Charles Berthold-Mahn : gravure symboliste et illustration moderniste
Figure discrète mais active du livre illustré en France au XXe siècle, Charles Désiré Berthold-Mahn est né à Paris en 1881 et mort à Chaumot en 1975. Peintre, dessinateur et graveur, il participe au renouveau de l’illustration moderniste tout en maintenant un lien solide avec l’héritage symboliste et la tradition du livre d’auteur. Son activité couvre la gravure sur bois, l’eau-forte et la lithographie, ainsi que de nombreuses contributions à des ouvrages de Verlaine, Duhamel, Maurois ou Alain-Fournier.
Le marché de ses gravures, dessins imprimés et livres illustrés concerne autant les amateurs de bibliophilie que les collectionneurs de multiples. Les prix demeurent accessibles pour une grande partie de la production, avec des pointes plus élevées pour des ensembles complets, des éditions recherchées, des tirages limités et des ouvrages liés à de grands écrivains. Cette fiche propose des repères factuels pour comprendre l’œuvre imprimée de Berthold-Mahn, identifier ses typologies et situer sa valeur sur le marché actuel.
Définition et description générale de la thématique
La thématique “Charles Berthold-Mahn : gravure symboliste et illustration moderniste” recouvre l’ensemble des œuvres imprimées de l’artiste destinées à l’édition ou à la diffusion multiple. Elle inclut les gravures isolées, les suites d’estampes et surtout les livres illustrés, domaine où Berthold-Mahn se distingue par l’ampleur de sa contribution dans les années 1920 à 1930. On y retrouve des portraits d’écrivains, des scènes urbaines, des paysages, ainsi que des images conçues pour accompagner des textes littéraires contemporains.
Au plan bibliographique, Berthold-Mahn illustre des ouvrages de Georges Duhamel, Paul Verlaine et Alain-Fournier, entre autres. Les techniques employées sont variées. L’artiste réalise des bois gravés pour des titres comme “Lettres d’Auspasie”, des eaux-fortes pour des textes liés à Marcel Proust, et des lithographies pour des projets éditoriaux de l’entre-deux-guerres. Cette diversité technique élargit la base du marché, depuis les feuilles isolées jusqu’aux cycles complets intégrés dans des volumes reliés.
Le versant “symboliste” renvoie chez Berthold-Mahn à un goût pour l’allusion, la suggestion et une iconographie littéraire héritée des milieux de l’Abbaye de Créteil et des cercles d’écrivains qu’il fréquente. L’”illustration moderniste” s’exprime par une mise en page claire, une simplification des formes, un usage mesuré des couleurs imprimées et une articulation précise entre texte et image, caractéristiques fréquentes des éditions françaises des années 1920 à 1930.
Pour la collection et l’estimation gratuite, ces repères permettent d’identifier rapidement les catégories d’œuvres de Berthold-Mahn rencontrées en ventes publiques ou en bibliophilie spécialisée, et d’en situer la valeur selon l’édition, la technique et l’auteur du texte illustré.
Typologies, matériaux, périodes, styles
Typologies et usages
La production imprimée de Berthold-Mahn se répartit entre trois grands ensembles. D’abord les estampes isolées, gravures sur bois, eaux-fortes et lithographies, tirées en feuilles et diffusées hors livre. Ensuite les suites d’images conçues pour accompagner un texte, parfois imprimées à part en tirage de tête. Enfin les livres illustrés au sens strict, qui constituent le cœur de sa notoriété, avec des volumes publiés par des maisons parisiennes de l’entre-deux-guerres.
Les sujets abordent le portrait d’écrivains, le paysage, des vues urbaines et des compositions narratives liées à des romans ou à des cycles poétiques. Cette orientation vers le texte explique la concentration de sa production au sein de projets éditoriaux identifiés, facilement traçables dans les catalogues et bases bibliographiques, et donc aisément comparables sur le marché.
Matériaux et procédés d’impression
Les matériaux associés à Berthold-Mahn sont ceux de l’estampe et du livre illustré. Le bois de fil et le bois de bout pour les gravures sur bois, le cuivre ou le zinc pour l’eau-forte et la pointe sèche, la pierre ou la plaque métallique pour la lithographie. Les papiers d’édition varient, avec de fréquentes mentions de vélin d’Arches pour les tirages bibliophiliques, parfois avec une numérotation, des exemplaires de tête, des suites ou des remarques. Ces éléments éditoriaux comptent dans l’évaluation.
Dans le livre illustré, les images de Berthold-Mahn prennent la forme de planches hors texte, de têtes de chapitre, de culs-de-lampe, ou d’illustrations en pleine page. Certaines éditions sont enrichies par des relieurs modernistes, ce qui peut accroître la valeur de l’ensemble lorsque la provenance ou la reliure est documentée.
Périodes d’activité et repères chronologiques
La période de référence pour l’illustration se situe principalement entre 1920 et 1940. En 1922, la parution de “Lettres d’Auspasie” marque le recours à la gravure sur bois dans un contexte littéraire contemporain. Le début des années 1930 voit des contributions à des ensembles poétiques majeurs, notamment pour Paul Verlaine en 1931 à 1932. La fin de la décennie confirme l’implication de l’artiste dans des ouvrages de référence pour les amateurs, y compris des éditions d’Alain-Fournier. Après 1940, la production se poursuit de manière plus espacée.
Ces jalons éditoriaux structurent aujourd’hui le marché. Les éditions de la première moitié des années 1920 et le cycle de la décennie 1930 forment le noyau des transactions en ventes publiques et chez les libraires spécialisés en livres illustrés modernes.
Caractéristiques visuelles et éditoriales
Les images de Berthold-Mahn, pensées pour la lecture, favorisent la lisibilité de la scène, l’identification des personnages et une composition sobre. L’artiste privilégie une iconographie littéraire, des portraits d’auteurs et des scènes en relation directe avec le texte. La structure visuelle claire et la régularité d’exécution servent la vocation d’accompagnement du livre, constante de sa pratique.
Du point de vue éditorial, l’identification des mentions de tirage, de numérotation et d’éventuels tirages de luxe permet de préciser la place de chaque exemplaire dans la série. Cette information a un effet direct sur la valeur observée, comme pour la plupart des livres illustrés de l’entre-deux-guerres.
Facteurs simples influençant la valeur
Le premier facteur est la technique. Les bois gravés originaux, les eaux-fortes et les lithographies d’époque, publiés dans le cadre d’un livre identifié, se valorisent mieux que des reproductions tardives ou des tirages postérieurs. Une estampe isolée clairement décrite, avec sa technique, son format et sa mention d’éditeur ou d’imprimeur, est plus lisible pour l’acheteur et se compare plus aisément à des précédents de vente.
Le second facteur tient au texte illustré. Les ouvrages d’auteurs reconnus et recherchés par les bibliophiles, comme Paul Verlaine, Georges Duhamel, Marcel Proust ou Alain-Fournier, soutiennent la demande. Pour un même illustrateur, un titre littéraire majeur peut entraîner une dispersion plus soutenue et une valeur supérieure, surtout lorsque l’exemplaire est complet et conforme à l’édition originale.
Le troisième facteur concerne le tirage et la numérotation. Les exemplaires sur grands papiers, les tirages limités, les suites de planches ou les exemplaires comportant un envoi d’auteur ou d’illustrateur se positionnent généralement au-dessus des tirages courants. La cohérence bibliographique, la présence de toutes les planches et la conformité à la description d’éditeur sont des atouts clairs.
Le quatrième facteur est la reliure. Une reliure d’époque de qualité, ou une reliure d’un relieur moderniste reconnu, renforce l’attractivité d’un ensemble illustré. Dans le livre moderne, l’alliance d’un texte, d’un illustrateur et d’une reliure soignée constitue un critère d’appréciation récurrent pour la valeur finale.
Le cinquième facteur tient au sujet et à la typologie. Les feuilles isolées qui représentent un lieu identifié, un portrait d’écrivain ou une vue parisienne peuvent intéresser un public élargi au-delà des seuls bibliophiles. Dans un livre illustré, les cycles d’images emblématiques d’un auteur littéraire connu demeurent plus demandés que des ensembles secondaires.
Enfin, la documentation disponible pèse dans l’estimation gratuite. La capacité à rattacher un exemplaire à une édition précise, à un tirage numéroté ou à une notice bibliographique reconnue favorise une valorisation cohérente avec les résultats observés.
Marché de l’art : demande, cote, valeur
Le marché de Berthold-Mahn se situe dans la catégorie des livres illustrés et des estampes modernes, avec une liquidité régulière en salles de ventes et chez les libraires spécialisés. La demande provient d’un public de bibliophiles, d’amateurs d’illustration française et de collectionneurs d’œuvres relatives à des écrivains majeurs. Les prix se répartissent entre des adjudications très accessibles pour des ouvrages courants et des niveaux plus élevés pour des ensembles recherchés.
Les résultats publiés sur des plateformes d’enchères montrent des fourchettes généralement modestes pour les exemplaires standard, souvent quelques dizaines d’euros pour des volumes isolés ou des lots non complets, et quelques centaines d’euros pour des titres identifiés avec de bonnes caractéristiques éditoriales. Les plus hauts niveaux concernent des tirages de tête, des ensembles complets, des suites de planches et des reliures de qualité.
La valeur dépend aussi du couplage texte-image. Un cycle de Verlaine complet avec les illustrations de Berthold-Mahn, un roman d’Alain-Fournier dans une édition recherchée ou un recueil de Duhamel avec bois gravés originaux attirent davantage l’attention. La présence d’une documentation d’origine ou d’éléments de provenance éditoriale fiable constitue un plus.
Dans ce contexte, le rôle d’un expert consiste à qualifier précisément l’édition, le tirage, la technique et la complétude, puis à positionner l’exemplaire par comparaison avec des adjudications récentes publiées et vérifiables. Cette approche permet de proposer une estimation gratuite crédible, utile pour une décision de vente, une succession ou une mise en collection.
Résultats de ventes vérifiés (maison, date, lot)
Les exemples ci-dessous illustrent des adjudications récentes et documentées, utiles comme repères factuels pour situer la valeur d’œuvres de Berthold-Mahn selon la typologie et le contexte éditorial. Les informations de maison de ventes, dates et numéros de lots sont précisés.
MILLON, 4 février 2026, lot 168, ensemble mentionné “x BERTHOLD-MAHN & VERLAINE (Paul)”, adjugé 55 €.
MILLON, 24 septembre 2024, lot 177, Berthold Mahn, “The Saône at Collonges”, adjugé 210 €.
MILLON, 30 juillet 2025, lot 152, Homère, “L’Iliade” illustrée par Berthold-Mahn, adjugée 42 €.
MILLON, 31 janvier 2023, lot 133, “BERTHOLD-MAHN & GÉRALDY (Paul)”, adjugé 10 €.
Ces repères reflètent la diversité des catégories en circulation, depuis la feuille gravée jusqu’au volume littéraire illustré. Ils confirment un marché accessible, avec des variations de prix liées au tirage, à la complétude et au prestige du texte illustré.
Conclusion : demandez une estimation gratuite
Pour une feuille gravée isolée, un ensemble d’estampes ou un livre illustré par Charles Berthold-Mahn, l’identification précise de l’édition, de la technique et du tirage est essentielle pour déterminer la valeur. La comparaison avec des adjudications récentes, la vérification des mentions d’éditeur et la cohérence bibliographique permettent d’établir une base solide pour une décision de conservation ou de mise en vente.
Vous pouvez solliciter une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. L’objectif est de vous fournir une évaluation claire, documentée et adaptée à votre exemplaire, en tenant compte de sa typologie, de son contexte éditorial et des références publiées.
FAQ
Quelles sont les techniques d’impression les plus courantes chez Berthold-Mahn ?
On rencontre des gravures sur bois, des eaux-fortes et des lithographies. Dans le livre illustré, il utilise selon les projets l’un ou l’autre procédé, parfois combiné à des tirages de tête ou des suites.
Quels auteurs illustrés par Berthold-Mahn sont les plus recherchés ?
Les ensembles liés à Paul Verlaine, Georges Duhamel, Alain-Fournier et des textes en lien avec Marcel Proust suscitent un intérêt régulier, surtout en éditions complètes et bien décrites.
Un tirage sur grand papier influence-t-il la valeur ?
Oui, un tirage limité sur grand papier, avec numérotation ou suites, se positionne en général au-dessus d’un tirage courant et soutient la valeur de l’exemplaire.
La reliure joue-t-elle un rôle dans l’estimation ?
Une reliure d’époque de qualité ou une reliure par un relieur moderniste reconnu renforce l’attractivité d’un livre illustré et peut soutenir une meilleure valeur.
Les feuilles gravées isolées se vendent-elles aussi bien que les livres illustrés ?
Les feuilles isolées circulent de manière régulière. Toutefois, les ensembles bibliophiliques complets, surtout pour des auteurs littéraires majeurs, bénéficient d’une demande plus large et d’une meilleure comparaison d’historique de ventes.
Quels éléments documentaires sont utiles pour l’estimation ?
L’éditeur, l’année, la mention de tirage, la numérotation éventuelle, la liste des planches, et la présence d’une suite ou d’un envoi. Ces informations facilitent la comparaison avec des précédents vérifiés.
Peut-on estimer un ouvrage illustré sans l’avoir physiquement en main ?
Une première fourchette est possible sur la base de photos et d’informations éditoriales fiables. Une revue complète permet ensuite d’affiner l’estimation gratuite.
Quelles sont les fourchettes de prix généralement observées ?
Les volumes courants apparaissent souvent à quelques dizaines d’euros, tandis que des ensembles complets, des tirages de tête ou des éditions recherchées peuvent atteindre quelques centaines d’euros selon les cas.
Les signatures ou envois de l’auteur ou de l’illustrateur sont-ils déterminants ?
Ils peuvent améliorer l’attractivité d’un exemplaire bibliophilique, surtout si l’envoi est cohérent avec l’édition et bien documenté. Cela peut soutenir la valeur finale.
Comment différencier une gravure originale d’une reproduction d’après l’artiste ?
L’examen des mentions éditoriales, des techniques décrites et des catalogues d’éditeur permet de déterminer s’il s’agit d’une estampe originale ou d’une reproduction. La comparaison avec les références bibliographiques publiées est décisive.
Les lots groupés de livres illustrés par Berthold-Mahn sont-ils intéressants ?
Ils représentent une entrée accessible pour rassembler plusieurs titres. Leur valeur dépend de la présence d’éditions complètes, de la cohérence du lot et des données éditoriales disponibles pour chaque volume.
Comment obtenir une estimation gratuite avec Fabien Robaldo ?
Transmettez les informations éditoriales clés et des images représentatives. Fabien Robaldo établira une estimation gratuite fondée sur les caractéristiques de votre exemplaire et sur des comparaisons de ventes vérifiées.