Estimation Daniel Lindtmayer II (1552-1606/1607) : prix, cote et valeur de ses dessins suisses
Daniel Lindtmayer II, aussi nommé “Daniel Lindtmayer le Jeune”, est un dessinateur suisse de la Renaissance tardive, principalement connu pour ses projets destinés au vitrail (Scheibenriss) et pour une production graphique liée aux armoiries, aux cycles narratifs bibliques et à la commande civique. Sur le marché, ses feuilles apparaissent rarement. L’authentification (monogramme, datation, inscriptions de couleur, provenance) et la nature exacte du dessin (projet de vitrail, étude autonome, attribution d’atelier ou d’école) pèsent fortement sur la valeur retenue en expertise.
Domaines artistiques | Prix / Valeur / Cote |
| Dessin original (projet de vitrail) | 10 000 € |
| École de Daniel Lindtmayer (dessin ancien) | 910 € |
Biographie factuelle
Daniel Lindtmayer II naît à Schaffhouse (Schaffhausen) en 1552. Il appartient à une famille d’artisans et d’artistes liée à la peinture sur verre, un contexte qui explique la place centrale du vitrail dans son activité graphique. Il est formé dans l’environnement de cet artisanat, avec une orientation marquée vers le dessin de projets, destinés à être transposés en peinture sur verre par des ateliers.
Les sources biographiques situent son activité dans l’aire du Rhin supérieur et de la Suisse alémanique, avec des passages attestés ou rapportés à Bâle et des liens stylistiques avec la production gravée et dessinée de Tobias Stimmer. Plusieurs notices mentionnent un parcours personnel instable à la fin des années 1590, ainsi qu’un déplacement vers la Suisse centrale, notamment Lucerne. La datation de son décès varie selon les références : certaines indiquent 1603, d’autres 1606/1607.
Les œuvres conservées dans des collections publiques confirment la nature dominante de sa production : feuilles à la plume, lavis, rehauts, souvent structurées par une architecture de bordures, d’écus et de cartouches, et pensées pour la lisibilité héraldique et narrative. Des musées internationaux conservent des dessins attribués à Daniel Lindtmayer II, ce qui contribue à la stabilité de son attribution lorsque les feuilles sont bien documentées.
Style de l’artiste
Le style de Daniel Lindtmayer II se comprend d’abord comme celui d’un dessinateur de projets. La composition est généralement construite pour être transposable : contours lisibles, organisation symétrique fréquente, hiérarchie claire entre scène principale, éléments héraldiques et encadrements. La ligne de plume structure les volumes et les drapés par hachures régulières, tandis que les lavis servent à installer des valeurs et à préparer des effets de profondeur.
La part décorative est déterminante. Bordures d’architecture, rinceaux, strapwork, atlantes, cariatides et cartouches sont récurrents. Les éléments héraldiques (écus, cimier, tenants, bannières) ne sont pas secondaires : ils sont souvent au cœur de la commande et dictent l’équilibre de la page. Dans cette logique, les inscriptions techniques, notes de couleur et indications d’exécution peuvent exister et renforcent l’intérêt historique du dessin, en plus de son intérêt graphique.
Sur les sujets religieux, l’artiste privilégie des récits lisibles en séquences. Certaines feuilles rassemblent plusieurs scènes dans un même cadre, ce qui correspond bien à l’usage du vitrail et à la culture visuelle de la fin du XVIe siècle. Sur les sujets civiques ou commémoratifs, l’ornementation sert une fonction de représentation sociale : lignage, alliances, magistratures, corporations.
Techniques, matériaux, périodes
Les techniques associées à Daniel Lindtmayer II relèvent principalement du dessin : plume et encre (souvent encre brune ou noire), parfois rehauts au lavis (gris, brun) et usage de la pierre noire ou de la craie pour des mises en place. Plusieurs œuvres de référence mentionnent explicitement la plume et l’encre sur papier, avec lavis, ce qui correspond à la pratique du Scheibenriss. Les formats sont variables, mais beaucoup de feuilles sont conçues pour être des patrons ou des présentations destinées à un commanditaire, avec une mise au net relativement avancée.
La chronologie de son activité est globalement située entre les années 1570 et la fin du siècle, avec des feuilles datées (par exemple 1574, 1580-1590, 1601 selon les œuvres conservées et cataloguées). Les dates portées sur les feuilles, quand elles existent, sont un facteur important en expertise. Les monogrammes, initiales ou signatures abrégées, présents sur certaines œuvres, structurent aussi l’attribution, mais exigent une comparaison avec des œuvres de collections publiques.
En expertise, il faut distinguer la feuille de projet destinée au vitrail (souvent très structurée et liée à l’héraldique) de la feuille plus autonome (étude, composition narrative, scène biblique). Cette distinction n’est pas seulement descriptive : elle influence la demande en salle des ventes et la lecture des prix.
Analyse du marché
Le marché de Daniel Lindtmayer II est un marché de spécialité. Il concerne d’abord les amateurs de dessins anciens d’Europe du Nord, les collectionneurs d’iconographie héraldique et les ensembles liés à l’histoire du vitrail suisse. L’offre est limitée, ce qui rend la comparaison directe difficile et renforce le rôle de l’expertise sur dossier : attribution, qualité du dessin, sujet, dimensions, et historique de collection.
Les typologies les plus attendues sont les projets de vitrail armoriés, les compositions narratives bibliques et les feuilles associées à des cycles (apôtres, épisodes de l’Ancien Testament, scènes morales). À l’intérieur de ces catégories, la présence d’armoiries identifiables, d’un commanditaire lisible (donateur représenté, devises, cartouches), et d’une datation précise peut soutenir la valeur.
La cote dépend aussi du degré d’autographie. Une œuvre donnée à l’artiste, avec monogramme ou provenance solide, se situe dans une logique de rareté. À l’inverse, les feuilles décrites comme “école de”, “entourage de” ou “dans le goût de” se positionnent sur des niveaux plus accessibles, même si elles peuvent être décoratives et historiquement intéressantes. Le marché peut également intégrer des feuilles autrefois attribuées à l’artiste puis requalifiées : ce point compte dans l’analyse, car il explique certaines dispersions de prix entre lots pourtant proches par le sujet.
Enfin, la lisibilité des titres d’oeuvres utilisés en catalogue (exemples : armoiries flanquées de figures, scènes bibliques en séquence, sujets de chasse, projets de vitrail commémoratifs) joue un rôle pratique : elle conditionne le référencement, la recherche en ligne, et donc l’exposition du lot aux enchérisseurs.
Analyse technique de la thématique
Dans le cas de Daniel Lindtmayer II, la thématique “dessinateur suisse” se comprend surtout par l’angle du dessin de vitrail (Scheibenriss) et de l’héraldique, qui constituent une tradition spécifique en Suisse au XVIe siècle. Le dessin est à la fois une étape de fabrication et un objet de présentation. Cette double fonction explique une finition souvent élevée : encadrements complets, zones réservées aux armoiries, scènes réparties sur plusieurs registres, et indications destinées à l’exécutant.
Sur le plan des matériaux, le papier est le support quasi exclusif des œuvres connues sur le marché. L’encre et le lavis servent à anticiper la lecture en transparence et la séparation des zones, utile pour la transposition en verre peint et plomb. La présence de hachures régulières et de lavis contrôlés est cohérente avec une mise au net. Les rehauts de couleur, quand ils existent, sont à interpréter comme des indications et non comme une volonté de “coloris” autonome, même si certaines feuilles sont visuellement abouties.
Les caractéristiques d’école se repèrent aussi par les motifs : armoiries encadrées par des figures (tenants, sauvages, soldats), architecture d’encadrement, cartouches de texte, scènes bibliques ou morales, et parfois références à l’actualité politique ou religieuse (commandes civiques, abbayes, alliances). Pour l’attribution, les comparaisons les plus utiles se font avec des feuilles conservées en musées, car elles donnent un référentiel de trait, de construction et de monogrammes connus.
En expertise, l’analyse technique porte donc sur la cohérence entre sujet, composition et fonction. Un dessin qui “fonctionne” comme un projet de vitrail présente souvent des indices structurels : symétrie, hiérarchie nette des registres, emplacements d’armoiries, et parfois inscriptions d’atelier. À l’inverse, une feuille plus libre peut être évaluée différemment, y compris en termes de placement sur le marché (dessin ancien généraliste plutôt que vitrail spécialisé).
Marché des enchères
- PBA Auctions, 25 avril 2019, lot 4 “École de Daniel Lindtmayer – L’Adoration des mages”, 910 €
- Sotheby’s, 28 janvier 2009, lot 6 “The arms of Habsberg flanked by an elegant couple”, prix non communiqué publiquement en accès libre
- Christie’s, lot 216 “The Baptism of Christ: Design for a stained glass window”, prix non communiqué publiquement en accès libre
Conclusion
Une estimation pertinente d’un dessin attribué à Daniel Lindtmayer II repose sur des critères concrets : typologie (projet de vitrail, feuille narrative, héraldique), présence d’un monogramme ou d’une date, lisibilité des armoiries, qualité du trait et solidité de la provenance. Le positionnement sur le marché se joue souvent sur des détails de dossier, plus que sur le seul sujet.
Pour obtenir une estimation gratuite, vous pouvez solliciter Fabien Robaldo, en lien avec MILLON, afin d’établir une fourchette de valeur cohérente avec la nature exacte de l’œuvre, son attribution et les références disponibles.
Qui est Daniel Lindtmayer II ?
Daniel Lindtmayer II, dit “le Jeune”, est un dessinateur suisse né en 1552 à Schaffhouse, connu notamment pour ses projets de vitraux et ses compositions associant héraldique et scènes narratives.
Pourquoi parle-t-on souvent de projets de vitraux pour cet artiste ?
Une part importante de sa production graphique correspond à des Scheibenrisse, c’est-à-dire des dessins préparatoires destinés à la réalisation de vitraux peints.
Quelles techniques rencontre-t-on le plus souvent ?
Principalement la plume et encre sur papier, souvent accompagnées de lavis. Des mises en place à la pierre noire ou à la craie peuvent exister.
Quels sujets reviennent le plus fréquemment ?
Des armoiries (écus, cimiers, tenants) et des scènes bibliques ou morales présentées de façon lisible, parfois en séquences dans un même cadre.
Une signature est-elle nécessaire pour expertiser ?
Non. Un monogramme, une date, des inscriptions techniques, la cohérence stylistique et la provenance peuvent suffire, mais chaque cas doit être étudié.
Pourquoi la date de décès varie selon les sources ?
Les références disponibles ne donnent pas toutes la même date, certaines indiquant 1603 et d’autres 1606/1607. En expertise, on retient souvent une fourchette.
Qu’est-ce qui fait monter la valeur d’un dessin attribué à Lindtmayer II ?
L’autographie solide, une provenance documentée, une composition aboutie, un sujet recherché (héraldique identifiable, commande civique ou religieuse) et une datation lisible.
Quelle différence entre “attribué à” et “école de” ?
“Attribué à” indique une attribution proposée à l’artiste, avec un niveau d’argumentation variable. “École de” renvoie à un environnement artistique proche (atelier, suiveurs, période), sans certitude d’autographie.
Les dessins de vitraux se vendent-ils comme des dessins anciens classiques ?
Ils se vendent bien dans les ventes de dessins anciens, mais ils intéressent aussi un marché spécialisé lié au vitrail, à l’héraldique et à l’histoire suisse.
Peut-on estimer un dessin à partir d’une photo ?
Une première analyse est possible à partir de photos nettes (recto, verso, détails de monogrammes et inscriptions). Une confirmation peut nécessiter un examen plus approfondi.
Que faut-il photographier pour une demande d’estimation ?
Le recto en entier, le verso, les détails du monogramme ou de la date, les armoiries, les inscriptions, et une vue avec dimensions. Si possible, une photo en lumière rasante.
À qui s’adresser pour une estimation gratuite ?
Vous pouvez demander une estimation gratuite à Fabien Robaldo, en lien avec MILLON, afin d’obtenir une analyse cohérente avec le marché et la documentation disponible.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Lindtmayer_II
https://www.deutsche-biographie.de/downloadPDF?url=sfz51648.pdf
https://resources.metmuseum.org/resources/metpublications/pdf/Durer_and_Beyond_Central_European_Drawings_1400_1700.pdf
https://www.metmuseum.org/art/collection/search/335016
https://www.themorgan.org/drawings/item/267049
https://www.britishmuseum.org/collection/object/P_1926-0412-2
https://kunstmuseumbasel.ch/en/file/3368/1413159e/RZ_Saalblatt_LICHTGESTALTEN_EN_web.pdf
https://www.artic.edu/artists/64852/daniel-lindtmayer-ii
https://www.pba-auctions.com/lot/97850/10134858-ecole-de-daniel-lindtmayer-ladoration-des-mages-encre-sur
https://www.sothebys.com/en/auctions/ecatalogue/2009/old-master-drawings-n08515/lot.6.html
https://www.christies.com.cn/en/lot/swiss-school-late-16th-century-the-baptism-1479069/?intObjectID=1479069&lid=1
https://findartinfo.com/german/list-prices-by-artist/5/82792/daniel-lindtmayer-jr/page/1.html