Daniel Lindtmayer II : scènes bibliques et influence de la Renaissance tardive

Expertise des œuvres de l'artiste "Daniel Lindtmayer II" et présentation de celui-ci, Lille, Saint Jean à Patmos
Lille, Saint Jean à Patmos

Daniel Lindtmayer II : scènes bibliques et influence de la Renaissance tardive

Introduction factuelle

Daniel Lindtmayer II, aussi appelé Daniel Lindtmayer le Jeune (1552-1606/1607), est un artiste suisse connu principalement pour ses dessins destinés au vitrail, ainsi que pour une production graphique plus large. Dans les collections publiques, on rencontre régulièrement des compositions religieuses et des scènes bibliques, traitées sous forme de projets pour panneaux de verre peints. Son activité se situe à la charnière entre la tradition helvétique du dessin de vitrail et des apports formels liés à la Renaissance tardive au nord des Alpes, notamment dans l’aire du Rhin supérieur. Cette thématique intéresse à la fois l’histoire du vitrail, le dessin ancien et l’iconographie chrétienne, avec un marché où l’attribution, la qualité graphique et la provenance jouent un rôle central dans la détermination de la valeur.

Définition et description générale de la thématique

La thématique “Daniel Lindtmayer II : scènes bibliques et influence de la Renaissance tardive” désigne un ensemble d’œuvres sur papier, et plus rarement d’autres supports, associées à Daniel Lindtmayer le Jeune et à son environnement. Le noyau le plus fréquent est constitué de dessins préparatoires pour vitraux, souvent désignés en contexte germanophone comme “Scheibenrisse”. Il s’agit de projets destinés à guider la réalisation d’un panneau de verre peint, généralement offert, commandé ou installé dans des contextes civils et religieux. Ces feuilles peuvent combiner une scène principale (souvent biblique) et des éléments d’identification comme armoiries, inscriptions, cartouches, voire indications de couleurs.

Les scènes bibliques constituent un répertoire majeur dans ce type de production. Elles couvrent l’Ancien et le Nouveau Testament et s’insèrent dans des programmes figuratifs variés, parfois liés à des institutions religieuses. Un exemple conservé au Metropolitan Museum of Art, “Joseph Sold by His Brothers into Egypt” (1574), illustre un sujet de l’Ancien Testament traité dans un format de dessin, avec une narration structurée et un vocabulaire graphique adapté à une transposition en vitrail. Dans d’autres cas, l’iconographie se concentre sur la vie du Christ ou sur des épisodes moralisants, par exemple le thème du Bon Samaritain, présent dans des feuilles attribuées à l’artiste ou à son cercle.

L’influence de la Renaissance tardive se manifeste par plusieurs traits observables sans entrer dans une analyse technique avancée : une place accrue donnée à la figure humaine, des compositions plus architecturées, l’usage de cadres décoratifs élaborés, et une recherche de lisibilité narrative. Dans l’aire suisse, l’environnement culturel de Bâle et du Rhin supérieur favorise ces échanges visuels, avec des artistes actifs entre dessin, peinture murale, gravure et vitrail. Les institutions muséales soulignent aussi des liens d’influence avec Tobias Stimmer, figure importante de la seconde moitié du XVIe siècle, dont l’impact est explicitement mentionné dans des présentations muséales consacrées au dessin et au vitrail.

Typologies, matériaux, périodes, styles (repères simples)

Les œuvres associées à Daniel Lindtmayer II apparaissent principalement sous forme de dessins. Les typologies les plus courantes sont les projets de vitraux armoriés, les scènes bibliques intégrées à des cadres décoratifs, et des feuilles combinant narration et éléments héraldiques. Le dessin peut être conçu comme une image autonome, mais il est souvent lié à un usage concret : servir de modèle à une réalisation sur verre.

Les matériaux rencontrés dans les collections publiques et dans la littérature sont généralement simples : papier, encre (noire ou brune), lavis (gris), parfois rehauts ou touches colorées destinées à suggérer l’effet final en verre peint. Dans certains cas, la feuille peut présenter des indications de couleurs, une mise au carreau ou des annotations destinées à l’exécution. Ces caractéristiques s’accordent avec la fonction de “dessin-projet” et avec une production d’atelier, où le dessin sert de support de communication entre commanditaire, dessinateur et peintre-verrier.

Sur le plan chronologique, la période la plus représentée se situe entre les années 1570 et les années 1600. Plusieurs sources muséales signalent une présence de l’artiste à Bâle dès 1574, et des trajectoires liées à différents centres suisses. Les sujets bibliques traversent l’ensemble de cette période et s’insèrent dans une culture visuelle où l’image religieuse reste structurante, y compris dans des supports utilisés en contexte civil (panneaux offerts, vitraux de corporation, vitraux d’amitié, armoiries accompagnées de scènes religieuses).

Du point de vue stylistique, l’influence de la Renaissance tardive se lit dans la composition et le décor. On observe fréquemment des encadrements architecturaux ou ornementaux qui organisent l’espace et hiérarchisent le récit. La scène biblique n’est pas seulement un motif isolé : elle s’insère dans un système d’images où armoiries, devises et personnages s’articulent. Le choix de l’épisode biblique peut également répondre à une intention morale ou identitaire, en lien avec le commanditaire ou la destination du panneau.

Facteurs influençant la valeur (sans éléments de conservation)

La valeur d’un dessin attribué à Daniel Lindtmayer II, ou à son cercle, dépend d’abord du degré de certitude de l’attribution. Les feuilles portant un monogramme, une date, ou une provenance documentée, sont en général mieux positionnées. À l’inverse, une attribution prudente (atelier, cercle, suiveur, école suisse du XVIe siècle) peut réduire l’intérêt de certains acheteurs, sauf si la qualité graphique et l’iconographie compensent cette réserve.

Le sujet est un facteur important. Les scènes bibliques identifiables et bien composées, notamment lorsqu’elles s’inscrivent dans une narration claire, attirent un public plus large : collectionneurs de dessins anciens, amateurs d’iconographie religieuse, spécialistes du vitrail. Un sujet précisément titré et publié (par exemple un épisode de la Genèse, une parabole, un moment de la vie du Christ) facilite aussi la comparaison et la contextualisation.

Le format et l’ambition du projet influencent également la valeur. Certaines feuilles sont de véritables compositions complètes avec cadre, armoiries, cartouches et scène narrative. D’autres sont des études partielles, des fragments de projet, ou des variantes. À qualité égale, un dessin plus abouti et plus lisible, proche d’un “modèle final”, est souvent plus recherché qu’une étude rapide.

La provenance et la bibliographie pèsent fortement. Une feuille passée dans des collections identifiées, mentionnée dans un catalogue raisonnés, ou associée à un corpus institutionnel, rassure le marché. Les comparaisons avec des œuvres conservées dans des musées (par exemple à Chicago, New York ou Bâle) peuvent jouer un rôle, non pas comme preuve automatique, mais comme cadre de référence. Enfin, la présence d’armoiries ou d’indices de commanditaire peut renforcer l’intérêt historique, surtout lorsqu’elle permet une identification précise (institution, abbaye, ville, famille).

La rareté relative de certaines iconographies bibliques dans l’œuvre connue peut aussi intervenir. Un thème peu courant, ou une composition particulièrement singulière (par exemple un agencement narratif en plusieurs scènes, comme dans certains projets de vitraux), peut susciter une concurrence plus forte. À l’inverse, des sujets très fréquents ou des feuilles très proches de modèles standardisés peuvent se situer dans une fourchette plus régulière.

Marché de l’art : demande, cote, valeur

Le marché de Daniel Lindtmayer II se situe principalement dans le segment des dessins anciens et des arts graphiques liés au vitrail. La demande est portée par plusieurs profils : collectionneurs d’iconographie religieuse, amateurs de la Renaissance au nord des Alpes, spécialistes de l’histoire du vitrail, et institutions. La présence d’œuvres de l’artiste dans des collections muséales internationales contribue à sa visibilité, même si son nom reste plus confidentiel que celui des grands maîtres allemands ou néerlandais de la même période.

La “cote” de l’artiste doit être comprise comme un marché de niche. Les adjudications observées et les notices d’œuvres conservées montrent une production surtout reconnue pour ses dessins de projets. Les feuilles les plus attractives sont celles qui réunissent une scène biblique bien identifiée, un monogramme ou une date, et un niveau d’aboutissement élevé. Le caractère typiquement suisse des “Scheibenrisse”, avec leur dimension héraldique et commémorative, peut être un avantage auprès des collectionneurs de culture helvétique, mais un frein auprès d’un public plus généraliste si la lecture des armoiries n’est pas immédiate.

La valeur se forme par comparaison avec des ventes de dessins proches (école suisse, entourage de Tobias Stimmer, corpus de projets de vitraux du XVIe siècle). Les attributions “école suisse” peuvent présenter un intérêt décoratif et historique, mais la signature de Daniel Lindtmayer II, lorsqu’elle est crédible et argumentée, constitue un levier clair. Il faut également tenir compte des effets de rareté : le nombre de dessins conservés est important à l’échelle d’un artiste régional, mais les feuilles publiées, datées et iconographiquement fortes ne sont pas interchangeables.

Enfin, l’évolution des goûts joue un rôle. Depuis plusieurs années, les arts graphiques bénéficient d’un intérêt soutenu, notamment pour les œuvres sur papier clairement documentées. Dans ce contexte, les scènes bibliques de Lindtmayer II peuvent répondre à une double attente : une image narrative lisible et un objet d’histoire culturelle, à la croisée du dessin et du vitrail.

Résultats de ventes vérifiés

Les résultats de ventes publiquement accessibles pour Daniel Lindtmayer II sont parfois partiels selon les plateformes et les maisons de vente. À la date de rédaction, un résultat chiffré est disponible via une base de données d’enchères qui indique un prix réalisé et la maison de vente, sans fournir systématiquement le détail complet du lot en accès libre. En conséquence, la liste ci-dessous se limite aux informations vérifiables telles qu’elles sont publiées.

  • Koller Zurich, 2020, “Design for a stained glass window with Saints Benedict and Findanus”, prix publié 4 036 USD, soit environ 3 550 € (conversion indicative).

Conclusion

Les scènes bibliques associées à Daniel Lindtmayer II illustrent un moment précis de la Renaissance tardive en Suisse : un art du dessin au service du vitrail, combinant narration religieuse, culture héraldique et sens de la composition. L’identification du sujet, la qualité de la feuille, l’attribution et la provenance sont déterminantes pour établir une fourchette cohérente de valeur.

Pour une évaluation adaptée à votre dessin (attribution, sujet, datation, comparaisons de marché), vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo au sein de MILLON.

FAQ

Qui est Daniel Lindtmayer II ?

Daniel Lindtmayer II, aussi appelé Daniel Lindtmayer le Jeune, est un artiste suisse (XVIe-XVIIe siècle) surtout connu pour ses dessins destinés au vitrail et pour une production graphique comprenant des scènes religieuses et bibliques.

Que signifie “Scheibenriss” ?

Le terme désigne un dessin de projet pour un panneau de verre peint. Il fixe la composition, les sujets (souvent bibliques), et peut inclure armoiries, cartouches et annotations utiles à l’exécution.

Pourquoi les scènes bibliques sont-elles fréquentes chez Lindtmayer ?

Les scènes bibliques appartiennent au répertoire visuel majeur des commandes de vitraux et de dessins de vitraux au XVIe siècle, en contexte religieux et aussi civil, où l’image peut porter un message moral et identitaire.

Quels sujets bibliques rencontre-t-on le plus souvent ?

On rencontre des épisodes de l’Ancien Testament (par exemple l’histoire de Joseph) et du Nouveau Testament, ainsi que des thèmes moralisants issus des Évangiles, comme certaines paraboles.

Comment reconnaît-on l’influence de la Renaissance tardive ?

Elle se repère notamment dans des compositions plus structurées, une place importante donnée à la figure, des cadres décoratifs élaborés et une narration plus lisible, dans un langage visuel diffusé au nord des Alpes.

Daniel Lindtmayer II a-t-il travaillé uniquement pour le vitrail ?

Il est principalement associé au dessin de vitrail, mais les sources muséales signalent aussi des activités liées au dessin et à la peinture, avec une production conservée surtout sur papier.

Quels matériaux sont typiques de ces dessins ?

On rencontre fréquemment le papier, l’encre (noire ou brune) et des lavis (gris), parfois quelques rehauts ou touches colorées, ce qui correspond à la fonction de modèle pour une transposition sur verre.

Une scène biblique augmente-t-elle la valeur ?

Elle peut renforcer l’intérêt si le sujet est bien identifiable, rare ou particulièrement abouti. Cependant, l’attribution, la provenance et la qualité graphique restent des facteurs déterminants.

L’attribution “école suisse” a-t-elle un intérêt ?

Oui, surtout si la feuille est de qualité et bien datable, mais la valeur peut être plus variable qu’une attribution ferme à Daniel Lindtmayer II, car la demande est plus sélective.

Quels éléments documentaires comptent pour l’expertise ?

Les inscriptions, monogrammes, dates, armoiries identifiables, provenances anciennes, mentions dans des catalogues ou des collections, et toute documentation qui relie la feuille à un corpus connu.

Peut-on comparer un dessin à des œuvres de musée ?

Oui, à condition de rester prudent. Les œuvres conservées dans des collections publiques servent de repères stylistiques et iconographiques, mais chaque feuille doit être analysée individuellement.

Comment obtenir une estimation pour un dessin attribué à Lindtmayer II ?

Une estimation nécessite des photographies de qualité et les informations disponibles (dimensions, inscriptions, provenance). Une estimation gratuite peut être demandée auprès de Fabien Robaldo chez MILLON.

Sources

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/335017

https://www.artic.edu/artists/64852/daniel-lindtmayer-ii

https://kunstmuseumbasel.ch/fr/expositions/2020/lumineuses-figures/brochure

https://kunstmuseumbasel.ch/en/exhibitions/2020/luminous-figures/booklet

https://resources.metmuseum.org/resources/metpublications/pdf/Durer_and_Beyond_Central_European_Drawings_1400_1700.pdf

https://www.mutualart.com/Artist/Daniel-Lindtmayer/39966C26846D8C1A

https://en.wikipedia.org/wiki/Lindtmayer

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

Nos domaines d'expertises :

Domaine d'expertise : Bijoux
Bijoux anciens et modernes
Domaine d'expertise : vins
Vins et spiritueux
Domaine d'expertise : montres
Montres de collections
Domaine d'expertise : estimation livres
Livres et manuscrits
illustration icone domaines d'expertise tableau bordeaux
Tableaux anciens, modernes, contemporains
Domaine d'expertise : Timbre poste
Timbres-Poste et cartes postales
Domaine d'expertise : Laques & Peintures
Laques et peintures vietnamiennes
Domaine d'expertise : Monnaie
Pièces de monnaies
Domaine d'expertise : Art Asie
Art d'Asie et d'Orient
Domaine d'expertise : Art Contemporain
Art Contemporain
Domaine d'expertise : Verreries
Verreries Gallé, Daum, Lalique
Domaine d'expertise : Instruments
Violons, violoncelles et archets
Domaine d'expertise : Mobilier
Objets et mobiliers Arts Décoratifs
Domaine d'expertise : Jouets Anciens
Jouets anciens et automates

Nos partenaires commissaire-priseur