Louise Moillon – cote sur le marché de l’art ancien
Louise Moillon est une figure centrale de la nature morte française du XVIIe siècle. Sa production authentifiée est rare, concentrée sur quelques décennies, et fortement recherchée. Les adjudications récentes confirment une demande soutenue, alimentée par la rareté de l’œuvre, la qualité d’exécution et l’intérêt croissant pour les artistes femmes de l’Ancien Régime. Cette fiche présente un panorama clair et factuel de la thématique, les critères simples qui influencent la valeur, ainsi que des résultats de ventes vérifiés.
Définition et description générale
Louise Moillon, parfois orthographiée Louyse, est active à Paris au Grand Siècle. Son œuvre se concentre sur des compositions de fruits disposés sur un entablement, dans des paniers, coupes ou plats, souvent sur fond sombre. Le corpus peint se caractérise par un réalisme minutieux, une mise en page mesurée et une palette sobre qui souligne le volume et la matière des fruits.
Les tableaux sont majoritairement des huiles sur panneau, plus rarement sur toile. On rencontre fréquemment une signature “Louyse Moillon” et des dates concentrées entre la fin des années 1620 et le milieu des années 1630. L’ensemble constitue une production limitée, donc peu fréquente sur le marché, ce qui soutient durablement les prix d’adjudication.
Typologies, matériaux, périodes, styles
Typologies
Les sujets récurrents sont des natures mortes de fruits: pêches, prunes, fraises, cerises, raisins, agrumes. Les compositions les plus recherchées montrent un panier tressé ou une coupe au premier plan, parfois accompagné d’un second contenant. Les scènes avec figure sont plus rares dans sa production et les compositions strictement de fruits restent la référence pour sa cote.
Matériaux et supports
La plupart des œuvres sont exécutées à l’huile sur panneau de bois, un support conforme aux usages parisiens de la première moitié du XVIIe siècle. L’huile sur toile apparaît plus ponctuellement. Les formats sont souvent moyens, adaptés à des cabinets ou intérieurs privés.
Périodes
La période la plus convoitée s’étend de 1629 à 1637 environ, années où l’on trouve des œuvres signées et datées. Les compositions de cette tranche chronologique concentrent l’essentiel des adjudications élevées, car elles réunissent signature, qualité d’exécution et importance historique.
Style et caractéristiques visibles
Les œuvres présentent des fonds sombres, une lumière latérale contrôlée et une mise en page frontale. L’ordonnance des paniers et des fruits vise l’équilibre visuel et la lisibilité. Les textures des peaux de fruits et des vanneries sont rendues avec précision. Ces éléments, facilement identifiables, structurent l’appréciation du marché pour l’artiste.
Facteurs simples influençant la valeur
Plusieurs critères factuels influencent directement la valeur d’une œuvre attribuée à Louise Moillon. L’objectif est de comprendre des repères lisibles par le marché sans entrer dans une analyse technique.
Signature et datation. Une signature “Louyse Moillon” et une date située vers 1629-1637 constituent des atouts majeurs. Les adjudications records concernent des œuvres signées et bien situées chronologiquement.
Sujet et composition. Les natures mortes de fruits en panier, coupe ou plat sont la base de sa cote. La présence d’un panier tressé bien centré, d’un entablement net, et d’un ensemble de fruits identifiables et équilibrés renforce l’intérêt des collectionneurs.
Format et support. Les formats moyens, adaptés au cabinet, sont le standard des prix élevés. Le panneau est le support le plus attendu. Les toiles existent mais apparaissent moins souvent.
Provenance et références. Une provenance documentée, des expositions ou des publications de référence renforcent la confiance du marché. La rareté de l’œuvre et la cohérence stylistique avec des pièces publiées contribuent également à la valeur.
Statut d’attribution. Les œuvres “attribuées à” ou “atelier de” se négocient à des niveaux sensiblement inférieurs aux autographes. Les fourchettes d’estimations le montrent clairement, avec des attentes parfois inférieures d’un ordre de grandeur.
Marché de l’art: demande, cote, valeur
La présence de Louise Moillon sur le marché de l’art ancien est irrégulière en raison de la rareté de son corpus. Quelques œuvres majeures apparaissent sur le marché international à intervalles espacés. La demande est portée par des collectionneurs spécialisés en natures mortes du XVIIe siècle, par des amateurs d’art français de l’époque Louis XIII et par des institutions. Cette combinaison entretient une dynamique de prix ferme sur les meilleures pièces.
Les adjudications de référence des années récentes confirment une consolidation de la cote au-delà du seuil du million d’euros pour des œuvres autographes de premier plan. La progression est lisible avec plusieurs paliers atteints entre 2013 et 2022. Les œuvres d’attribution plus prudente ou de qualité plus secondaire se situent nettement en dessous. À titre indicatif, certaines pièces “attribuées à” présentées en ventes en ligne ont été proposées avec des estimations sensibles, bien inférieures aux autographes, illustrant l’écart de valorisation lié au statut d’authenticité.
L’intérêt des musées renforce la confiance du marché, car il valide la qualité et la rareté de l’artiste. La reconnaissance institutionnelle combinée à l’offre restreinte explique la tenue des prix dans la durée. Les catalogues de ventes d’Old Masters continuent de positionner Louise Moillon dans la tranche supérieure des natures mortes françaises du XVIIe siècle, avec des estimations hautes pour les pièces signées, datées et iconographiquement fortes.
Résultats de ventes vérifiés
Les exemples ci-dessous illustrent des points de repère précis. Ils se limitent à quelques adjudications significatives avec maison, date, lot et prix, exprimés en euros.
- “Nature morte à la coupe de fraises, panier de cerises et branche de groseilles à maquereau”, Aguttes, Paris, 25 mars 2022, lot 22. Adjugé 1 662 400 €.
- “Panier de quetsches”, Sotheby’s, Paris, 16 juin 2016, lot 24. Adjugé 1 143 000 €.
- “Nature morte de pêches sur un plat d’étain, boîte de copeau”, Sotheby’s en association avec Artcurial, Paris, 26 mars 2015, lot 6. Adjugé 1 083 000 €.
- “Nature morte aux pêches dans une coupe de porcelaine bleu blanc Ming sur un entablement”, Sotheby’s, Paris, 27 juin 2013, lot 40. Adjugé 1 033 500 €.
Conclusion
La cote de Louise Moillon s’appuie sur une offre rare, des œuvres concentrées sur une courte période, et des records récents confirmant l’attractivité des pièces autographes majeures. Pour positionner une œuvre par rapport à ces repères, l’analyse doit rester factuelle: sujet, signature et date, support, format, provenance et références. Pour situer la valeur d’un tableau, un avis professionnel documenté demeure indispensable. Pour toute question ou pour obtenir une estimation gratuite, contactez Fabien Robaldo. Une étude personnalisée fondée sur les comparables de ventes permettra d’objectiver la position de l’œuvre sur le marché.
FAQ
Quelle est la période la plus recherchée pour Louise Moillon ?
Les années 1629 à 1637 concentrent les œuvres signées et datées, et constituent la période la plus recherchée par les collectionneurs.
Quels sujets soutiennent le mieux la valeur ?
Les natures mortes de fruits en panier, coupe ou plat, sur fond sombre, avec une composition claire et équilibrée, soutiennent le mieux la valeur.
Le support a-t-il un impact sur la valeur ?
Oui. L’huile sur panneau est le support le plus fréquent et attendu pour les adjudications hautes. La toile apparaît plus rarement dans sa production.
Une signature “Louyse Moillon” change-t-elle significativement la valeur ?
Oui. Une signature et une date lisibles, cohérentes avec le corpus, exercent un impact majeur sur la valorisation.
Combien d’œuvres environ sont aujourd’hui reconnues ?
Le corpus authentifié est restreint, avec quelques dizaines d’œuvres seulement, ce qui contribue à la rareté et à la solidité de la cote.
Quelles fourchettes de prix observe-t-on pour les meilleures pièces ?
Les meilleures œuvres autographes dépassent régulièrement le seuil du million d’euros, avec un record au-delà de 1,6 M€ en 2022.
Les œuvres “attribuées à” se vendent-elles beaucoup moins cher ?
Oui. Les œuvres simplement attribuées ou d’atelier se situent nettement en dessous des autographes, souvent avec des estimations bien inférieures.
Les provenances et expositions influencent-elles le prix ?
Oui. Une provenance documentée et des références bibliographiques ou d’exposition crédibles renforcent la confiance et la valeur.
Le marché est-il international ?
Oui. Les ventes ont lieu à Paris, Londres et d’autres places majeures de l’Old Master, avec une clientèle internationale privée et institutionnelle.
À quelle fréquence les œuvres de Louise Moillon passent-elles en vente ?
Peu fréquemment. La rareté explique l’irrégularité des apparitions au catalogue et soutient les niveaux de prix.
Pourquoi observe-t-on des hausses depuis 2013 ?
Rareté, réévaluation des artistes femmes de l’Ancien Régime, et concurrence accrue pour des pièces autographes de référence expliquent la progression.
Comment obtenir une estimation gratuite ?
Transmettez des visuels, dimensions, informations de signature et toute provenance disponible. Fabien Robaldo propose une estimation gratuite fondée sur des comparables récents.