Catherine Lusurier : portrait féminin et peinture française du XVIIIe siècle
Introduction
Catherine Lusurier (1752-1781) est une peintre française active à Paris à la fin du XVIIIe siècle, principalement connue pour ses portraits. Longtemps restée discrète dans l’historiographie, elle bénéficie aujourd’hui d’un regain d’attention, lié à la réévaluation des artistes femmes, à la redécouverte de tableaux attribués, et à la visibilité croissante de certaines œuvres en collections publiques. La thématique “Catherine Lusurier : portrait féminin et peinture française du XVIIIe siècle” permet d’aborder à la fois un nom d’artiste précis et un ensemble plus large de codes du portrait français autour des années 1770, dans un contexte où la représentation de la féminité, du statut social et de l’intimité domestique occupe une place structurante.
Dans une démarche d’expertise, le sujet intéresse autant les tableaux attribués à Catherine Lusurier que les œuvres de son entourage stylistique (atelier, suiveurs, artistes proches), car la frontière entre attribution, réattribution et œuvre d’atelier est un enjeu récurrent pour ce type de peinture. Le portrait féminin, en particulier, concentre des attentes spécifiques de la part des collectionneurs : lisibilité, qualité de présence, typologie (buste, trois-quarts, ovale), et cohérence avec les usages du portrait au XVIIIe siècle.
Définition et description générale de la thématique
Le portrait féminin français du XVIIIe siècle recouvre un ensemble de peintures destinées à représenter une femme identifiable (portrait individuel) ou un modèle idéalisé (portrait de convention). Il s’inscrit dans des usages sociaux précis : affirmation d’un rang, mémoire familiale, alliance, sociabilité, ou simple démonstration de goût. La figure féminine est généralement montrée selon des codes de décorum (tenue, coiffure, accessoires) et de présentation (position, fond, format), avec une attention particulière portée à la carnation, à la douceur des transitions, et à une forme de naturel recherché, même lorsque la mise en scène est très construite.
Dans le cas de Catherine Lusurier, la thématique associe le portrait féminin à une production plus large centrée sur l’enfance, l’étude et l’apprentissage (enfant lecteur, jeune dessinateur, jeune écolier). Cette proximité n’est pas contradictoire : au XVIIIe siècle, l’image de l’enfance et l’image de la jeune femme participent souvent d’une même culture visuelle, attentive à la sensibilité, à la politesse du geste, et à une forme d’intimité présentée comme vertueuse. Pour le portrait féminin, la présence de dentelles, rubans, coiffes, châles ou éléments de mode agit comme un marqueur social et chronologique, et renforce l’intérêt du tableau pour l’identification du modèle et le repérage de la période d’exécution.
La peinture française de la seconde moitié du XVIIIe siècle se situe à un moment de transition. Les héritages du goût rococo persistent, tandis que des tendances plus sobres se développent. Dans ce contexte, les portraits d’atelier et de cercle (autour d’un maître, d’une famille d’artistes ou d’un réseau) se ressemblent parfois fortement. C’est l’une des raisons pour lesquelles la thématique “Catherine Lusurier” doit être traitée avec une approche structurée : attribution, contexte, formats, et lecture du marché.
Typologies, matériaux, périodes, styles
Typologies de portraits (féminins et apparentés)
Dans l’ensemble des portraits français du XVIIIe siècle, plusieurs typologies reviennent fréquemment et peuvent concerner des œuvres attribuées à Catherine Lusurier ou à son environnement : le portrait en buste (souvent orienté légèrement), le portrait en trois-quarts (plus narratif, parfois avec les mains), et le portrait en format ovale. Le portrait féminin en ovale est courant pour des raisons de goût décoratif et d’intégration dans des ensembles domestiques. Il peut concerner des effigies de femmes adultes, mais aussi de jeunes filles, selon une présentation proche de la miniature agrandie.
À côté du portrait féminin stricto sensu, on rencontre des scènes proches du portrait, centrées sur l’activité (dessiner, lire, écrire, étudier). Elles peuvent être perçues comme des “portraits de genre” : l’individu est présent, mais l’action devient un élément principal de la composition. Dans l’entourage de Catherine Lusurier, ces sujets sont importants car ils ont parfois été décrits, catalogués ou réattribués au fil du temps sous des noms différents, en fonction de la lecture stylistique retenue.
Matériaux et supports
Pour la peinture, le support le plus courant est la toile, utilisée en format rectangulaire ou ovale. La technique est majoritairement l’huile, adaptée à la finesse des carnations et aux détails de costumes. Les portraits féminins peuvent comporter des effets de matière dans les tissus (satin, dentelle), tout en conservant une hiérarchie : le visage et le regard restent le point focal. Les œuvres liées à Catherine Lusurier peuvent également exister sous forme de dessins, mais la thématique demandée ici concerne d’abord la peinture et son identification sur le marché.
Périodes et repères chronologiques
Catherine Lusurier travaille au XVIIIe siècle et meurt en 1781, ce qui limite mécaniquement la période d’exécution des œuvres qui peuvent lui être rattachées. Les repères stylistiques se situent donc surtout dans les années 1770. Dans le portrait féminin, ces années se lisent à travers la mode (coiffures, rubans, chapeaux, coiffes plus ou moins élaborées), mais aussi dans la manière de traiter la lumière et le fond. Sur le plan historique de l’art, on se situe dans un moment où l’élégance du portrait mondain coexiste avec des compositions plus intimes, et où la représentation des enfants et des jeunes filles devient un sujet très recherché.
Styles et influences
Le style associé à Catherine Lusurier est souvent rapproché de celui d’un cercle d’atelier lié à la famille Drouais. Dans une approche visuelle simple, on peut retenir des constantes utiles : une recherche de naturel dans l’expression, une attention à la douceur des visages, une palette généralement claire et équilibrée, et une volonté de rendre le modèle immédiatement lisible. Dans le portrait féminin, cela se traduit par une mise en avant du regard, une pose stable, et un équilibre entre le visage et les signes de statut (vêtement, accessoires, parure) sans surcharge excessive.
Pour le collectionneur, ces repères sont importants car ils conditionnent l’attribution, mais aussi la perception d’ensemble. Une œuvre cohérente avec les codes du portrait français tardif du XVIIIe siècle sera souvent plus recherchée qu’une œuvre atypique difficile à situer. À l’inverse, certains portraits féminins peuvent être attribués par proximité stylistique sans certitude absolue, ce qui impose de distinguer clairement “attribué à”, “entourage de”, “école de” ou “suiveur de”, selon les éléments disponibles.
Facteurs influençant la valeur
La valeur d’un tableau attribué à Catherine Lusurier, ou d’un portrait féminin français du XVIIIe siècle pouvant lui être rapproché, dépend de facteurs cumulés. Le premier est le niveau d’attribution. Une œuvre signée et documentée, clairement rattachée à l’artiste, se situe généralement sur un niveau de valeur supérieur à une œuvre simplement “attribuée” ou “dans le goût de”. Pour Catherine Lusurier, dont le corpus reconnu est limité, ce point a un impact direct sur la demande et sur la hiérarchie des prix.
Le second facteur est le sujet. Le portrait féminin identifié (nom du modèle, contexte familial, commanditaire) tend à être plus recherché qu’un portrait générique, car il s’inscrit dans une histoire et peut être publié ou exposé. Les compositions à forte présence psychologique, avec un regard et une posture convaincants, soutiennent souvent une meilleure valeur que les œuvres plus froides ou plus standardisées. Dans le cas de Catherine Lusurier, la demande récente montre aussi un intérêt marqué pour les sujets liés à l’apprentissage artistique (jeune dessinateur, enfant au travail), qui entrent dans une iconographie identifiable.
Le troisième facteur est le format. Les portraits en format ovale, typiques du XVIIIe siècle, peuvent être très appréciés lorsqu’ils conservent une forte qualité d’exécution et une bonne présence. Les formats plus importants (trois-quarts, figures avec mains, accessoires) peuvent monter en valeur lorsque la composition reste équilibrée et que le modèle est traité avec finesse. La lisibilité et l’harmonie générale comptent beaucoup : un portrait féminin très décoratif mais mal équilibré ne se comporte pas toujours mieux qu’un buste simple mais convaincant.
Le quatrième facteur est la provenance et la documentation. Une provenance suivie, une mention dans un catalogue ancien, une présence dans une collection identifiée, ou une bibliographie, jouent un rôle structurant. Dans un marché où les attributions peuvent évoluer, la documentation rassure, améliore la compréhension de l’œuvre et soutient la valeur. Enfin, la rareté agit comme un facteur spécifique : pour une artiste peu représentée sur le marché, chaque œuvre de qualité peut susciter une attention accrue, surtout si elle répond clairement aux attentes iconographiques du portrait français du XVIIIe siècle.
Marché de l’art : demande, cote, valeur
Le marché du portrait français du XVIIIe siècle reste actif, avec une demande portée par plusieurs segments : collectionneurs d’Old Masters, amateurs de portrait, acheteurs attirés par les œuvres de femmes artistes, et institutions. La place des artistes femmes s’est renforcée ces dernières années, notamment parce que des recherches ont permis de mieux identifier certaines œuvres, de clarifier des corpus, et de proposer des réattributions. Ce contexte bénéficie à des noms comme Catherine Lusurier, dont les apparitions en vente sont relativement rares.
Pour Catherine Lusurier, la cote se construit autour de quelques œuvres-phare et d’un petit nombre de résultats publics. Cette configuration produit souvent un marché “discontinu” : peu de lots, mais une compétition possible quand un tableau réunit sujet attractif, attribution solide et qualité. Dans le portrait féminin, il existe aussi un effet d’arbitrage : un portrait de femme par un grand nom établi peut rester très recherché, mais un portrait comparable par une artiste plus rare peut attirer des acheteurs motivés par l’originalité du corpus et par une lecture historique renouvelée.
La valeur se comprend donc à deux niveaux. D’une part, la valeur intrinsèque perçue (qualité de présence, élégance, cohérence stylistique). D’autre part, la valeur de marché, liée à la rareté, à la sécurité d’attribution et à la visibilité récente. Un point important pour les tableaux attribués à Catherine Lusurier est la concurrence des attributions proches (atelier, entourage, suiveurs). Un portrait féminin bien datable, cohérent avec les années 1770 et documenté, se positionne généralement mieux qu’une œuvre incertaine, même si l’image est séduisante.
Enfin, la demande internationale a un rôle direct sur les niveaux de prix, surtout lorsque les ventes ont lieu dans des places fortement exposées (New York, Londres, Paris). À l’échelle d’un dossier d’expertise, il est donc utile d’analyser non seulement l’œuvre elle-même, mais aussi les conditions de présentation (attribution annoncée, comparaisons publiées, qualité des reproductions, contexte de vente), car ces éléments influencent la dynamique d’enchères et, in fine, la valeur.
Résultats de ventes
- Christie’s, New York, 20 mai 2025, lot 14, “Portrait of a young artist”, 425 707 €.
- Sotheby’s, Londres, 3 décembre 1997, lot 88, “Portrait of a young artist”, environ 147 000 € (conversion indicative en euros d’un prix publié en dollars).
- Bonhams, Londres, 3 juillet 1997, “A Young Boy Seated In A Landscape, Three-Quarter Length”, environ 33 000 € (conversion indicative en euros d’un prix publié en dollars).
- Leroux, Paris, 17 novembre 1986, “Portrait de d’Alembert a sa table de travail”, environ 27 000 € (conversion indicative en euros d’un prix publié en dollars).
Ces quelques résultats doivent être lus avec prudence : le nombre d’œuvres réellement présentes sur le marché reste limité, et la qualification (œuvre autographe, œuvre attribuée, entourage) peut varier selon les ventes. Pour un portrait féminin du XVIIIe siècle attribué à Catherine Lusurier, l’analyse du dossier (historique, comparaisons, cohérence générale) demeure déterminante avant toute conclusion sur la valeur.
Conclusion
La thématique “Catherine Lusurier : portrait féminin et peinture française du XVIIIe siècle” recouvre un champ à la fois ciblé et complexe : une artiste rare, un genre codifié, et des attributions parfois mouvantes. Dans ce cadre, l’évaluation de la valeur ne repose pas sur un seul critère, mais sur la cohérence d’ensemble du tableau, son positionnement stylistique, son niveau d’attribution et sa documentation.
Pour faire le point sur un portrait féminin du XVIIIe siècle, une œuvre attribuée à Catherine Lusurier, ou un tableau proche de ce cercle, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo, expert au sein de MILLON. L’objectif est d’obtenir un avis structuré, avec une qualification claire (attribution, entourage, école), des éléments de comparaison et une première approche de la valeur en fonction du marché.
FAQ
Qui est Catherine Lusurier ?
Catherine Lusurier (1752-1781) est une peintre française active à Paris au XVIIIe siècle, connue principalement pour des portraits et des scènes proches du portrait, souvent liées à l’enfance et à l’apprentissage.
Pourquoi Catherine Lusurier est-elle associée au portrait féminin ?
Parce qu’elle s’inscrit dans la tradition du portrait français de la seconde moitié du XVIIIe siècle, où la représentation des femmes (tenue, coiffure, posture, statut) suit des codes très identifiables et recherchés.
Quels formats sont fréquents dans les portraits féminins du XVIIIe siècle ?
Les formats en buste, en trois-quarts et les formats ovales sont courants. L’ovale est particulièrement répandu pour des portraits destinés à des intérieurs.
Quels supports rencontre-t-on le plus souvent pour ces tableaux ?
Le plus fréquent est l’huile sur toile, en format rectangulaire ou ovale. Ce support est adapté au rendu des carnations et des tissus.
Comment distingue-t-on “attribué à” et “entourage de” ?
“Attribué à” signifie qu’un nom est proposé avec une probabilité, sans certitude absolue. “Entourage de” indique une proximité de cercle ou d’atelier, sans affirmer la main de l’artiste.
Une signature est-elle indispensable pour attribuer un tableau à Catherine Lusurier ?
Non. Une signature aide, mais l’attribution peut aussi reposer sur des comparaisons, la cohérence stylistique et la documentation disponible.
Quels sujets peuvent être particulièrement recherchés sur le marché ?
Les portraits de qualité avec une forte présence, ainsi que les scènes liées à l’apprentissage (dessin, étude) lorsqu’elles sont cohérentes avec l’iconographie du XVIIIe siècle, sont souvent appréciés.
Pourquoi la documentation et la provenance comptent-elles autant ?
Parce qu’elles sécurisent l’identification, facilitent la comparaison avec des œuvres de référence et soutiennent la compréhension de la trajectoire du tableau.
La rareté des œuvres de Catherine Lusurier influence-t-elle la valeur ?
Oui. Une artiste peu représentée en vente peut susciter une demande plus concentrée, surtout lorsque l’œuvre correspond clairement aux attentes stylistiques et iconographiques.
Les portraits féminins du XVIIIe siècle sont-ils tous des portraits d’aristocrates ?
Non. Il existe des portraits de la bourgeoisie, des milieux intellectuels, et des portraits de convention. Le costume et les accessoires donnent souvent des indices, mais l’identification n’est pas automatique.
Comment se déroule une demande d’estimation ?
Elle repose en général sur des photographies, des dimensions, les informations connues (provenance, inscriptions) et une analyse comparative. Un avis peut ensuite préciser l’attribution et une fourchette de valeur.
Pourquoi faire appel à un expert pour un portrait attribué à Catherine Lusurier ?
Parce que l’enjeu principal est la qualification correcte (œuvre autographe, attribution, entourage), qui conditionne directement la valeur et la lecture du marché.
Sources
- Gazette Drouot (en) – Catherine Lusurier’s Portrait of a Child, a Rare Painter at Auction
- Gazette Drouot (fr) – Un portrait d’enfant de Catherine Lusurier, une peintre rare aux enchères
- HENI – Catherine Lusurier Leads Christie’s Old Masters sale (résultat du 20 mai 2025)
- HENI – Catherine Lusurier’s Auction Record Jumps 175%
- Christie’s – Lot 14, Portrait of a young artist, Catherine Lusurier
- Wikipédia (fr) – Catherine Lusurier
- Wikipédia (en) – Catherine Lusurier