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Combien vaut une œuvre de Charles-François Daubigny ? Une huile sur panneau, une étude à la sanguine et une eau-forte appartiennent à des marchés distincts. L’attribution, la qualité du paysage, le format et l’historique de l’œuvre déterminent les comparables à retenir.
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Demander une estimation gratuiteRepères de ventes consultés en octobre 2026
Peintre et graveur associé au paysage de Barbizon, Daubigny a consacré une large part de son œuvre aux rives de l’Oise et de la Seine, aux vergers et aux variations du ciel. Son bateau-atelier lui offrait un point de vue directement sur l’eau. Cette page situe sa cote à partir de résultats identifiés, puis explique les éléments utiles pour expertiser une œuvre précise.
Cote de Charles-François Daubigny : combien valent ses œuvres ?
Ces fourchettes représentent une amplitude indicative large pour des œuvres correctement attribuées, et non un prix moyen. Elles rapprochent des adjudications françaises et des prix internationaux publiés, de dates et de conditions différentes. Une œuvre particulière peut se situer en dehors de ces plages.
| Type d’œuvre | Fourchette indicative large |
|---|---|
| Peintures originales, huiles sur toile ou sur panneau, œuvres exceptionnelles comprises | 1 000 à 150 000 € |
| Dessins, sanguines, fusains et aquarelles originaux | 200 à 8 000 € |
| Gravures et eaux-fortes identifiées, selon le tirage et l’état | 50 à 1 000 € |
La borne haute de la peinture est un ordre de grandeur pour une pièce rare et particulièrement documentée : elle ne décrit pas le marché habituel. Les fourchettes des œuvres sur papier et des estampes sont des repères éditoriaux plus larges que les quelques ventes illustrées ci-dessous. Vérifiez toujours si le résultat cité est une adjudication ou un prix frais inclus.
Le 18 juin 2014, Christie’s a vendu à New York Lavandières et vaches près de l’île de Vaux, huile sur panneau datée de 1869 et publiée au supplément du catalogue raisonné, pour 155 000 $ frais inclus, soit 114 700 € selon l’équivalence publiée alors par la maison. Ce résultat historique soutient une borne haute plus ample que celle de la page actuelle, sans annoncer une valeur actuelle automatique pour les autres tableaux.
À l’autre extrémité du marché, MILLON a adjugé Travaux dans les champs (Étude) 68 000 € en 2018, tandis qu’une huile sur panneau de 1853 a atteint 11 340 € frais inclus chez Lempertz en 2025. La comparaison exige de rapprocher le support, les dimensions, le sujet, la provenance et l’état. Une expertise de tableau permet d’étudier ces points avant d’avancer une estimation de vente.
Pourquoi l’écart de prix est-il si important ?
Un paysage d’une composition aboutie et référencé dans la bibliographie de l’artiste peut attirer des amateurs différents d’une petite étude. La date seule ne suffit pas : la lumière, l’équilibre des masses, la fraîcheur de la touche et la visibilité de l’œuvre dans les anciennes collections ou expositions comptent. Un résultat spectaculaire reste celui d’un lot déterminé, dans une vente et une conjoncture données.
Résultats de ventes aux enchères de Charles-François Daubigny
Les ventes suivantes proviennent de cinq maisons différentes. Elles illustrent la différence d’échelle entre une peinture majeure, une huile plus accessible, un dessin et une gravure. Les montants publiés ne représentent pas nécessairement le produit net du vendeur.
| Œuvre et caractéristiques | Maison | Date | Prix publié |
|---|---|---|---|
| Lavandières et vaches près de l’île de Vaux, 1869 Huile sur panneau, 32,4 × 60,6 cm | Christie’s, New York | 18 juin 2014 | 155 000 $ Frais inclus · équivalent publié : 114 700 € |
| Les plaines d’Auvers, travaux dans les champs (Étude) Huile sur toile, 51 × 114 cm | MILLON | 26 novembre 2018 | 68 000 € Adjugé |
| Landscape with a Herd of Cattle, 1853 Huile sur panneau, 36,3 × 68,5 cm | Lempertz | 17 mai 2025 | 11 340 € Frais inclus |
| Les bords de l’Oise, près d’Auvers Sanguine et estompe | PIASA | 1er mars 2023 | 2 860 € Résultat publié |
| Le Bac, souvenir de Bezons Gravure éditée par Delâtre, référence Delteil 74 | Hôtel des ventes d’Avignon | 9 avril 2022 | 80 € Résultat publié |
Les résultats sont reproduits selon la terminologie des maisons. Christie’s et Lempertz indiquent expressément des prix frais inclus ; MILLON publie une adjudication. PIASA et Avignon affichent un « résultat » sans précision comparable dans les notices consultées. Les ventes aux enchères peuvent ajouter des frais à la mise.
Lire le résultat MILLON avec précision
Le catalogue décrit pour l’étude d’Auvers une huile sur toile d’origine de 51 × 114 cm, une signature dite apocryphe, une annotation portée au revers par Karl Daubigny reconnaissant une étude de son père et la remise annoncée d’un certificat. Le résultat ne se résume donc pas à la présence du nom peint sur la face : le dossier matériel et documentaire est déterminant.
Comprendre le marché des paysages de Daubigny
Daubigny est recherché pour ses vues de rivières, de campagnes, de vergers et d’étangs. L’Oise, la Seine et Auvers-sur-Oise reviennent souvent dans les titres et les provenances. Une étude rapide sur panneau, un grand paysage composé pour le Salon et une gravure issue de Voyage en bateau ne répondent pourtant pas à la même demande. La comparaison doit commencer par une identification de la technique.
Les huiles sur toile et sur panneau
Le support ne fixe pas à lui seul une hiérarchie. Une petite huile sur panneau peut constituer une œuvre aboutie, tandis qu’une grande toile peut présenter des restaurations importantes. Le motif, l’exécution, la lisibilité de la lumière et la place dans l’œuvre connue de l’artiste comptent autant que les centimètres. Le tableau vendu chez Christie’s en 2014 avait une provenance suivie et figurait dans le supplément du catalogue raisonné ; ce contexte explique pourquoi il faut le traiter comme un comparable spécifique.
Les dessins et les estampes
Une sanguine ou un fusain porte le geste original de l’artiste sur une feuille unique. Une estampe est une impression tirée d’une matrice : plusieurs exemplaires peuvent exister, avec des états, papiers et conditions variables. Chez PIASA, une sanguine et estompe a atteint 2 860 € en 2023 ; à Avignon, une gravure référencée au catalogue Delteil a réalisé 80 € en 2022. Ces deux prix concernent des objets de nature différente.
Pour un dessin, les déchirures, taches, frottements, pliures et effets d’une exposition prolongée à la lumière entrent dans l’examen. Pour une estampe, il faut relever les marges, le filigrane éventuel, la qualité de l’impression, le numéro de référence et l’existence d’une signature manuscrite distincte d’une signature gravée dans la planche.
Charles-François Daubigny : biographie et évolution de son œuvre
Une formation entre Paris, l’Italie et le Salon
Charles-François Daubigny naît à Paris en 1817 dans un milieu de peintres. Son père, Edmé-François Daubigny, et son oncle participent à sa première formation. Il séjourne en Italie, commence à présenter ses œuvres au Salon en 1838 et complète sa formation chez Paul Delaroche en 1840. Les gravures et les illustrations occupent également une place dans son activité : il ne faut pas réduire sa carrière à ses seules peintures de chevalet.
Le paysage devient son principal terrain d’exploration. Au lieu de subordonner la nature à une scène historique, il observe les rives, les champs et la lumière changeante. Associé aux peintres de Barbizon, il se lie avec Jean-Baptiste-Camille Corot en 1852. Cette proximité s’inscrit dans un intérêt partagé pour l’étude directe du paysage, sans effacer les différences entre leurs œuvres.
Le succès des paysages et le bateau-atelier
Au début des années 1850, Daubigny obtient une reconnaissance au Salon. Moisson, peinte en 1851, et d’autres paysages entrent dans les collections publiques. Vers 1857, il aménage un bateau-atelier, Le Botin, pour travailler au fil de l’Oise et de la Seine. Depuis l’eau, il peut observer les berges à hauteur de rivière, les reflets et l’étendue du ciel. Ce choix pratique renouvelle ses points de vue et nourrit aussi son œuvre gravé.
Les vergers en fleurs, les pâturages, les bords de l’eau et les effets de saison deviennent des motifs récurrents. Le Metropolitan Museum of Art signale qu’il reprend le thème des pommiers en fleurs presque chaque printemps après ses premiers essais autour de 1857. Cette répétition n’est pas une production d’images identiques : les formats, cadrages et états de lumière diffèrent d’une œuvre à l’autre.
Auvers-sur-Oise, les voyages et les dernières années
Daubigny est actif à Auvers-sur-Oise autant qu’à Paris et à Barbizon. Il voyage aussi en Hollande et en Angleterre. Le musée des Beaux-Arts de Bordeaux rappelle ses séjours dans le Sud-Ouest, en particulier en Gironde, où il peint des marais, des rivières et des ciels. Son horizon ne se limite donc pas à l’Île-de-France.
Sa touche devient par endroits plus libre et attentive aux changements de lumière, ce qui explique sa place dans l’histoire qui mène à l’impressionnisme. Il reste cependant un artiste du paysage du XIXe siècle avec sa trajectoire propre. Des peintres plus jeunes, dont Claude Monet, regardent son travail. Daubigny meurt à Paris en 1878. La précision importe pour l’expertise : son fils Karl-Pierre Daubigny est lui aussi peintre, et une œuvre signée « Daubigny » ne doit pas être attribuée au père sur le seul patronyme.
Peintures, dessins et gravures : identifier la technique
Les notices de musée et de vente montrent une production sur des supports variés. Le bon classement évite de faire entrer une gravure ou une œuvre du fils dans une série de prix de peintures autographes de Charles-François.
Huiles sur toile et sur panneau
Photographiez la surface en lumière naturelle, les bords, le revers du support, le châssis ou le parquetage. Notez les dimensions sans cadre. Une étiquette ancienne ou un cachet de vente fournit une piste à vérifier dans les catalogues, sans remplacer l’examen de la peinture.
Sanguines, fusains et aquarelles
La sanguine vendue chez PIASA associe craie rouge et estompe. Un dessin peut servir d’étude ou former une œuvre autonome. Observez les traces de crayon, les reprises, la texture du papier et les éventuelles inscriptions au verso.
Eaux-fortes et gravures
Le British Museum répertorie Daubigny comme peintre, dessinateur et graveur. Pour une estampe, distinguez la signature dans la plaque d’une signature au crayon et identifiez, si possible, le sujet et la référence du catalogue Delteil. Tirage, état et conservation pèsent dans la valeur.
Suites et livres illustrés
Voyage en bateau réunit des images gravées liées à la vie à bord. Une planche isolée ne se compare pas à une suite complète : examinez le nombre de feuilles, la page de titre, les reliures et les manques éventuels avant de conclure.
Pour une suite conservée dans un volume, l’expertise des livres et manuscrits complète l’étude des gravures.
Signature « Daubigny », attribution et provenance
Le patronyme est partagé avec Karl-Pierre Daubigny, également peintre. L’identification passe donc par la comparaison de l’image, du support, des dimensions et de la date avec les œuvres documentées de chacun. Une signature dans la peinture peut être tardive ou apocryphe : le catalogue MILLON de l’étude d’Auvers le signale expressément tout en détaillant d’autres éléments d’attribution.
Le catalogue raisonné de Robert et Anne Hellebranth et son supplément sont cités dans plusieurs ventes de Daubigny. Une référence bibliographique doit être contrôlée avec la photographie, le titre, les mesures et l’historique du lot. La mention d’un numéro sans concordance matérielle ne suffit pas à authentifier un autre paysage.
Réunissez les factures, anciennes photographies, catalogues d’exposition, étiquettes de galerie, documents de succession et correspondances. Une provenance cohérente aide à suivre l’œuvre, mais elle doit être vérifiable et reliée à l’objet présenté. Les restaurations, repeints, rentoilages et modifications du panneau doivent aussi être signalés.
Quels critères déterminent l’estimation ?
- Attribution.
Distinguer Charles-François de son fils Karl-Pierre, contrôler la signature, la facture et les références documentaires. - Sujet et qualité.
Comparer paysages de rivière, vergers et études en tenant compte de la composition, de la lumière et de l’exécution. - Technique et format.
Séparer huiles sur toile ou panneau, œuvres uniques sur papier et impressions multiples ; relever les mesures hors cadre. - Provenance et état.
Examiner expositions, anciennes collections et publications, puis documenter restaurations, accidents et altérations.
Faire estimer une œuvre de Charles-François Daubigny
Envoyez une photographie de face, une du revers et des détails de la signature, des étiquettes et des inscriptions. Indiquez les dimensions hors cadre, la technique présumée et ce que vous savez de la provenance. Pour une estampe, ajoutez la feuille entière, les marges et la signature de près.
Ces éléments permettent une première comparaison avec des ventes adaptées. Une inspection de l’œuvre ou des recherches complémentaires peuvent être nécessaires avant de confirmer l’attribution et d’affiner la valeur. Dans le cadre d’un héritage ou d’une collection, elle peut également être intégrée à un inventaire de succession.
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