Jan Asselijn : paysages italianisants et voyages en Italie

Expertise des œuvres de l'artiste et présentation de celui-ci, Autoportrait au turban rouge (1929) de l'artiste "Jan Asselijn"
Jan Asselijn (1610-1652)

Jan Asselijn et les paysages italianisants

Introduction

Jan Asselijn (vers 1610-1652) est un peintre et dessinateur actif au XVIIe siècle, associé à l’âge d’or hollandais. Son nom est souvent cité pour “Le Cygne menacé”, mais une part importante de sa production concerne aussi le paysage, notamment des compositions dites “italianisantes”. Ces vues, inspirées par l’Italie réelle ou imaginée, occupent une place particulière dans le goût des collectionneurs, car elles combinent des références au voyage, à l’Antiquité et à une lumière plus méridionale que celle des paysages du Nord. Le bureau d’expertise de Fabien Robaldo accompagne l’identification, l’attribution et l’appréciation de la valeur d’œuvres liées à cette thématique, notamment en lien avec MILLON pour des démarches d’expertise.

Cet article présente, de façon factuelle, ce que recouvrent les paysages italianisants attribués à Jan Asselijn, la place du voyage en Italie dans cette esthétique, les typologies d’œuvres rencontrées, les facteurs qui influencent la valeur et quelques résultats de ventes vérifiés permettant de situer des niveaux de prix.

Paysages italianisants et voyages en Italie : définition et description générale

On appelle “paysage italianisant” un type de paysage développé par plusieurs artistes nord-européens aux XVIe et XVIIe siècles, dans lequel l’Italie devient un modèle visuel. Le terme renvoie à des vues construites autour de codes récurrents : reliefs plus amples, horizons ouverts, lumière chaude, végétation méridionale, présence de ruines antiques, ponts, aqueducs, arcs, colonnes, et insertion de figures (voyageurs, bergers, troupeaux) donnant l’échelle et un récit discret. La scène n’est pas nécessairement un lieu identifiable, même si certains artistes s’appuient sur des observations faites à Rome et dans sa campagne.

Dans le cas de Jan Asselijn, la thématique du voyage est structurante à double titre. D’une part, l’Italie représente une étape de formation pour de nombreux artistes nordiques : elle permet d’étudier les vestiges de l’Antiquité, la construction de l’espace, et les effets de lumière. D’autre part, même lorsque l’œuvre est peinte hors d’Italie, l’Italie reste un réservoir de motifs et de mises en scène. Le paysage italianisant devient alors un genre autonome, recherché pour sa dimension d’évasion, de culture classique et de narration calme.

Les biographies disponibles indiquent qu’Asselijn a voyagé en France et en Italie. Dans l’imaginaire des collectionneurs, cette donnée renforce l’intérêt pour ses paysages italianisants : une œuvre peut être perçue comme le résultat direct d’un séjour ou comme une relecture, plus tardive, d’un vocabulaire acquis par l’expérience du voyage. Dans les deux cas, l’important, du point de vue de la valeur, est la cohérence stylistique et la qualité d’attribution, plus que la certitude d’un site exact.

Typologies d’œuvres, matériaux, périodes et styles

Les typologies les plus fréquentes

Dans la thématique “paysages italianisants”, on rencontre plusieurs catégories d’œuvres associées à Jan Asselijn ou à son cercle. La plus visible sur le marché reste la peinture de paysage : scènes pastorales avec voyageurs, bords de rivières, chemins, ruines et architectures antiques, parfois un pont monumental ou un aqueduc en arrière-plan. Les figures sont en général secondaires : elles animent la scène et guident le regard, sans transformer le tableau en scène de genre au sens strict.

On rencontre aussi des dessins : vues de ponts, d’édifices, de ruines, de chemins ou de cours d’eau, exécutés comme études de voyage ou comme répertoires de motifs. Dans ce contexte, un dessin peut avoir une valeur réelle, notamment s’il est attribué de manière convaincante et s’il présente un intérêt documentaire (motif romain, pont, aqueduc, inscription ancienne, ou composition clairement liée à un corpus connu).

Matériaux et supports 

Pour les peintures, les supports les plus courants sont la toile et le panneau. Les formats peuvent être modestes, ce qui correspond bien à des paysages de cabinet, destinés à être regardés de près. La présence d’un monogramme, d’une signature ou d’une date (quand elle existe) peut renforcer l’intérêt, mais elle ne suffit pas : l’examen du style, de la composition et de la cohérence d’ensemble reste déterminant pour apprécier la valeur.

Pour les œuvres sur papier, on rencontre des techniques variées (crayon, encre, lavis), avec des degrés de finition allant de l’étude rapide à une feuille plus présentable. Sans entrer dans une analyse technique, il est utile de retenir que le marché ne rémunère pas uniquement la virtuosité : une feuille peut être recherchée pour un motif rare, une provenance, ou une proximité évidente avec une œuvre peinte.

Périodes et styles : de l’observation à l’idéalisation

Les paysages italianisants attribués à Asselijn s’inscrivent dans un moment où plusieurs artistes néerlandais élaborent une synthèse : conserver une attention nordique au détail et à la matière, tout en adoptant une construction plus classique et une lumière plus “italienne”. Le résultat visuel cherche souvent l’équilibre entre observation et idéalisation. On y trouve des lignes de fuite plus amples, une alternance de masses sombres et claires, et un intérêt pour les ruines comme signes de temps long.

Le voyage, réel ou reconstruit, se lit dans la typologie des motifs : ponts antiques, arcades, restes de maçonneries, paysages de campagne avec chemins et troupeaux. Dans une approche d’expertise, ces indices servent à positionner l’œuvre dans une famille visuelle (italianisme hollandais) et à évaluer si l’attribution à Asselijn, à un suiveur, ou à un cercle plus large est la plus cohérente. Cette nuance d’attribution influence directement la valeur.

Facteurs qui influencent la valeur d’un paysage italianisant attribué à Jan Asselijn

La valeur d’un paysage italianisant associé à Jan Asselijn dépend d’un faisceau de critères, qui se cumulent ou se compensent. Le premier facteur est l’attribution. Un tableau donné “Jan Asselijn” n’est pas valorisé comme un tableau “attribué à”, “atelier de”, “entourage de” ou “suiveur de”. Sur le marché, ces formules correspondent à des niveaux de certitude différents et donc à des niveaux de valeur distincts. Une attribution solide repose sur des concordances de style, de composition et, quand ils existent, sur des marqueurs comme le monogramme.

Le second facteur est le sujet au sein même de l’italianisme. Certains motifs sont plus recherchés : ruines antiques lisibles, pont monumental, aqueduc, grande respiration de l’espace, équilibre réussi entre paysage et figures. Les paysages très “génériques”, où l’Italie se réduit à une lumière et à quelques rochers, peuvent susciter une demande plus modérée. Inversement, une composition où l’architecture antique structure réellement l’image peut mieux retenir l’attention des amateurs.

Le troisième facteur est le format et la présence de figures. Un format plus important, s’il est bien composé, peut accroître la valeur. Les figures (voyageurs, bergers, cavaliers) jouent un rôle : elles donnent de la vie et une narration minimale. Toutefois, le paysage doit rester le sujet principal pour correspondre pleinement à la thématique. L’insertion d’animaux (bétail, chiens) peut aussi renforcer l’attrait, car Asselijn est connu pour un sens convaincant des formes animales dans certaines œuvres.

Le quatrième facteur tient à l’historique de l’œuvre : provenance, apparitions en vente, expositions, bibliographie, et, plus largement, traçabilité. Une provenance ancienne, une collection identifiée, ou une mention dans un catalogue peuvent soutenir la valeur. À l’inverse, une œuvre sans historique n’est pas disqualifiée, mais elle demande souvent un travail d’expertise plus approfondi pour sécuriser l’attribution et donc sa valeur.

Enfin, la nature de l’œuvre compte : une peinture ne se positionne pas comme un dessin, et une feuille d’étude ne se positionne pas comme une feuille aboutie. Cela ne signifie pas qu’un dessin a une faible valeur, mais que les références de marché ne sont pas les mêmes. Dans tous les cas, une présentation claire du support, des dimensions, du sujet et des éléments d’attribution est indispensable pour situer correctement une œuvre.

Marché de l’art : demande, cote et valeur

Le marché des maîtres anciens est international, avec une demande portée par des collectionneurs privés, des institutions et des acheteurs spécialisés. Dans ce paysage, Jan Asselijn occupe une place identifiable, mais relativement spécifique : sa notoriété est renforcée par la présence d’œuvres emblématiques dans les musées, tandis que ses paysages italianisants s’inscrivent dans un ensemble plus large, celui des peintres hollandais italianisants. Cette double lecture influence la valeur : certains acheteurs recherchent Asselijn en tant que nom, d’autres recherchent avant tout un paysage italianisant de qualité, et comparent plusieurs artistes du même courant.

La cote, au sens d’une tendance générale, doit être comprise avec prudence pour ce type d’artiste, car les œuvres qui apparaissent sur le marché ne sont pas homogènes. Les écarts de valeur sont souvent importants entre une œuvre signée et bien documentée, et une œuvre simplement “attribuée à” ou “entourage de”. De plus, la thématique italianisante est un segment dans le segment : une œuvre d’Asselijn représentant un sujet différent (animal, scène historique, paysage non italianisant) ne se compare pas directement à une vue de campagne romaine avec ruines.

En pratique, l’observation des ventes publiques montre que des œuvres liées à Asselijn peuvent se situer, selon les cas, dans des niveaux allant de quelques milliers d’euros à des montants sensiblement plus élevés lorsque l’attribution est ferme, la composition attractive et le dossier solide. Pour apprécier la valeur d’un tableau ou d’un dessin, il est donc utile de raisonner par comparables : même période, même type de sujet (campagne, ruines, pont), même niveau d’attribution, et, si possible, caractéristiques proches (format, présence de figures, qualité de la construction).

Résultats de ventes vérifiés

  • Kunsthaus Lempertz (Cologne), 18/11/2023, lot 2052, “Landscape in the Campagna”, 15 120 € (frais inclus).
  • Kunsthaus Lempertz (Cologne), 14/11/2020, lot 2038, “Two Figures by Ancient Ruins”, 16 250 € (frais inclus).
  • Dorotheum (Salzburg), 27/03/2018, lot 40, “Jan Asselijn, entourage”, paysage italianisant avec figures, 3 750 € (frais inclus).

Conclusion

Les paysages italianisants liés à Jan Asselijn se situent à la croisée d’une histoire du voyage (Italie, Rome, campagne romaine), d’un goût pour l’Antiquité (ruines, ponts, aqueducs) et d’une esthétique du paysage qui s’impose dans l’Europe du XVIIe siècle. Sur le marché, la valeur dépend avant tout de l’attribution, du sujet, du format et de la qualité du dossier (provenance, comparables, cohérence stylistique). Pour une œuvre que vous possédez, une analyse au cas par cas reste indispensable, car de petites différences de statut (Jan Asselijn, attribué à, entourage) entraînent souvent de grandes différences de valeur.

Pour connaître la valeur de votre œuvre et sa place dans la thématique “paysages italianisants et voyages en Italie”, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. Cette première étape permet d’orienter l’identification, de préciser l’attribution et de rapprocher l’œuvre de références de marché cohérentes.

FAQ

Comment reconnaître un paysage italianisant attribué à Jan Asselijn ?

On recherche un ensemble d’indices : une lumière plus chaude, une composition ouverte, la présence de ruines ou d’architectures antiques, et une cohérence stylistique avec des œuvres connues. L’attribution ne se fonde pas sur un seul détail mais sur la convergence de plusieurs éléments.

Le voyage en Italie est-il indispensable pour qualifier une œuvre d’italianisante ?

Non. Une œuvre peut être italianisante sans avoir été peinte en Italie. Ce qui compte est l’adoption de codes visuels inspirés de l’Italie, que l’artiste ait voyagé ou qu’il travaille à partir d’un répertoire partagé.

Quelle différence entre “Jan Asselijn”, “attribué à” et “entourage de” ?

“Jan Asselijn” indique une attribution considérée comme ferme. “Attribué à” signale une attribution probable mais non totalement certaine. “Entourage de” renvoie à un artiste proche (atelier, cercle), sans certitude que l’œuvre soit de la main d’Asselijn.

Un monogramme “JA” suffit-il à confirmer l’authenticité ?

Non. Un monogramme est un indice, mais il doit être cohérent avec le style, la composition et les habitudes de l’artiste. Il peut aussi avoir été ajouté. Une expertise est nécessaire pour conclure.

Quels sujets italienisants sont les plus recherchés sur le marché ?

Les compositions structurées par des ruines lisibles, un pont ou un aqueduc, avec une belle construction de l’espace, sont souvent plus demandées. La présence de figures bien intégrées peut également renforcer l’attrait.

Les dessins de voyage ont-ils une valeur comparable aux peintures ?

En général, les peintures se situent plus haut, mais certains dessins peuvent avoir une valeur significative si l’attribution est solide, si le motif est rare, ou si la feuille s’inscrit clairement dans un corpus reconnu.

Pourquoi parle-t-on d’artistes hollandais “italianisants” au XVIIe siècle ?

Parce qu’ils adoptent, après un voyage ou par influence, des caractéristiques associées à l’Italie : lumière, ruines antiques, paysages de campagne, composition plus classique. Ce courant a été particulièrement actif aux Provinces-Unies.

Les paysages italianisants d’Asselijn sont-ils fréquents en vente publique ?

Ils apparaissent régulièrement, mais dans des niveaux d’attribution variés. Les œuvres fermement attribuées sont moins courantes que les œuvres “attribuées à” ou “entourage de”, ce qui influence la valeur.

Quels documents préparer pour une demande d’expertise ?

Des photos nettes (vue d’ensemble, détails, signature ou monogramme), les dimensions, toute information de provenance (factures, inventaires, successions), et, si possible, des images du revers ou de l’encadrement. Ces éléments facilitent une première analyse.

Une scène avec voyageurs et troupeaux est-elle forcément un paysage italianisant ?

Pas forcément. Ces motifs existent aussi dans d’autres traditions. L’italianisme se lit plutôt dans l’ambiance générale : lumière, relief, ruines, végétation, et type d’architecture évoquant l’Antiquité ou la campagne romaine.

La présence de ruines augmente-t-elle toujours la valeur ?

Elle peut renforcer l’intérêt si les ruines sont bien intégrées et si la composition est convaincante. Mais la valeur dépend aussi de l’attribution, du format, et de la qualité d’ensemble.

Comment obtenir une estimation gratuite pour une œuvre attribuée à Jan Asselijn ?

Vous pouvez solliciter une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo en transmettant vos photos et informations disponibles. L’objectif est de situer l’œuvre, de préciser son attribution et d’approcher sa valeur à partir de comparables.

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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