Valeur des tableaux de Prieur-Bardin
Le nom Prieur-Bardin recouvre principalement deux peintres actifs entre la fin du 19e et le début du 20e siècle. Eugène-Antoine Prieur-Bardin, né en 1860 près de Lyon et décédé en 1905, a produit des vues urbaines et marines entre Constantinople, Marseille et l’Italie. François-Léon Prieur-Bardin, né en 1870 et mort en 1939, a séjourné durablement à Constantinople dans les années 1890 et a réalisé de nombreuses vues du Bosphore et de la Corne d’Or. Ces œuvres apparaissent régulièrement aux enchères en France et à l’international, avec une demande tirée par les ventes spécialisées en orientalisme et par les collectionneurs de marines et de vues portuaires.
Ce guide présente une description claire de la thématique, les typologies d’œuvres rencontrées, des critères simples qui pèsent sur la valeur, ainsi que des repères de marché assortis de résultats récents vérifiés. Il s’adresse aux propriétaires et ayants droit souhaitant situer une toile signée Prieur-Bardin et préparer une estimation gratuite avec Fabien Robaldo.
Définition et description générale
Sous l’appellation Prieur-Bardin, on distingue deux signatures proches et parfois confondues en catalogue. Les deux artistes peignent à l’huile, essentiellement sur toile ou sur panneau, des vues urbaines, des ports et des paysages littoraux. Les scènes de Constantinople et du Bosphore constituent le cœur du corpus de François-Léon. Eugène-Antoine présente un répertoire plus mixte, partagé entre la Méditerranée française, l’Italie et l’Empire ottoman finissant.
Les formats les plus fréquents se situent entre environ 30 x 50 cm et 60 x 90 cm, avec des compositions horizontales privilégiant les panoramas. Les œuvres sont généralement signées “Prieur-Bardin” et datées de la fin des années 1890 aux premières années 1900. L’inscription d’un lieu, comme “Constantinople”, “Bosphore”, “Marseille” ou “Venise”, apparaît sur certains exemples.
Typologies, matériaux, périodes, styles
Typologies récurrentes
Les sujets les plus recherchés regroupent les vues de la Corne d’Or et du Bosphore, les silhouettes de minarets vues depuis le rivage, les embarcations traditionnelles et les perspectives urbaines de Constantinople vers 1890-1905. On rencontre aussi des marines provençales, des vues du Vieux-Port de Marseille et des paysages portuaires italiens comme Venise.
Matériaux et formats
La majorité des tableaux sont des huiles sur toile. Des huiles sur panneau apparaissent pour des formats de chevalet plus modestes. Les tailles intermédiaires, autour de 40 x 60 cm, dominent le marché. Les grands formats près de 60 x 90 cm sont moins fréquents et suscitent une attention renforcée dans les vacations d’orientalisme.
Périodes de production
La période la plus représentée se concentre entre 1890 et 1905. François-Léon travaille à Constantinople dans les années 1890 et jusqu’à 1901, ce qui explique l’abondance de vues du Bosphore datées 1898-1904. Eugène-Antoine signe des toiles entre la fin du 19e siècle et 1905, avec des sujets à la fois ottomans, provençaux et italiens.
Caractéristiques visuelles identifiables
Les compositions privilégient une ligne d’horizon dégagée, une lecture panoramique et une mise en place lisible des éléments architecturaux. L’observation des inscriptions de lieu, des signatures et des dates en bas de composition aide à attribuer l’œuvre à l’un ou l’autre artiste. Lorsque l’inscription précise un site istanbuliote, elle renforce l’ancrage orientaliste du tableau.
Facteurs simples influençant la valeur
Plusieurs paramètres non techniques influencent directement la valeur des tableaux signés Prieur-Bardin. Ils sont cumulables et expliquent les écarts observés entre adjudications modérées et résultats élevés.
Sujet et attrait du thème
Les vues emblématiques du Bosphore et de la Corne d’Or concentrent l’intérêt des collectionneurs d’orientalisme. Un sujet précisément localisé, lisible et daté, pèse positivement sur la valeur. Les marines provençales et les ports italiens trouvent aussi preneur, avec une amplitude de prix généralement plus contenue que les grandes vues ottomanes marquantes.
Taille et présence au mur
Les formats intermédiaires autour de 40 x 60 cm sont actifs sur le marché et restent souvent accessibles. Les formats proches de 60 x 90 cm, plus décoratifs et rares, peuvent générer des niveaux plus élevés lorsque le sujet est recherché et lisible.
Signature, date et attribution
Une signature “Prieur-Bardin” bien lisible et une date documentée sont des éléments favorables. La distinction entre Eugène-Antoine et François-Léon oriente la fourchette d’attente en fonction du sujet. Les vues ottomanes attribuées avec certitude à François-Léon sont particulièrement attendues, mais des toiles d’Eugène-Antoine sur Constantinople ou Venise peuvent aussi se placer solidement.
Provenance et bibliographie
Une provenance claire, une mention d’exposition ou une référence bibliographique connue soutiennent la valeur. Les œuvres déjà répertoriées dans des ventes spécialisées d’orientalisme ou passées par des maisons internationales bénéficient d’une meilleure visibilité.
Marché de l’art: demande, cote, valeur
Les tableaux signés Prieur-Bardin circulent régulièrement en France, avec des pics d’intérêt lors des vacations “Orientalisme” à Paris et à Londres, et des passages constatés à Vienne et dans d’autres places européennes. Le marché relie deux segments complémentaires. D’une part, un noyau orientalisant pour les vues de Constantinople de François-Léon. D’autre part, un segment méditerranéen et de voyage pour les marines et vues portuaires d’Eugène-Antoine et de François-Léon.
Dans les adjudications récentes, les petits et moyens formats se situent fréquemment dans une fourchette de quelques milliers d’euros, avec des planchers observés sous 2 000 € pour des sujets secondaires ou des formats réduits. Les meilleures vues du Bosphore et de la Corne d’Or, surtout autour de 60 x 90 cm, peuvent dépasser sensiblement le seuil des 10 000 € et atteindre ou dépasser 20 000 € quand l’ensemble des critères favorables est réuni.
Le profil de demande associe des collectionneurs d’orientalisme, des amateurs de paysages historiques d’Istanbul et un public régional attaché aux sujets marseillais et vénitiens. Ce croisement alimente une cote régulière, avec des hausses ponctuelles sur des compositions emblématiques, datées et bien conservées dans les collections.
Résultats de ventes vérifiés
Les exemples ci-dessous illustrent des adjudications documentées, avec l’indication de la maison, de la date, du lot et du prix en euros.
- François-Léon Prieur-Bardin, “Vue du Bosphore et la Corne d’or”, 1904. Paris, MILLON, 24 juin 2025, lot 135. Adjugé 16 500 €.
- François-Léon Prieur-Bardin, “Constantinople, Sainte-Sophie depuis le Bosphore”. Paris Drouot, Leclere, 10 décembre 2018, lot 77. Adjugé 20 800 €.
- Eugène-Antoine Prieur-Bardin, “Venice, a View of San Giorgio Maggiore”, 1902. Vienne, Dorotheum, 25 avril 2024, lot 697. Adjugé 4 680 €.
- François-Léon Prieur-Bardin, “Vue d’Istambul depuis les Bords du Bosphore”. Paris, MILLON, 8 octobre 2021, lot 115. Adjugé 1 900 €.
Ces repères illustrent l’amplitude de prix selon le thème, la taille et l’attribution. Ils permettent de situer une œuvre en amont d’une estimation gratuite, sans préjuger d’un résultat futur qui dépendra toujours du sujet précis et de la dynamique de chaque session.
Conclusion
Les tableaux signés Prieur-Bardin intéressent un double public de l’orientalisme et des marines historiques. L’identification fine du sujet, la lecture de la signature, la date et le format orientent la valeur. Pour positionner votre tableau de manière fiable et bénéficier d’un avis motivé, sollicitez une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. Vous recevrez une analyse de marché claire et actualisée, fondée sur des comparables et sur les tendances observées en ventes publiques.
FAQ
Qui sont les artistes derrière la signature “Prieur-Bardin” ?
Deux peintres portent ce nom au tournant de 1900. Eugène-Antoine Prieur-Bardin, actif jusqu’en 1905, et François-Léon Prieur-Bardin, actif jusqu’en 1939, tous deux auteurs de vues urbaines et marines, notamment à Constantinople.
Comment différencier Eugène-Antoine et François-Léon Prieur-Bardin ?
L’attribution repose sur la datation, le sujet et les habitudes géographiques. Les vues du Bosphore de la fin des années 1890 à 1901 renvoient souvent à François-Léon. Les marines provençales et certaines vues d’Italie sont fréquentes chez Eugène-Antoine.
Quels sujets portent généralement la valeur la plus élevée ?
Les grandes vues de la Corne d’Or et du Bosphore bien composées et datées sont les plus recherchées. Elles affichent des adjudications supérieures lorsque la lecture du site est claire et le format conséquent.
Quelles dimensions rencontre-t-on le plus souvent ?
Les formats intermédiaires autour de 40 x 60 cm dominent. Les formats proches de 60 x 90 cm sont moins nombreux et peuvent mieux performer lorsque le sujet est emblématique.
Les œuvres sont-elles toujours des huiles sur toile ?
La majorité sont des huiles sur toile, mais des huiles sur panneau existent, surtout pour des formats plus modestes.
Quels repères de prix récents peut-on citer ?
Des adjudications confirmées vont d’environ 1 900 € pour un format intermédiaire jusqu’à 20 800 € pour une vue recherchée de Constantinople, avec des résultats situés entre ces bornes selon le sujet et la taille.
Une provenance ou une exposition influencent-elles la valeur ?
Oui. Une provenance claire et des références d’exposition crédibles renforcent la confiance des acheteurs et soutiennent la valeur.
Existe-t-il un intérêt pour les vues non orientalisantes ?
Oui. Les ports de Marseille ou certaines vues italiennes suscitent une demande régulière, avec des niveaux souvent plus modérés que les meilleures vues ottomanes.
Pourquoi observe-t-on parfois une confusion d’attribution ?
Les signatures proches et les thèmes similaires expliquent des confusions dans certains catalogues. La vérification des dates et des lieux peints permet d’affiner l’attribution.
Le marché est-il international ?
Oui. Des apparitions sont documentées à Paris, Londres et Vienne, avec un noyau d’acheteurs sensibles à l’orientalisme et aux marines historiques.
Comment obtenir une estimation gratuite de mon tableau Prieur-Bardin ?
Transmettez des photos, dimensions, signature et date à Fabien Robaldo. Vous recevrez une estimation gratuite fondée sur des comparables récents.
Quel est l’intérêt de passer par un expert indépendant ?
Un expert indépendant positionne l’œuvre au plus juste du marché, en s’appuyant sur des adjudications vérifiées et une lecture rigoureuse de l’attribution et du sujet.