Estimation et cote de Chrétien de Mechel sur le marché de l’art
Graveur, éditeur et marchand d’estampes actif à Bâle, Vienne et Berlin entre la seconde moitié du 18e siècle et le début du 19e siècle, Chrétien de Mechel, aussi connu sous le nom de Christian von Mechel, occupe une place précise dans le marché de l’estampe ancienne. Son nom apparaît sur des feuilles isolées, des suites et des ouvrages illustrés publiés dans ses ateliers ou sous son adresse d’éditeur. Cet article présente un panorama clair et factuel de sa production, des typologies rencontrées en vente, des critères simples qui influencent la valeur, des niveaux de prix observés et de quelques résultats récents et vérifiés. Il s’adresse aux collectionneurs, aux héritiers et aux institutions qui souhaitent situer une pièce de Mechel avant une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo et de l’étude MILLON.
Définition et description générale de la thématique
Chrétien de Mechel naît à Bâle en 1737 et meurt à Berlin en 1817. Formé à Paris dans le sillage de Johann Georg Wille, il fonde à Bâle un atelier et une maison d’édition qui emploie plusieurs graveurs. Il publie des estampes d’après des maîtres anciens et contemporains, supervise des suites, et diffuse des recueils illustrés. Son nom est associé à des entreprises éditoriales structurantes de la fin du 18e siècle, notamment à des catalogues illustrés de collections princières.
Sa marque d’éditeur se lit fréquemment en français sur les cuvettes ou sous l’image, par exemple “à Basle chez Chr. de Mechel”. Les techniques rencontrées incluent l’eau-forte, le burin et l’aquatinte, parfois rehaussées en couleurs à l’époque. Les sujets couvrent un spectre cohérent avec les usages éditoriaux du temps: portraits, costumes suisses, vues et topographie, sujets religieux ou historiques, suites d’après Holbein, Rubens et d’autres maîtres, ainsi que des volumes publiés réunissant texte et planches.
Trois ensembles dominent les recherches des amateurs. D’abord des feuilles iconiques comme le “Tombeau de Madame Langhans” d’après Johann August Nahl, publié à Bâle, qui circule en feuilles isolées avec ou sans la page d’explication imprimée en regard. Ensuite des suites et albums comme le “Le triomphe de la Mort” d’après Holbein. Enfin des volumes de type catalogue illustré, dont la première édition de 1778 de la “La Galerie électorale de Dusseldorff” élaborée avec Nicolas de Pigage.
Typologies, matériaux, périodes, styles
Estampes isolées
Il s’agit d’eaux-fortes et de burins imprimés sur papier vergé, généralement au format in-4 à in-folio. Les exemples les plus courants proviennent d’après des maîtres suisses et allemands, avec une mention d’éditeur en français. Le “Tombeau de Madame Langhans” constitue une référence fréquente; il existe avec marges de tailles variables et, selon les exemplaires, avec une feuille de texte explicatif séparée.
Suites et séries thématiques
Les suites publiées par Mechel incluent des séries de costumes suisses, des portraits et des cycles d’après des maîtres. Elles paraissent en cahiers, avec titre gravé et planches numérotées. Certaines séries sont rehaussées en couleurs à l’époque, ce qui accroît leur attractivité en vente publique.
Ouvrages illustrés et catalogues de collections
Mechel édite des volumes où texte et planches se complètent. La première édition de la “La Galerie électorale de Dusseldorff” de 1778 documente une collection princière avec une suite de planches gravées. Ces ouvrages sont recherchés lorsqu’ils conservent leurs planches et leur collation d’origine. Ils se rencontrent reliés ultérieurement, avec des particularités d’assemblage et de tirage qui intéressent le marché de l’édition ancienne.
Portraits et sujets historiques
Les portraits publiés par Mechel incluent des figures politiques et militaires de la fin du 18e siècle, en eau-forte, burin et aquatinte. Les sujets historiques et napoléoniens existent, parfois accompagnés de légendes en français. Ce corpus attire un public d’historiens de l’estampe et de collectionneurs spécialisés dans l’iconographie d’Ancien Régime et de la période révolutionnaire.
Vues, topographie et Suisse
La maison Mechel diffuse aussi des vues et cartes liées à la Suisse. Ces estampes se positionnent à l’intersection du marché de l’estampe ancienne et de celui du livre et de la géographie historique. Leurs formats et finitions varient selon les tirages et les usages prévus.
Facteurs simples influençant la valeur
Plusieurs paramètres non techniques pèsent sur la valeur d’une estampe ou d’un volume lié à Mechel. Le sujet et sa notoriété jouent un rôle central. Une image emblématique ou un ensemble complet sont plus recherchés qu’une feuille d’intérêt local. La rareté éditoriale importe, notamment pour certaines premières éditions, états particuliers, ou jeux de planches réunis dans leur configuration d’origine.
La complétude est déterminante pour les suites et volumes: présence du titre gravé, du nombre de planches attendu, et d’éventuelles feuilles de texte ou d’avertissement. Pour une feuille isolée, la présence de marges généreuses et d’une impression nette peut favoriser la demande. La provenance et un historique clair d’acquisition peuvent conforter la confiance des acheteurs et soutenir la valeur.
Enfin, l’audience thématique influe: les sujets suisses, holbeiniens ou liés aux grandes collections princières disposent d’une base d’acheteurs internationale. À l’inverse, des feuilles plus spécialisées peuvent attirer une clientèle de niche, avec des adjudications régulières mais contenues.
Marché de l’art, demande, cote et valeur
Le marché de Chrétien de Mechel se situe majoritairement dans le segment des estampes anciennes abordables. Pour une feuille isolée courante, la fourchette observée se situe souvent entre 100 et 500 euros. Les sujets recherchés, tels que le “Tombeau de Madame Langhans”, se rencontrent régulièrement et se positionnent typiquement entre 200 et 700 euros selon l’exemplarité, la présence de marges et d’éléments textuels. Les portraits en aquatinte ou les feuilles colorées d’époque peuvent dépasser ce niveau lorsque l’iconographie fédère un public d’amateurs.
Les suites et albums complets publiés par Mechel présentent une valeur supérieure. Des séries de costumes suisses en bel état de présentation et des cycles d’après Holbein suscitent une demande continue. Les ouvrages illustrés, notamment la “La Galerie électorale de Dusseldorff” de 1778, se négocient selon la complétude et l’intégrité des planches. Sur les dernières années, les adjudications publiées montrent un positionnement courant dans une fourchette de quelques centaines à environ 1 500 euros pour des exemplaires accessibles, avec des pointes au-delà en présence d’un tirage attractif ou d’une reliure soignée.
La géographie des ventes reflète l’histoire de diffusion de Mechel. La Suisse, l’Allemagne et l’Autriche concentrent de nombreuses adjudications, avec une présence régulière en France et, plus ponctuellement, dans les pays anglo-saxons. Les maisons actives incluent notamment des opérateurs suisses et autrichiens, ainsi que des maisons allemandes spécialisées en gravures et livres illustrés. Sur ce segment, la rotation des œuvres est stable et la liquidité satisfaisante pour les sujets attendus, avec des délais de vente raisonnables et des écarts de prix cohérents avec la rareté et l’exemplarité.
Résultats de ventes vérifiés
Les adjudications ci-dessous illustrent des niveaux de prix récents et documentés sur des typologies représentatives. Les prix sont indiqués en euros.
“La Galerie électorale de Dusseldorff”, volume illustré, Dorotheum, Salzbourg, 16 janvier 2025, lot 195-042656/0001, 650 €.
“Tombeau de Madame Langhans”, eau-forte d’après Nahl, Auktionshaus Kiefer, Pforzheim, 16 octobre 2021, lot 3782, 300 €.
“Bildnis des Medailleurs Johann Carl von Hedlinger” attribué à Mechel, huile sur toile, Schuler Auktionen, Zurich, 15 décembre 2023, lot 3006, équivalent env. 2 300 €.
Ces exemples montrent une amplitude de valeur allant de quelques centaines d’euros pour des feuilles isolées jusqu’à des montants plus élevés pour des ensembles complets ou des pièces atypiques. Ils constituent des repères utiles avant une mise en vente ou une estimation gratuite.
Conclusion et contact pour une estimation
La production éditoriale de Chrétien de Mechel reste active en ventes publiques, portée par des sujets identifiables, des suites bien connues et des ouvrages historiques. La valeur dépend de la typologie, de la complétude et de l’intérêt iconographique, avec un marché structuré et régulier. Pour situer précisément votre feuille, votre suite ou votre volume publié par Mechel, sollicitez une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo et de l’étude MILLON. Un avis chiffré, fondé sur des comparables récents et vérifiés, vous sera communiqué rapidement.
FAQ
Qui était Chrétien de Mechel et quelle est sa place dans l’estampe du 18e siècle ?
Graveur, éditeur et marchand d’estampes né à Bâle en 1737 et actif jusqu’en 1817, il a publié des feuilles isolées, des suites et des volumes illustrés d’après des maîtres. Son activité d’éditeur structure une part du marché de l’estampe ancienne de la fin du 18e siècle.
Quels types d’œuvres de Mechel arrivent le plus souvent en vente ?
Des estampes isolées en eau-forte et burin, des suites de costumes et de portraits, des cycles d’après Holbein, ainsi que des volumes illustrés comme la “Galerie électorale de Dusseldorff”.
Les estampes de Mechel sont-elles rares ?
Elles ne sont pas rares au sens strict, mais certains sujets ou ensembles complets sont moins fréquents et mieux valorisés que des feuilles courantes.
Quels critères simples influencent la valeur d’une feuille isolée ?
Le sujet, la notoriété de la composition, la présence de marges confortables, l’exemplarité de l’impression et, lorsqu’elle existe, la feuille de texte explicatif associée.
Quelle fourchette de prix observer pour “Tombeau de Madame Langhans” ?
Cette feuille se situe souvent dans une fourchette de quelques centaines d’euros, avec des variations selon l’exemplarité et les éléments complémentaires présents.
Un album complet de costumes suisses publiés par Mechel a-t-il une valeur supérieure ?
Oui, la complétude et la qualité de présentation d’un ensemble de costumes suisses soutiennent la valeur et attirent une clientèle internationale.
La “Galerie électorale de Dusseldorff” est-elle recherchée ?
Oui, la première édition de 1778, avec ses planches, intéresse collectionneurs et bibliophiles. L’état de complétude et la qualité des planches guident la valeur.
Où se vendent principalement les œuvres éditées par Mechel ?
En Suisse, en Allemagne et en Autriche, avec une présence régulière en France. On les retrouve aussi dans des ventes anglo-saxonnes.
Quel est l’impact d’une bonne provenance ?
Une provenance documentée facilite la confiance des acheteurs et peut soutenir la valeur, surtout pour des ensembles ou des pièces emblématiques.
Comment faire estimer une estampe ou un volume publié par Mechel ?
Transmettez des photographies lisibles de l’image, des marges, de la mention d’éditeur et, pour un volume, de la page de titre et de la table. Vous recevrez une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo et de l’étude MILLON.
Quels délais prévoir pour une mise en vente ?
Ils varient selon le calendrier des maisons, mais le segment de l’estampe ancienne présente une rotation régulière, avec des sessions spécialisées programmées tout au long de l’année.
Un tirage en couleurs à l’époque influe-t-il sur la valeur ?
Oui, les exemplaires rehaussés d’époque sont souvent plus recherchés, toutes choses égales par ailleurs, et peuvent afficher une valeur supérieure.