d’un album constitué par Le Secq au début des années 1850, réunissant 298 photographies, majoritairement de lui et complétées par des images de Le Gray.

Le Secq poursuit également la peinture, exposée au Salon de 1842 à 1869. L’expertise d’un tableau ancien examine ses propres critères : attribution, composition, format, signature et état de la toile. Sa collection de ferronnerie, poursuivie par son fils, est aujourd’hui conservée au musée Le Secq des Tournelles à Rouen. L’artiste meurt à Paris en 1882.

  • 1835–1840 : formation dans les ateliers de James Pradier et de Paul Delaroche.
  • 1848 : premiers essais photographiques sur papier.
  • 1851 : Société héliographique et participation à la Mission héliographique.
  • 1878–1879 : publication de paysages puis du portfolio sur Reims à partir d’images antérieures.

Photographies, éditions et peintures

La photographie de Le Secq repose notamment sur le négatif papier et le tirage positif. Le fonds conservé à la Bibliothèque des Arts décoratifs réunit ces deux types d’objets. Les notices patrimoniales et les catalogues permettent de les rapprocher sans les confondre.

Épreuves sur papier salé

Les vues d’architecture, paysages et études d’objets existent en positifs sur papier salé. Les dimensions de l’image, du papier et du montage doivent être relevées séparément. La densité et la lisibilité de l’épreuve participent à l’examen.

Négatifs sur papier

Le négatif est la matrice photographique. Le musée d’Orsay conserve des négatifs sur papier ciré sec liés à la Mission de 1851. Leur statut, leurs inscriptions et leur historique nécessitent une étude distincte de celle des positifs.

Épreuves photomécaniques

Photogravure, héliogravure et photolithographie désignent des procédés de reproduction imprimée. Une image datée de 1851 peut figurer dans une publication de 1879. La technique exacte, l’éditeur et la composition de la suite sont à identifier.

Peintures

Des huiles sur toile sont documentées, dont des scènes italiennes. ADER publie 2 048 € frais inclus pour Jeune fille italienne à la fontaine, vers 1845–1850, vendue en juin 2019 : toile signée de 40,5 × 32 cm, avec restaurations signalées.

Signatures et critères d’estimation

Les inscriptions « H. Le Secq », les lieux et les dates apparaissent souvent dans l’image parce qu’ils figurent sur le négatif. Une signature ainsi reproduite doit être distinguée d’une annotation manuscrite ajoutée sur la feuille ou son montage. Le réseau d’experts du cabinet permet d’orienter l’étude selon le procédé et les documents disponibles.

  1. Le procédé et le support.
    Identifier positif, négatif ou impression photomécanique. Décrire le papier, le montage et les éventuelles mentions d’éditeur.
  2. Les deux dates.
    Distinguer la prise de vue de la fabrication de l’exemplaire. Une date dans le négatif ne prouve pas à elle seule un tirage contemporain.
  3. L’image et son cadrage.
    Comparer le monument, les statues, les détails, les marges et les dimensions avec une notice précise du même sujet.
  4. Les inscriptions.
    Photographier signature dans l’image, annotations au crayon ou à l’encre, cachets, étiquettes et numéros de collection.
  5. L’état de l’œuvre.
    Relever tonalités affaiblies, taches, rousseurs, plis, déchirures et retouches. Pour une peinture, signaler les restaurations connues.
  6. La provenance et la complétude.
    Réunir factures, catalogues, inventaires et anciennes photographies. Pour un ensemble, compter les feuilles et décrire les documents qui les accompagnent.

Faire estimer une œuvre d’Henri Le Secq

Transmettez une vue complète de l’œuvre et de son montage, ainsi que des détails des inscriptions et des altérations. Ajoutez une photographie du revers s’il est accessible. Indiquez les dimensions de l’image et de la feuille ; pour une peinture, celles de la toile hors cadre.

Lors d’un inventaire ou d’une succession, les chemises, les anciennes listes et les factures peuvent aider à reconnaître un ensemble. Précisez si les feuilles étaient réunies à l’origine ou si elles ont été acquises séparément.

Le bureau d’expertise Fabien Robaldo rapproche ces éléments des notices et des ventes documentées. Une première estimation sur photographies peut être précisée après examen matériel. La confirmation du procédé, de la période et de l’attribution peut nécessiter des recherches complémentaires.

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