Cote et ventes aux enchères de Pierre Brébiette
Pierre Brébiette, actif entre Rome et Paris au premier XVIIe siècle, est surtout connu pour ses dessins et ses eaux-fortes. Sa présence en ventes publiques reste rare en comparaison d’autres maîtres français de la même époque, mais l’intérêt des collectionneurs s’est renforcé ces dernières années, porté par quelques résultats marquants et par une meilleure attribution de ses feuilles. Ce panorama présente les éléments utiles pour comprendre sa cote, ses typologies d’œuvres rencontrées aux enchères et les facteurs simples qui influencent leur valeur, avant d’illustrer ces points par des résultats de ventes vérifiés.
Introduction
Le marché de Pierre Brébiette est dominé par le dessin ancien et la gravure. Les peintures autographes sont exceptionnelles. Les œuvres apparaissent souvent sous des attributions nuancées comme “attribué à”, “atelier”, “entourage” ou “cercle”. Les feuilles les plus recherchées sont des études à la sanguine liées à des cycles illustrés et à des sujets mythologiques. La visibilité de Brébiette a été relancée récemment par des adjudications élevées sur des dessins importants, révélant une hiérarchie de prix sensible au médium, au sujet et à l’attribution.
Définition et description générale
Brébiette fut un dessinateur et graveur français né à Mantes-la-Jolie vers 1598 et mort à Paris vers 1650. Il séjourne à Rome vers 1617-1625, puis travaille à Paris. Son œuvre comprend des eaux-fortes diffusées dès les années 1620 et des dessins préparatoires pour des cycles illustrés publiés plus tard. On rencontre en ventes des feuilles à la sanguine, des dessins à la pierre noire et à la plume, ainsi que des eaux-fortes isolées ou en suites. Les sujets les plus fréquents sont tirés de l’Antiquité, des bacchanales, tritons, satyres, muses et scènes allégoriques. Certaines feuilles sont liées au “Tableau des Vertus et des Vices, Tableaux des Temples des Muses”, cycle gravé notamment par Cornelis Bloemaert, projet éditorial rassemblé au milieu du XVIIe siècle. Les gravures originales de Brébiette existent en multiples états et tirages, entraînant des écarts de prix importants entre impressions courantes et beaux tirages anciens.
Typologies, matériaux, périodes, styles
Dessins à la sanguine et feuilles d’étude
Les dessins à la sanguine, parfois avec estompe et rehauts de blanc, constituent le haut du marché pour Brébiette. Ils apparaissent comme études autonomes ou préparations à la gravure. Leur format est généralement modeste, la composition serrée et les figures souvent inspirées de thèmes mythologiques. Les feuilles liées aux Muses, aux Triomphes ou aux Gigantomachies suscitent une demande active.
Les études de figures féminines ou allégoriques à la sanguine sont également recherchées, surtout lorsqu’un lien avec une gravure connue est documenté. La présence d’une mise au carreau, de traces de report ou d’un rapport avéré à un cycle illustré renforce la perception de qualité et donc la valeur.
Dessins à la pierre noire, plume et lavis
Plus rares sur le marché, ces dessins servent parfois d’études de composition. Ils présentent des conventions graphiques proches de celles des milieux romains et parisiens des années 1620-1630. Leur cote varie selon la lisibilité, le sujet et l’attribution.
Gravures et suites
Les eaux-fortes de Brébiette, souvent diffusées par des éditeurs parisiens, couvrent des cycles de bacchanales, sacrifices, processions et scènes allégoriques. Elles circulent aux enchères à des niveaux de prix plus accessibles. L’état de la planche, la fraîcheur de l’encre, la présence de marges et l’intérêt iconographique influencent les adjudications. Les ensembles cohérents de plusieurs planches créent un effet d’échelle favorable à la valeur globale, même lorsque chaque feuille isolée reste modeste.
Périodes et repères stylistiques
Les œuvres rattachées à la période romaine sont appréciées pour leur lien avec les modèles italiens et l’entourage de graveurs actifs à Rome. Celles réalisées après le retour à Paris vers 1625-1626 montrent une adaptation du vocabulaire mythologique aux attentes des éditeurs et commanditaires. La cohérence avec les cycles publiés et l’historique de collection apportent des repères utiles aux acheteurs.
Facteurs simples influençant la valeur
Attribution. La hiérarchie va de “autographe” à “attribué à”, “atelier”, “entourage” ou “cercle”. Une feuille reconnue comme autographe et documentée obtient mécaniquement une valeur supérieure aux œuvres d’entourage ou de cercle.
Médium et technique. Les sanguines abouties liées à un projet éditorial majeur dominent les prix. Les eaux-fortes, même de bon aloi, évoluent généralement dans une fourchette plus basse. Les dessins à la pierre noire ou à la plume occupent une position intermédiaire selon leur aboutissement et leur sujet.
Sujet et lien iconographique. Les sujets mythologiques identifiables, surtout en rapport avec le corpus des “Muses”, des “Vertus et Vices” ou des bacchanales, orientent positivement la demande. Une correspondance claire avec une gravure de référence ou une mention dans la littérature spécialisée renforce la valeur.
Provenance et références. Une provenance de collection reconnue, une mention muséale ou une publication soutiennent la confiance des acheteurs. Ce critère joue un rôle non négligeable dans des marchés où l’attribution peut être débattue.
Dimensions et composition. À sujet équivalent, une feuille plus ambitieuse par la composition et le nombre de figures aura tendance à atteindre un niveau supérieur. L’impact visuel de la scène, même sur un format réduit, est déterminant pour la compétition en salle.
Maison de ventes et visibilité. Les ventes organisées à l’Hôtel Drouot ou par de grandes maisons internationales bénéficient d’une audience plus large, ce qui peut soutenir la dynamique des enchères. Les notices précises et l’expertise publiée jouent aussi en faveur d’une meilleure adjudication.
Marché de l’art, demande, cote et valeur
La cote de Brébiette est construite autour de deux segments. En haut de marché, quelques dessins à la sanguine, directement rattachés aux cycles des Muses et des Vertus et Vices, suscitent une demande active et atteignent des prix à cinq ou six chiffres. Cette tranche est alimentée par la rareté des feuilles autographes bien documentées et par l’intérêt accru pour la gravure et le dessin français du XVIIe siècle. À l’autre extrémité, les eaux-fortes et ensembles de planches se négocient à des niveaux plus accessibles, de l’ordre de quelques centaines d’euros pour des épreuves courantes, davantage pour des séries cohérentes ou des tirages recherchés.
Les adjudications récentes confirment cette polarisation. Un record a été établi à Paris pour un dessin à la sanguine représentant une danse de Muses, tandis qu’une autre feuille liée à une scène de Gigantomachie a atteint un niveau élevé en Belgique. À l’inverse, des pièces d’entourage ou des gravures isolées restent abordables, comme l’illustre un lot d’”entourage” adjugé en 2020 chez MILLON à un niveau modeste. Cette amplitude de prix implique de qualifier précisément chaque œuvre pour en établir une valeur pertinente.
Résultats de ventes vérifiés
Les exemples ci-dessous illustrent l’éventail des adjudications observées pour Brébiette et son entourage, avec la maison, la date, le lot et le prix de vente en euros.
“La Danse des muses”, dessin à la sanguine. Paris, Hôtel Drouot, Gros & Delettrez, 7 avril 2025, vente “Dessins et tableaux”, lot 7. Prix de vente 110 000 €.
“Les Géants entassent les rochers pour attaquer le Ciel”, dessin à la sanguine. Gerpinnes, MJV Soudant, 26 janvier 2025, “Vente XXXVIII”, lot 147. Prix de vente 84 480 €.
Entourage de Pierre Brébiette, “Apollon entouré d’une assemblée de personnages”, sanguine. Paris, MILLON, “Dessins, de 1500 à 1900”, 30 octobre 2020, lot 58. Prix de vente 650 €.
Ces résultats montrent le rôle clé de l’attribution, du sujet et du lien à un corpus illustré. Ils confirment également l’existence d’un premier marché dynamique pour les feuilles de référence et d’un second marché plus large pour les eaux-fortes et les œuvres d’entourage.
Conclusion et estimation
Pour Pierre Brébiette, la formation d’une valeur passe par l’analyse de l’attribution, du médium, du sujet et des références publiées. Les dessins à la sanguine liés aux cycles des Muses et des Vertus et Vices constituent le segment le plus porteur. Les eaux-fortes restent accessibles mais discriminées par la qualité d’impression et la complétude des séries. Si vous possédez un dessin ou une gravure de Brébiette, ou une œuvre de son entourage, il est utile de confronter la feuille au corpus publié et aux séries gravées afin d’en situer le niveau. Pour obtenir une orientation claire et documentée, contactez Fabien Robaldo pour une estimation gratuite et confidentielle de votre œuvre.
FAQ
Qui était Pierre Brébiette et quelle est sa période d’activité principale ?
Un dessinateur et graveur français actif au premier XVIIe siècle, entre Rome vers 1617-1625 et Paris jusqu’à environ 1650.
Quelles œuvres de Brébiette passent le plus souvent en ventes ?
Des dessins à la sanguine de petit à moyen format et des eaux-fortes isolées ou en suites.
Les peintures de Brébiette apparaissent-elles aux enchères ?
Elles sont très rares et plus souvent “attribuées à” que signées, la plupart des passages concernent dessins et gravures.
Quels sujets obtiennent les meilleures adjudications ?
Les sujets mythologiques identifiables liés aux Muses, aux Vertus et Vices, aux bacchanales et grandes compositions allégoriques.
Pourquoi les dessins à la sanguine sont-ils mieux cotés ?
Parce qu’ils sont plus rares, souvent préparatoires à des cycles illustrés reconnus et recherchés par les collectionneurs de dessins anciens.
Les eaux-fortes de Brébiette sont-elles abordables ?
Oui, beaucoup d’épreuves se situent dans une tranche de prix accessible, avec des variations selon l’état, la marge et le sujet.
L’attribution “entourage” impacte-t-elle la valeur ?
Oui, une mention “entourage” ou “cercle” positionne l’œuvre en dessous d’une feuille autographe comparable.
Une provenance muséale ou une publication influencent-elles la cote ?
Oui, elles renforcent la confiance du marché et soutiennent la valeur.
Existe-t-il des records récents pour Brébiette ?
Oui, un record a été enregistré à Paris en 2025 pour un dessin à la sanguine représentant des Muses.
Les ventes belges ou régionales peuvent-elles produire de bons résultats ?
Oui, une feuille de Gigantomachie a atteint un prix élevé en Belgique en 2025.
Comment préparer une demande d’estimation ?
Réunissez photo recto-verso, dimensions à la feuille, technique et toute information de provenance ou de publication avant de solliciter une estimation gratuite.
À qui s’adresser pour une estimation ?
À Fabien Robaldo, spécialiste du marché des arts graphiques anciens, pour une estimation gratuite et documentée.