Auguste Borget : paysages exotiques et scènes de la vie asiatique – repères, valeur et résultats de ventes
Introduction
Auguste Borget (1808-1877) occupe une place spécifique dans le paysage artistique du XIXe siècle : celle d’un peintre-voyageur dont une partie importante de l’œuvre s’attache à représenter des territoires lointains pour le public européen. Dans son cas, l’Asie, et plus particulièrement le sud de la Chine (Canton, Macao et leurs abords), apparaît comme un ensemble de motifs récurrents, traités sous forme de paysages, de vues urbaines animées et de scènes de la vie quotidienne. Cette thématique, souvent résumée par les expressions “paysages exotiques” et “scènes de la vie asiatique”, regroupe des œuvres sur papier et, plus ponctuellement, des peintures, qui intéressent aujourd’hui les collectionneurs de dessins de voyage, d’iconographie asiatique et de représentations du monde au XIXe siècle.
Pour un propriétaire, un héritier ou un collectionneur, l’enjeu principal est d’identifier correctement la nature de l’œuvre (dessin, aquarelle, gouache, estampe), sa période probable, son sujet exact et son niveau de rareté sur le marché. Ces éléments influencent directement la lecture de la valeur et la cohérence d’une comparaison avec des résultats de ventes. L’approche du bureau d’expertise Fabien Robaldo consiste à situer l’œuvre dans l’ensemble de la production de Borget, puis à la rapprocher de références vérifiables, en tenant compte du sujet, du support et de la demande actuelle.
Définition et description générale de la thématique
Dans le cas d’Auguste Borget, la thématique “paysages exotiques et scènes de la vie asiatique” désigne un corpus d’images liées à l’expérience du voyage et à l’observation directe. On y retrouve des panoramas, des rives, des ports, des canaux, des ponts, des rues, mais aussi des moments ordinaires : passants, porteurs, barques, marchés, lieux de culte, activités de transport et de commerce. Le vocabulaire visuel n’est pas celui de la scène d’histoire, mais celui de la description, avec une attention portée aux silhouettes, à la topographie et aux ambiances urbaines ou littorales.
Cette production s’inscrit dans une époque où les images de l’Asie circulent par les récits, les albums, les estampes et les expositions. Borget, qui présente des œuvres au Salon à partir de 1836, propose des vues construites à partir de croquis et d’études, et parfois finalisées pour répondre aux attentes d’un public curieux de “pays lointains”. La Chine du sud et ses enclaves (notamment Macao) constituent une source de motifs réguliers, car ce sont des points d’échanges et des lieux de contact où l’architecture, les activités portuaires et les scènes de rue offrent une matière visuelle dense.
Le terme “exotique” doit être compris ici au sens historique, c’est-à-dire comme une catégorie de regard du XIXe siècle. Aujourd’hui, l’intérêt porte autant sur la qualité artistique que sur l’apport documentaire : certains dessins et aquarelles conservent une dimension descriptive utile pour comprendre la perception européenne de l’Asie à cette période. Sur le marché, ce double intérêt (artistique et iconographique) contribue à soutenir la demande pour les feuilles abouties et les vues identifiables de Canton, Macao ou de lieux explicitement nommés sur l’œuvre.
Typologies, matériaux, périodes, styles
Œuvres sur papier : dessins, aquarelles et gouaches
La thématique asiatique de Borget apparaît très fréquemment sous forme d’œuvres sur papier. Les dessins peuvent être réalisés au crayon (ou mine de plomb), parfois rehaussés, puis complétés par des lavis, des aquarelles ou de la gouache. Sur le plan visuel, les œuvres les plus recherchées sont celles où l’artiste combine une structure de dessin lisible (lignes d’architecture, éléments de perspective, détails de barques ou de costumes) avec une mise en couleurs qui donne une identité immédiate au lieu. Les papiers peuvent être blancs ou teintés, ce qui modifie l’impression générale et la densité des valeurs.
Dans ce corpus, les sujets récurrents sont les canaux, les ponts, les voies d’eau, les abords portuaires, ainsi que les rues et les bâtiments remarquables. Les mentions de lieux, lorsqu’elles figurent sur la feuille (par exemple “Macao” ou “Canton”), jouent un rôle important, car elles facilitent l’identification et la compréhension du motif. Les scènes avec figures, même lorsqu’elles restent secondaires par rapport au paysage, renforcent souvent l’intérêt des collectionneurs, car elles rapprochent l’image d’un témoignage de vie quotidienne.
Peintures : huiles et vues composées
Borget réalise aussi des peintures, notamment des huiles, dont certaines sont liées aux voyages. Dans le cadre de la thématique asiatique, ces œuvres peuvent reprendre des sujets déjà observés sur le terrain, mais avec une ambition de composition plus “tableau”. La peinture permet des formats parfois plus visibles et une présence plus marquée du ciel, de la lumière et des effets d’atmosphère. Sur le marché, ces peintures sont plus rares que les œuvres sur papier, ce qui peut créer des écarts de valeur selon la qualité, le sujet et la provenance.
Estampes et publications : diffusion des vues asiatiques
Une partie de l’imaginaire visuel de Borget circule également via l’estampe et l’édition illustrée. Les ouvrages de voyage attribués ou associés à son activité (notamment autour de la Chine au début des années 1840) ont contribué à diffuser des types de vues : architectures, ports, scènes urbaines. En expertise, il est essentiel de distinguer une œuvre originale sur papier (dessin, aquarelle, gouache) d’une image imprimée (lithographie, gravure ou reproduction), car la rareté et la valeur attendues ne sont pas comparables. Le même motif peut exister sous plusieurs formes : étude originale, version mise au net, puis version publiée.
Repères de périodes
Sans entrer dans une datation technique, on peut retenir des repères simples. Les œuvres directement liées aux voyages (vues prises “sur le motif”, feuilles localisées ou portant un titre de lieu) constituent souvent le cœur de la demande, car elles concentrent l’idée de témoignage. Les œuvres plus tardives, réalisées à partir de souvenirs, d’études antérieures ou avec une visée d’exposition, peuvent présenter une mise en scène plus construite. Dans les deux cas, l’intérêt dépend de la force du sujet, de la qualité de la feuille et de la clarté de l’attribution à Borget.
Facteurs influençant la valeur
La valeur d’une œuvre d’Auguste Borget sur le thème asiatique dépend d’abord de la typologie. Une aquarelle ou une gouache aboutie, présentant une vue précise (Canton, Macao, canal, rue, baie) et une animation crédible, se situe généralement au-dessus d’un simple croquis, surtout si l’œuvre est titrée, localisée ou signée. Les œuvres uniques sur papier bénéficient d’un statut particulier : elles sont moins substituables que les images imprimées, et leur caractère “original” est un critère de premier plan.
Le sujet joue ensuite un rôle majeur. Les vues explicitement identifiables et les scènes de vie (marchés, porteurs, circulation sur les canaux, activités portuaires) attirent souvent plus d’attention que des paysages plus génériques. La présence d’éléments d’architecture typés, de détails de bateaux, de scènes de rue structurées, ou d’un lieu de culte identifiable, augmente l’intérêt iconographique. À l’inverse, une scène trop générale peut rendre la comparaison plus difficile et limiter la demande à un cercle plus restreint de collectionneurs.
La taille et la lisibilité de la composition influencent également la perception. À sujet comparable, une feuille de dimensions plus confortables, avec une lecture claire (premier plan, plan d’eau, architecture, figures), peut être mieux valorisée qu’une petite étude. Les œuvres en pendant, les séries cohérentes (plusieurs vues d’un même secteur, par exemple autour de Macao) et les ensembles issus d’une même provenance peuvent créer un intérêt renforcé, car ils racontent un parcours et offrent une cohérence de collection.
Enfin, la documentation disponible est un levier important. Une œuvre clairement attribuée, avec une signature, une localisation, une présence dans une bibliographie ou un rapprochement avec un motif connu, se positionne généralement mieux. En pratique, l’expertise consiste à vérifier la cohérence stylistique (écriture du trait, manière de structurer l’espace, typologie des figures), la cohérence du sujet avec les itinéraires de Borget, et la cohérence de l’ensemble avec les œuvres déjà passées sur le marché.
Marché de l’art : demande, cote, valeur
Le marché d’Auguste Borget est porté par plusieurs segments de collection. On trouve d’abord les amateurs de dessins et d’aquarelles du XIXe siècle, sensibles à la qualité graphique et à l’équilibre des compositions. On trouve ensuite les collectionneurs de peinture de voyage et de topographie, pour lesquels la précision des lieux et la dimension documentaire comptent autant que l’esthétique. Enfin, la thématique asiatique peut intéresser un public attiré par l’histoire des échanges, l’iconographie de la Chine du sud, et la représentation de Macao et Canton à une période où l’image occidentale de ces territoires se construit aussi par l’art.
La demande se concentre généralement sur les œuvres sur papier finalisées, en particulier les aquarelles et gouaches, car elles incarnent la dimension “vue de voyage” et offrent une présence visuelle immédiate. Les dessins plus rapides, lorsqu’ils sont très typés et bien situés, peuvent aussi trouver preneur, mais leur positionnement dépend fortement du sujet et du niveau d’aboutissement. Les images imprimées, quant à elles, répondent souvent à une logique de collection différente, avec des budgets plus accessibles, et une attention portée à l’état de l’épreuve, au tirage et à la rareté du document.
Sur le plan de la cote, il est utile de raisonner par comparaisons concrètes plutôt que par fourchettes générales. Les adjudications récentes de feuilles sur Macao ou Canton montrent que le marché peut valoriser des vues animées et bien identifiées à quelques milliers d’euros. Cela ne signifie pas qu’une œuvre non comparable atteindra le même niveau : l’écart entre une feuille très aboutie et une étude plus simple peut être important. Dans une démarche d’expertise, l’objectif est de déterminer une valeur cohérente au regard de la rareté du sujet, de la qualité d’exécution et des précédents vérifiables.
Résultats de ventes vérifiés
- MILLON, 21 mars 2024, lot 164, “Vue animée du canal de Honan à Canton”, 2 600 €.
- MILLON, 21 mars 2024, lot 165, “Fidèles en prière dans le grand temple de Macao”, 3 500 €.
- MILLON, 21 mars 2024, lot 166, “Les porteurs se reposent devant la baie de Macao”, 2 200 €.
- MILLON, 21 mars 2024, lot 168, “Vue animée d’une rue de Macao”, 4 800 €.
Conclusion
La thématique “paysages exotiques et scènes de la vie asiatique” chez Auguste Borget recouvre des œuvres très recherchées lorsqu’elles associent un sujet clairement situé (Canton, Macao), une scène vivante et une exécution aboutie sur papier. La comparaison avec des résultats vérifiés montre un marché actif, capable de valoriser des vues animées à plusieurs milliers d’euros, tout en maintenant des écarts significatifs selon la typologie et la force du motif.
Pour connaître la valeur de votre dessin, aquarelle, gouache ou estampe attribué(e) à Borget, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. L’analyse porte sur l’identification, la nature exacte de l’œuvre, le sujet, les inscriptions éventuelles et la comparaison avec des références de marché adaptées.
FAQ
Comment reconnaître une œuvre d’Auguste Borget ?
On commence par vérifier la cohérence du sujet et du style (vues de voyage, construction du paysage, figures), puis les inscriptions : signature, localisation (par exemple Macao, Canton) et titre. Une comparaison avec des œuvres passées en vente et des références publiées permet de confirmer l’attribution.
Les scènes asiatiques de Borget représentent-elles toujours la Chine ?
Non. Même si Canton et Macao sont des motifs fréquents, Borget est un peintre-voyageur et son œuvre peut montrer d’autres régions. Pour une œuvre donnée, l’identification dépend des inscriptions, de la topographie et des éléments d’architecture.
Quelle différence entre un dessin et une aquarelle chez Borget ?
Le dessin repose surtout sur le trait (crayon, graphite), parfois avec lavis. L’aquarelle ajoute une mise en couleurs transparente, souvent plus attractive sur le marché quand elle est aboutie et bien équilibrée.
Une gouache a-t-elle la même valeur qu’une aquarelle ?
La valeur dépend surtout du résultat visuel, du sujet, de l’aboutissement et de la rareté. Une gouache bien composée et bien identifiée peut être très recherchée, notamment pour des vues animées.
Les titres et localisations écrits sur la feuille sont-ils importants ?
Oui. Une mention de lieu (Macao, Canton) et un titre clair facilitent l’identification et la comparaison avec des références. Cela peut renforcer l’intérêt des collectionneurs et sécuriser l’attribution.
Les œuvres de Borget sont-elles souvent signées ?
On rencontre des œuvres signées et d’autres non. L’absence de signature n’exclut pas l’attribution, mais impose une analyse plus approfondie par comparaison stylistique et documentaire.
Comment distinguer une estampe d’un original sur papier ?
Une estampe est imprimée (lithographie, gravure), alors qu’un original présente un trait et une matière directement posés par l’artiste (crayon, aquarelle, gouache). L’examen du support et de la surface d’encrage ou de pigment permet généralement de trancher.
Pourquoi les vues de Macao et de Canton sont-elles recherchées ?
Parce qu’elles correspondent à des lieux identifiables, au cœur des échanges du XIXe siècle, et qu’elles associent paysage, architecture et scènes de vie. Ce mélange répond à une demande à la fois artistique et iconographique.
Le format influence-t-il la valeur ?
Oui, à sujet comparable. Un format plus lisible et une composition plus ample peuvent être mieux valorisés. Toutefois, une petite feuille très aboutie et très bien située peut aussi être recherchée.
Un ensemble de plusieurs feuilles est-il mieux valorisé ?
Souvent, oui, si les feuilles forment une série cohérente (même période, mêmes lieux, qualité homogène). Les ensembles peuvent intéresser des collectionneurs qui cherchent une narration de voyage.
Que faut-il fournir pour une estimation ?
Des photographies nettes (recto, verso), des détails de signature et d’inscriptions, les dimensions, et tout document de provenance disponible. Cela permet d’établir une comparaison sérieuse avec des références de marché.
Pourquoi demander une estimation à Fabien Robaldo ?
Parce qu’une estimation crédible nécessite une identification précise de l’œuvre (typologie, sujet, inscriptions) et une comparaison avec des résultats vérifiés. La demande d’estimation gratuite permet d’obtenir un avis fondé et argumenté.