Estimation Jean Guillaume Moitte (1746-1810)

Expertise des œuvres de l'artiste et présentation de celui-ci, portrait de l'artiste "Jean Guillaume Moitte” burin de J.M.N. Frémy, d'après un buste sculpté par Jacques-Édouard Gatteaux
Jean Guillaume Moitte burin de J.M.N. Frémy, d'après un buste sculpté par Jacques-Édouard Gatteaux

Estimation Jean Guillaume Moitte (1746-1810)

Jean Guillaume Moitte occupe une place reconnue dans l’art néoclassique français. Sculpteur majeur, il a aussi produit un corpus de dessins d’invention pour projets décoratifs, orfèvrerie et reliefs. Cette page présente une synthèse pour comprendre la valeur de ses dessins, leur marché et les facteurs qui influencent une estimation. Elle s’adresse aux propriétaires et ayants droit souhaitant documenter, dater et obtenir une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo.

Les informations ci-dessous se concentrent sur la thématique “dessinateur”. Le parcours, le style, les techniques et les tendances de vente sont abordés de façon factuelle, afin d’éclairer la valeur potentielle des œuvres sur papier de Moitte mises en perspective avec ses terres cuites d’atelier et pièces connexes.

Domaines artistiquesPrix / Valeur / Cote
Dessinde 700 € env. pour des feuilles attribuées ou d’atelier jusqu’à 112 000 € pour une grande feuille aboutie liée aux projets décoratifs néoclassiques. Fourchette observée en ventes publiques.
Terre cuite d’atelier et esquisses sculptéesde 40 000 € à 51 000 € env. selon sujet, dimensions, état et provenance.
Oeuvres “d’après” ou attribuées à des élèves/collaborateursde 4 800 € env. pour des reliefs en cire d’après ses dessins à moins de 1 000 € pour des petites études attribuées.

 

Biographie factuelle

Né à Paris en 1746, Jean Guillaume Moitte se forme chez Jean-Baptiste Pigalle puis Jean-Baptiste II Lemoyne. Lauréat du Prix de Rome en 1768, il séjourne en Italie au début des années 1770. De retour en France, il contribue aux grands chantiers parisiens de la fin de l’Ancien Régime et de la Révolution. Son nom reste attaché à des ensembles sculptés publics, tout en menant une activité de dessinateur pour projets d’architecture décorative, orfèvrerie et bas-reliefs. Il meurt en 1810 à Paris.

Les archives et les publications spécialisées mentionnent un grand nombre de dessins réalisés pour le célèbre orfèvre Henri Auguste et, après 1810, conservés ou repris par l’atelier Odiot. Ces feuilles d’invention documentent précisément l’esthétique néoclassique et constituent aujourd’hui un pan recherché de son œuvre graphique.

 

Style de l’artiste (objectif, non-poétique)

Les dessins de Moitte privilégient la clarté de la composition, la ligne sûre et l’organisation en frise. L’influence de l’Antique est constante. Les figures sont structurées, proches du relief sculpté. Les ombres au lavis renforcent l’effet de bas-relief. La narration reste lisible, au service d’un programme décoratif ou symbolique déterminé. La grammaire ornementale reprend les attributs classiques: trophées, serpents, palmettes, masques, guirlandes, muses, cornucopies.

Dans les feuilles destinées à l’orfèvrerie, la précision des profils, couvercles, anses et piétements est notable. Pour les projets de reliefs, la séquence iconographique est calibrée pour une transposition en sculpture, avec un modelé suggéré par le lavis et la réserve du papier.

 

Techniques, matériaux, périodes

Les dessins associent plume et encre noire ou grise, lavis gris ou brun, parfois rehauts de gouache blanche. On rencontre aussi de la pierre noire et des mises au carreau. Les formats varient de petites études à de grandes feuilles horizontales pensées comme des frises. Les années 1780-1790 concentrent un grand nombre de feuilles d’invention pour orfèvrerie et projets décoratifs. Quelques compositions portent une signature “Moitte sculpteur” accompagnée d’une date révolutionnaire, pratique fréquente chez les sculpteurs-dessinateurs de la période.

Les terres cuites d’atelier, bien que hors papier, dialoguent directement avec les dessins. Elles confirment les correspondances entre l’idée graphique et la traduction en volume. Leur présence dans les ventes permet d’étalonner la valeur relative des catégories “dessin” et “terre cuite”.

 

Analyse du marché: typologies, cote, valeur, facteurs déterminants

Typologies recherchées pour le papier. Les grandes feuilles d’invention complètes, liées à un projet abouti d’orfèvrerie ou de relief, atteignent les niveaux les plus élevés. Viennent ensuite les études préparatoires et les suites de frises. Les petites études attribuées, recto-verso ou de mise au point, forment l’entrée de marché.

Notion de valeur. La valeur dépend de la qualité graphique, du degré d’achèvement, de la relation à une œuvre exécutée, de la présence d’inscriptions datées, de la provenance et de l’état. La concordance avec un objet conservé en musée ou une réalisation documentée renforce la valeur et la liquidité.

Facteurs déterminants. Le sujet néoclassique clairement lisible et une iconographie cohérente avec le corpus de Moitte jouent un rôle majeur. La dimension et la rareté d’une série complète pèsent sur l’estimation. Les feuilles passées par de bons cabinets d’expertise ou des collections de référence se positionnent mieux.

Segmentation par catégories. Sur le périmètre “dessinateur”, on observe un marché à deux vitesses: d’une part, des sommets pour de grandes compositions liées à l’orfèvrerie ou à des projets de frise; d’autre part, un flux d’études et d’attributions à tarifs plus accessibles. Les terres cuites d’atelier offrent une référence utile, car elles traduisent souvent des feuilles préalables et soutiennent la cohérence du corpus.

 

Analyse technique de la thématique “dessinateur”: matériaux, périodes, écoles, caractéristiques

Matériaux. Plume, encre et lavis dominent. Les rehauts de gouache blanche servent à marquer volumes et reflets, surtout sur les objets d’orfèvrerie. La pierre noire intervient pour les réserves et les masses.

Périodes. Les feuilles datées de l’An III à l’An IV et celles des années 1780 constituent un noyau fort pour l’estimation. Elles concentrent la relation aux ateliers d’orfèvrerie et aux programmes néoclassiques parisiens.

Écoles et cercle. Les collaborations avec les orfèvres parisiens, en particulier Henri Auguste puis Odiot, structurent l’iconographie. Le cercle de l’atelier inclut des élèves et suiveurs dont les œuvres “d’après” ou “attribuées” apparaissent en ventes et doivent être distinguées des feuilles autographes.

Caractéristiques distinctives. Les compositions en frise, l’économie de moyens, le rapport étroit au relief, les attributs antiques et la rigueur de l’ornement sont des critères objectifs. La présence d’estampilles d’atelier d’orfèvres historiques ou d’annotations anciennes renforce l’authenticité et la valeur documentée.

 

 

Marché des enchères: résultats récents et documentés

Ci-dessous une sélection synthétique de résultats, indiqués avec la maison de vente, la date, le lot et le prix en euros. Les titres d’œuvres sont indiqués entre guillemets et en italique.

  • Artcurial, 25 juin 2013, lot 156, “La Charité romaine” (terre cuite). 40 209 €.
  • Daguerre, 4 mars 2020, lot 295, “Vierge à l’enfant” (terre cuite, esquisse). 51 250 €.
  • PBA Auctions, 2 novembre 2025, lot 80, Projet de bas-relief attribué à Moitte (dessin, plume, aquarelle et gouache). 715 €.
  • Ader, 21 mars 2023, lot 236, Relief en cire “Le jeu des nymphes et des satyres”, d’après un dessin de Moitte. 4 875 €.

 

Ces adjudications illustrent un marché contrasté. Les feuilles autographes abouties atteignent des sommets lorsque le lien à un projet ou à une pièce conservée est solide. Les œuvres “attribuées” ou “d’après” constituent un segment d’accès. Les terres cuites d’atelier, bien que hors papier, servent de repère de valeur pour des sujets identiques traités au dessin.

 

Conclusion: demandez une estimation gratuite

Pour situer la valeur d’une feuille de Jean Guillaume Moitte, l’analyse croise technique, iconographie, datation, lien à une réalisation exécutée, état et provenance. Une documentation claire et des clichés recto-verso sont essentiels. Pour un avis motivé et une estimation gratuite, contactez Fabien Robaldo. Un retour argumenté vous sera adressé avec un positionnement de marché actualisé.

 

FAQ

Comment reconnaître un dessin autographe de Jean Guillaume Moitte ?

La reconnaissance repose sur la cohérence stylistique, la technique plume-encre-lavis, la logique de frise, et la comparaison au corpus publié. Les inscriptions “Moitte sculpteur” et les dates révolutionnaires sont des indices, à confirmer par expertise.

Quelles dimensions influencent le plus la valeur ?

Les grandes feuilles horizontales conçues comme frises ou projets d’orfèvrerie obtiennent en général de meilleurs résultats. La taille seule ne suffit pas: le degré d’achèvement et la relation à une œuvre exécutée priment.

Une provenance de collection suffit-elle à établir la valeur ?

Une provenance solide peut soutenir la valeur, mais doit être corrélée à l’autographie, à l’état, à la période et au sujet. La documentation d’atelier ou des estampilles d’orfèvres sont des plus.

Les feuilles “attribuées” sont-elles recherchées ?

Oui, mais à des niveaux inférieurs. Elles servent d’introduction au corpus et restent tributaires d’éléments probants. Un avis d’expert peut faire évoluer l’attribution et donc la valeur.

Les recto-verso influencent-ils le prix ?

Un dessin recto-verso, s’il éclaire un projet ou présente deux états d’une composition, peut renforcer l’intérêt. L’impact sur le prix dépend du contenu et de l’état.

Que penser des dessins liés à l’orfèvrerie d’Henri Auguste et Odiot ?

Ce sont des pièces structurantes. La traçabilité vers un objet conservé ou une commande identifiée augmente la valeur et la liquidité.

Faut-il restaurer avant une estimation ?

Non sans avis. Une restauration mal documentée peut pénaliser la valeur. Fournissez des images détaillées; l’expert jugera de la pertinence d’une intervention.

Les terres cuites d’atelier aident-elles à estimer un dessin ?

Oui, par effet de comparaison. Lorsqu’une terre cuite correspond à une feuille, elle confirme le statut de projet et peut étayer une fourchette de valeur.

Quelle période est la plus recherchée ?

Les années 1780-1790, surtout les feuilles datées des premières années révolutionnaires et celles clairement reliées à des programmes décoratifs, sont au cœur de la demande.

Une signature suffit-elle ?

Non. La signature est un indice. L’analyse conjointe du style, des techniques et des références publiées demeure décisive.

Peut-on estimer une œuvre sur photos ?

Oui pour une première approche et une estimation indicative. L’examen direct reste préférable avant toute décision engageante.

Comment obtenir une estimation gratuite rapidement ?

Transmettez des photos nettes recto-verso, dimensions, technique, provenance et tout document utile. Fabien Robaldo fournit une estimation gratuite et motivée sous délai raisonnable.

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