Analyse de la cote d’Alexandre Nikolaïevitch Benois : marché et résultats d’enchères

Photo de Fabien Robaldo lors d'une expertise. Ici, l'expert observe une oeuvre posée sur un chevalet.

Analyse de la cote d’Alexandre Nikolaïevitch Benois: marché et résultats d’enchères

Introduction

Alexandre Nikolaïevitch Benois occupe une place particulière sur le marché des arts graphiques et du décor de scène. Cofondateur du mouvement Mir Iskusstva et collaborateur majeur des Ballets Russes, il a laissé une production abondante de dessins, aquarelles et gouaches liés au théâtre, à l’architecture et à la vie parisienne. Cette fiche propose une lecture claire et factuelle de sa cote récente, des typologies les plus recherchées et des critères simples qui influencent la valeur de ses œuvres, avec des résultats d’enchères vérifiés en euros.

Définition et description générale

Artiste russe né à Saint-Pétersbourg en 1870 et décédé à Paris en 1960, Benois a développé une double activité d’illustrateur et de scénographe. Son œuvre de chevalet reste modeste en volume comparée à ses dessins et projets de décors, qui constituent le cœur de son marché. Les œuvres rencontrées en ventes publiques sont principalement des aquarelles et gouaches, des dessins à la plume ou au crayon, et des esquisses de costumes ou de décors pour l’opéra et le ballet.

Le corpus commercialisé couvre deux grands registres. D’une part, des vues urbaines et paysagères, souvent parisiennes ou liées à Versailles, traitées à l’aquarelle. D’autre part, des projets graphiques pour la scène, parfois précisément identifiés à une production ou à un acte, avec notations, signatures et dédicaces. Ces ensembles documentent une pratique professionnelle soutenue du premier tiers du XXe siècle aux années 1950.

 

Typologies, matériaux, périodes, styles

 

Typologies d’œuvres rencontrées

Les ventes présentent surtout des projets de décors et d’illustrations scéniques. Ils peuvent porter le titre d’un ballet ou d’un opéra, la mention d’un acte ou d’un tableau, et parfois des indications techniques. À côté de ce noyau, le marché propose des études de costumes et des compositions indépendantes, ainsi que des vues topographiques ou des scènes de jardins historiques.

 

Matériaux et formats

Les supports usuels sont le papier et le carton léger. Les médiums dominants sont l’aquarelle, la gouache, le crayon et l’encre. Les formats varient du petit feuillet d’étude au dessin abouti proche du format demi-raisin. Les inscriptions au verso, dédicaces familiales, signatures en alphabet latin ou cyrillique et mentions de date sont fréquentes et documentent le contexte de création.

 

Périodes et trajectoire

La période pétersbourgeoise et l’essor des Ballets Russes marquent le début de sa reconnaissance. Après son installation durable en France, l’activité de scénographie se poursuit pour des compagnies européennes. Les feuilles tardives, datées des années 1930 à 1950, alimentent une part importante de l’offre en ventes publiques. Elles restent recherchées lorsqu’elles se rattachent clairement à une production identifiée.

 

Sujets et répertoires scéniques

Le répertoire couvre des titres majeurs du ballet et de l’opéra. Les feuilles dédiées à des productions connues, comme “Casse-Noisettes”, “Giselle” ou des créations pour des compagnies parisiennes, concentrent l’attention. Les vues urbaines comme des rues de Paris ou des places de Versailles constituent un second pôle, apprécié pour leur lisibilité et leur provenance française.

 

Signatures, mentions et provenance

Les signatures apparaissent en alphabet latin ou cyrillique. Les dédicaces à des proches, notamment à des membres de la famille Benois, sont fréquentes. La provenance familiale directe ou une traçabilité solide depuis une compagnie de ballet, un théâtre ou une figure du monde de la danse renforce l’intérêt et la valeur des feuilles.

 

Facteurs simples influençant la valeur

L’identification précise du sujet accroît la valeur. Un projet de décor lié à un ballet célèbre, avec titre explicite ou référence à un acte, obtient en général de meilleurs résultats qu’un paysage ou une étude non localisée. La mention d’un titre d’œuvre doit être reproduite fidèlement, par exemple “Casse-Noisettes” ou “La Valse”.

La technique influence la valeur. Les aquarelles et gouaches abouties, colorées et lisibles en tant qu’images de scène, se positionnent au-dessus des simples esquisses au crayon. Les compositions complètes avec notations scéniques, éléments d’architecture, personnages et palette affirmée obtiennent des adjudications plus fermes.

Le format compte également. Un dessin de décor de dimension moyenne à grande, prêt à être encadré, peut dépasser sensiblement les feuilles d’étude. Les dédicaces d’époque, notamment à un membre de la famille Benois, une compagnie ou un danseur, sont valorisées par les collectionneurs et impactent positivement la valeur.

La provenance et la documentation constituent un levier déterminant. Une origine familiale attestée, un historique de collection suivi ou une relation directe avec une institution de spectacle favorisent une meilleure demande. L’inscription au dos, une date précise et la cohérence stylistique avec un spectacle référencé renforcent l’attrait.

 

Marché de l’art: demande, cote, valeur

Le marché d’Alexandre Benois est régulier et segmenté. Les feuilles scéniques bien identifiées, signées et datées, se situent au sommet. Les études plus rapides ou les sujets urbains se placent à des niveaux intermédiaires, avec une bonne liquidité lorsqu’ils sont attractifs et en format convenable. Les œuvres très modestes, de petite taille ou sans indication claire, forment l’entrée de gamme.

La demande est soutenue en France, notamment à Paris, et dans les places spécialisées en art russe. Les maisons de ventes généralistes et les départements “art russe” consacrent régulièrement des vacations à ce répertoire. La notoriété historique de Benois dans la scénographie, renforcée par sa contribution aux grandes compagnies, entretient une audience internationale et une base d’acheteurs stable.

Les fourchettes récentes observées en ventes publiques montrent un socle d’adjudications à quelques centaines d’euros pour des études simples, une tranche courante entre 1 500 et 3 500 euros pour des aquarelles abouties ou des projets identifiés, et des pointes au-delà de 8 000 à 13 000 euros pour des décors complets, dédicacés ou liés à des titres phares. Ces niveaux reflètent l’équilibre entre disponibilité des feuilles, clarté d’attribution et intérêt des sujets. Ils restent indicatifs et dépendent des paramètres évoqués plus haut.

 

Résultats de ventes vérifiés

Les adjudications suivantes, récentes et libellées en euros, illustrent la dynamique du marché d’Alexandre Benois. Elles sont limitées à un échantillon représentatif.

  • MILLON, Paris, “Art Russe”, 14 mai 2025, lot 83. Décor de théâtre pour “Casse-Noisettes”, aquarelle sur papier. Adjugé 12 000 €.

  • MILLON, Paris, “Art Russe”, 14 mai 2025, lot 84. Décor de théâtre “Le moulin enchanté”, aquarelle sur papier. Adjugé 8 500 €.

  • Vermot et Associés, Paris, “Art moderne et contemporain”, 21 juin 2024, lot 33. “Rue de Vaugirard, 1924”, aquarelle. Adjugé 2 550 €.

  • Vermot et Associés, Paris, “Art moderne et contemporain”, 21 juin 2024, lot 83. “La Valse, 1929”, aquarelle. Adjugé 3 000 €.

 

Ces résultats confirment un marché actif pour les projets de décor liés à des titres reconnus et une tranche médiane solide pour les aquarelles autonomes bien situées et datées. La présence parisienne de l’artiste et l’intérêt pour la scénographie favorisent une bonne lisibilité de la cote en France.

 

Conclusion

La cote d’Alexandre Benois repose sur l’articulation entre identification scénique, qualité d’exécution, format et provenance. Les œuvres clairement rattachées à un ballet ou un opéra, signées, datées et idéalement dédicacées, concentrent la demande et soutiennent la valeur. Les aquarelles urbaines offrent une alternative accessible avec une rotation régulière. Pour positionner précisément une œuvre et apprécier son potentiel aux enchères, une expertise dédiée est recommandée.

Pour situer votre œuvre d’Alexandre Benois, obtenir un avis documenté et connaître sa valeur sur le marché actuel, sollicitez une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. Vous recevrez une analyse claire et orientée marché, fondée sur des comparables récents et des références vérifiées.

 

FAQ

Qui était Alexandre Nikolaïevitch Benois?

Artiste russe actif entre Saint-Pétersbourg et Paris, il a été un acteur majeur de la scénographie au XXe siècle et un cofondateur de Mir Iskusstva. Son marché concerne surtout les arts graphiques et les projets de décor.

Quelles typologies d’œuvres de Benois se rencontrent le plus aux enchères?

Principalement des aquarelles et gouaches pour des projets de décors et des études de costumes, ainsi que des vues urbaines et paysagères.

Quels matériaux utilise-t-il le plus souvent?

Aquarelle, gouache, crayon et encre sur papier ou carton léger, avec des inscriptions, signatures et dates fréquentes.

Quelle période est la plus recherchée?

Les œuvres clairement liées à des productions identifiées des années 1900 à 1950, notamment celles associées à des titres de ballet connus, sont les plus demandées.

Les projets de décor obtiennent-ils de meilleurs prix?

Oui, lorsqu’ils sont rattachés à un titre précis, complets et lisibles, ils atteignent généralement des prix supérieurs aux études isolées.

Une dédicace familiale influe-t-elle sur la valeur?

Oui, une provenance familiale directe ou une dédicace d’époque documentée peut accroître la valeur, surtout pour les œuvres tardives.

Quel rôle joue le format?

Les formats moyens à grands, prêts à être encadrés, se positionnent mieux que les petits feuillets d’étude, toutes choses égales par ailleurs.

Quelles fourchettes de prix récentes observe-t-on?

Des études simples à quelques centaines d’euros, un cœur de marché entre 1 500 et 3 500 euros pour des aquarelles abouties, et des pics entre 8 000 et 13 000 euros pour des décors complets liés à des titres phares.

Où se concentre l’offre aux enchères?

À Paris et dans les ventes spécialisées en art russe en Europe et aux États-Unis, avec une visibilité régulière dans les vacations “art russe” et “arts graphiques”.

Comment s’assurer de l’authenticité?

Par l’examen des signatures, des inscriptions, de la cohérence stylistique et des provenances. Une expertise indépendante permet de consolider le dossier avant une mise en vente.

Qui contacter pour une estimation?

Pour une estimation gratuite claire et documentée, contactez Fabien Robaldo, qui vous orientera avec des comparables récents et des références vérifiées.

Quel est le délai moyen pour préparer une vente publique?

Selon la maison et le calendrier des vacations, comptez plusieurs semaines pour constituer le dossier, réaliser les visuels et intégrer le catalogue.

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

Nos domaines d'expertises :

Domaine d'expertise : Bijoux
Bijoux anciens et modernes
Domaine d'expertise : vins
Vins et spiritueux
Domaine d'expertise : montres
Montres de collections
Domaine d'expertise : estimation livres
Livres et manuscrits
illustration icone domaines d'expertise tableau bordeaux
Tableaux anciens, modernes, contemporains
Domaine d'expertise : Timbre poste
Timbres-Poste et cartes postales
Domaine d'expertise : Laques & Peintures
Laques et peintures vietnamiennes
Domaine d'expertise : Monnaie
Pièces de monnaies
Domaine d'expertise : Art Asie
Art d'Asie et d'Orient
Domaine d'expertise : Art Contemporain
Art Contemporain
Domaine d'expertise : Verreries
Verreries Gallé, Daum, Lalique
Domaine d'expertise : Instruments
Violons, violoncelles et archets
Domaine d'expertise : Mobilier
Objets et mobiliers Arts Décoratifs
Domaine d'expertise : Jouets Anciens
Jouets anciens et automates

Nos partenaires commissaire-priseur