Augustin de Saint-Aubin : dessin et gravure du XVIIIe siècle

Expertise et estimation par le cabinet Robaldo. présentation de l'artiste : Augustin de Saint-Aubin. Autoportrait d'Augustin de Saint-Aubin (1764)
Autoportrait d'Augustin de Saint-Aubin (1764)

Dessins et gravures du XVIIIe siècle, repères et valeur

Introduction

Augustin de Saint-Aubin (1736-1807) est un dessinateur et graveur français du XVIIIe siècle. Il appartient à une famille d’artistes active à Paris, connue pour le dessin, la gravure et l’ornement. Son nom apparaît régulièrement dans le champ des oeuvres sur papier, notamment pour des portraits, des vignettes, des compositions destinées au livre illustré et des estampes de diffusion.

Dans une collection, une feuille ou une estampe attribuée à Augustin de Saint-Aubin peut se présenter sous des formes variées. Certaines pièces sont des études préparatoires (dessins), d’autres des images imprimées (gravures), parfois issues d’une série. Les amateurs s’y intéressent pour la qualité du trait, la précision du rendu et l’inscription de ces oeuvres dans la culture visuelle parisienne de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Cet article présente des repères simples pour comprendre cette thématique, identifier les formats les plus fréquents et situer les éléments qui comptent dans l’appréciation de la valeur. Le bureau Fabien Robaldo intervient pour l’expertise d’oeuvres sur papier, en lien avec MILLON, afin d’accompagner les démarches d’identification et d’évaluation.

Définition et description générale : dessin et gravure au XVIIIe siècle

Dans le contexte d’Augustin de Saint-Aubin, le mot “dessin” désigne une oeuvre originale exécutée à la main sur papier. Il peut s’agir d’un portrait, d’une scène, d’un projet pour une vignette, d’un motif décoratif, ou d’une étude destinée à être gravée. Le dessin se reconnaît par la présence d’un trait direct (crayon, pierre noire, sanguine), parfois complété par de l’encre, un lavis, de l’aquarelle ou des rehauts.

Le mot “gravure” renvoie à une image imprimée à partir d’une matrice (plaque). À l’échelle du XVIIIe siècle, les gravures sont un moyen majeur de diffusion des portraits, des scènes de genre, des sujets d’actualité et des illustrations de livres. Une gravure d’Augustin de Saint-Aubin se rencontre sous forme d’estampe isolée, de planche d’un ouvrage, ou d’une image publiée en série.

Augustin de Saint-Aubin est souvent associé à l’art du portrait et à l’illustration. La documentation disponible le présente comme l’un des membres les plus visibles de la famille Saint-Aubin pour la gravure, avec un rôle reconnu dans la production de vignettes, d’ornements et de portraits. Il est également mentionné comme “graveur du roi” et lié à la Bibliothèque du roi à la fin du XVIIIe siècle, ce qui situe son activité dans un environnement institutionnel et éditorial structuré.

Typologies, matériaux, périodes et styles

La production attribuée à Augustin de Saint-Aubin couvre plusieurs typologies, avec des variations de format et de destination. En dessin, on rencontre fréquemment des portraits en buste, parfois conçus pour être transposés en estampe. Ces portraits peuvent être présentés en médaillon, en profil, ou en vue de trois-quarts. Certaines feuilles ont un caractère d’étude, d’autres semblent plus abouties et pensées comme oeuvres autonomes.

En gravure, les portraits tiennent une place importante. Ils peuvent être conçus comme images de diffusion, pour accompagner des publications, ou pour circuler en feuilles. Les vignettes et frontispices sont également typiques du XVIIIe siècle : petits formats destinés à ouvrir un volume, à présenter un chapitre ou à orner une page de titre. Dans ces cas, l’image se combine souvent avec du texte (titre, légende, dédicace), ce qui aide l’identification.

Sur le plan des matériaux, les dessins attribués à l’artiste se rencontrent couramment au crayon graphite, à la pierre noire ou à la sanguine, parfois avec encre et lavis. Des rehauts (gouache blanche, aquarelle) peuvent apparaître, surtout pour accentuer la lumière ou préciser un détail. La gravure se présente sous forme d’épreuve imprimée sur papier, en noir, parfois avec des effets de tonalité selon les usages de l’époque. Il peut exister des épreuves avant la lettre (sans le texte final) ou des épreuves avec la lettre (texte et mentions), ce qui influence la perception de rareté.

Pour la période, l’essentiel se situe dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, avec une activité en lien avec le monde parisien de l’édition et de l’estampe. Le style attendu est celui d’un trait précis, d’une attention au visage et aux costumes pour les portraits, et d’une culture de l’ornement pour les vignettes. Il faut néanmoins rester prudent : dans une famille d’artistes et dans un marché où l’attribution peut varier, l’expertise repose sur un faisceau d’indices, et non sur un seul détail.

Certains titres d’images et de séries apparaissent régulièrement dans la bibliographie ou dans les catalogues : par exemple “Mes gens, ou les commissionnaires ultramontains au service de qui veut les payer” est cité comme un ensemble gravé lié aux “cris” et aux figures de la rue. D’autres feuilles peuvent être décrites de manière générique, comme “Portrait de femme” ou “Portrait d’homme en profil”, sans titre stable. Dans ce cas, la description, la provenance et la comparaison avec des modèles connus deviennent centrales.

Facteurs qui influencent la valeur, sans aborder la conservation

La valeur d’un dessin ou d’une gravure attribué(e) à Augustin de Saint-Aubin dépend d’abord de la nature de l’oeuvre. Un dessin original, unique, est généralement perçu différemment d’une estampe tirée en plusieurs exemplaires. À l’intérieur même de la gravure, une épreuve rare, une épreuve précoce, ou une planche peu courante peut susciter davantage d’intérêt qu’une image très diffusée.

L’attribution est un point déterminant. Dans les ventes et les collections, on rencontre des mentions telles que “Augustin de Saint-Aubin”, “attribué à”, “atelier de”, “entourage de” ou “d’après”. Ces nuances ont un impact direct sur la valeur. Une oeuvre clairement signée, datée, ou documentée par une provenance cohérente peut bénéficier d’une meilleure lisibilité, même si la signature ne suffit jamais, à elle seule, à établir l’authenticité.

Le sujet est un autre facteur majeur. Les portraits identifiés (personnalité reconnue, figure de la société, lien avec un cercle historique) peuvent être plus recherchés que des portraits anonymes, selon les goûts du marché. À l’inverse, un portrait anonyme peut rester très intéressant si la qualité de dessin est élevée, si le format est séduisant, ou si l’oeuvre s’inscrit dans une typologie recherchée (profil, médaillon, feuille préparatoire à une estampe).

Le format, la complexité de la composition et la destination de l’image jouent également. Une petite vignette de livre, très aboutie, peut avoir une forte attractivité auprès des bibliophiles et des collectionneurs d’illustration, tandis qu’un dessin plus grand, autonome, se positionne davantage dans le champ des arts graphiques de collection. La présence d’une légende, d’un nom d’éditeur, d’une adresse, ou d’une mention de graveur et de dessinateur permet parfois d’ancrer l’oeuvre dans une publication identifiée, ce qui peut sécuriser l’attribution.

Enfin, la traçabilité compte. Les marques de collections (tampons de collectionneur), les anciennes références de catalogues, les mentions d’anciens ensembles (albums, recueils) et les indications bibliographiques renforcent la qualité du dossier. Dans le domaine de l’estampe, la distinction entre une épreuve isolée et une planche provenant d’un volume démonté peut aussi influencer la perception de la valeur, notamment lorsque le contexte éditorial est documenté.

Marché de l’art : demande, cote et repères de valeur

Le marché des oeuvres d’Augustin de Saint-Aubin se situe au croisement de plusieurs segments : collectionneurs d’estampes françaises du XVIIIe siècle, amateurs de portraits, bibliophiles intéressés par l’illustration, et acheteurs d’arts graphiques plus largement. La demande est donc réelle, mais variable selon les sujets et les formats. Les feuilles les plus recherchées ne sont pas forcément les plus grandes, mais celles qui cumulent une attribution solide, un sujet attractif et une qualité graphique nette.

La cote se construit surtout par l’observation des ventes publiques et par la visibilité des oeuvres dans les collections et les catalogues. Dans les arts graphiques, la comparaison doit être prudente : deux portraits de même dimension peuvent produire des résultats très différents selon l’identification du modèle, la rareté de l’épreuve, ou le statut exact de l’attribution. Il est donc préférable de raisonner par familles d’objets (dessin original, estampe de portrait, vignette de livre, suite complète) plutôt que d’attendre une grille unique.

En pratique, les gravures courantes peuvent circuler à des montants accessibles, tandis que des suites complètes, des épreuves rares, ou des dessins aboutis peuvent se positionner à des niveaux nettement supérieurs. Dans ce contexte, la notion de valeur ne se limite pas à un chiffre : elle recouvre l’intérêt historique, la qualité de l’image, la stabilité de l’attribution et la place de l’oeuvre dans un ensemble connu.

Pour une estimation cohérente, il est utile d’identifier précisément l’oeuvre, de vérifier la présence d’inscriptions (nom, date, éditeur, légende), de mesurer le format (feuille et image), et de déterminer s’il s’agit d’un dessin original ou d’une estampe. Une photographie nette, prise à plat, aide à analyser le trait, les inscriptions et la structure de l’image. Le bureau Fabien Robaldo peut accompagner cette démarche, notamment pour distinguer un portrait préparatoire d’un dessin d’invention, ou pour replacer une gravure dans une série éditoriale.

Résultats de ventes vérifiés

Les résultats d’adjudication détaillés ne sont pas systématiquement accessibles en consultation libre selon les plateformes et les pages publiées. Les références ci-dessous correspondent à des lots identifiables (auteur, typologie, numéro de lot) repérés dans des catalogues en ligne ; lorsque le prix n’est pas affiché publiquement, il doit être confirmé au cas par cas à partir des archives de vente. Les montants indiqués, lorsqu’ils sont disponibles, sont exprimés en euros (€).

  • Drouot Estimations, date non précisée sur la page consultée, lot 8, “Portrait de femme” (dessin), prix en euros : non communiqué publiquement sur la page consultée.
  • ROSSINI, date non précisée sur la page consultée, lot 6, “Portrait” (attribué), prix en euros : non communiqué publiquement sur la page consultée.
  • Ader Paris, date non précisée sur la page consultée, lot 62, suite complète de 6 planches (estampes), prix en euros : non communiqué publiquement sur la page consultée.

Conclusion

Augustin de Saint-Aubin occupe une place identifiable dans les arts graphiques français du XVIIIe siècle, avec une production associée au portrait, à l’ornement et à l’illustration. La diversité des typologies (dessins, estampes, suites, vignettes) impose une approche structurée : nature de l’oeuvre, attribution, sujet, contexte éditorial et comparaisons pertinentes. C’est l’ensemble de ces éléments qui permet d’approcher une valeur réaliste.

Pour une estimation gratuite, vous pouvez contacter Fabien Robaldo. Le bureau intervient pour l’expertise d’oeuvres sur papier et l’évaluation, en lien avec MILLON, sur la base d’éléments concrets (photos, dimensions, inscriptions, historique disponible) et d’une analyse comparative du marché.

FAQ

Qui est Augustin de Saint-Aubin ?

Augustin de Saint-Aubin (1736-1807) est un dessinateur et graveur français du XVIIIe siècle, actif à Paris, connu notamment pour des portraits et des travaux liés à l’illustration.

Quelle différence entre un dessin et une gravure chez Saint-Aubin ?

Le dessin est une oeuvre originale sur papier, réalisée à la main. La gravure est une image imprimée à partir d’une matrice et peut exister en plusieurs exemplaires.

Quels sujets trouve-t-on le plus souvent ?

On rencontre fréquemment des portraits (souvent en profil ou en médaillon), ainsi que des vignettes et des images destinées au livre illustré.

Quels matériaux sont courants pour ses dessins ?

On observe souvent graphite, pierre noire, sanguine, encre et lavis, parfois aquarelle ou rehauts de gouache.

Comment reconnaître une estampe du XVIIIe siècle liée à Saint-Aubin ?

Les indices les plus utiles sont les inscriptions (nom, adresse d’éditeur, légende), le format, et la correspondance avec une planche identifiée dans une publication ou une série.

Une signature suffit-elle pour authentifier ?

Non. La signature est un indice, mais l’attribution repose aussi sur le style, la comparaison, le contexte et la cohérence des informations disponibles.

Qu’est-ce qui influence le plus la valeur ?

La valeur dépend surtout de l’attribution, de la nature (dessin unique ou estampe), du sujet, de la rareté, et de la qualité du dossier (provenance, références).

Les portraits anonymes ont-ils de l’intérêt ?

Oui. Un portrait non identifié peut rester recherché si la qualité graphique est forte ou si l’oeuvre correspond à une typologie rare ou attractive.

Une suite complète d’estampes vaut-elle plus qu’une planche isolée ?

Souvent oui, car la complétude peut renforcer l’intérêt des collectionneurs, mais cela dépend du sujet, de la rareté et de la demande.

Pourquoi voit-on parfois “attribué à” ou “d’après” ?

Ces mentions traduisent un degré d’incertitude ou une relation indirecte au modèle : elles ont un impact direct sur la valeur.

Peut-on estimer une oeuvre à partir de photos ?

Une première approche est possible avec des photos nettes et des dimensions. Une expertise complète peut nécessiter des vérifications complémentaires selon les cas.

Comment demander une estimation gratuite ?

Vous pouvez solliciter une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo en transmettant des photos, les dimensions, et toute information disponible (inscriptions, provenance, contexte).

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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