Augustin Pajou : sculpture néoclassique et bustes raffinés du XVIIIe siècle

Portrait de l'artiste Augustin Pajou, sculpteur (1783) par Adélaïde Labille-Guiard. Expertise et estimation par le cabinet Robaldo.
Portrait de l'artiste Augustin Pajou, sculpteur (1783) par Adélaïde Labille-Guiard

Augustin Pajou : sculpture néoclassique et bustes raffinés du XVIIIe siècle

Ce dossier présente une vue d’ensemble claire et orientée marché de l’œuvre sculpté d’Augustin Pajou, figure majeure du néoclassicisme français. Il vise à aider les collectionneurs, ayants droit et institutions à comprendre la portée de sa production, les typologies les plus rencontrées sur le marché, les critères simples qui influencent la valeur et des repères de prix issus de résultats de ventes vérifiées. L’objectif est de fournir un cadre factuel pour préparer une estimation gratuite avec Fabien Robaldo.

 

Introduction

Né à Paris en 1730 et lauréat du prix de Rome en 1748, Augustin Pajou s’impose dès la seconde moitié du XVIIIe siècle comme l’un des sculpteurs emblématiques du langage néoclassique. Il réalise des portraits en buste de personnalités de son temps et des sujets allégoriques et mythologiques, en marbre, terre cuite et plâtre. Son œuvre documente l’essor d’un goût pour la mesure et la clarté formelle, tout en restant ancré dans la commande de cour et la sociabilité des élites lettrées.

Sur le marché actuel, ses portraits en buste d’époque, qu’ils soient en marbre ou en terre cuite, constituent le cœur des demandes. Les modèles d’époque en terre cuite, souvent autographes et parfois datés ou inscrits, soutiennent une valeur élevée lorsqu’ils sont bien documentés. Les reprises et réductions postérieures, notamment du XIXe siècle “d’après Pajou”, représentent une offre complémentaire plus accessible.

 

Définition et description générale de la thématique

Les bustes de commande se distinguent par une présentation au naturel, avec vêtements simplifiés et mise en valeur du visage. Les sujets mythologiques constituent l’autre versant, avec des figures comme “Psyché”, “Cérès” ou des allégories saisonnières, pensées en marbre grandeur nature ou sous forme d’esquisses en terre cuite. Les portraits de contemporains s’inscrivent dans un contexte de Salon et de représentation sociale qui explique leur diffusion.

Les œuvres de référence conservées dans les musées, telles que “Neptune” au musée des Beaux-Arts de Lyon ou certaines figures au Louvre, servent de point d’ancrage stylistique et historique pour attribuer, comparer et positionner les œuvres rencontrées sur le marché.

 

Typologies, matériaux, périodes, styles

 

Typologies principales

Bustes de personnalité. Ce groupe rassemble des portraits d’hommes et de femmes appartenant aux élites politiques, savantes ou mondaines. Ils se présentent généralement sur piédouche, parfois avec épaulettes, toges simplifiées ou châles. L’inscription du nom du modèle ou la signature-incision “Pajou” peuvent apparaître au revers sur certains exemplaires en terre cuite.

Figures mythologiques et allégoriques. Ces œuvres adoptent un langage antique rationalisé. Des modèles comme “Psyché” ou “Cérès” existent en marbre et en terre cuite de présentation. Les variantes plus tardives “d’après Pajou” sont récurrentes au XIXe siècle, en terre cuite, plâtre patiné ou marbre.

Esquisses et modèles d’atelier. Les terres cuites d’étude, parfois de petite dimension, documentent l’invention d’un projet de marbre. Elles sont recherchées lorsqu’elles sont accompagnées d’une provenance ou d’une bibliographie solide.

 

Matériaux et formats

Marbre. Matériau de réception pour les commandes majeures, souvent grandeur nature ou demi-nature. Les bustes en marbre sont plus rares sur le marché et soutiennent une valeur élevée dès lors qu’ils sont autographes et bien attribués.

Terre cuite. Support privilégié des portraits et modèles. Les bustes en terre cuite autographes d’époque offrent une surface vivante et des détails incisifs. Les reprises du XIXe siècle, fréquemment marquées “d’après”, fixent une fourchette de prix plus modérée.

Plâtre et variantes composites. Les plâtres teintés ou patinés, parfois montés sur piédouche en marbre, constituent des déclinaisons de diffusion ancienne ou postérieure. Ils intéressent des amateurs avertis à la recherche d’un jalon iconographique à coût mesuré.

 

Périodes et styles

Années 1750-1760. Période de formation et d’affirmation, avec des portraits encore marqués par la transition rocaille-néoclassique. Les terres cuites de cette phase présentent une recherche d’équilibre et une simplification croissante des drapés.

Années 1770-1780. Moment de maturité du style. Les bustes de personnalités et les sujets d’allégorie s’alignent sur un canon néoclassique stable, aux volumes lisibles. Les présentations aux Salons et les commandes de cour stimulent la production.

Années 1790-1800. Œuvres de fin de carrière, parfois réalisées hors de Paris, qui témoignent d’une continuité de langage malgré le contexte politique. Les portraits modelés à cette période, notamment en terre cuite, suscitent un intérêt soutenu lorsqu’ils sont précisément datés ou localisés par inscription.

 

Facteurs simples influençant la valeur

Attribution et autographe. Une attribution directe à Pajou, étayée par les publications de référence et un historique clair, est déterminante pour la valeur. Les œuvres “d’après Pajou” ou “cercle de” se situent sur un autre segment de prix.

Matériau et dimension. Le marbre d’époque se place au sommet, suivi des terres cuites autographes. Les plâtres et déclinaisons composites, ainsi que les réductions tardives, fixent une valeur plus accessible. La dimension et la présence d’un piédouche en marbre influencent également la demande.

Signature, inscriptions, datation. Une inscription “Pajou” au revers, une datation en toutes lettres ou une localisation augmentent la lisibilité commerciale. Ces éléments participent à l’identification du modèle et à la cohérence stylistique.

Provenance et bibliographie. Une provenance suivie, le passage documenté en vente publique ancienne, la mention dans un catalogue d’exposition ou un catalogue raisonné renforcent la valeur. Les parallèles muséaux pertinents facilitent la décision des acheteurs.

Iconographie. Les portraits de figures historiques identifiables et les sujets mythologiques emblématiques de Pajou attirent davantage d’acquéreurs. Les effigies liées à des commanditaires connus peuvent bénéficier d’une prime de notoriété.

 

Marché de l’art : demande, cote, valeur

La demande pour la sculpture française du XVIIIe siècle demeure régulière, avec un public composé de collectionneurs spécialisés, d’institutions et d’amateurs de portraits historiques. Dans ce contexte, les œuvres d’Augustin Pajou disposent d’une cote stable lorsque l’attribution est établie et la documentation complète. Les terres cuites autographes bien identifiées soutiennent des adjudications à six chiffres. Les reprises anciennes “d’après Pajou” se négocient dans une fourchette plus basse, utile comme point d’entrée thématique.

La géographie des ventes montre une activité continue en France, au Royaume-Uni, en Autriche et en Belgique. Les ventes spécialisées de sculpture ancienne et les sections d’”Old Master Sculpture” accueillent régulièrement des œuvres liées à Pajou. Des opérateurs reconnus communiquent leurs résultats de manière transparente, ce qui permet des comparaisons de prix sur plusieurs années.

Les acteurs du marché publient des catalogues détaillés et des bases de résultats qui servent de référence. Dans l’écosystème français et européen, on peut citer des maisons de tout premier plan et des opérateurs régionaux, ainsi que des entreprises de diffusion d’informations. À titre informatif, des acteurs tels que MILLON s’inscrivent dans ce paysage éditorial et analytique sans que cette mention n’implique une activité de vente dans le présent texte.

La fourchette de valeur se structure donc en trois paliers. En haut de marché, les marbres et terres cuites autographes attribuées sans équivoque à Pajou. Sur un segment médian, des œuvres d’atelier ou proches, bien contextualisées. Enfin, sur le segment d’entrée, les déclinaisons et copies anciennes du XIXe siècle “d’après Pajou”, qui permettent d’aborder la thématique à un coût maîtrisé.

 

Résultats de ventes vérifiés

Les adjudications ci-dessous offrent des repères chiffrés pour situer la valeur selon l’attribution, le matériau et la période. Les maisons, dates, lots et prix sont indiqués pour faciliter la vérification.

  • FW Auction, Domaine du Franc-Warêt, 25 avril 2021, buste en terre cuite du marquis Antoine-Louis-François Viel de Lunas d’Espeuilles, XVIIIe siècle, lot précisé au catalogue de la vacation, prix de vente 108 800 € frais inclus.

  • Christie’s Londres, 1 mai 2013, lot 309, modèle en terre cuite du XIXe siècle “Madame du Barry as Diana” “after Augustin Pajou”, prix de vente 40 000 GBP, soit environ 47 000 € au taux de la période.

  • Sotheby’s Londres, 21 mars 2007, lot 109, modèle en terre cuite du XIXe siècle “Madame du Barry as Diana” “after Augustin Pajou”, prix de vente 33 600 GBP, présenté ici à titre de repère, soit environ 49 000 € au taux de la période.

  • Dorotheum Vienne, 26 avril 2018, buste en marbre du XIXe siècle “après le modèle d’Augustin Pajou” représentant Madame du Barry, lot référencé au catalogue, prix de vente 5 000 € frais inclus.

 

Ces résultats illustrent l’écart de prix entre des terres cuites autographes d’époque, susceptibles d’atteindre des montants à six chiffres, et des copies ou dérivations anciennes du XIXe siècle qui se situent à des niveaux plus accessibles. Ils confirment l’importance des critères d’attribution, de matériau et de documentation dans la formation de la valeur.

 

Conclusion et estimation

L’œuvre d’Augustin Pajou structure une thématique recherchée du marché de la sculpture française du XVIIIe siècle. Les bustes de personnalités et les sujets mythologiques, en marbre ou en terre cuite, se singularisent par une demande internationale régulière. Les adjudications documentées montrent une hiérarchie claire des prix selon l’attribution et la nature du modèle.

Pour positionner une pièce dans cette thématique, la démarche recommandée consiste à réunir les informations élémentaires d’attribution, d’inscription et de parcours historique, puis à les confronter à des références publiées et à des résultats comparables. Cette mise en perspective permet d’aboutir à une valeur argumentée et à une inscription exacte sur le marché.

Vous souhaitez connaître la valeur d’un buste attribué à Pajou, d’une terre cuite d’atelier ou d’un modèle “d’après Pajou” du XIXe siècle ? Demandez une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. Un avis documenté et indépendant vous sera proposé dans le respect des usages professionnels.

 

FAQ

Qui était Augustin Pajou et quelle place occupe-t-il dans la sculpture du XVIIIe siècle ?

Augustin Pajou, né à Paris en 1730, est un sculpteur néoclassique majeur formé à l’Académie, lauréat du prix de Rome et actif jusqu’au début du XIXe siècle. Il est connu pour ses portraits en buste et ses sujets mythologiques, en marbre et en terre cuite, qui témoignent de l’essor du goût antique en France.

Quels matériaux rencontre-t-on le plus souvent pour les bustes de Pajou ?

Le marbre est le matériau de réception pour les commandes principales. La terre cuite est fréquente pour les portraits et les modèles de présentation. Des exemplaires en plâtre ou en matériaux composites apparaissent aussi, notamment pour des œuvres “d’après Pajou” du XIXe siècle.

Quelles dimensions sont typiques pour les bustes de cette période ?

Les bustes d’époque se situent en général du tiers au demi-nature, avec des hauteurs courantes entre 30 et 70 cm pour les terres cuites, et davantage pour les marbres. Les piédouches en marbre ou en pierre rehaussent l’ensemble.

Comment la signature ou les inscriptions influencent-elles la valeur ?

Une signature “Pajou”, une datation ou une localisation incisée renforcent l’attribution et favorisent la reconnaissance par le marché, ce qui soutient la valeur. L’absence d’inscription n’exclut pas une attribution, mais exige une comparaison stylistique et documentaire plus poussée.

Quelle différence de valeur entre une œuvre autographe et un modèle “d’après Pajou” ?

Une œuvre autographe d’époque correctement attribuée et documentée peut atteindre des montants à six chiffres. Un modèle “d’après Pajou” du XIXe siècle, même en marbre, se situe en général bien en dessous, constituant un point d’entrée plus accessible dans la thématique.

Les sujets mythologiques comme “Psyché” ou “Cérès” se vendent-ils différemment des portraits ?

Les portraits identifiables et les sujets mythologiques emblématiques disposent chacun de leur public. Les portraits avec modèle nommé bénéficient d’une notoriété historique qui peut stimuler la demande, tandis que les figures mythologiques bien référencées restent des classiques appréciés.

Quelle est la place des œuvres passées par les Salons dans l’évaluation ?

Une présentation aux Salons d’époque, documentée par la bibliographie, est un atout. Elle facilite l’alignement de l’œuvre avec le corpus connu et contribue positivement à la valeur.

Peut-on rencontrer des plâtres d’époque dans cette thématique ?

Oui, des plâtres teintés ou patinés existent comme vecteurs de diffusion. Ils sont recherchés lorsqu’ils sont anciens, bien montés et correctement documentés, mais leur valeur se situe en dessous des marbres et des terres cuites autographes.

Quel rôle joue la provenance dans la formation du prix ?

Une provenance suivie, des mentions en catalogues, un passage ancien en vente publique ou un lien muséal renforcent la crédibilité du dossier et soutiennent la valeur. Ces éléments de traçabilité rassurent les acheteurs.

Les bustes “cercle de Pajou” ou “atelier de” sont-ils prisés ?

Ils intéressent un public averti et se positionnent au milieu de la fourchette de prix. Leur valeur dépend de la proximité stylistique, de la période d’exécution et de la qualité d’ensemble.

Comment obtenir une estimation rapide d’un buste attribué à Pajou ?

Réunissez les informations de base, photographiez l’œuvre sous plusieurs angles et transmettez-les dans le cadre d’une demande d’estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. Une réponse structurée avec un avis de valeur vous sera communiquée.

Pourquoi recourir à un expert pour ce type d’œuvre ?

La sculpture du XVIIIe siècle comporte des variantes, des reprises et des copies anciennes. Un expert identifie l’attribution probable, compare avec les sources et positionne la valeur au regard des résultats récents.

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

Nos domaines d'expertises :

Domaine d'expertise : Bijoux
Bijoux anciens et modernes
Domaine d'expertise : vins
Vins et spiritueux
Domaine d'expertise : montres
Montres de collections
Domaine d'expertise : estimation livres
Livres et manuscrits
illustration icone domaines d'expertise tableau bordeaux
Tableaux anciens, modernes, contemporains
Domaine d'expertise : Timbre poste
Timbres-Poste et cartes postales
Domaine d'expertise : Laques & Peintures
Laques et peintures vietnamiennes
Domaine d'expertise : Monnaie
Pièces de monnaies
Domaine d'expertise : Art Asie
Art d'Asie et d'Orient
Domaine d'expertise : Art Contemporain
Art Contemporain
Domaine d'expertise : Verreries
Verreries Gallé, Daum, Lalique
Domaine d'expertise : Instruments
Violons, violoncelles et archets
Domaine d'expertise : Mobilier
Objets et mobiliers Arts Décoratifs
Domaine d'expertise : Jouets Anciens
Jouets anciens et automates

Nos partenaires commissaire-priseur