Cote de Jean-Baptiste Corneille sur le marché de l’art ancien
Jean-Baptiste Corneille, actif à Paris dans le dernier tiers du XVIIe siècle, occupe une place précise sur le marché de l’art ancien. Peintre d’histoire, dessinateur prolifique et graveur, il est aujourd’hui recherché pour ses grandes compositions liées à la tradition académique et, plus couramment, pour ses dessins et estampes. Cette fiche synthétise les typologies rencontrées, les périodes et matériaux, les facteurs simples qui influencent la valeur, la demande actuelle, et présente des résultats de ventes récents et vérifiés en euros.
Introduction
La cote de Jean-Baptiste Corneille dépend fortement du support. Les grands formats peints apparaissent rarement et mobilisent des budgets élevés lors de leur réapparition. Le cœur des transactions concerne des feuilles à la plume, à la pierre noire ou à l’encre, parfois rehaussées de lavis, ainsi que des gravures réalisées par l’artiste d’après les maîtres italiens ou dans le cadre de suites académiques. L’offre est principalement européenne, avec une concentration d’enchères à Paris. Les prix observés en 2024 ont rappelé la dynamique des grandes peintures d’histoire, tout en confirmant des niveaux accessibles pour les œuvres graphiques.
Définition et description générale de la thématique
La thématique “Cote de Jean-Baptiste Corneille” vise l’évaluation des œuvres attribuées à l’artiste, qu’il s’agisse de peintures d’histoire, de dessins d’étude et de composition, ou d’estampes. Les sujets privilégiés sont religieux et mythologiques, avec un corpus marqué par la culture académique française et les modèles italiens assimilés lors de son séjour romain. Son statut d’académicien, ses commandes publiques et ecclésiastiques, et la diffusion de ses compositions par la gravure constituent le socle documentaire qui nourrit aujourd’hui l’analyse de sa valeur sur le marché.
Les grandes toiles, souvent liées à des décors ou à des ensembles prestigieux, se distinguent par leur rareté en salle des ventes. À l’inverse, les dessins, préparatoires ou autonomes, circulent plus régulièrement et montrent une amplitude de prix liée au sujet, à la qualité d’exécution et à la présence d’annotations ou de cachets de collection. Les estampes, tirées de suites ou exécutées d’après les Carrache et d’autres maîtres, constituent une entrée de collection généralement plus accessible.
Typologies, matériaux, périodes, styles
Peintures
Support majoritaire en huile sur toile, formats moyens à monumentaux. Sujets d’histoire, épisodes bibliques et scènes tirées de l’Antiquité. Les œuvres de grand format, parfois classées au titre des monuments historiques, apparaissent à intervalles espacés et concentrent l’attention des institutions et des collections privées spécialisées. Titres caractéristiques à signaler sur le marché récent, tels que “Alexandre faisant boire ses soldats” et “Dinocrate présente à Alexandre son projet pour le mont Athos”.
Dessins
Feuilles à la plume et encre brune, lavis, pierre noire, parfois rehauts de craie. Études de figures, draperies, têtes, schémas de compositions, scènes religieuses et mythologiques. Les formats varient de petits carnets à des feuilles plus ambitieuses. La présence de marques de collection, d’inscriptions anciennes ou de rapprochements avec des œuvres peintes influence la valeur des dessins.
Estampes et livres illustrés
Gravures au burin et à l’eau-forte, souvent d’après des modèles italiens. Suites pédagogiques et recueils d’estampes liés à l’enseignement académique et aux proportions de la figure. Les exemplaires complets, bien conservés et accompagnés d’une provenance claire sont plus recherchés. Certains ouvrages théoriques illustrés par l’artiste, comme les “premiers éléments de la peinture pratique”, apparaissent ponctuellement en ventes de livres et de gravures anciennes.
Période et style
La période de production commerciale la plus pertinente pour le marché s’étend des années 1660 aux années 1690. Le style associe construction académique, répertoire héroïque, références à la tradition des Carrache et assimilation des modèles romains, dans un cadre français de la seconde moitié du XVIIe siècle. Ces paramètres stylistiques guident l’attribution, la comparaison et la lecture des provenances.
Facteurs simples influençant la valeur
1. Sujet et importance iconographique. Les compositions majeures d’histoire et les épisodes bibliques d’ampleur soutiennent une valeur plus élevée que les études secondaires ou les sujets mineurs. Les pendants identifiés ou les ensembles reconstituables renforcent l’intérêt.
2. Dimensions et impact visuel. Les toiles monumentales, rares sur le marché, mobilisent des budgets supérieurs. À l’inverse, les petites feuilles d’étude, même autographiques, restent dans des niveaux de prix contenus.
3. Support et technique. La hiérarchie traditionnelle du marché place la peinture d’histoire au sommet, suivie par les dessins aboutis et, enfin, par les estampes. La qualité du trait, la richesse du lavis, ou une composition complète influent directement sur la valeur d’une feuille.
4. Provenance et documentation. Les mentions dans les inventaires anciens, la présence de marques de collection ou de littérature spécialisée sont favorables. Un classement officiel ou une provenance historique prestigieuse peut accroître l’attractivité, tout en encadrant la circulation de l’œuvre selon les règles en vigueur.
5. Rareté et comparaisons. La rareté des grandes peintures de Corneille sur le marché récent explique l’ampleur de certaines adjudications. À l’inverse, l’abondance relative des dessins et gravures crée des fourchettes de prix plus larges et des opportunités d’acquisition régulières.
Marché de l’art: demande, cote, valeur
La demande est portée par deux segments. D’une part, les institutions et grands collectionneurs d’art ancien qui suivent les peintures d’histoire de grand format. D’autre part, un public de connaisseurs et d’amateurs de dessin qui cible feuilles abouties, études caractéristiques et estampes représentatives de l’enseignement académique. Les adjudications de 2024 ont confirmé la visibilité des compositions majeures, avec des prix supérieurs à 100 000 euros pour des toiles documentées, tout en maintenant pour les œuvres graphiques une entrée de collection généralement inférieure à quelques milliers d’euros selon la qualité, le sujet et la provenance. La valeur d’usage des ensembles imprimés et des suites théoriques illustrées demeure mesurée, avec des variations sensibles selon la complétude des exemplaires et la lisibilité bibliophilique. Les maisons parisiennes structurent l’essentiel de la liquidité, et les catalogues spécialisés en dessins assurent la rotation des feuilles tout au long de l’année. Cette structuration permet des comparaisons de prix fiables entre œuvres de même typologie et de même niveau de finition.
Résultats de ventes vérifiés
La liste ci-dessous reprend trois adjudications récentes et documentées, avec maison, date, lot et prix en euros. Les titres d’œuvres sont indiqués au format requis.
Tajan, Paris, 12 juin 2024, lot 79: “Alexandre faisant boire ses soldats”, huile sur toile, adjugé 472 320 €.
Tajan, Paris, 12 décembre 2024, lot 94: “Dinocrate présente à Alexandre son projet pour le mont Athos”, huile sur toile, adjugé 104 960 €.
Ader, Paris, 9 février 2022, lot 89: “La Chaste Suzanne”, eau-forte et burin d’après Carrache, adjugé 179 €.
Conclusion
La cote de Jean-Baptiste Corneille présente un profil contrasté. Les rares peintures d’histoire de grand format atteignent des niveaux élevés, portés par la documentation, la provenance et l’importance iconographique. Les dessins et estampes proposent une entrée de collection souple, avec des amplitudes de prix liées à la qualité et au sujet. Pour situer précisément la valeur d’une œuvre, l’identification du support, du sujet, des comparaisons et des informations de provenance est déterminante. Pour une lecture actualisée et confidentielle de votre dossier, sollicitez une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo.
FAQ
Qui était Jean-Baptiste Corneille et quelle période couvre sa production ?
Artiste français actif entre les années 1660 et 1695, il a produit des peintures d’histoire, de nombreux dessins et des estampes, dans le cadre académique du Grand Siècle.
Quelles typologies d’œuvres de Corneille passent le plus souvent en ventes publiques ?
Principalement des dessins à la plume, encre et lavis, des feuilles à la pierre noire et des estampes. Les grandes peintures apparaissent plus rarement.
Quels sujets soutiennent les meilleurs prix ?
Les grandes compositions d’histoire et les sujets bibliques d’ampleur avec provenance documentée et liens connus avec des commandes ou ensembles prestigieux.
Quel impact du format sur la valeur ?
Les toiles monumentales, rares, atteignent des niveaux élevés. Les dessins de petit format restent généralement dans des fourchettes accessibles, selon qualité et sujet.
Les estampes de Corneille ont-elles un marché actif ?
Oui. Elles constituent une porte d’entrée abordable. Les prix varient selon la complétude des suites, l’état d’impression et la provenance.
Comment la provenance influence-t-elle la valeur ?
Inventaires anciens, cachets de collection, références publiées et rapprochements académiques renforcent la crédibilité et la valeur économique de l’œuvre.
Les œuvres classées monuments historiques se vendent-elles ?
Elles peuvent être proposées en vente publique. Le classement apporte un contexte patrimonial fort et encadre les modalités de circulation selon la réglementation.
Où se concentre l’offre actuelle ?
Principalement à Paris, dans les vacations dédiées aux tableaux et dessins anciens, et dans des ventes spécialisées d’estampes et de livres illustrés.
Quelle fourchette de prix pour un dessin autographe typique ?
Elle varie de quelques centaines à quelques milliers d’euros selon le sujet, la qualité d’exécution, les dimensions et la provenance.
Qu’indiquent les résultats récents sur les grandes toiles ?
Des adjudications à plus de 100 000 euros pour des œuvres majeures, avec un pic notable observé en 2024 sur des compositions d’Alexandre le Grand.
Que préparer pour une expertise en vue d’une estimation ?
Photographies nettes, dimensions, technique, inscriptions, historique de propriété, documents d’archives et tout rapprochement bibliographique utile.
Comment obtenir une estimation gratuite et confidentielle ?
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