Estimation Claire Colinet (1885-1972)

Expertise des œuvres de l'artiste "Claire Godchaux-Colinet" et présentation, Photographie de Claire Godchaux-Colinet dans son atelier à Bruxelles (1900)
Photographie de Claire Godchaux-Colinet dans son atelier à Bruxelles (1900)

Claire Colinet (1885-1972), sculptrice Art déco : biographie, style, cote et valeur aux enchères

Claire Colinet (1885-1972) est une sculptrice active au début et au milieu du XXe siècle, généralement rattachée au vocabulaire Art déco. Son nom est surtout associé à des figures féminines en mouvement, souvent des danseuses, jongleuses ou silhouettes inspirées d’un orientalisme alors en vogue dans les arts décoratifs.

Sur le marché, on rencontre des œuvres de typologies très différentes, depuis des bronzes de petit format jusqu’à des pièces chryséléphantines (bronze et ivoire) de haut niveau, ainsi que des épreuves en plâtre liées aux Salons. Cette diversité explique des écarts importants de valeur selon le matériau, le format et le modèle.

Domaines artistiquesPrix / Valeur / Cote
Bronzes Art déco (danseuses, figures en mouvement), petit et moyen formats150 € – 300 €
Épreuves en plâtre (modèles de Salon)1 400 €
Sculptures chryséléphantines (bronze-ivoire), modèles majeurs50 000 €


Biographie factuelle

Claire Jeanne Roberte Colinet est généralement donnée comme née à Bruxelles en 1885 et morte à Asnières-sur-Seine en 1972. Des catalogues de vente et certaines bases anciennes la présentent aussi avec d’autres dates (notamment 1880-1950). En pratique, cette variabilité impose de raisonner d’abord par œuvres, signatures et documentation associée, plutôt que par dates seules.

Formation et installation en France

Elle se forme à la sculpture auprès de Jef Lambeaux. Autour de 1910, elle s’installe à Paris et s’insère dans le réseau des Salons. Elle expose au Salon des Artistes Français dès 1913 et obtient une mention honorable en 1914. Elle devient membre permanent de la Société des Artistes Français en 1929, ce qui confirme une intégration durable dans le cadre officiel des expositions parisiennes.

Salons, réseaux et sujets

Son activité est régulièrement associée à des figures féminines et à des scènes de danse, dans un répertoire compatible avec les arts décoratifs des années 1920-1930. Elle est signalée comme exposante au Salon des Indépendants entre 1937 et 1940 et comme liée à des organisations de femmes artistes. Cette présence dans les expositions publiques, combinée à un langage formel Art déco, explique la diffusion de ses modèles en bronze et, pour certains, en chryséléphantine.

Commandes publiques à Asnières-sur-Seine

Dans les années 1930, sa notoriété lui permet d’obtenir des commandes publiques. À Asnières-sur-Seine, elle intervient notamment sur l’ornementation sculptée du centre administratif et social inauguré le 24 mars 1935, avec des allégories réalisées pour le fronton. Ce volet public, moins connu que les statuettes de danseuses, apporte un cadre utile pour comprendre la reconnaissance institutionnelle de l’artiste à cette période.

Style de l’artiste

Le style de Claire Colinet se lit d’abord dans la recherche du mouvement. Les postures sont souvent asymétriques, avec une jambe en appui et l’autre en extension, ou avec des torsions du buste. Les bras sont traités comme des lignes directrices, destinées à structurer la silhouette et à guider le regard vers un accessoire (cymbales, tambourin, balles, voile, armes stylisées) ou vers un point d’équilibre.

Son vocabulaire est généralement rattaché à l’Art déco par la simplification des volumes, la lisibilité de la silhouette et l’attention portée à la stylisation. Les drapés, lorsqu’ils existent, sont conçus comme des surfaces dynamiques qui prolongent le geste. Cette approche renforce l’effet de scène, proche d’une esthétique de spectacle, très compatible avec les goûts décoratifs de l’entre-deux-guerres.

Les thèmes orientalisants, particulièrement présents dans certaines séries de danseuses, s’inscrivent dans une tradition d’atelier et d’édition. Ils se traduisent par des costumes, coiffes et accessoires identifiables, ainsi que par des socles décoratifs (onyx, marbres, parfois avec plaquettes), qui participent à la mise en valeur de l’objet dans un intérieur.

Techniques, matériaux, périodes

Les œuvres attribuées à Claire Colinet se rencontrent principalement en bronze. La surface peut être traitée par patines brunes, dorées, ou avec des effets de polychromie selon les éditions et les tirages. Les socles sont fréquemment en pierre dure, onyx ou marbre, ce qui correspond aux usages décoratifs des bronzes Art déco.

Une partie importante de sa production, particulièrement recherchée, est réalisée en chryséléphantine, combinant bronze et ivoire. Dans ce type de sculpture, le bronze structure le costume, les accessoires et parfois la chevelure, tandis que l’ivoire est réservé aux zones anatomiques (visage, bras, mains, jambes, pieds). La qualité d’assemblage, la précision du modelé et l’équilibre général du montage déterminent fortement la valeur de ces pièces.

On rencontre aussi des épreuves en plâtre. Elles peuvent correspondre à des modèles liés aux Salons et à la pratique de l’atelier (préparations, présentations, variations). Dans la chronologie, la visibilité de l’artiste s’étend de la période des Salons avant la Première Guerre mondiale (à partir de 1913) jusqu’aux commandes publiques des années 1930, puis à une diffusion du nom sur le marché des arts décoratifs, où les œuvres circulent régulièrement.

Les titres d’oeuvres apparaissent de manière variable selon les catalogues, les traductions et les habitudes des maisons de vente. Un même modèle peut circuler sous plusieurs appellations, ce qui rend utile un raisonnement par description, dimensions, pose et base, plutôt que par intitulé unique.

Analyse du marché

Le marché de Claire Colinet se structure autour de trois segments. Le premier regroupe des bronzes de petit et moyen formats (danseuses, figures en mouvement), qui constituent l’essentiel des lots courants. Le deuxième segment concerne des plâtres, plus rares en vente publique, dont les prix peuvent dépasser ceux de nombreux bronzes courants, selon le sujet et le caractère documenté du modèle. Le troisième segment, le plus haut, est celui des chryséléphantines, où la valeur peut atteindre des niveaux très élevés lorsqu’il s’agit de modèles majeurs et de présentations particulièrement complètes.

Plusieurs facteurs influencent directement le niveau de prix. Le matériau est déterminant, en particulier la présence d’ivoire dans les chryséléphantines. Le format et la complexité de la composition comptent également, notamment lorsque l’œuvre associe plusieurs volumes, accessoires et effets de surface. La signature, ses variantes (initiales, nom complet, graphies), ainsi que les marques d’éditeur ou de fondeur, jouent un rôle important dans l’attribution et la liquidité sur le marché.

L’identification du modèle exact, et sa présence dans une bibliographie de la sculpture Art déco, peut aussi peser sur la demande. Dans les catalogues, on observe des confusions de dates (1880-1950 versus 1885-1972) et des attributions élargies. Une expertise centrée sur l’œuvre elle-même, sa technique et ses marquages, reste la méthode la plus fiable pour estimer une valeur cohérente au regard du marché.

Enfin, le marché est sensible à la qualité de présentation d’ensemble, au choix du socle et à la lisibilité du sujet. Les œuvres les plus demandées sont celles dont la pose est immédiatement identifiable, avec une dynamique forte, et dont la composition correspond clairement au goût Art déco. Les pièces associées à une iconographie orientalisante peuvent susciter une demande spécifique, notamment lorsqu’elles se rattachent à des modèles connus (par exemple une danseuse identifiée par un titre récurrent dans les catalogues).

Analyse technique de la thématique

Pour Claire Colinet, l’analyse technique se concentre sur l’articulation entre modelage, fonte et finitions de surface. Les bronzes supposent un travail de ciselure visant à rendre lisibles les transitions entre peau, tissu et accessoires. Les drapés sont souvent traités en arêtes et en creux marqués, afin d’accrocher la lumière et de renforcer l’effet de mouvement. Cette logique est cohérente avec la sculpture décorative Art déco, qui recherche une silhouette forte à distance et une lecture détaillée à proximité.

Dans les chryséléphantines, la construction est plus complexe. L’assemblage nécessite une conception par éléments, avec des pièces ajustées et une continuité visuelle entre les matériaux. Le bronze et l’ivoire n’ont pas la même réponse à la lumière, ni la même perception chromatique, ce qui impose une mise en scène des surfaces. Les bases en onyx ou en marbre participent à cette logique, en stabilisant la pièce et en encadrant visuellement la figure.

Les sujets de danse impliquent aussi une maîtrise des équilibres. Même si la sculpture est un objet statique, l’effet recherché est celui d’un instant suspendu. La stabilité physique est assurée par une ligne d’appui (souvent une jambe, parfois renforcée par un élément de costume, un accessoire ou une base structurante). Sur le plan stylistique, la dynamique provient de la dissymétrie des axes, des torsions, et du traitement des draperies comme prolongements du geste.

Enfin, l’iconographie orientalisante se traduit moins par un réalisme ethnographique que par des signes visuels : coiffes, bijoux, instruments, armes ou éléments de décor. Ces attributs sont intégrés à la composition pour renforcer l’identité du modèle. Dans une approche d’expertise, ces éléments servent aussi à rapprocher une pièce d’un type connu, même lorsque le titres d’oeuvres varie d’un catalogue à l’autre.

Marché des enchères

  • MILLON, 15 novembre 2024, lot 33, “La Danseuse d’Ankara”, 50 000 €.
  • Côte Basque Enchères, 30 octobre 2023, lot 462, “La Danseuse Étrusque” (ou “Danseuse aux sabres”), 1 400 €.
  • Crédit Municipal de Paris, 3 novembre 2017, lot 116, “Danseuse”, 150 €.
  • Kahn and Associés, 17 mars 2021, lot 211, “La Jongleuse aux trois boules”, 300 €.

Conclusion

Claire Colinet occupe une place identifiable sur le marché de la sculpture Art déco, avec des écarts de prix importants selon les matériaux et les modèles. Les bronzes de petit format se positionnent sur des niveaux accessibles, tandis que certaines chryséléphantines atteignent des montants très élevés en ventes publiques. Pour déterminer la valeur d’une œuvre (bronze, plâtre, chryséléphantine) et la situer correctement par rapport aux résultats comparables, une estimation gratuite réalisée par Fabien Robaldo permet d’obtenir un avis fondé sur l’analyse de la pièce, de ses caractéristiques techniques et de son historique de marché.

Qui est Claire Colinet ?

Claire Colinet (1885-1972) est une sculptrice active au début et au milieu du XXe siècle, rattachée au style Art déco et connue pour des figures féminines en mouvement, notamment des danseuses.

Pourquoi voit-on aussi les dates 1880-1950 pour Claire Colinet ?

Des catalogues et bases anciennes associent l’artiste à des dates différentes. En expertise, on privilégie l’analyse de l’œuvre (signature, modèle, technique, marquages) et sa documentation de vente.

Quels sujets reviennent le plus souvent dans ses sculptures ?

Les figures féminines, la danse, des scènes de spectacle et des thèmes orientalisants sont fréquents, avec un travail marqué sur la pose et les drapés.

Quels matériaux rencontre-t-on le plus chez Claire Colinet ?

Principalement le bronze, ainsi que des œuvres chryséléphantines combinant bronze et ivoire. Des épreuves en plâtre existent aussi, parfois en lien avec les Salons.

Qu’est-ce qu’une sculpture chryséléphantine ?

C’est une sculpture associant généralement un métal (souvent le bronze) et l’ivoire, ce dernier étant utilisé pour les parties de carnation (visage, bras, jambes) sur des modèles Art déco.

Les bronzes de Claire Colinet ont-ils une cote stable ?

Le segment des bronzes de petit et moyen formats suit une logique de marché relativement régulière, mais les prix varient selon le modèle, le format et la présentation.

Pourquoi certaines œuvres atteignent-elles des montants très élevés ?

Les pièces majeures, notamment certaines chryséléphantines, combinent complexité technique, matériaux recherchés et forte demande des collectionneurs d’arts décoratifs Art déco.

Quels éléments sont utiles pour estimer une sculpture attribuée à Claire Colinet ?

Le matériau, les dimensions, le modèle (pose, accessoires), la signature, les marques éventuelles d’éditeur ou de fondeur, et la comparaison avec des résultats publics pertinents.

Les titres des sculptures sont-ils toujours fixes ?

Non. Les titres d’oeuvres peuvent varier selon les catalogues, les traductions et les habitudes de description. Il est utile d’identifier le modèle par sa composition.

Où trouve-t-on des œuvres de Claire Colinet en vente aux enchères ?

On en voit dans des ventes d’arts décoratifs du XXe siècle, d’Art déco et de sculpture, auprès de maisons françaises et internationales.

Existe-t-il des œuvres publiques de Claire Colinet ?

Oui. Elle est associée à des sculptures allégoriques réalisées pour le centre administratif et social d’Asnières-sur-Seine, inauguré en 1935.

Comment obtenir une estimation d’une sculpture de Claire Colinet ?

Vous pouvez demander une estimation gratuite à Fabien Robaldo afin de déterminer la valeur de votre œuvre à partir de ses caractéristiques et des références de marché.

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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