Jacques Hérold : gravure et peinture influencées par André Breton (repères, typologies et valeur)
Introduction
Jacques Hérold (1910-1987) est un artiste associé au surréalisme, actif en France à partir des années 1930. Son oeuvre couvre la peinture et un ensemble important de travaux sur papier, dont des gravures et des estampes. La thématique “Jacques Hérold : gravure et peinture influencées par André Breton” renvoie à la fois à une proximité historique avec le groupe surréaliste et à une affinité avec des idées défendues par André Breton, notamment l’importance du rêve, de l’image mentale, des associations inattendues et d’une liberté poétique dans la construction des formes. Sur le plan du marché, Hérold apparaît régulièrement en ventes publiques, avec des niveaux de prix variables selon le médium, la période et la rareté. Cet article présente des repères simples pour comprendre ces oeuvres, identifier les principaux formats rencontrés, et situer les facteurs qui influencent leur valeur.
Comprendre la thématique : une oeuvre surréaliste entre peinture et gravure
Parler d’une oeuvre “influencée par André Breton” ne signifie pas que l’artiste illustre un texte précis ou applique une recette. Dans le cas de Jacques Hérold, il s’agit plutôt d’un environnement intellectuel et artistique : le surréalisme est un mouvement structuré par des expositions, des revues, des amitiés, des prises de position et des débats, dont André Breton est l’une des figures centrales. L’influence se lit dans les sujets (formes organiques, métamorphoses, hybridations), dans une logique d’images qui déstabilisent la lecture immédiate, et dans un goût pour l’incongru, l’érotisme latent, l’énigme et la suggestion.
La gravure et l’estampe occupent, dans l’histoire du surréalisme, une place pratique et stratégique. Elles permettent de diffuser des images à un coût plus accessible que la peinture, d’illustrer des livres, de constituer des portfolios et de circuler entre ateliers, éditeurs et collectionneurs. Chez Hérold, la gravure peut être pensée comme un prolongement de la peinture : même famille de formes, mêmes tensions entre abstraction et figuration, mêmes jeux entre le végétal, le minéral et l’anatomique. Cette continuité explique que le collectionneur rencontre souvent, dans une même période, des oeuvres sur toile et des oeuvres sur papier visuellement cohérentes.
Définition et description générale : ce que recouvre “gravure et peinture” chez Jacques Hérold
Dans un contexte de collection et d’expertise, le terme peinture désigne principalement des oeuvres sur toile (ou sur panneau) réalisées à l’huile, parfois complétées par des oeuvres à la gouache. Pour Hérold, on rencontre aussi des aquarelles et des dessins, qui constituent une partie essentielle de la production et de la circulation de son oeuvre. Le terme gravure est à comprendre au sens large, incluant des techniques d’estampe (par exemple eau-forte) et, plus largement, des multiples tels que lithographies et sérigraphies. Selon les cas, l’artiste peut être à l’origine de l’image et intervenir dans sa validation (signature, numérotation), tandis que l’impression est réalisée par un atelier ou un imprimeur.
La thématique “influencées par André Breton” recouvre plusieurs réalités visibles dans les oeuvres. D’abord, un imaginaire surréaliste : des formes biomorphiques, des silhouettes ambiguës, des mécanismes visuels qui évoquent la transformation. Ensuite, un rapport au langage et au livre : l’estampe surréaliste accompagne souvent des projets éditoriaux (livres illustrés, portfolios), ce qui ancre Hérold dans une culture de l’image reproduite et partagée. Enfin, une posture artistique : la recherche d’une liberté d’invention, sans hiérarchie stricte entre peinture, dessin et gravure.
Typologies, matériaux, périodes et styles : repères simples
Peintures : huile sur toile et formats de collection
Les peintures de Jacques Hérold se rencontrent en général sous forme d’huiles sur toile, de dimensions variables. Le marché voit passer des formats intermédiaires, adaptés à l’accrochage domestique, mais aussi des formats plus importants, souvent mieux documentés (expositions, bibliographie). Sur le plan stylistique, l’identification est souvent facilitée par la présence de formes organiques, de structures végétales imaginaires, de volumes qui semblent à la fois anatomiques et minéraux. Une toile comme “Entre nous” (1961) illustre bien la présence sur le marché d’oeuvres de cette période, avec un intérêt soutenu des collectionneurs pour les pièces où l’univers surréaliste est lisible et affirmé.
Oeuvres sur papier : aquarelles, dessins, gouaches
Les oeuvres sur papier couvrent des aquarelles, des dessins et des compositions mixtes. Elles peuvent correspondre à des recherches, à des projets autonomes, ou à des travaux liés au livre. Leur attrait tient à plusieurs points : une lecture directe du geste, une spontanéité, et une accessibilité financière souvent supérieure à celle des peintures. Une aquarelle datée, signée, de sujet caractéristique, peut constituer une bonne entrée dans l’univers de l’artiste. Des feuilles datées des années 1960-1970 apparaissent régulièrement en ventes, avec des estimations et des résultats qui varient selon dimensions, intensité graphique, et qualité de provenance.
Gravures et estampes : eau-forte, lithographie, portfolios
Pour la partie gravée au sens strict, le collectionneur rencontre des ensembles édités, des suites, et des livres illustrés. Les surréalistes ont largement investi le champ du livre et de l’édition, et Jacques Hérold s’inscrit dans cette tradition par des collaborations et des portfolios. Les lots peuvent prendre plusieurs formes : une estampe isolée, une suite complète, un volume avec gravures, ou un exemplaire enrichi (suite supplémentaire, épreuves séparées). Par exemple, des ensembles comme “Des siècles de folie dans les calèches étroites” (édition illustrée avec gravures) ou “L’Archangélique” (édition illustrée) relèvent d’une catégorie particulière : l’objet est à la fois un livre et un ensemble d’estampes, ce qui élargit le public potentiel (bibliophilie, amateurs de surréalisme, collectionneurs d’estampes).
Périodes : des années 1930 aux années 1980
De façon schématique, la lecture du marché peut s’organiser autour de grandes périodes : l’installation en France et l’entrée dans le milieu surréaliste à partir des années 1930, les décennies d’après-guerre où l’artiste consolide son langage plastique, puis les années 1960-1980, très présentes en ventes avec des peintures, des oeuvres sur papier et des éditions. Pour le collectionneur, la date n’est pas qu’une information documentaire : elle situe l’oeuvre par rapport à l’histoire du surréalisme, au contexte des expositions et aux choix esthétiques d’une période donnée.
Facteurs qui influencent la valeur : critères concrets et lisibles
La valeur d’une oeuvre de Jacques Hérold s’apprécie en combinant plusieurs critères, dont l’importance relative dépend du type d’oeuvre (peinture, papier, estampe, livre illustré). Le premier critère est le médium. En règle générale, une huile sur toile se positionne au-dessus d’une aquarelle, et une aquarelle au-dessus d’une estampe isolée, même si des exceptions existent pour des ensembles rares ou très recherchés.
Période et lisibilité surréaliste
La période de création et la “lisibilité” de l’univers surréaliste influencent fortement la perception des acheteurs. Les oeuvres où l’on retrouve clairement des motifs biomorphiques, des métamorphoses, ou une construction d’image typique du surréalisme, sont souvent mieux comprises et donc plus demandées. L’influence d’André Breton, au sens d’un cadre surréaliste, agit ici comme un repère culturel : plus l’oeuvre s’inscrit clairement dans ce champ, plus elle est facile à situer et à défendre en collection.
Dimensions, composition, présence d’un titre
Les dimensions jouent un rôle simple : à qualité comparable, les grands formats sont plus rares et plus chers, mais ils exigent aussi un public plus restreint. Le titre, lorsqu’il existe, facilite l’identification et la traçabilité. Une oeuvre intitulée, datée, et bien décrite, circule généralement mieux qu’une oeuvre trop peu documentée. Cela vaut autant pour la peinture que pour les oeuvres sur papier.
Provenance, expositions, bibliographie
La provenance et la documentation (expositions, références bibliographiques) peuvent soutenir une oeuvre de façon déterminante. Un historique clair, une présence en exposition, ou une reproduction dans un ouvrage de référence renforcent l’intérêt des collectionneurs, car ces éléments sécurisent l’identification et installent l’oeuvre dans un récit. Dans certains cas, une provenance reconnue (galerie, collection privée identifiée) a un effet direct sur la demande.
Pour l’estampe : tirage, numérotation, signature, ensembles complets
Pour les gravures, lithographies et suites, le tirage (nombre d’exemplaires) et la présentation du lot sont des critères majeurs. Une estampe signée et numérotée, issue d’un tirage limité, se distingue d’une reproduction non contrôlée. Les ensembles complets (suite de planches, volume avec suite, exemplaire enrichi) attirent souvent davantage, car ils répondent à une logique de collection. Dans le cadre du surréalisme, l’édition illustrée peut aussi mobiliser des acheteurs qui cherchent un objet cohérent, où l’image et le texte forment un ensemble.
Marché de l’art : demande, cote et niveaux de valeur observables
La demande pour Jacques Hérold s’inscrit dans un marché plus large : celui du surréalisme historique et de ses prolongements. Les collectionneurs intéressés par André Breton et son cercle suivent naturellement les artistes associés au mouvement, dont Hérold. On observe également un intérêt d’amateurs d’art moderne attirés par des formes proches de l’abstraction, mais dont la charge narrative reste présente. Les oeuvres sur papier répondent à une logique de collection plus flexible, tandis que la peinture constitue, pour beaucoup, le coeur de la cote.
En pratique, les résultats publics montrent des écarts importants. D’un côté, des oeuvres sur papier peuvent se situer dans des niveaux accessibles, parfois sous 1 000 €, selon le type d’oeuvre et la concurrence en salle. De l’autre, des peintures peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros lorsque la composition est forte, la période intéressante, et la documentation solide. Les livres illustrés et portfolios forment une catégorie intermédiaire : ils peuvent dépasser le prix d’une estampe isolée, surtout lorsque le lot inclut des suites et des éléments de bibliophilie recherchés.
Pour une lecture fiable, il est utile de raisonner par familles d’oeuvres plutôt que par un prix unique “de référence”. Une valeur se construit à partir d’une comparaison : dimensions, datation, technique, présence d’une signature, tirage et qualité documentaire. C’est précisément l’objet d’un travail d’expertise. Le bureau d’expertise de Fabien Robaldo intervient sur ces points, avec une approche factuelle et orientée vers l’identification et la cohérence de marché, notamment en lien avec les pratiques de ventes publiques et l’écosystème français, dont MILLON fait partie.
Résultats de ventes
Les résultats ci-dessous proviennent de fiches de résultats publiées par une maison de ventes, avec un prix en euros. Les intitulés de ventes et les numéros de lots permettent une vérification directe. Les dates précises ne figurent pas dans les extraits de fiches consultés ; elles sont généralement associées à la page de vente correspondante (numéro de vente indiqué).
- Artcurial, vente n°6086 (Art Moderne), lot 188, Jacques Hérold “Entre nous” (1961), 11 152 €.
- Artcurial, vente n°3951 (Art Contemporain), lot 349, Jacques Hérold “Sans titre” (1968, aquarelle), 780 €.
- Artcurial, vente n°2261 (Autour des Cahiers du Regard), lot 52, Jacques Hérold “Des siècles de folie dans les calèches étroites” (édition avec gravures), 1 379 €.
- Artcurial, vente n°1403 (Bibliothèque Jan van der Marck), lot 101, Jacques Hérold, “L’Archangélique” (édition illustrée), 1 817 €.
Conclusion
La rencontre entre Jacques Hérold, la culture surréaliste et l’influence d’André Breton se comprend par un ensemble d’indices concrets : thèmes, formes, rapport au livre, circulation des images entre peinture, dessin et estampe. Pour le collectionneur, cette thématique est utile car elle donne un cadre de lecture et aide à situer l’oeuvre sur le marché. Dans les faits, les écarts de valeur peuvent être importants entre une peinture, une aquarelle et une estampe, ou entre une estampe isolée et un ensemble édité complet. Pour connaître le positionnement réaliste d’une oeuvre (peinture, gravure, oeuvre sur papier, livre illustré), le plus efficace reste une analyse au cas par cas, sur photographies et informations disponibles (dimensions, datation, signature, numérotation, historique).
Pour obtenir un avis clair et exploitable, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. Cette démarche permet de qualifier l’oeuvre, de la rattacher à une typologie cohérente, et d’en proposer une fourchette de valeur en phase avec les résultats observables et la demande du moment.
Qui est Jacques Hérold ?
Jacques Hérold (1910-1987) est un artiste associé au surréalisme, actif en France, connu pour ses peintures, oeuvres sur papier et travaux imprimés (gravures, lithographies et livres illustrés).
Pourquoi parle-t-on d’une influence d’André Breton ?
L’influence renvoie au cadre intellectuel et artistique du surréalisme, mouvement animé par André Breton, auquel Hérold est rattaché par son environnement, ses thèmes et des projets proches de la culture surréaliste.
Quelle différence entre gravure, estampe, lithographie et sérigraphie ?
Ce sont des catégories d’images imprimées. “Estampe” est un terme générique. “Gravure” renvoie à une image tirée depuis une matrice travaillée. Lithographie et sérigraphie sont d’autres procédés de tirage, fréquents sur le marché.
Les peintures de Jacques Hérold sont-elles plus recherchées que les gravures ?
En général, une huile sur toile se situe à un niveau de valeur supérieur à une estampe. Toutefois, la rareté, la période, la taille et la qualité de documentation peuvent modifier l’écart.
Quels thèmes sont typiques chez Jacques Hérold ?
On rencontre souvent des formes biomorphiques, des évocations végétales, des métamorphoses et des compositions ambiguës entre abstraction et figuration, proches d’une sensibilité surréaliste.
Comment reconnaître une estampe authentique signée de Jacques Hérold ?
On vérifie généralement la présence d’une signature (souvent au crayon), d’une numérotation, le papier, les mentions d’édition et la cohérence avec des références d’atelier ou d’éditeur quand elles existent.
La numérotation (ex. 38/75) a-t-elle un impact sur la valeur ?
Oui. La numérotation indique le tirage et confirme que l’oeuvre s’inscrit dans une édition limitée. À qualité comparable, un tirage faible et un exemplaire bien identifié soutiennent la valeur.
Une aquarelle peut-elle être une bonne entrée en collection ?
Souvent, oui. Les aquarelles et dessins peuvent offrir un accès plus abordable que la peinture, tout en restant très représentatifs de l’univers de l’artiste.
Qu’est-ce qu’un livre illustré avec gravures, et pourquoi ces lots sont-ils recherchés ?
Il s’agit d’éditions où texte et images imprimées (gravures, suites) forment un ensemble. Ces lots intéressent à la fois les amateurs de surréalisme, d’estampes et de bibliophilie, ce qui peut soutenir la demande.
Quels éléments font le plus varier la valeur d’une peinture de Hérold ?
Le médium (huile), les dimensions, la période, la force de la composition, la provenance et la documentation (expositions, bibliographie) sont généralement les facteurs les plus déterminants.
Peut-on estimer une oeuvre de Jacques Hérold à partir de photos ?
Oui, une première approche est possible avec des photos nettes (recto, signature, détails) et les dimensions. Une analyse plus précise dépend ensuite des informations disponibles (datation, numérotation, historique).
Comment demander une estimation gratuite pour une oeuvre de Jacques Hérold ?
Vous pouvez solliciter une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo en transmettant des photos, les dimensions et tout élément de contexte. L’objectif est de proposer une valeur cohérente avec la typologie et les résultats observables.
Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_H%C3%A9rold https://en.wikipedia.org/wiki/Jacques_H%C3%A9rold https://www.artcurial.com/en/sales/6086/lots/188-a https://www.artcurial.com/en/sales/3951/lots/349-a https://www.artcurial.com/en/sales/2261/lots/52-a https://www.artcurial.com/en/sales/1403/lots/101-a https://galerieleminotaure.net/wp-content/uploads/2018/01/Crea-MINOTAURE-EDITION14.pdf