Marché secondaire et ventes Jacques Dautriche
Introduction
Cet article présente un panorama clair et factuel du marché secondaire de Jacques Dautriche, ébéniste actif à Paris dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il expose les typologies de meubles rencontrées, les matériaux et décors, les périodes de production, les facteurs simples qui influencent la valeur, ainsi que des résultats de ventes vérifiés. L’objectif est d’aider le propriétaire ou l’ayant droit à situer son meuble dans le marché actuel et à comprendre comment une estimation gratuite peut être réalisée par un expert indépendant comme Fabien Robaldo.
Définition et description générale
Jacques van Oostenrijk, dit Dautriche, est un ébéniste parisien reçu maître en 1765. Né vraisemblablement entre 1725 et 1728, il arrive à Paris vers le milieu du XVIIIe siècle. Sa carrière documentée est rattachée aux règnes de Louis XV et de Louis XVI, avec une activité remarquée durant la période dite de Transition. Il meurt en 1778. Après son décès, l’atelier est repris par sa veuve Élisabeth Hannot et par son fils Thomas-Jacques, ce qui explique la présence de meubles d’atelier postérieurs à 1778.
Les meubles porteurs de l’estampille “J.DAUTRICHE” sont fréquemment accompagnés du poinçon de la jurande “JME”, exigé pour les maîtres parisiens. Cette double marque facilite l’attribution dans le cadre d’une expertise d’authenticité et participe à la valeur marchande de l’œuvre.
L’œuvre de Dautriche appartient au grand corpus du mobilier parisien de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Elle se caractérise par des formes sobres et architecturées à l’époque Louis XVI, et par des profils galbés plus typiques du règne de Louis XV pour les pièces plus anciennes. Plusieurs commandes importantes sont connues, notamment pour le comte d’Artois dans les années 1770, ce qui situe l’artisan au cœur de la production de qualité de son temps.
Typologies, matériaux, périodes, styles
Typologies rencontrées
Le marché secondaire présente principalement des commodes, secrétaires en pente, bureaux plats, meubles d’appui, encoignures et, plus rarement, des tables mécaniques ou tables à écrire. Les commodes demeurent le type le plus fréquemment proposé et le plus suivi par les collectionneurs et institutions.
Matériaux et décors
Les essences de placage les plus courantes incluent l’amarante, le bois de rose, le satiné et l’acajou. La marqueterie géométrique est récurrente, avec des réseaux de treillis, cubes, octogones et losanges. On rencontre des panneaux en laque d’Extrême-Orient ou en vernis européen, souvent bordés de bronzes ciselés et dorés. Les dessus en marbre sont usuels, notamment marbre blanc de Carrare ou brèche d’Alep, selon les époques et les modèles. Ces caractéristiques matérielles sont standardisées par la pratique parisienne de l’époque et permettent une lecture cohérente des productions attribuées ou estampillées.
Périodes et styles
La période Louis XV voit apparaître des commodes galbées à deux tiroirs sans traverse, dotées de bronzes rocaille. Durant la Transition, la silhouette évolue vers des lignes plus droites, des angles plus nets et des décors de marqueterie à vocation architecturée. Sous Louis XVI, l’esthétique est rationalisée par l’emploi de pilastres cannelés, frises et cadres rectilignes, avec un vocabulaire décoratif à dominante néoclassique. Dautriche intervient sur l’ensemble de ce spectre, avec une excellence particulière dans les pièces de Transition et Louis XVI.
Facteurs simples influençant la valeur
Plusieurs critères relativement simples influencent la valeur d’un meuble de Jacques Dautriche sur le marché secondaire. L’estampille “J.DAUTRICHE”, corroborée, renforce l’attribution. La présence du poinçon “JME” apporte un argument réglementaire propre à la production parisienne de maître. Les typologies à forte demande, comme les commodes et les bureaux plats, suscitent une compétition plus soutenue que des pièces secondaires.
Le décor participe directement à la valeur. Les marqueteries géométriques abouties, les placages en bois précieux bien agencés et les montures en bronze de qualité sont recherchés. Les variantes avec panneaux en laque ou vernis européen plaisent à une clientèle internationale et se distinguent nettement des enchères ordinaires. La cohérence stylistique avec la période annoncée et la conformité des proportions renforcent également l’intérêt des acheteurs.
La rareté relative du modèle, les dimensions, l’homogénéité de présentation et, quand elle est disponible, une provenance documentée constituent des leviers additionnels de valeur. La localisation de la vente et la notoriété de la maison de ventes jouent un rôle d’accélérateur. Les pièces publiées en bibliographie spécialisée ou passées par d’anciennes collections reconnues présentent un atout concurrentiel mesurable lors des enchères.
Marché de l’art, demande, cote, valeur
Le marché secondaire de Jacques Dautriche s’inscrit dans le segment du mobilier parisien du XVIIIe siècle de qualité. La demande est internationale, avec des acheteurs actifs en Europe, aux États-Unis et au Moyen-Orient. Les pièces emblématiques, comme les commodes de Transition à marqueterie géométrique, concentrent l’essentiel des adjudications significatives. Cet intérêt est soutenu par les musées et collections privées sensibles à la précision du dessin, à l’architecture des façades et à la maîtrise des placages.
La “cote” de Dautriche est stable à moyen terme, avec des pics liés à la présence de décors recherchés ou à des provenances établies. Les prix observés montrent une hiérarchie nette selon la typologie et le raffinement des matériaux. Les meilleurs résultats sont enregistrés dans des ventes spécialisées de mobilier et objets d’art, ainsi que dans des sessions dédiées aux arts décoratifs français du XVIIIe siècle. Des maisons comme MILLON, Artcurial, Sotheby’s et Christie’s entretiennent cette liquidité, en présentiel et en ligne, auprès d’une clientèle diversifiée.
La valeur d’une œuvre attribuée ou estampillée par Dautriche résulte d’un faisceau d’indices documentaires et stylistiques. À typologie égale, un meuble à treillis soigné, orné de bronzes bien ciselés, et présentant un placage en essences nobles, atteint des niveaux supérieurs. L’attrait pour les décors de laque ou de vernis européen demeure constant, avec des adjudications qui peuvent dépasser sensiblement le cœur de marché lorsque l’ensemble est convaincant et bien documenté.
Résultats de ventes vérifiés
Les exemples suivants illustrent des adjudications documentées sur le marché international. Les montants sont affichés en euros. Lorsque le prix d’origine était libellé en devise étrangère, une équivalence indicative en euros est précisée à titre d’information du lecteur.
“A Louis XV ormolu-mounted amaranth, tulipwood and bois de bout marquetry commode”, Christie’s New York, 22 octobre 2020, lot 165. Prix réalisé environ 51 000 € pour un prix en salle de 60 000 USD.
“Meuble d’appui, amarante, par Jacques Dautriche”, Christie’s Londres, 14 décembre 2000, lot 202. Prix réalisé environ 361 000 € pour un prix en salle de 223 750 GBP.
“Commode d’époque Louis XV, vernis européen, estampillée J.DAUTRICHE”, Artcurial Paris, vente “Mobilier et Objets d’Art”, lot 30. Prix réalisé 19 680 €.
Conclusion
Le marché de Jacques Dautriche repose sur des fondamentaux solides, entretenus par une demande internationale et par la clarté des critères d’attribution propres au mobilier parisien du XVIIIe siècle. Les commodes, bureaux plats, secrétaires et meubles d’appui bien marquetés et correctement estampillés constituent aujourd’hui le cœur des échanges. Pour positionner précisément votre pièce, obtenir une analyse documentaire et situer sa valeur dans le marché actuel, sollicitez une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. L’expertise indépendante permet de confirmer l’attribution, de qualifier les caractéristiques recherchées et d’orienter la stratégie de mise en marché la plus pertinente.
FAQ
Qui est Jacques Dautriche et à quelle période a-t-il travaillé ?
Ébéniste d’origine néerlandaise actif à Paris, reçu maître en 1765, Jacques Dautriche exerce durant la fin du règne de Louis XV, la Transition et le début de Louis XVI. Il décède en 1778.
Quels meubles de Dautriche apparaissent le plus souvent en ventes ?
Les commodes dominent, suivies des secrétaires en pente, bureaux plats, meubles d’appui et encoignures. Les tables mécaniques ou d’écriture apparaissent plus rarement.
Quelles essences et quels décors rencontre-t-on sur ses œuvres ?
Placages d’amarante, bois de rose, satiné et acajou, marqueteries géométriques en treillis ou cubes, bronzes dorés, parfois panneaux en laque d’Extrême-Orient ou vernis européen et dessus en marbre.
Comment reconnaître l’estampille de Jacques Dautriche ?
La marque “J.DAUTRICHE” est généralement frappée sur un montant ou une traverse, souvent accompagnée du poinçon de jurande “JME” propre aux maîtres parisiens.
La présence du poinçon JME influe-t-elle sur la valeur ?
Oui, cette marque réglementaire renforce l’attribution et peut soutenir la valeur, en complément de l’estampille de l’ébéniste.
Qu’est-ce qui fait varier la valeur d’une commode de Dautriche ?
Typologie, qualité de marqueterie, matériaux, raffinement des bronzes, présence de laque ou de vernis européen, cohérence stylistique, dimensions et provenance documentée comptent parmi les facteurs simples.
Existe-t-il des pièces d’atelier postérieures à 1778 ?
Oui, l’atelier est repris après 1778 par la veuve et le fils de Dautriche. L’expertise permet de qualifier ces productions et d’en situer la valeur.
Les paires sont-elles plus recherchées que les pièces isolées ?
Les ensembles et paires cohérentes sont rares et généralement plus disputés que les pièces isolées de typologie comparable.
Les décors en laque ou vernis européen sont-ils un atout commercial ?
Oui, ces variantes attirent une clientèle internationale et peuvent rehausser la valeur lorsqu’elles sont cohérentes et bien documentées.
Quelle est la place de Jacques Dautriche dans le marché du mobilier du XVIIIe siècle ?
Il figure parmi les ébénistes parisiens reconnus de la seconde moitié du XVIIIe siècle, avec une production appréciée pour ses marqueteries et son architecture de façade.
Comment obtenir une estimation gratuite pour un meuble estampillé J.DAUTRICHE ?
Transmettez des photographies nettes, mesures et marquages visibles à Fabien Robaldo pour une première estimation gratuite et une orientation sur les suites à donner.
Les ventes en ligne influencent-elles la demande pour Dautriche ?
Oui, la diffusion internationale des catalogues en ligne élargit la base d’acheteurs et favorise la liquidité du segment, y compris pour les lots de spécialité.