Cote de Corrado Giaquinto sur le marché de l’art ancien
Corrado Giaquinto, actif au XVIIIe siècle entre Naples, Rome et Madrid, fait partie des peintres italiens recherchés du segment Vieux Maîtres. Son œuvre se compose d’huiles sur toile d’inspiration religieuse, de sujets mythologiques et allégoriques, de bozzetti et modelli préparatoires, ainsi que de dessins. Cette fiche présente de manière claire sa cote, les facteurs qui influencent sa valeur et des résultats de ventes vérifiés, afin d’éclairer les propriétaires et les collectionneurs.
Formé dans l’aire napolitaine puis à Rome, Giaquinto travaille pour la cour d’Espagne à partir de 1753 avant de revenir à Naples. Les achats se concentrent aujourd’hui sur des toiles abouties de format moyen, des esquisses peintes de qualité et, dans une moindre mesure, des dessins. Les prix varient selon l’autographie, la période, la destination d’origine et l’intérêt du sujet.
Le bureau de Fabien Robaldo accompagne les détenteurs d’œuvres dans l’analyse de la provenance, la contextualisation et l’évaluation de marché. Les informations ci-dessous combinent pratiques d’ateliers du XVIIIe siècle et données d’enchères récentes, dans une approche strictement orientée marché.
1. Introduction
La cote de Corrado Giaquinto se lit à travers trois ensembles d’objets circulant en ventes publiques. D’une part les peintures abouties destinées à des commandes religieuses ou à des amateurs. D’autre part les modelli et bozzetti, souvent sur toile ou sur cuivre, exécutés pour fixer une composition. Enfin les dessins d’étude, majoritairement à la pierre rouge ou à la sanguine, qui documentent son processus créatif. Le marché distingue nettement ces catégories par des niveaux de prix différents.
Depuis une quinzaine d’années, la demande est soutenue pour les œuvres autographes en bon format, bien documentées et reliées à ses périodes romaine et madrilène. Les résultats montrent un différentiel marqué entre pièces autographes et œuvres d’atelier ou “attribuées”.
2. Définition et description de la thématique
Peintre italien né à Molfetta en 1703 et mort à Naples en 1766, Corrado Giaquinto s’inscrit dans le courant rococo italien. Son corpus comprend des retables et toiles religieuses, des sujets mythologiques et allégoriques, ainsi que des esquisses préparatoires. Son style associe un dessin solide issu de la tradition romaine à une palette claire héritée de son expérience espagnole.
Sur le marché, on rencontre de manière récurrente des huiles sur toile de format moyen, des études peintes sur toile ou cuivre, et des dessins à la pierre rouge. Les œuvres majeures, parfois liées à des décors ou programmes prestigieux, sont plus rares et se négocient à des niveaux supérieurs.
3. Typologies, matériaux, périodes, styles
Peintures sur toile
Les huiles sur toile constituent la part principale des œuvres de Giaquinto disponibles en ventes. Formats moyens et compositions religieuses ou mythologiques dominent. Les sujets attractifs pour les collectionneurs sont les représentations mariales, les saints au demi-figure, les allégories et les récits antiques. Les toiles abouties, autonomes et bien documentées, concentrent la demande.
Bozzetti et modelli, souvent sur cuivre
Les bozzetti sont des esquisses peintes, parfois sur cuivre, qui fixent la structure et la distribution des figures avant l’exécution finale. Ils se caractérisent par une touche plus libre et des formats plus réduits. Le marché apprécie ces œuvres pour leur lien direct avec des commandes identifiées, notamment romaines et espagnoles. Les modelli aboutis, reconnaissables à une mise au point plus avancée, obtiennent généralement de meilleurs prix que les études rapides.
Œuvres d’atelier et participations
La production d’atelier existe pour certains sujets. Les catalogues emploient des mentions “atelier de”, “attribué à” ou “entourage”. Ces catégories se situent en deçà des œuvres autographes en termes de valeur. Elles sont néanmoins suivies lorsqu’elles reprennent des compositions connues ou lorsqu’elles sont de bon format.
Dessins et études
Les feuilles à la pierre rouge ou à la sanguine, parfois rehaussées, forment un marché distinct. Elles documentent la préparation des figures et draperies. Les prix varient selon le degré d’achèvement, le lien avec une œuvre peinte et la qualité du trait. Les feuilles clairement rattachées à une composition identifiée rencontrent un public de connaisseurs.
Périodes géographiques de l’artiste
La période romaine avant 1753 et le séjour espagnol entre 1753 et 1762 dominent l’attention des acheteurs. Les œuvres reliées à des programmes officiels, à la cour de Madrid ou à des églises romaines, bénéficient d’un contexte plus porteur. Le retour à Naples à partir de 1762 reste plus rare en ventes publiques.
4. Facteurs simples influençant la valeur
Autographie et documentation. Une attribution acceptée, une provenance lisible et des références bibliographiques favorisent la valeur. Les mentions “par”, “attribué à”, “atelier de” entraînent des niveaux différenciés.
Sujet et lisibilité. Les iconographies religieuses majeures, les allégories claires et les scènes mythologiques appréciées par les amateurs influencent positivement la demande. Les sujets plus rares ou moins lisibles sont généralement moins disputés.
Format et support. Les toiles de format moyen et les bozzetti sur cuivre recherchés atteignent des prix supérieurs aux petits formats ou aux esquisses trop sommaires. Les œuvres sur cuivre associées à un programme décoratif reconnu peuvent obtenir des niveaux élevés.
Période et liens institutionnels. Les œuvres rattachées à Rome ou Madrid et documentées par la littérature spécialisée trouvent plus facilement acquéreur. La présence d’expositions passées, d’études publiées et de comparaisons muséales établies renforce la confiance.
Positionnement commercial. La visibilité dans un catalogue spécialisé, le choix de la maison de ventes et la période de l’année jouent un rôle. La présentation éditoriale et l’iconographie de catalogue aident à capter la demande internationale.
5. Marché de l’art : demande, cote, valeur
La cote de Giaquinto montre une hiérarchie nette. Les dessins se situent le plus souvent entre 1 000 et 5 000 euros, avec des pointes possibles selon le sujet et la relation à une œuvre peinte. Les œuvres d’atelier de grand format se placent généralement entre 10 000 et 30 000 euros lorsque l’iconographie est attractive. Les toiles autographes de format moyen se traitent fréquemment entre 40 000 et 150 000 euros, avec des hausses lorsque la provenance, la littérature et le lien avec un programme décoratif sont solides.
Les bozzetti et modelli bien situés séduisent un public international. Lorsque la relation à un retable ou à une commande de cour est établie, les prix franchissent durablement le seuil des 100 000 euros. Des adjudications supérieures à 200 000 euros apparaissent pour des œuvres particulièrement référencées. À l’inverse, les attributions prudentes, les participations d’atelier et les variantes tardives se positionnent dans une tranche inférieure.
L’activité récente en salle confirme une demande stable pour les sujets structurés, une préférence pour les périodes romaine et madrilène, et un intérêt constant pour les formats intermédiaires. Les maisons européennes enregistrent des adjudications régulières, tandis que les ventes new-yorkaises concentrent les plus hauts niveaux lorsque la documentation et l’état d’achèvement sont convaincants.
6. Résultats de ventes vérifiés (maison, date, lot)
- “The Punishment of Tityus”, Corrado Giaquinto, huile sur toile, 131 x 92,7 cm. Dorotheum, Vienne, “Old Master Paintings I”, 09.11.2022, lot 97. Prix réalisé 51 200 euros.
“Joseph’s Dream”, Corrado Giaquinto, huile sur toile, 98,5 x 74,5 cm. Dorotheum, Vienne, “Old Master Paintings I”, 22.10.2019, lot 109. Prix réalisé 56 550 euros.
“Circe”, Corrado Giaquinto et atelier, huile sur toile, 130 x 100 cm. Dorotheum, Vienne, “Old Masters”, 25.10.2023, lot 113. Prix réalisé 18 480 euros.
“Pietà”, Corrado Giaquinto, huile sur toile, 88,9 x 69,9 cm. Sotheby’s, New York, “Master Paintings: Part I”, 29.01.2015, lot 47. Prix réalisé 238 264 euros (équivalent enregistré).
7. Conclusion
La cote de Corrado Giaquinto se caractérise par une différenciation nette entre esquisses préparatoires, œuvres d’atelier et toiles autographes bien documentées. Les formats moyens, les sujets religieux ou allégoriques lisibles et les œuvres rattachées à ses périodes romaine et madrilène obtiennent des niveaux solides et réguliers. Les adjudications européennes récentes confirment une fourchette active autour de 40 000 à 60 000 euros pour des toiles abouties de qualité courante, avec des dépassements sensibles lorsque la provenance et la littérature sont établies.
Vous détenez une œuvre de Corrado Giaquinto ou de son atelier et souhaitez connaître sa valeur sur le marché actuel ou la documenter avant une mise en vente ou une transmission patrimoniale. Contactez le bureau de Fabien Robaldo pour une estimation gratuite et confidentielle. Notre connaissance des adjudications internationales et de l’écosystème des maisons de ventes, incluant l’environnement de MILLON, vous apporte un cadrage chiffré, des comparables récents et une analyse claire de positionnement.
FAQ
Quel est l’ordre de grandeur des prix pour une toile autographe de Corrado Giaquinto en format moyen?
Pour une œuvre aboutie de format moyen avec documentation satisfaisante, la fourchette se situe fréquemment entre 40 000 et 150 000 euros, avec des hausses possibles selon le sujet, la provenance et la littérature.
Les bozzetti sur cuivre sont-ils recherchés?
Oui, les bozzetti et modelli sur cuivre rattachés à une commande identifiée sont suivis et peuvent dépasser 100 000 euros lorsque la relation au projet final est claire.
Une mention “atelier de” impacte-t-elle fortement la valeur?
Oui, la mention “atelier de” positionne l’œuvre dans une tranche inférieure à l’autographe. L’écart dépend du format, de la qualité d’exécution et de l’intérêt du sujet.
Les dessins de Giaquinto trouvent-ils preneur en ventes publiques?
Oui, les feuilles à la pierre rouge ou à la sanguine se vendent régulièrement, le plus souvent entre 1 000 et 5 000 euros, avec des pointes pour les études rattachées à une œuvre peinte connue.
La période madrilène de l’artiste influence-t-elle la demande?
Les œuvres rattachées à Madrid et à des commandes de cour concentrent l’attention. Cette contextualisation positive se reflète dans les enchères.
Quels sujets iconographiques sont les plus porteurs?
Les sujets religieux majeurs, les allégories lisibles et certains thèmes mythologiques sont recherchés, surtout lorsqu’ils sont documentés par la littérature spécialisée.
Une provenance de collection historique change-t-elle significativement le prix?
Oui, une provenance claire, ancienne ou prestigieuse, renforce la confiance et peut entraîner un niveau d’adjudication supérieur.
Peut-on s’appuyer sur des comparables d’atelier pour estimer une toile autographe?
Les comparables d’atelier donnent une tendance basse. Pour une autographie probable, il faut privilégier des références d’œuvres signées ou documentées, de format et de sujet comparables.
Les ventes se font-elles principalement en Europe?
Les adjudications significatives apparaissent en Europe et aux États-Unis. L’emplacement et la spécialisation de la maison de ventes jouent sur la visibilité et l’ampleur de la demande.
Quel rôle joue la littérature scientifique dans la valeur?
Une bibliographie précise, des expositions passées et des avis d’experts reconnus renforcent la crédibilité et soutiennent la fourchette haute.
Est-il utile de faire authentifier un dessin avant vente?
Oui, un avis d’expert reconnu et une attribution acceptée sont déterminants pour sécuriser l’appétence des acheteurs et optimiser la valeur.
Comment obtenir une estimation gratuite?
Transmettez des photos, dimensions, technique, provenance et tout document disponible. Le bureau de Fabien Robaldo vous communiquera une estimation gratuite et un cadrage marché.