Auguste Borget en Chine : voyages, aquarelles et peinture orientaliste au XIXe siècle
Introduction
Auguste Borget (1808-1877) est un peintre et dessinateur français du XIXe siècle, connu pour ses voyages et pour les images qu’il en rapporte. Sa production liée à l’Asie, et en particulier à la Chine (Canton, Macao et ports du Sud), s’inscrit dans un contexte européen marqué par l’essor des récits de voyage, des albums illustrés et d’une curiosité croissante pour les cultures extra-européennes. Les œuvres associées à ces déplacements prennent souvent la forme d’aquarelles, de dessins et, plus rarement, de peintures à l’huile présentant des vues topographiques, des scènes de rue, des architectures, des embarcations ou des personnages saisis dans un cadre quotidien. Dans le champ de l’art, cette thématique croise les catégories “orientalisme”, “peinture de voyage” et “document visuel” du XIXe siècle, avec des attentes de marché spécifiques selon la rareté, le sujet et la qualité d’exécution.
Définir la thématique : voyages en Chine et orientalisme au XIXe siècle
La thématique “Auguste Borget : voyages en Chine et peinture orientaliste du XIXe siècle” renvoie à deux réalités complémentaires. D’une part, elle concerne un corpus d’images issues d’un déplacement réel en Asie, nourri par l’observation directe et par une pratique de carnet. D’autre part, elle s’insère dans un mouvement plus large, l’orientalisme, qui regroupe des représentations européennes de l’Orient au sens large (du Maghreb au Proche-Orient, et jusqu’à l’Asie), produites pour un public occidental. Dans le cas de la Chine, l’orientalisme du XIXe siècle peut être moins centré sur le fantasme romantique que sur la vue de port, l’étude d’architecture, le costume, la scène de marché, ou l’ambiance d’un quartier. Chez Borget, la Chine apparaît souvent comme un espace observé, décrit et ordonné en images, avec une attention portée aux détails visibles, aux types humains, aux bateaux, aux quais et aux silhouettes urbaines.
Il faut aussi distinguer la Chine “vue” et la Chine “reconstruite”. Une partie des œuvres s’appuie sur des dessins pris sur le motif, puis retravaillés en atelier, parfois plusieurs années plus tard. Le passage du croquis à l’œuvre présentable (aquarelle aboutie, composition à l’huile, planche destinée à un album) modifie le statut de l’image. Elle peut rester un document d’artiste, ou devenir une scène pensée pour l’exposition et la diffusion. Cette double logique explique la diversité des œuvres attribuées à Borget ou rattachées à son cercle : feuilles d’étude, vues panoramiques, scènes plus composées, et images liées à l’édition illustrée. La présence d’un titre précis, d’une localisation, d’une date ou d’une annotation est souvent un indice important pour rattacher une feuille à un itinéraire et à une période de travail.
Typologies, matériaux, périodes et styles les plus fréquents
Les œuvres liées à la Chine et aux voyages de Borget apparaissent le plus souvent sous forme de dessins et d’aquarelles sur papier. Les dessins peuvent être au crayon, à la mine de plomb ou à l’encre, parfois rehaussés. Les aquarelles présentent des lavis plus ou moins transparents, adaptés aux notations rapides, aux effets atmosphériques, et à la restitution des architectures et des silhouettes. On rencontre aussi des œuvres plus ambitieuses, comme des peintures à l’huile, généralement plus rares sur ce thème, qui relèvent davantage de la peinture de Salon ou de la commande, avec des dimensions supérieures et une finition plus poussée.
En typologie de sujets, plusieurs ensembles reviennent de manière récurrente dans les feuilles associées à la Chine du Sud et à l’environnement portuaire : vues de rives et de quais, bateaux et sampans, scènes de pêche, cabanes et constructions légères, rues animées, temples et pagodes, marchés, figures en costumes, ainsi que des panoramas de villes ou de segments de ville. Les œuvres peuvent porter des mentions de lieux comme “Macao”, “Canton” ou des indications plus descriptives liées à une île, un fleuve, un bord de mer, un quartier. Ces indications, lorsqu’elles sont de la main de l’artiste, renforcent l’intérêt documentaire de la feuille et aident à établir une cohérence de série.
Sur le plan des périodes, les œuvres de voyage se situent dans la dynamique des années 1830-1850 pour l’essentiel, avec des reprises possibles ensuite. Borget a également produit des images d’autres régions (Philippines, Inde, ou sujets liés à des trajets plus larges). Dans les ventes, il n’est pas rare de voir coexister, au sein d’un même lot, des dessins situés dans des espaces différents mais relevant de la même logique de carnet. Enfin, le style oscille entre une approche descriptive (vue topographique, rendu lisible, hiérarchie claire des plans) et une approche plus pittoresque (mise en scène de figures, accent mis sur l’exotisme perçu, multiplication des détails de costumes et d’objets).
Il existe aussi un lien important avec l’édition. Borget publie au XIXe siècle un album de voyage consacré à la Chine, souvent cité sous le titre “Sketches of China and the Chinese”. Ce type de publication agit à la fois comme vitrine et comme cadre de référence : certaines œuvres peuvent être rapprochées d’images diffusées, d’autres au contraire apparaissent comme des variantes inédites. Pour un collectionneur, la proximité avec une planche publiée peut renforcer l’intérêt, mais elle ne remplace pas l’analyse de l’œuvre elle-même : format, qualité, lisibilité du sujet, et caractère autonome de la composition.
Ce qui influence la valeur d’un Borget sur la Chine
La valeur d’une œuvre d’Auguste Borget liée à la Chine dépend d’abord du type d’œuvre. Une aquarelle aboutie, bien composée et riche en informations visuelles, se positionne généralement différemment d’un croquis rapide. De même, une huile attribuée avec certitude à l’artiste peut viser un autre segment de marché qu’un dessin préparatoire. Le support (papier, toile), le format et la présentation globale influencent directement la perception de l’œuvre et son attractivité en vente publique.
Le sujet est un facteur central. Les scènes clairement localisées en Chine, identifiables et “parlantes” (architecture, bateaux, vie portuaire, costumes, scènes de rue) répondent à une demande spécifique, car elles se rattachent à la fois au voyage, à l’histoire des représentations européennes de la Chine, et au goût pour l’orientalisme. À l’inverse, une feuille plus difficile à situer, ou un paysage plus générique, peut susciter moins de concurrence. La présence d’annotations (lieu, date, commentaire), d’un titre ancien, ou d’une provenance structurée peut renforcer l’intérêt des amateurs, car elle réduit l’incertitude et facilite l’intégration dans une collection cohérente.
L’authentification et le degré de certitude jouent un rôle majeur. Une œuvre signée et datée, ou documentée dans des archives, catalogues, expositions, ou historiques de collections, peut soutenir une valeur plus stable. À l’inverse, une mention “attribué à” ou “entourage de” introduit un niveau de prudence et peut peser sur le prix. Il faut également considérer l’unicité : une feuille isolée peut être recherchée, mais un ensemble cohérent de plusieurs dessins (même voyage, mêmes notations, même main) peut aussi attirer, car il raconte une séquence et donne une lecture plus large du déplacement.
Enfin, le contexte de présentation influence la valeur. En vente aux enchères, l’estimation, le catalogage, la reproduction photographique, la catégorisation (orientalisme, art asiatique, dessins anciens, art du voyage) et la période de vente peuvent modifier la visibilité. Une même œuvre peut susciter des niveaux d’enchères différents selon qu’elle est intégrée à une vente thématique (orientalisme, voyages, Asie) ou à une vente généraliste de dessins et tableaux. Dans cette logique, l’identification précise du sujet “Chine” est un avantage, car elle permet de toucher un public plus ciblé.
Marché de l’art : demande, cote et niveaux de valeur observés
Le marché autour d’Auguste Borget est un marché de spécialiste, situé à la croisée des collectionneurs de dessins du XIXe siècle, des amateurs d’orientalisme, et des acheteurs intéressés par les représentations anciennes de la Chine. La demande peut provenir d’un public européen, mais aussi d’un public international sensible à l’iconographie asiatique et à l’histoire visuelle des ports et des villes du XIXe siècle. Les œuvres sur papier (dessins et aquarelles) correspondent bien à cette demande, car elles sont directement liées au geste du voyageur et à l’observation.
La cote n’est pas uniforme : elle dépend fortement du sujet, de la qualité et du degré de documentation. Les scènes explicitement situées en Chine et visuellement riches peuvent créer des enchères actives, y compris sur des formats modestes. À l’inverse, des feuilles plus faibles, plus tardives, ou moins lisibles peuvent rester à des niveaux plus accessibles. Il existe aussi un effet de rareté : certains sujets chinois apparaissent ponctuellement, et cette intermittence peut renforcer l’intérêt quand une œuvre claire et bien cataloguée se présente.
Les ventes publiques constituent un indicateur utile, mais il faut les lire avec méthode. Un prix d’adjudication reflète un contexte précis : salle, date, exposition, concurrence en ligne, et qualité du lot. Pour analyser la valeur d’un Borget, il est pertinent de comparer des œuvres de typologie proche (même technique, même période, même niveau d’annotation) et de distinguer les résultats “avec frais” et “sans frais” selon les sources. Dans une démarche d’expertise, le rôle d’un professionnel est de replacer l’œuvre dans ce paysage, d’identifier ses points objectifs (sujet, attribution, dimensions, inscriptions, historique) et de fournir une lecture cohérente des comparables.
Dans ce cadre, le bureau d’expertise de Fabien Robaldo et l’équipe MILLON interviennent sur l’analyse, l’attribution et l’étude de marché, avec une approche factuelle fondée sur les œuvres, les archives disponibles et les résultats constatés. L’objectif est de déterminer une fourchette de valeur réaliste, cohérente avec le type d’œuvre et son positionnement (dessin de voyage, aquarelle finie, ensemble de feuilles, ou peinture).
Résultats de ventes vérifiés
Les résultats ci-dessous proviennent de pages de ventes accessibles publiquement. Selon les maisons et les plateformes, certains résultats peuvent être partiellement masqués (par exemple via un accès réservé). Les montants indiqués sont en euros (€) et correspondent à la présentation disponible sur les pages consultées.
- Auction Art Rémy Le Fur & Associés (vente à l’Hôtel Drouot), 26 avril 2017, lot 8, “Cabane de pêcheur, côtes de Chine” (dessin au crayon noir), résultat 6 499 € (résultats avec frais).
- Rossini (Paris), 3 avril (année non précisée sur la page), lot 31, “Bateau sampan sur la rive d’un fleuve – Paysage fluvial à Manille… – côte de Chine” (ensemble de 4 dessins), résultat 1 000 € (résultats sans frais).
- Sotheby’s, “Orientalist Sale” (page de lot), année 2009 (année indiquée dans l’URL du catalogue), lot 2, “Mosquée sur les bords du Gange” (huile sur toile), estimation publiée 8 000 € à 12 000 € (résultat non visible sans connexion sur la page consultée).
Conclusion
Les œuvres d’Auguste Borget liées à la Chine s’inscrivent dans une histoire précise : celle du regard européen au XIXe siècle, entre observation de terrain, diffusion éditoriale et goût pour l’ailleurs. Sur le marché, elles intéressent pour leur dimension documentaire, la qualité du dessin ou de l’aquarelle, et la force des sujets (ports, bateaux, architectures, scènes de vie). La valeur se construit au cas par cas, en tenant compte de l’attribution, des inscriptions, du type d’œuvre et des comparables disponibles.
Pour obtenir un avis clair et argumenté, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. L’analyse portera sur l’identification de l’œuvre, sa place dans la production de l’artiste, et son positionnement sur le marché au regard des résultats constatés.
FAQ
Qui est Auguste Borget ?
Auguste Borget (1808-1877) est un peintre et dessinateur français du XIXe siècle, connu pour ses voyages et pour des œuvres sur papier et des peintures liées à ces déplacements.
Pourquoi associe-t-on Borget à la Chine ?
Une partie de son œuvre est issue de voyages en Asie, avec des dessins et aquarelles représentant des vues et scènes situées en Chine, notamment dans des zones portuaires et urbaines.
Qu’entend-on par “peinture orientaliste” au XIXe siècle ?
Il s’agit d’un ensemble d’œuvres européennes représentant des territoires et cultures considérés comme “orientaux”, avec des approches allant de la scène de genre à la vue topographique.
Quels sujets chinois rencontre-t-on le plus souvent chez Borget ?
On voit fréquemment des rives et quais, des embarcations, des scènes de pêche, des rues, des architectures (temples, pagodes) et des figures en costume.
Les œuvres de Borget sur la Chine sont-elles plutôt des dessins ou des peintures ?
Le corpus le plus fréquent en vente est constitué de dessins et d’aquarelles sur papier, les peintures étant plus rares.
Comment reconnaître une œuvre de voyage par rapport à une œuvre d’atelier ?
Les œuvres de voyage portent souvent des notations de lieu, des dates, des titres descriptifs et un traitement adapté à l’observation directe, même si des reprises en atelier existent.
Une signature est-elle indispensable pour déterminer la valeur ?
Non, mais une signature, une date ou des inscriptions cohérentes peuvent renforcer le degré de certitude et faciliter l’attribution, ce qui peut influencer la valeur.
Qu’est-ce qui fait monter le prix d’un Borget “Chine” aux enchères ?
La clarté du sujet chinois, la qualité d’exécution, une attribution ferme, un format attractif, et une bonne documentation (titre, localisation, provenance) sont des facteurs fréquents.
Les ensembles de plusieurs dessins valent-ils plus qu’une feuille isolée ?
Cela dépend. Un ensemble cohérent peut attirer pour sa dimension narrative, mais une feuille unique très forte et bien localisée peut aussi être très recherchée.
Faut-il distinguer “résultat avec frais” et “sans frais” ?
Oui. Selon les sources, le montant affiché inclut ou non les frais acheteur. Cette différence modifie la comparaison entre ventes.
Où trouve-t-on les résultats de ventes de Borget ?
On les rencontre sur les pages de maisons de vente, sur certaines plateformes d’enchères, et dans des bases de résultats, avec des niveaux d’accès variables.
Comment obtenir une estimation gratuite d’une œuvre attribuée à Borget ?
Vous pouvez solliciter une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo, en transmettant des photos, les dimensions, les inscriptions visibles et tout élément de provenance.