Estimation Charles-Antoine Coypel (1694-1752) – peintre
Artiste majeur du XVIIIe siècle, Charles-Antoine Coypel occupe une place centrale dans la peinture d’histoire sous Louis XV. Ses compositions narratives, ses liens avec le théâtre et ses collaborations avec la Manufacture des Gobelins structurent un corpus recherché par les collectionneurs. Cette page présente les repères essentiels pour comprendre la valeur des œuvres, les catégories de marché et les résultats aux enchères. Elle vise à éclairer toute demande d’estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo.
| Domaines artistiques | Prix / Valeur / Cote |
|---|---|
| Peinture à l’huile (grandes scènes d’histoire, portraits, scènes de genre) | De 20 000 € à 352 800 € selon sujet, format et provenance |
| Pastel | De 5 000 € à 280 000 € selon modèle, qualité et documentation |
| Dessins préparatoires, études | Environ 1 000 € à 20 000 € selon technique et lien avec un tableau identifié |
| Gravures et éditions illustrées | Environ 100 € à 2 000 € selon rareté et état |
Biographie factuelle
Né à Paris en 1694, Charles-Antoine Coypel se forme dans l’atelier familial. Il est le fils d’Antoine Coypel et le petit-fils de Noël Coypel, tous deux peintres reconnus. Cette lignée le place très tôt au cœur des circuits officiels de la création et des commandes royales.
Reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1715, il présente un grand sujet d’histoire qui confirme sa maîtrise du répertoire narratif. Il développe ensuite une activité soutenue de peintre d’histoire, de portraitiste et d’auteur de scènes de genre liées au goût de cour.
Il conçoit des cartons de tapisseries pour la Manufacture des Gobelins, notamment autour de cycles littéraires comme “Don Quichotte” et des sujets d’opéra. Ces projets contribuent à sa notoriété et renforcent la visibilité de ses inventions dans les résidences royales et princières.
En 1747, il devient Premier peintre du Roi et directeur de l’Académie. Cette fonction lui assure un rôle institutionnel de premier plan jusqu’à sa mort en 1752. Parallèlement à la peinture, il écrit pour la scène et cultive une culture théâtrale qui nourrit sa manière.
Style de l’artiste (objectif, non-poétique)
Le style de Coypel est construit sur la clarté du récit et la lisibilité des gestes. La composition organise les groupes de figures pour conduire l’œil vers l’action principale. Les draperies et les attitudes expliquent le sujet sans surcharge. Les visages cherchent l’expression juste plutôt que l’effet décoratif gratuit.
Les thèmes dominants proviennent de la Bible et des grands textes littéraires. L’opéra français et la tragédie lyrique informent la conception des scènes, avec un sens précis de la “mise en scène”. Les portraits montrent un intérêt pour le regard, la pose et l’adresse directe au spectateur lorsque le dispositif le justifie.
Dans les pastels, l’artiste recherche l’efficacité du modelé et la précision des carnations. Les dessins préparent les grands formats et fixent l’ordonnance, les gestes et l’économie des draperies. L’ensemble témoigne d’une pratique rigoureuse, orientée vers la scène d’histoire et sa traduction pédagogique.
Techniques, matériaux, périodes
Coypel travaille principalement à l’huile sur toile. Les formats varient de la scène d’histoire de grand module au tableau de cabinet. Les supports intermédiaires sont fréquents pour les versions réduites et les “modelli” préparatoires à de grandes compositions ou à des tapisseries.
Le pastel occupe une place structurée pour les têtes, portraits et études de figures. La technique des trois crayons et les rehauts de blanc apparaissent dans les dessins préparatoires, avec des feuilles mises au carreau pour le report. Les études isolent souvent des motifs d’expressivité ou des détails d’architecture scénique.
Sur le plan chronologique, les années 1720-1730 correspondent à une pleine maturité, marquée par les grands sujets littéraires et opératiques. Les projets de tapisseries consolident son langage visuel et assurent la diffusion de ses inventions au-delà du médium pictural.
Analyse du marché: typologies, cote, valeur, facteurs déterminants
Le marché distingue clairement plusieurs segments. Les grandes scènes d’histoire signées et datées, rattachées à une commande ou à un cycle documenté, constituent le haut de gamme. Les versions autographes liées à un carton de tapisserie ou à une composition exposée sont particulièrement recherchées. Les tableaux de cabinet à sujet littéraire ou biblique forment un milieu de gamme solide, avec une demande internationale stable.
Les pastels de qualité, bien documentés et en bon état ancien, montrent une amplitude de prix notable. Le portrait au pastel bénéficie d’un public dédié, d’autant plus lorsque le modèle est identifié ou rattaché à une provenance de référence. Les feuilles dessinées, lorsqu’elles sont connectées à un tableau conservé ou à une exposition connue, affichent une liquidité régulière dans des fourchettes accessibles.
Les principaux facteurs de valeur sont objectifs. Sujet et iconographie identifiable. Format et qualité d’exécution. Signature et date. Lien à un cycle ou à un tissage des Gobelins. Provenance et bibliographie. Présence d’un pendant ou d’une version. Rarement, une exposition historique renforce l’attractivité par corrélation documentaire.
La demande provient de collectionneurs européens et nord-américains. Les maisons de ventes parisiennes, ainsi que les places de Londres, New York et Vienne, proposent les œuvres de l’artiste à intervalles réguliers. Les acteurs français, dont MILLON, illustrent la dynamique locale aux côtés des grandes maisons internationales. L’offre est mesurée: les pièces majeures apparaissent de façon ponctuelle, ce qui soutient la cote sur les meilleurs sujets.
Analyse technique de la thématique (matériaux, périodes, écoles, caractéristiques)
L’artiste s’inscrit dans l’école française du premier XVIIIe siècle, héritière de Poussin et de Le Brun pour l’ordonnance et l’articulation du récit. Il adapte ce cadre aux besoins de la scène d’opéra et aux sujets littéraires. Le dispositif scénographique, visible dans la disposition des figures et des architectures, est un trait distinctif. Les diagonales organisent l’action et structurent la lecture.
Les “modelli” servent souvent d’étape entre l’invention et la version définitive ou le carton de tapisserie. On observe des différences de format et de détails d’attitude entre ces états, sans altérer l’identité de la composition. Les portraits ovales et les effigies en buste, notamment au pastel, forment une part identifiable de sa production, avec des effets d’adresse au spectateur maîtrisés et cadrés par la composition.
Les sujets bibliques comme Joseph et la femme de Putiphar, les épisodes de Torquato Tasso et leur version lyrique chez Lully, ainsi que les séries destinées aux Gobelins, définissent des familles iconographiques précises. Cette structuration permet d’indexer la valeur sur des comparables fiables lorsque l’œuvre est correctement attribuée et documentée.
Marché des enchères: résultats récents et repères
- Christie’s Paris, 15 novembre 2023, “Renaud abandonnant Armide”, lot 23, vendu 352 800 €.
- Dorotheum Vienne, 20 octobre 2015, “Madonna mit dem schlafenden Kind”, lot 301, vendu 37 500 €.
- Christie’s Paris, 15 juin 2023, “La diseuse de bonne aventure”, lot 34, vendu 21 420 €.
Ces résultats confirment la hiérarchie du corpus. Les grands sujets d’histoire autonomes ou liés à des cycles tissés dominent. Les tableaux de cabinet et les scènes de genre soutiennent une demande régulière. Les pastels et dessins maintiennent une profondeur de marché utile pour établir des comparaisons selon technique, modèle et documentation disponible.
Conclusion
La cote de Charles-Antoine Coypel repose sur l’identification précise du sujet, l’état de la documentation et le statut de la version présentée. Les œuvres en relation étroite avec les cycles majeurs et les commandes de cour concentrent la valeur. Les tableaux de cabinet, pastels aboutis et dessins reliés à une composition connue forment un socle actif. Pour situer votre œuvre dans ces référentiels et obtenir une estimation gratuite, contactez Fabien Robaldo. Une analyse fondée sur des comparaisons de ventes publiques et sur la bibliographie permettra de positionner au mieux votre bien.
FAQ
Quels types d’œuvres de Charles-Antoine Coypel passent le plus souvent en enchères ?
Principalement des huiles sur toile à sujet d’histoire ou de genre, des pastels de tête ou de buste, et des dessins préparatoires liés à des compositions connues.
Quels critères influencent le plus la valeur ?
Le sujet, le format, la signature et la date, la provenance, la relation à un cycle de tapisseries ou à une exposition historique, ainsi que la bibliographie.
Les pastels de Coypel sont-ils recherchés ?
Oui. Les pastels bien documentés et en bon état ancien obtiennent des prix soutenus, surtout quand le modèle est identifié et que l’œuvre est reliée à une composition aboutie.
Les modelli ont-ils une cote distincte ?
Les modelli autographes, liés à un carton de tapisserie ou à un tableau final, sont appréciés pour leur rareté et leur rôle dans le processus créatif, avec une valeur corrélée à la composition finale.
Quelles périodes de sa carrière sont les plus cotées ?
Les années 1720-1730 dominent, notamment les sujets littéraires et lyriques, ainsi que les projets associés à la Manufacture des Gobelins.
Un portrait au pastel anonyme peut-il être attribué à Coypel ?
Une attribution nécessite une étude comparative des traits, de la technique et des sources. La documentation et les comparables publiés sont déterminants.
Les dessins atteignent-ils des montants élevés ?
Les dessins liés à une composition identifiée ou à un carton peuvent dépasser le seuil habituel des feuilles isolées. La fourchette reste généralement plus accessible que la peinture.
La présence d’une provenance Rothschild ou académique change-t-elle la valeur ?
Oui. Une provenance prestigieuse augmente l’attractivité et peut entraîner des résultats supérieurs aux comparables standard.
Une œuvre d’atelier ou de suiveur est-elle valorisée de la même manière ?
Non. Les œuvres d’atelier ou de suiveur se situent nettement en dessous des autographes, avec une hiérarchie de prix distincte.
Les tapisseries après Coypel influencent-elles la cote des peintures ?
La relation établie entre un tableau et un tissage reconnu renforce la lisibilité du sujet et peut soutenir la valeur des versions autographes.
Existe-t-il des pendants et séries chez Coypel ?
Oui. Certaines compositions ont des pendants ou variantes. L’existence d’un pendant identifié pèse favorablement dans l’évaluation.
Comment obtenir une estimation gratuite avec Fabien Robaldo ?
Transmettez des photos nettes, dimensions, technique, inscriptions, et toute information de provenance. Fabien Robaldo vous adressera une estimation gratuite fondée sur des comparables récents et la documentation disponible.