Estimation Charles Malfray (1887-1940)

Expertise des œuvres de l'art de la scuplture, illustration "galerie de sculpture" Cabinet Fabien Robaldo

Estimation Charles Malfray (1887-1940) – Cote, valeur et expertise des sculptures

 

Une demande d’estimation Charles Malfray concerne le plus souvent une sculpture en bronze, parfois un dessin d’atelier. La valeur dépend d’abord de la nature exacte de l’œuvre (modèle, dimensions, technique), puis de ses caractéristiques de tirage (fondeur, numérotation, qualité d’édition), et enfin de sa documentation (provenance, présence dans une publication, historique d’exposition). L’objectif de cet article est de donner des repères concrets de prix issus des ventes aux enchères, et d’expliquer les critères utilisés en expertise pour situer une œuvre de Charles Malfray sur le marché.

 

 

Domaines artistiquesPrix / Valeur / Cote
Sculpture en bronze (petits et moyens formats)600 € – 2 000 €
Dessin (fusain, crayon, lavis)5 € – 255 €

 

Biographie factuelle

 

Charles Malfray naît à Orléans le 19 juillet 1887 et meurt à Dijon le 28 mai 1940. Il se forme d’abord au travail de la pierre dans un cadre familial, puis suit un cursus artistique qui le mène d’Orléans à Paris. À Paris, il rejoint l’École des beaux-arts et fréquente les milieux artistiques où l’influence de Rodin et de Bourdelle est structurante pour sa génération, même si Malfray s’écarte rapidement des codes académiques.

 

 

Première Guerre mondiale et commandes publiques

 

La Première Guerre mondiale marque durablement l’artiste, gazé et fragilisé. Dans les années 1920, il participe à la réalisation de monuments commémoratifs, notamment pour Pithiviers (1920) et Orléans (1924), réalisés en lien avec son frère Henri, architecte. Ces commandes s’inscrivent dans une période où une partie de la sculpture publique française se renouvelle, et où le langage formel de Malfray peut susciter des réactions contrastées.

 

 

Enseignement et reconnaissance

 

Malfray reçoit le prix Blumenthal en 1920. Il enseigne ensuite et devient, en 1931, professeur à l’Académie Ranson, présenté comme le successeur choisi par Aristide Maillol pour l’enseignement de la sculpture. Dans la seconde moitié des années 1930, il intervient sur des programmes décoratifs liés à des commandes publiques, dont des projets associés au Palais de Chaillot et des ensembles monumentaux autour des thèmes du nu, de la danse et du mouvement.

 

Ses œuvres sont aujourd’hui conservées dans plusieurs collections publiques, notamment à Orléans, Lyon et Paris, ce qui contribue à stabiliser sa place dans l’histoire de la sculpture française du XXe siècle.

 

 

Style de l’artiste

 

Le style de Charles Malfray s’inscrit dans une sculpture figurative du XXe siècle attentive à la construction des volumes. Ses sujets principaux sont le corps humain, le nu féminin, des figures debout ou assises, et des compositions centrées sur la tension entre stabilité et mouvement. Le modelé est généralement lisible, avec des transitions de plans travaillées, et une volonté de simplifier sans effacer l’anatomie.

 

Plusieurs ensembles de son œuvre se rattachent à des thèmes identifiables. Le thème de la danse apparaît dans des pièces dont le rythme est porté par l’attitude du buste et des hanches. Les figures liées à la guerre se concentrent davantage sur l’expression corporelle de la contrainte et de l’enfermement, comme dans les variantes de “Le Silence”. Le nu et la draperie peuvent coexister, la draperie devenant un outil de composition qui structure l’équilibre du corps.

 

En expertise, cette cohérence stylistique est utile, mais elle ne suffit pas. La détermination de la valeur s’appuie sur des éléments matériels et documentaires, car Malfray a aussi été diffusé par des éditions en bronze, et parce que le marché rencontre des œuvres de qualité et d’ambition inégales selon les modèles et les tailles.

 

 

Techniques, matériaux, périodes

 

Charles Malfray pratique d’abord le modelage et la taille. Sur le plan technique, les œuvres rencontrées sur le marché relèvent souvent d’un processus classique pour la sculpture du XXe siècle : modèle en terre ou en plâtre, puis tirage en bronze. Selon les cas, les bronzes sont exécutés à la cire perdue ou au sable. Les cachets de fondeurs font partie des éléments de datation et de positionnement d’un tirage dans l’historique de l’œuvre.

 

Les matériaux et supports les plus courants, selon les œuvres proposées en ventes, sont le bronze pour les sculptures et le papier pour les dessins (fusain, crayon, lavis). Les plâtres et terres cuites existent également dans sa production, mais ils sont plus inégalement présents sur le marché et demandent, en expertise, une attention particulière à leur statut (original, modèle, tirage d’atelier, pièce postérieure).

 

Pour une estimation, il est utile de situer l’œuvre dans l’une des grandes phases de l’artiste. Les œuvres associées aux années 1916-1923 recoupent davantage les thèmes de la guerre et des monuments. Les années 1930 correspondent plus souvent aux recherches sur le nu, la danse et des formes plus synthétiques, ainsi qu’à des commandes publiques. Cette chronologie n’est pas un barème, mais elle oriente les comparaisons pertinentes en ventes aux enchères.

 

 

Analyse du marché

 

Le marché de Charles Malfray est principalement un marché de sculpture. La demande concerne surtout des bronzes de taille petite à moyenne, souvent numérotés et associés à un fondeur identifié. Les dessins existent sur le marché, mais ils relèvent plus fréquemment d’un segment d’entrée de gamme, avec des résultats parfois modestes lorsque la feuille est une étude simple, peu documentée, ou issue d’un ensemble.

 

En pratique, l’évaluation repose sur des typologies. Une sculpture en bronze de format courant, bien identifiée, peut se situer dans une zone de prix cohérente avec les adjudications récentes observables. À l’inverse, une grande sculpture, une pièce rare, ou une œuvre solidement documentée (publication, provenance, modèle important) peut atteindre un niveau supérieur, surtout si la fonte est de qualité et si le modèle est recherché.

 

Plusieurs facteurs déterminent la valeur. Le premier est le modèle. Certains titres d’oeuvres sont plus demandés car ils sont emblématiques ou mieux identifiés, par exemple “Le Silence”. Le deuxième facteur est le format, car la présence visuelle et la rareté relative augmentent avec la taille. Le troisième facteur est l’édition : numérotation (par exemple sur 8), mentions d’épreuve d’artiste, et cohérence entre le modèle et le type de tirage attendu. Le quatrième facteur est le fondeur, dont le cachet fait partie des éléments qui structurent l’analyse comparative, au même titre que la patine et la qualité de fonte.

 

Enfin, la documentation influence fortement l’estimation. Une pièce reproduite dans un catalogue, associée à une exposition, ou rattachée à une provenance lisible, se compare mieux en marché. À l’inverse, une attribution incertaine ou une œuvre insuffisamment décrite dans les archives disponibles peut limiter l’intérêt des acheteurs, même si la qualité plastique est réelle.

 

 

Analyse technique de la thématique

 

Dans le cadre d’une estimation Charles Malfray, l’analyse technique porte le plus souvent sur des bronzes figuratifs et, plus rarement, sur des dessins. La démarche consiste à identifier précisément l’objet, puis à vérifier la cohérence entre technique, marquages et typologie de diffusion.

 

Pour une sculpture en bronze, l’examen porte sur la présence d’une signature, d’un monogramme, d’une date éventuelle, et d’un cachet de fondeur. La numérotation, lorsqu’elle existe, est un élément important : elle rattache la pièce à une série et aide à comparer avec des résultats d’enchères portant sur le même modèle. La base et le socle (marbre, pierre, métal) peuvent également faire partie de la présentation d’origine ou d’un montage ultérieur, ce qui a un impact sur la comparabilité.

 

La technique de fonte a également un effet sur la perception du marché. Une cire perdue est souvent présentée comme un procédé permettant une grande précision dans la restitution du modelé, mais en expertise l’enjeu est d’abord la qualité d’exécution et la cohérence d’ensemble, plus que l’étiquette technique. Le vocabulaire de fonte doit donc être employé avec prudence et rattaché à des éléments visibles et vérifiables.

 

Pour les dessins, l’analyse se concentre sur la technique (fusain, crayon, lavis), le format, la présence d’une signature, et l’intérêt du sujet. Une étude de nu ou une feuille préparatoire peut être estimée différemment selon qu’elle est isolée, qu’elle appartient à un ensemble, ou qu’elle présente un lien clair avec une sculpture identifiée. Là encore, la capacité à relier l’œuvre à un corpus documenté est un facteur de marché.

 

Cette approche est celle qui permet de produire une estimation argumentée, et non une simple approximation. Elle est aussi indispensable pour distinguer une œuvre originale, un tirage cohérent, et une production plus tardive ou périphérique, sans pour autant créer une section dédiée aux risques ou à l’état, qui dépend de chaque cas.

 

 

Marché des enchères

 

  • MILLON, 31 octobre 2021, lot 53, Charles Malfray, “Torse de Nageuse ou Danseuse”, bronze, adjugé 1 950 €.
  • Crédit Municipal de Paris, 25 avril 2024, lot 94, Charles Malfray, “Le Silence” (dit “La Boule”), bronze, adjugé 2 000 €.
  • Crédit Municipal de Paris, 12 septembre 2024, lot 166, Charles Malfray, “Tête de femme”, bronze, adjugé 1 250 €.
  • Drouot Estimations, 24 mai 2024, lot 48, Charles Malfray, “Les Prémices”, bronze, résultat 600 €.

 

Conclusion

 

Une estimation Charles Malfray ne se résume pas à une cote unique. Le résultat dépend du modèle, du format, de l’édition (numérotation, fondeur, cohérence du tirage) et de la documentation disponible. Pour obtenir une valeur adaptée à votre œuvre, le plus efficace est de croiser l’analyse matérielle avec des comparaisons de ventes récentes portant sur des pièces réellement comparables.

 

Le bureau d’expertise de Fabien Robaldo vous accompagne dans cette démarche, avec une estimation gratuite fondée sur l’examen des éléments visibles (signatures, cachets, dimensions, technique) et sur des références de marché. Cette approche permet de positionner clairement l’œuvre et d’en présenter les caractéristiques de façon lisible.

 

 

Comment obtenir une estimation Charles Malfray ?

Vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo en transmettant des photos nettes (face, profil, dos, dessous), les dimensions, le poids si possible, et des gros plans de la signature, de la numérotation et des cachets de fondeur.



Quels sont les sujets les plus recherchés chez Charles Malfray ?

Le marché recherche surtout les figures et nus, les œuvres liées à la danse, ainsi que certaines compositions identifiées par leurs titres d’oeuvres, par exemple “Le Silence”, lorsque le tirage est cohérent et documenté.



Le fondeur a-t-il un impact sur la valeur ?

Oui. Le cachet de fondeur aide à situer le tirage et à comparer l’œuvre avec des adjudications portant sur des exemplaires proches. Cela peut influencer la valeur si le modèle existe en plusieurs tirages et contextes d’édition.



Que faut-il vérifier sur une sculpture en bronze de Malfray ?

Il faut relever les dimensions, la signature ou le monogramme, la numérotation, les inscriptions, et le cachet de fondeur. Ces éléments structurent l’identification et la comparaison en ventes aux enchères.



Une numérotation sur 8 est-elle fréquente ?

On rencontre sur le marché des bronzes numérotés sur 8. La numérotation doit être cohérente avec le modèle, la présentation, et les références disponibles pour établir une estimation sérieuse.



Les dessins de Charles Malfray ont-ils une cote ?

Oui, mais elle est souvent plus basse que celle des sculptures. La valeur dépend du sujet, du format, de la technique, de la signature et de l’intérêt documentaire de la feuille.



Comment distinguer une étude de dessin d’une œuvre aboutie ?

Une étude est souvent plus rapide et plus directement préparatoire. Une œuvre aboutie présente généralement une composition plus construite et une intention plus finalisée. En estimation, cette distinction influe sur le positionnement de prix.



Une provenance ou un historique d’exposition change-t-il l’estimation ?

Oui. Une provenance lisible et un historique (publication, exposition) facilitent les comparaisons et peuvent soutenir la valeur, notamment pour les modèles importants.



Pourquoi observe-t-on des écarts de prix entre deux bronzes de Malfray ?

Les écarts viennent principalement du modèle, du format, de l’édition (fondeur, numérotation), et de la qualité d’exécution. La documentation et la rareté jouent aussi un rôle.



Quels éléments faut-il photographier pour une expertise à distance ?

Photographiez l’ensemble, les détails du visage et des mains, la base, le dessous, la signature, le monogramme, la numérotation, et les cachets. Ajoutez une photo avec une règle pour l’échelle.



Est-il possible d’estimer une sculpture sans titre ?

Oui. L’identification peut se faire par comparaison de modèle, de posture, de dimensions et de marquages. Les titres d’oeuvres sont utiles, mais une expertise peut aussi partir d’une description précise.



Quel est l’intérêt de passer par un expert pour Charles Malfray ?

Un expert structure l’identification (œuvre, modèle, technique, édition) et l’appuie sur des comparaisons pertinentes. Cela permet d’annoncer une valeur cohérente et d’éviter les confusions entre versions, tirages et variantes.

 

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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