Ivan Bilibine : Expertise, authentification et vente d’œuvres

Expertise des œuvres de l'artiste et présentation de celui-ci, portrait de l'artiste "Ivan Bilibine"

Expertise, authentification et marché des œuvres

Illustrateur, décorateur et graphiste majeur de l’art russe du début du 20e siècle, Ivan Bilibine occupe une place centrale dans les ventes d’art russe et dans les collections internationales. Cet article présente une lecture claire et factuelle de ses œuvres, de leurs typologies, des critères d’authentification et des éléments simples qui influencent leur valeur. Il s’adresse aux propriétaires, héritiers et collectionneurs souhaitant documenter, faire authentifier et positionner une œuvre attribuée à Bilibine sur le marché, ainsi qu’aux professionnels à la recherche de repères synthétiques.

L’objectif est de comprendre comment se structure l’offre d’œuvres d’Ivan Bilibine, quels sont les items les plus recherchés, comment se lisent les signatures et inscriptions, et quels résultats récents permettent d’éclairer la fourchette de valeur selon les catégories. En conclusion, vous trouverez un appel à une estimation gratuite avec Fabien Robaldo.

Définition et cadre général

Ivan Bilibine, né en 1876 à Saint-Pétersbourg et décédé en 1942, est associé au groupe Mir Iskusstva et à un corpus très identifiable d’illustrations de contes populaires russes et de poèmes d’Alexandre Pouchkine. Sa production couvre les dessins et aquarelles préparatoires, les illustrations éditées, les projets de costumes et décors de théâtre, les affiches, ainsi que des œuvres décoratives plus rares. Une partie significative de ses créations a été publiée ou exposée, ce qui facilite les rapprochements documentaires.

L’itinéraire de Bilibine se décompose en grandes périodes. Avant 1917, l’artiste travaille principalement à Saint-Pétersbourg. Entre 1920 et 1925, il séjourne en Égypte avant de s’installer à Paris, où il poursuit l’illustration et le décor de scène. À partir de 1936, il revient en URSS. Cette chronologie, croisée avec les habitudes de signature, les dédicaces et les adresses, sert de base à l’authentification et au positionnement de valeur.

 

Typologies, matériaux, périodes, styles

 

Illustrations originales pour contes et Pouchkine

Le cœur du marché concerne les dessins et aquarelles pour les contes russes et les poèmes de Pouchkine. On rencontre des feuilles à l’encre et aquarelle avec rehauts de gouache, des mises en page complètes, des vignettes et des bordures ornementales. Les compositions achevées et d’un format confortable sont les plus recherchées, notamment lorsqu’elles reprennent des épisodes identifiables comme ceux de “Le Conte du Tsar Saltan”, “La Princesse Grenouille” ou “Sadko”.

 

Projets de théâtre, costumes et décors

Bilibine a conçu costumes et décors pour l’opéra et le ballet, en particulier pour “Prince Igor”, “L’Oiseau de feu” ou “Le Tsar Saltan”. Ces feuilles sont en général des aquarelles sur papier, annotées, datées et parfois signées en alphabet latin pendant la période parisienne. Les modèles complets et bien documentés intéressent les acheteurs, en particulier lorsqu’ils se rattachent à une production précise.

 

Éditions, livres et arts graphiques

Les premières éditions illustrées par Bilibine, chromolithographiées, restent collectionnées. Leur valeur dépend de l’édition, de l’état et de la complétude. Les portfolios, affiches et cartes postales d’époque constituent un segment distinct, plus accessible, utile pour la documentation d’ensemble d’une collection.

 

Œuvres décoratives et pièces exceptionnelles

Plus rarement, des objets décoratifs ou panneaux peints apparaissent sur le marché, parfois exécutés pendant l’exil. Ces pièces, plus ambitieuses que les feuilles isolées, peuvent atteindre des montants supérieurs lorsqu’elles cumulent sujet fort, dimensions significatives et provenance établie.

 

Périodes et signatures

Avant l’exil, la signature en cyrillique “И. Билибин” est courante. Pendant les années parisiennes, on rencontre des signatures latines “I. Bilibine” ou “I. Bilibin”, parfois accompagnées d’adresses françaises ou d’annotations de travail. La datation et la langue de la signature aident à situer l’œuvre dans l’itinéraire de l’artiste et à recouper les publications contemporaines.

 

Facteurs simples influençant la valeur

Le sujet influence directement la valeur. Les épisodes phares des contes populaires russes et de Pouchkine concentrent la demande. Les compositions achevées, richement colorées et lisibles, priment sur les études rapides.

Le format compte. Une feuille aboutie de grand format, prête pour l’édition, se situe en haut de fourchette, tandis que les esquisses partielles ou les vignettes isolées se positionnent plus bas.

La période et la signature jouent un rôle. Les feuilles emblématiques antérieures à 1917 et celles bien attribuées à la période parisienne avec mention claire de l’œuvre ou de la production scénique sont recherchées. Les annotations éditoriales, mentions d’imprimeur ou de maison d’édition, et correspondances avec les planches publiées renforcent la traçabilité.

La provenance, l’illustration dans la bibliographie et la participation à des expositions documentées sont des leviers importants. Une œuvre reproduite dans un volume de référence ou issue d’une collection connue est en général mieux acceptée par le marché et consolide sa valeur.

La rareté typologique soutient les prix. Les ensembles décoratifs singuliers, les panneaux peints et certaines séries complètes de projets de costumes bénéficient d’une demande internationale et d’une compétition active aux enchères.

 

Marché de l’art, demande, cote et valeur

Le marché d’Ivan Bilibine est international et structuré autour des ventes d’art russe à Londres, Paris et New York. L’offre est dominée par des œuvres sur papier, de qualité inégale, ce qui génère des amplitudes de prix marquées. Les feuilles abouties associées à des cycles célèbres se situent dans le haut de la fourchette, tandis que les études et éléments graphiques secondaires alimentent le segment d’entrée de gamme.

Sur longue période, la cote a connu des phases d’accélération lors des “semaines russes” à Londres, puis une stabilisation. Depuis 2023, la demande reste active sur les pièces bien documentées, avec un intérêt renouvelé pour les sujets emblématiques et pour des œuvres décoratives rares passées en ventes publiques récentes.

À titre indicatif, les petites études ou projets de costumes peuvent se situer de quelques milliers d’euros à autour d’une dizaine de milliers d’euros lorsque l’annotation, le contexte scénique et la qualité d’exécution sont réunis. Les aquarelles composées pour les contes et Pouchkine, d’un format confortable et avec publication attestée, se positionnent plus haut, souvent de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Des ensembles décoratifs exceptionnels, notamment paravents ou panneaux, peuvent dépasser largement le seuil des centaines de milliers d’euros selon le sujet, l’ampleur et la provenance.

 

Résultats de ventes vérifiés

Les exemples ci-dessous illustrent des catégories distinctes et des niveaux de prix observés aux enchères, avec mention de la maison, de la date, du lot et de l’œuvre. Les montants sont exprimés en euros à titre de conversion indicatrice lorsque la devise d’adjudication était différente.

  • Shapiro Auctions, Bedford Hills, 25 octobre 2025, lot 70, “Three-Panel Screen illustrating Tsarevich Ivan, The Firebird, and the Gray Wolf”, adjugé 850 000 USD, soit environ 805 000 EUR.
  • Bonhams, Londres Knightsbridge, 15 novembre 2023, lot 180, “An illustration for Alexander Pushkin’s ‘Fairytale of the Tsar Saltan'”, adjugé 32 000 GBP, soit environ 36 800 EUR.
  • Sotheby’s, Londres, Russian Art Evening, 24 novembre 2008, lot 26, “Tsar Saltan and Babarikha”, adjugé 67 250 GBP, soit environ 81 310 EUR.
  • Bonhams, Londres New Bond Street, The Russian Sale, 6 juin 2018, lot 35, “Costume design for Anna Pavlova as a Swan Princess”, adjugé 12 500 GBP, soit environ 14 250 EUR.

 

Ces résultats confirment une hiérarchie claire. Les feuilles achevées sur des sujets phares et les pièces décoratives de grande ampleur occupent le haut du marché. Les projets de costumes et études annotées bien contextualisées constituent un segment actif, avec des niveaux de prix cohérents lorsqu’une documentation accompagne l’œuvre.

 

Authentification et documentation d’une œuvre d’Ivan Bilibine

L’authentification s’appuie sur l’examen stylistique, la lecture des signatures et monogrammes selon les périodes, le rapprochement avec les publications et les corpus éditoriaux, et la vérification des provenances citées. Les comparaisons avec des planches publiées, catalogues d’exposition et fonds institutionnels sont déterminantes pour établir l’attribution et affiner la valeur.

Les éléments documentaires utiles incluent les factures anciennes, mentions de collection, dédicaces, tampons, envois et archives de librairies ou d’éditeurs. La correspondance entre une feuille et une planche imprimée, lorsque identifiable, renforce nettement le dossier d’expertise.

 

Conclusion

Le marché d’Ivan Bilibine demeure structuré et lisible. Les œuvres phares des contes et de Pouchkine, bien publiées et de format abouti, concentrent la demande. Les projets de costumes et décors reliés à des productions documentées soutiennent une base de collectionneurs internationale. La compréhension des périodes, des signatures et de la bibliographie est essentielle pour positionner la valeur d’une œuvre.

Pour connaître la valeur de votre œuvre et obtenir un avis motivé, sollicitez une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. Vous recevrez une analyse documentée, orientée marché et adaptée à votre projet d’expertise et d’authentification.

 

FAQ

Quelles sont les catégories d’œuvres d’Ivan Bilibine les plus recherchées aux enchères ?

Les aquarelles et gouaches achevées liées aux contes russes et à Pouchkine, de format confortable et publiées, concentrent la demande. Les pièces décoratives ambitieuses et certains ensembles de costumes bien documentés suscitent également un fort intérêt.

Comment reconnaître une signature typique de Bilibine ?

On rencontre des signatures en cyrillique avant l’exil et des signatures latines “I. Bilibin” ou “I. Bilibine” pendant la période parisienne, parfois avec des annotations ou adresses. La langue et la forme de la signature participent à la datation.

Les projets de costumes et décors ont-ils une bonne liquidité sur le marché ?

Oui, lorsqu’ils sont attribués à une production précise et documentés, avec annotations lisibles. Les prix varient selon le sujet, la qualité d’exécution et le format.

Les éditions illustrées par Bilibine sont-elles collectionnées ?

Oui. Les premières éditions chromolithographiées et les portfolios complets intéressent les collectionneurs, avec des niveaux de prix dépendant de l’édition et de la complétude.

Une œuvre non publiée peut-elle atteindre de bons prix ?

Oui si elle est aboutie, de sujet fort et dotée d’une provenance établie. La publication renforce toutefois la traçabilité et la confiance des acheteurs.

Quel rôle joue la provenance dans l’estimation ?

Une provenance claire, notamment une collection connue ou une acquisition ancienne documentée, soutient l’authenticité perçue et la valeur. Les références bibliographiques et expositions ajoutent un atout supplémentaire.

Les petites vignettes et bordures ornementales ont-elles un marché ?

Oui, mais sur une échelle de prix inférieure aux compositions centrales. Leur valeur dépend de la qualité d’exécution, du lien avec une planche publiée et de la lisibilité du sujet.

Quelles périodes de Bilibine sont les plus recherchées ?

Les œuvres emblématiques antérieures à 1917 et la période parisienne bien documentée retiennent l’attention, notamment lorsque le sujet renvoie à des cycles célèbres.

Une estimation peut-elle être réalisée à partir de photos et documents ?

Oui, une première lecture de marché peut s’appuyer sur un dossier photographique complet et des documents disponibles. Elle peut être suivie d’un examen direct si nécessaire.

Quelle fourchette de prix observer pour des projets de costumes ?

Selon le sujet, la qualité et la documentation, ils se situent généralement de quelques milliers d’euros à autour d’une dizaine de milliers d’euros, avec des exceptions pour des feuilles remarquables.

Pourquoi certaines œuvres atteignent-elles des montants très élevés ?

La combinaison d’un sujet iconique, d’un grand format, d’une exécution achevée, d’une provenance solide et d’une publication connue peut entraîner une forte compétition aux enchères.

Comment obtenir une estimation gratuite avec Fabien Robaldo ?

Transmettez des photos nettes de face et de détail, les dimensions, les inscriptions visibles, ainsi que tout document d’origine. Vous recevrez une estimation gratuite et un avis d’orientation pour l’expertise et l’authentification auprès de Fabien Robaldo.

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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