| Domaines artistiques | Prix / Valeur / Cote |
|---|---|
| Dessins et gouaches | 1 950 € – 3 840 € |
| Petites huiles sur toile | 7 500 € – 14 050 € |
| Huiles de moyen ou grand format | 11 546 € – 46 855 € |
| Peintures majeures documentées | 46 855 € – 1 310 500 € |
Ces niveaux reposent sur une sélection de résultats publics exprimés en euros. Ils ne constituent pas un barème applicable automatiquement à chaque œuvre. Une peinture majeure et une petite huile ne répondent pas à la même demande. De même, un dessin, une gouache, un monotype et une estampe numérotée appartiennent à des catégories de marché différentes.
Biographie
Marie Françoise Gilot naît le 26 novembre 1921 à Neuilly-sur-Seine. Elle reçoit très jeune un enseignement artistique. À partir de 1928, sa mère lui apprend notamment l’aquarelle anglaise et l’encre de Chine. Dans les années 1930, elle aborde également la gravure et la pointe sèche auprès de Jacques Beurdeley. Cette formation précoce explique en partie la place durable du dessin et de l’estampe dans son parcours.
Elle obtient en 1938 un diplôme de philosophie à l’Université de Paris. Elle étudie ensuite la littérature anglaise au British Institute de Paris, puis le droit et la littérature entre 1939 et 1942. Parallèlement, elle poursuit son apprentissage artistique dans l’atelier du peintre Endre Rozsda en 1941 et 1942. Elle fréquente ensuite l’Académie Julian et l’École des beaux-arts, où elle travaille auprès de Jean Souverbie.
Des débuts dans le Paris des années 1940
Pendant l’Occupation, Françoise Gilot réalise des peintures, des dessins et des gravures caractérisés par une construction attentive. Certaines compositions comportent des objets auxquels elle donne une fonction symbolique. L’huile sur toile « The Hawk », datée de 1943, appartient à cette période de formation et témoigne déjà d’une recherche indépendante.
Elle rencontre Pablo Picasso en mai 1943. Leur relation personnelle et artistique se prolonge pendant une dizaine d’années. Ils ont deux enfants, Claude, né en 1947, et Paloma, née en 1949. Cette période place Françoise Gilot au contact direct de plusieurs figures importantes de l’art moderne, mais son œuvre ne peut être comprise uniquement à travers cette relation.
Elle poursuit en effet ses propres recherches, expose et développe un vocabulaire pictural fondé sur la ligne, la couleur et l’organisation de la surface. En 1952, elle présente ses œuvres à la galerie Louise Leiris. Elle compte alors parmi les rares femmes artistes liées par contrat au marchand Daniel-Henry Kahnweiler.
L’affirmation d’une carrière autonome
Françoise Gilot quitte Picasso en 1953. Dans les années qui suivent, elle poursuit une carrière autonome et travaille avec la galerie Coard. Ses paysages, natures mortes, portraits et scènes représentant ses enfants montrent une évolution progressive vers un langage plus personnel.
Les années 1960 correspondent à une étape importante. Elle réalise notamment la série de la végétation, inspirée par les serres de Kew Gardens et par les effets de lumière observés dans les espaces vitrés. Entre 1961 et 1963, elle développe également la série du « Labyrinthe ». Plus de cinquante toiles reprennent librement des références au mythe de Thésée, d’Ariane et du Minotaure. Les personnages et les épisodes mythologiques y deviennent des structures visuelles plutôt que des illustrations littérales.
En 1964 paraît aux États-Unis « Life with Picasso », écrit avec Carlton Lake. La publication française, sous le titre « Vivre avec Picasso », contribue à l’éloigner d’une partie du milieu artistique français. Ses expositions se développent cependant en Europe et aux États-Unis.
Une œuvre développée entre la France et les États-Unis
Françoise Gilot s’installe aux États-Unis en 1970. La même année, elle épouse Jonas Salk, chercheur américain associé au développement du premier vaccin efficace contre la poliomyélite. Elle partage dès lors son activité entre plusieurs ateliers, notamment à Paris, New York et La Jolla en Californie.
À partir des années 1970, elle poursuit ses recherches sur la peinture, l’aquarelle, l’encre, la lithographie et l’aquatinte. Elle travaille notamment avec l’atelier Mourlot et le Tamarind Institute. Dans les années 1980, elle réalise ses grandes peintures flottantes en acrylique sur toile de coton libre. Elle développe parallèlement une production importante de monotypes.
Sa carrière fait l’objet d’expositions et de publications consacrées à ses différentes périodes. Elle reçoit plusieurs distinctions, dont le grade d’Officier de l’ordre des Arts et des Lettres en 1978, celui de Commandeur en 1988, puis celui de Chevalier de la Légion d’honneur en 1990. Elle est nommée Officier de la Légion d’honneur en 2009.
Françoise Gilot poursuit son travail jusqu’à un âge avancé. Elle meurt à New York le 6 juin 2023, à 101 ans. Des œuvres de l’artiste sont conservées dans plusieurs institutions américaines, parmi lesquelles le Museum of Modern Art, le Metropolitan Museum of Art, la National Gallery of Art et le Berman Museum of Art.
Style de l’artiste
Le style de Françoise Gilot évolue sur plusieurs décennies. Une constante demeure toutefois visible dans son attention portée à la structure de la composition. Les figures, objets et paysages sont organisés par des lignes nettes, des formes simplifiées et des rapports de couleurs construits.
Dans ses œuvres figuratives, les corps et les visages peuvent être volontairement déformés ou réduits à quelques signes. Cette simplification ne correspond pas à une absence de dessin. Elle résulte au contraire d’une recherche portant sur l’équilibre des masses et sur la lisibilité générale de l’image.
Les œuvres des années 1940 et 1950 accordent une place importante aux portraits, aux enfants, aux maternités, aux scènes familiales, aux natures mortes et aux paysages méditerranéens. La couleur devient progressivement plus saturée. Les figures de Claude et Paloma apparaissent dans plusieurs dessins et peintures aujourd’hui particulièrement étudiés.
À partir des années 1960, Françoise Gilot alterne davantage entre figuration structurée et abstraction colorée. La mythologie grecque, la végétation et les voyages lui fournissent des thèmes qu’elle transforme en réseaux de signes, en architectures colorées ou en formes emblématiques. Les références à Matisse sont parfois perceptibles dans son rapport aux aplats et aux contrastes, mais elles s’intègrent à une démarche propre.
Dans les années 1970 et 1980, sa peinture accorde une importance croissante aux surfaces planes, aux contours précis et aux couleurs complémentaires. Les compositions monumentales peuvent prendre un caractère totémique. Les peintures flottantes prolongent cette évolution par leur format, leur support libre et leur conception recto verso.
L’identification stylistique doit donc tenir compte de la date supposée de l’œuvre. Une huile des années 1950 ne présente pas les mêmes caractéristiques qu’un monotype tardif ou qu’une toile emblématique des années 1980. Comparer une œuvre à une seule image connue de l’artiste conduit souvent à des conclusions insuffisantes.
Techniques, matériaux et périodes
La production de Françoise Gilot comprend des huiles sur toile, sur lin ou sur panneau. Certaines œuvres associent l’huile et la tempera sur papier. D’autres utilisent des techniques mixtes. Le support, sa préparation et la manière dont la matière picturale est appliquée peuvent apporter des indications utiles pour situer une œuvre dans son parcours.
Les œuvres sur papier occupent une place importante. L’artiste emploie le graphite, le crayon, le crayon de cire, le stylo à bille, la plume, l’encre de Chine, la gouache, l’aquarelle et le pastel. Elle combine parfois plusieurs de ces techniques sur une même feuille. Ses dessins peuvent être des études préparatoires, des œuvres autonomes ou des recherches liées à une série précise.
Françoise Gilot pratique également la lithographie, l’aquatinte, la pointe sèche et l’eau-forte. Elle produit des épreuves signées, des éditions numérotées et des épreuves d’artiste. Le catalogue raisonné « Stone Echoes: Original Prints by Françoise Gilot », publié en 1995 par le Berman Museum of Art, constitue une référence documentaire pour l’étude de ses estampes originales.
Les années 1980 voient le développement du monotype. Contrairement à une estampe éditée à plusieurs exemplaires, le monotype produit généralement une impression unique. Françoise Gilot peut y intégrer des collages de papiers japonais ou des éléments issus de gravures. Cette distinction technique joue un rôle direct dans l’analyse de la valeur.
Les peintures flottantes sont réalisées à l’acrylique sur une toile de coton non préparée et non tendue. Elles sont peintes sur les deux faces et suspendues par une barre placée dans leur partie supérieure. Commencée autour de 1980, cette production s’achève en 1986. Elle constitue un ensemble particulier qui ne doit pas être confondu avec les huiles traditionnelles sur châssis.
Analyse du marché
Le marché de Françoise Gilot est fortement hiérarchisé. Les peintures uniques occupent généralement le niveau le plus élevé, mais toutes les huiles ne possèdent pas la même valeur. La date, le format, le sujet, la qualité de composition et le dossier documentaire peuvent produire des écarts considérables.
Les peintures des années 1940 et 1950 attirent une attention particulière lorsqu’elles correspondent à une étape importante de son parcours. Les portraits familiaux, les représentations de Claude ou Paloma, les scènes méditerranéennes et certaines grandes compositions historiques peuvent bénéficier d’un intérêt renforcé. Cette demande ne doit cependant pas être généralisée à toute œuvre datée de la même décennie.
Les grandes peintures ambitieuses peuvent atteindre des prix très supérieurs aux petites huiles. Les dimensions ne suffisent toutefois pas à établir une estimation. Une petite composition bien documentée, enregistrée dans les archives et associée à une série identifiée peut présenter davantage d’intérêt qu’une toile plus grande mais moins caractéristique.
Les œuvres uniques sur papier forment un marché intermédiaire. Les gouaches, aquarelles, encres et dessins sont étudiés selon leur technique, leur période, leur sujet et leur degré d’achèvement. Une feuille indépendante, signée et documentée ne se compare pas nécessairement à une étude rapide ou à un dessin inscrit dans un ouvrage.
Les monotypes doivent être distingués des estampes éditées. Leur caractère unique peut soutenir leur intérêt, en particulier lorsqu’ils appartiennent à une période ou à un ensemble reconnu. Pour les lithographies et les aquatintes, le tirage, la justification, la signature, le nom de l’imprimeur et la référence au catalogue raisonné sont déterminants.
Une reproduction, une affiche ou une impression photomécanique d’après une œuvre de Françoise Gilot ne possède pas le même statut qu’une lithographie originale. La présence d’une signature imprimée ne transforme pas une reproduction en œuvre originale. Cette distinction explique une partie des écarts de prix rencontrés sur le marché.
La provenance joue également un rôle important. Un historique remontant à l’artiste, à sa famille, à un collectionneur identifié ou à une galerie ayant représenté son travail peut renforcer la cohérence du dossier. Les anciennes étiquettes, factures, certificats, photographies d’exposition et références bibliographiques doivent être étudiés ensemble.
Le record obtenu en 2024 par « Concert on the Green (Le Concert Champêtre) » ne constitue pas une référence automatique pour une huile courante. Il concerne une grande composition de 1953, issue d’une période recherchée, dotée d’un historique d’exposition et d’une provenance liée à la galerie Louise Leiris. Une estimation sérieuse repose sur des comparaisons réellement proches.
Analyse technique de l’oeuvre de l’artiste
Plusieurs formes de signature sont documentées dans l’œuvre de Françoise Gilot. On rencontre notamment « F. Gilot », « F.GILOT. », « FGilot. » ou la signature développée « Françoise Gilot ». La graphie peut varier selon la période, le support et la technique.
En 1978, l’artiste conçoit un monogramme circulaire comparable à un sceau. Elle commence alors à l’utiliser sur certaines peintures. Ce monogramme ne doit pas être recherché sur toutes les œuvres, puisqu’il appartient à une phase tardive de sa carrière. Son absence sur une œuvre antérieure est donc cohérente.
Françoise Gilot n’a pas toujours signé ses peintures au moment de leur réalisation. Les archives de l’artiste indiquent qu’elle pouvait ajouter une signature ultérieurement, notamment à l’occasion d’une exposition ou à la demande d’un collectionneur. Certaines œuvres peuvent ainsi rester non signées. Inversement, une signature visible ne suffit jamais à établir seule une attribution.
La signature peut apparaître au recto, sur le châssis ou sur un élément du revers. Le dos d’une œuvre peut également porter un titre, une date, une dédicace, une ancienne étiquette ou un numéro d’archives. La cohérence entre ces indications et les caractéristiques matérielles de l’objet doit être examinée.
Plusieurs œuvres passées en vente publique ont été confirmées par Françoise Gilot ou par Aurélia Engel et enregistrées dans les Archives Françoise Gilot. Un tel enregistrement constitue un élément documentaire important. Il ne remplace toutefois pas l’analyse de la technique, du support, de la provenance et de la composition lorsqu’il s’agit d’établir une estimation.
Pour une estampe, l’examen porte notamment sur la technique d’impression, la justification du tirage, la signature, les mentions d’épreuve d’artiste et les dimensions du sujet et de la feuille. Les inscriptions telles que « A.P. », « E.A. » ou une fraction indiquant le numéro d’exemplaire doivent être replacées dans le contexte précis de l’édition.
L’expertise cherche ainsi à confronter plusieurs catégories d’indices. Elle étudie la matérialité de l’œuvre, son langage formel, les inscriptions, les documents transmis et les références disponibles. Une première analyse sur photographies peut orienter les recherches, mais elle ne garantit pas une authentification définitive à distance.
Marché des enchères
Les adjudications suivantes illustrent la diversité des niveaux atteints par les peintures de Françoise Gilot. Elles correspondent à des œuvres différentes par leur format, leur date, leur sujet et leur documentation. Les montants publiés par les maisons de ventes peuvent inclure des frais selon leurs pratiques respectives.
- Christie’s, Paris, 9 avril 2024 : « Concert on the Green (Le Concert Champêtre) », 1953, huile sur panneau de 130 x 162 cm, vendue 1 310 500 €. Christie’s a présenté ce résultat comme un nouveau record mondial pour l’artiste.
- Le Floc’h, Saint-Cloud, 13 février 2022 : « Enfants en Tunisie », 1956, huile sur toile de 132 x 98 cm, adjugée 46 855 €.
- Dorotheum, Vienne, 22 juin 2021 : « Ancient Statues at Dellos », 1965, huile sur toile de 22 x 27,5 cm, enregistrée dans les Archives Françoise Gilot, vendue 14 050 €.
- Tajan, Paris, 23 novembre 2022 : « Aurélia dans son berceau », 1958, huile sur toile de 65 x 50 cm, répertoriée dans les archives de l’artiste sous le numéro 440.41, vendue 11 545,60 €.
Ces résultats ne permettent pas de calculer une moyenne applicable à tout tableau signé Françoise Gilot. Le prix record concerne une œuvre monumentale et historiquement documentée. Les autres adjudications montrent que des huiles authentifiées ou enregistrées peuvent atteindre des niveaux très différents selon leur importance.
Conclusion
L’estimation d’une œuvre attribuée à Françoise Gilot exige d’abord d’en déterminer la nature exacte. Il convient de distinguer une huile, une œuvre unique sur papier, un monotype, une estampe originale et une reproduction. La période, les dimensions, le sujet, la signature, les inscriptions, la provenance et les éventuelles références aux archives permettent ensuite de rechercher des comparables pertinents.
Une estimation sur photographies constitue une première orientation de valeur. Elle ne doit pas être confondue avec une expertise complète ni avec une authentification opposable. Si vous possédez un tableau, un dessin ou une estampe signée ou attribuée à Françoise Gilot, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. L’étude des photographies et des informations disponibles permettra d’orienter le bien et, si le propriétaire souhaite vendre, d’envisager sa présentation sur le marché des enchères adapté.
https://www.francoisegilot.com/bio.php
https://www.francoisegilot.com/vitae.php
https://www.francoisegilot.com/bio40s.php
https://www.francoisegilot.com/bio50s.php
https://www.francoisegilot.com/bio60s.php
https://www.francoisegilot.com/bio70s.php
https://www.francoisegilot.com/bio80s.php
https://www.francoisegilot.com/bio90s.php
https://www.francoisegilot.com/themes-10.php
https://www.museepicassoparis.fr/sites/default/files/2024-07/DP%20LA%20COLLECTION%20UK.pdf
https://www.ursinus.edu/berman/collections/franoise-gilot-collection/
https://www.ursinus.edu/berman/collections/franoise-gilot-collection/leaving-a-legacy/
https://press.christies.com/wp-content/uploads/2024/04/2b2a43836265b894c103ad63dc81eba3.pdf
https://www.christies.com/lot/lot-6476171
https://www.gazette-drouot.com/en/article/francoise-gilot-artist-and-leader/71441
https://www.dorotheum.com/en/l/7229725/
https://www.tajan.com/auction-lot/francoise-gilot-nee-en-1921_9ED4203815
https://www.tajan.com/auction-lot/francoise-gilot-nee-en-1921-spring-aquatinte-sur-_9E34998AE9