Jacques d’Arthois : nature monumentale et scènes de chasse

Expertise Fabien Robaldo, portrait photo de l'expert en Noir et blanc

Jacques d’Arthois : paysages monumentaux et scènes de chasse dans la peinture flamande du XVIIe siècle

Introduction

Jacques d’Arthois (Bruxelles, 1613-1686) est un peintre flamand principalement associé au paysage boisé. Son nom apparaît régulièrement dans les ventes d’art ancien pour des compositions de grande ampleur, souvent animées de personnages, de cavaliers ou de scènes liées à la chasse. La thématique “nature monumentale et scènes de chasse” renvoie à deux constantes de son univers : des espaces forestiers conçus comme des décors majestueux et une présence humaine qui introduit récit, mouvement et hiérarchie sociale, notamment à travers la chasse aristocratique.

Pour un collectionneur, un héritier ou un amateur, ces œuvres posent des questions concrètes d’identification, d’attribution et de valeur. Les formats, les signatures, la place des figures, l’éventuelle collaboration avec d’autres peintres, et les résultats observés en salle des ventes sont autant d’éléments utiles pour comprendre le positionnement de Jacques d’Arthois sur le marché.

Comprendre la thématique : nature monumentale et chasse chez Jacques d’Arthois

Dans le vocabulaire du paysage flamand du XVIIe siècle, l’idée de “nature monumentale” ne se réduit pas à la simple représentation d’arbres ou de chemins. Elle désigne une composition construite pour impressionner par l’échelle, la profondeur, l’alternance d’ombres et de lumières, et la sensation d’ampleur. Chez Jacques d’Arthois, le sous-bois devient un espace structuré, parfois théâtral, où les troncs, les frondaisons et les clairières forment un cadre qui domine la scène.

La “scène de chasse” apparaît souvent sous forme de staffage, c’est-à-dire de personnages ajoutés au paysage : chasse au faucon, cavaliers, chiens, haltes, conversations, départs ou retours. La chasse joue alors plusieurs rôles. Elle donne une fonction sociale au lieu (forêt de chasse, promenade de l’élite), elle anime la composition, et elle fournit un sujet immédiatement lisible pour l’amateur. Dans certains cas, le thème de la chasse se combine à une scène religieuse ou historique, par exemple la conversion de saint Hubert, sujet classique des paysages animés.

Cette thématique se retrouve aussi dans la logique décorative de l’époque : de grands paysages destinés à être vus à distance, parfois pensés pour des intérieurs prestigieux. Les formats importants, la lisibilité générale, et la place accordée aux chemins et aux clairières répondent à cet usage.

Typologies, matériaux, périodes et styles

Les principales typologies de sujets

Dans les œuvres attribuées à Jacques d’Arthois, on rencontre fréquemment des paysages de forêt avec chemin et figures, des lisières boisées ouvrant sur une étendue d’eau, et des scènes de halte. La chasse peut se manifester de manière explicite (fauconniers, chiens, cavaliers armés) ou rester plus discrète, intégrée à une promenade en forêt. D’autres compositions associent paysage et récit, avec un épisode religieux ou moral placé au premier plan, tandis que la forêt occupe l’essentiel de l’espace visuel.

La nature “monumentale” s’exprime particulièrement dans les compositions de grande largeur, où l’œil est invité à circuler entre un premier plan sombre et des lointains plus clairs. Le peintre utilise souvent des arbres massifs comme éléments d’architecture naturelle, qui encadrent la scène et accentuent la profondeur.

Matériaux et supports les plus courants

Sur le plan matériel, les œuvres visibles sur le marché sont le plus souvent des huiles sur toile ou des huiles sur panneau de bois. Le panneau apparaît régulièrement pour des formats plus contenus, tandis que la toile accompagne davantage les dimensions importantes, même si les exceptions existent. On rencontre aussi des œuvres décrites comme signées, d’autres comme “attribuées à”, “atelier de”, “entourage de” ou “cercle de”, ce qui impacte directement la lecture du dossier et la valeur potentielle.

Jacques d’Arthois est également mentionné comme créateur de cartons ou de modèles liés à la tapisserie dans certaines sources biographiques, ce qui rappelle le contexte bruxellois, mais le marché est surtout alimenté par des peintures de chevalet.

Repères chronologiques et style général

L’activité de Jacques d’Arthois se situe au XVIIe siècle, dans un contexte baroque où le paysage prend une place croissante comme genre autonome. Son style s’inscrit dans la tradition flamande des paysages boisés, avec une attention marquée aux effets d’ombre et de lumière, à la densité du feuillage, et à la construction de plans successifs. La composition vise souvent un équilibre entre masse végétale et ouvertures : clairières, routes, cours d’eau, ou percées vers l’horizon.

La question du format est centrale dans cette thématique. Plusieurs notices de catalogues rappellent la préférence de l’artiste pour de grandes dimensions, ce qui est cohérent avec l’idée de paysage décoratif et de “nature monumentale”. Dans la pratique du marché, un grand format signé et bien attribué est généralement plus recherché qu’un petit format de qualité moyenne ou d’attribution incertaine.

Scènes de chasse et collaborations

Dans la peinture flamande, il est fréquent que le paysage et les figures soient partagés entre deux mains. Jacques d’Arthois est précisément associé à ce type de production : le paysage peut être de lui, tandis que les figures, les chiens ou les cavaliers sont confiés à un peintre de staffage. Sur le marché, certaines œuvres sont décrites comme des collaborations, et cette donnée pèse dans l’analyse. Une collaboration documentée et cohérente peut renforcer l’intérêt, à condition que l’attribution soit solide et que l’ensemble soit harmonieux.

Pour la thématique des scènes de chasse, la collaboration est un point d’attention, car la lisibilité du motif de chasse dépend souvent de la qualité des figures et des animaux. Une scène de fauconnerie, par exemple, se joue sur des détails clairs : posture du fauconnier, présence de chiens, organisation d’un groupe, accessoires et attitudes.

Facteurs qui influencent la valeur 

L’analyse de la valeur d’un paysage de Jacques d’Arthois, ou attribué à lui, repose d’abord sur le statut d’attribution. Une œuvre signée et clairement rattachée à l’artiste n’a pas le même niveau de reconnaissance qu’une œuvre “attribuée à”, “atelier de” ou “entourage de”. La présence d’une signature lisible, cohérente avec les habitudes de l’artiste, peut jouer un rôle positif, mais elle doit être examinée dans un cadre d’expertise.

Le format est un second facteur majeur. La thématique de la nature monumentale implique souvent de grandes dimensions, et le marché valorise généralement les œuvres où l’ambition décorative est évidente : largeur importante, profondeur de champ, composition construite. À l’inverse, un format réduit peut rester attractif s’il présente une qualité d’exécution élevée et une attribution ferme.

Le sujet exact compte également. Les paysages boisés sont nombreux sur le marché, mais la présence d’une scène de chasse explicite, d’une fauconnerie, ou d’un épisode iconographique identifiable (par exemple une scène liée à saint Hubert) peut élargir le public intéressé. Les compositions qui associent un grand paysage et une scène bien lisible ont souvent un meilleur impact visuel, ce qui peut soutenir la valeur.

La qualité de la composition, au-delà de la simple thématique, intervient de façon déterminante : équilibre des masses, gestion des lumières, variété des feuillages, articulation des plans. Deux œuvres de même sujet peuvent se situer très différemment selon la force du paysage et la crédibilité des figures. Les œuvres perçues comme “décoratives” au meilleur sens du terme, c’est-à-dire immédiatement efficaces dans un intérieur, restent recherchées.

Enfin, la provenance, la présence d’un historique de vente, et l’existence d’avis d’experts ou de références bibliographiques sont des éléments structurants. Un dossier documenté facilite la confiance et la comparaison avec des œuvres passées en vente, ce qui aide à positionner une valeur de façon argumentée.

Marché de l’art : demande, cote et valeur

Jacques d’Arthois occupe une place identifiable sur le segment des paysages flamands du XVIIe siècle. La demande se situe à la rencontre de plusieurs intérêts : collectionneurs de peinture flamande, amateurs de paysages boisés, et acquéreurs recherchant des œuvres décoratives anciennes de format significatif. Les scènes de chasse, lorsqu’elles sont présentes et bien intégrées, renforcent la dimension narrative et sociale de l’œuvre, ce qui peut soutenir l’attrait en salle des ventes.

La cote dépend fortement du degré de certitude de l’attribution. Le marché distingue clairement une œuvre autographe, une œuvre attribuée, et une œuvre d’atelier ou de cercle. Cette gradation se retrouve dans les estimations et, souvent, dans les résultats. Dans ce contexte, l’expertise joue un rôle central : elle permet de qualifier l’œuvre, de la comparer à des compositions connues, et de replacer la pièce dans un ensemble cohérent.

Pour la thématique “nature monumentale”, les œuvres de grande taille et de belle présence sont celles qui retiennent le plus l’attention, car elles correspondent à l’image forte de l’artiste. Les résultats publics disponibles montrent que des œuvres passées en vente peuvent se situer autour de plusieurs dizaines de milliers d’euros, selon le sujet, la collaboration éventuelle, et la force du dossier. Une œuvre combinant paysage ambitieux et scène de chasse lisible, avec une attribution solide, peut ainsi se positionner au-dessus d’un paysage plus ordinaire ou de faible format.

Il faut aussi tenir compte des confusions possibles au sein des écoles flamandes et bruxelloises. Des œuvres proches peuvent circuler sous des attributions variables, et certaines notices rappellent que des œuvres non signées ont parfois été rattachées à tort à Jacques d’Arthois. Cet environnement rend d’autant plus utile une approche structurée, fondée sur l’observation, la comparaison et l’étude des sources disponibles.

Résultats de ventes vérifiés

Les résultats ci-dessous sont des exemples de prix publiés dans des catalogues de ventes accessibles. Ils donnent des repères, mais ne remplacent pas une expertise, car chaque œuvre se distingue par son attribution, son format et sa qualité.

  • Lempertz (Cologne), 15/05/2010, lot 1684, “WIDE LANDSCAPE WITH CART AND FIGURAL STAFFAGE”, 19 200 € (frais inclus).
  • Lempertz (Cologne), 16/11/2024, lot 2053, “View of the Old Hôtel de Nassau in Brussels with two Falconers and Dogs in the Foreground” (collaboration mentionnée), 20 160 € (frais inclus).

Conclusion

La thématique “Jacques d’Arthois : nature monumentale et scènes de chasse” recouvre des paysages boisés conçus comme de grands décors, souvent animés de figures et parfois marqués par des motifs de chasse ou de fauconnerie. Sur le marché, la valeur dépend en priorité de l’attribution, du format, de la qualité de composition et du dossier (provenance, historique, avis). Une œuvre signée, de grande ampleur, avec une scène de chasse lisible et une attribution solide, ne se positionne pas comme une simple décoration, mais comme un paysage flamand du XVIIe siècle à part entière.

Pour connaître la valeur de votre tableau, dessin ou peinture ancienne attribuée à Jacques d’Arthois, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo, en lien avec MILLON. L’objectif est d’obtenir une analyse claire, documentée et adaptée à votre œuvre.

FAQ

Qui est Jacques d’Arthois ?

Jacques d’Arthois (1613-1686) est un peintre flamand actif à Bruxelles, surtout connu pour ses paysages boisés animés de figures.

Que signifie “nature monumentale” dans ses paysages ?

Il s’agit de compositions où la forêt et l’espace naturel dominent par l’échelle, la profondeur et la structure, avec une mise en scène destinée à impressionner et à décorer.

Les scènes de chasse sont-elles fréquentes chez Jacques d’Arthois ?

Elles apparaissent régulièrement sous forme de cavaliers, fauconniers, chiens et groupes de chasse, intégrés au paysage.

Qu’est-ce que le “staffage” dans un paysage flamand ?

Le staffage désigne les personnages et animaux ajoutés au paysage pour l’animer et créer un récit, parfois réalisés par un autre artiste.

Jacques d’Arthois a-t-il travaillé en collaboration avec d’autres peintres ?

Oui, certaines œuvres sont décrites comme des collaborations, avec un partage entre le paysage et les figures.

Quels supports rencontre-t-on le plus souvent sur le marché ?

On voit principalement des huiles sur toile et des huiles sur panneau de bois, selon les formats et les périodes.

Comment reconnaître un paysage “typique” de Jacques d’Arthois ?

On retrouve souvent un paysage boisé, des jeux d’ombre et de lumière, des chemins et des ouvertures vers le lointain, avec des figures en accompagnement.

Une signature suffit-elle à authentifier une œuvre ?

Non. Une signature est un indice, mais l’attribution repose sur un ensemble de critères : style, composition, comparaison et cohérence du dossier.

Quels éléments font varier la valeur d’un tableau attribué à Jacques d’Arthois ?

Le statut d’attribution, le format, la qualité, le sujet (dont la chasse), la provenance et l’existence de références ou d’historiques de vente influencent la valeur.

Pourquoi les scènes de chasse peuvent-elles augmenter l’intérêt d’une œuvre ?

Elles renforcent la lisibilité, introduisent un récit et renvoient à un imaginaire aristocratique, ce qui peut élargir la demande selon les œuvres.

Les grands formats sont-ils plus recherchés ?

Souvent oui, car ils correspondent à l’idée de paysage décoratif ambitieux et à l’image de la nature monumentale associée à l’artiste.

Comment obtenir une estimation fiable ?

Une expertise permet d’analyser l’attribution, le format, le sujet, le dossier et les comparables, afin de proposer une valeur cohérente. Vous pouvez demander une estimation gratuite à Fabien Robaldo.

Sources

https://www.lempertz.com/en/catalogues/lot/957-1/1684-jacques-darthois.html

https://www.lempertz.com/en/catalogues/lot/1254-1/2053-david-teniers-the-youngerjacques-darthois.html

https://www.lempertz.com/en/catalogues/artist-index/detail/arthois-jacques-d.html

https://en.wikipedia.org/wiki/Jacques_d%27Arthois

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_d%27Arthois

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