Jan Asselijn : représentation d’animaux et paysages fluviaux hollandais

Expertise des œuvres de l'artiste et présentation de celui-ci, Autoportrait au turban rouge (1929) de l'artiste "Jan Asselijn"
Jan Asselijn (1610-1652)

Jan Asselijn : animaux et paysages fluviaux hollandais – repères, cote, valeur et marché

Introduction

Jan Asselijn (vers 1610-1652) est un peintre du Siècle d’or hollandais, souvent rattaché aux paysages italianisants et aux scènes de plein air. Dans son oeuvre, la représentation d’animaux et les paysages fluviaux constituent un axe important pour comprendre son style, ses sujets et l’intérêt actuel des collectionneurs. 

Cette thématique retient l’attention parce qu’elle croise plusieurs attentes du marché : l’attrait pour la peinture hollandaise du XVIIe siècle, la popularité des paysages animés, et l’intérêt pour les scènes où l’eau structure l’espace. Elle concerne aussi bien des peintures que des oeuvres sur papier, avec des différences sensibles de formats, de rareté et de niveau de prix.

Dans une démarche d’expertise, l’objectif est d’identifier précisément le type d’oeuvre, son attribution, son sujet et son contexte. Le bureau Fabien Robaldo accompagne les particuliers, collectionneurs et détenteurs d’oeuvres dans l’analyse et l’approche de la valeur, en cohérence avec les références de marché et des résultats publics.

Comprendre la thématique : animaux et paysages fluviaux chez Jan Asselijn

La thématique “représentation d’animaux et paysages fluviaux hollandais” renvoie à des compositions où un cours d’eau, un bras de rivière, un canal ou une zone humide organise la scène. Le paysage devient un cadre pour des actions simples : traverser un gué, conduire un troupeau, s’arrêter au bord de l’eau, charger ou décharger une barque, ou circuler sur un chemin en digue. L’animal est alors un sujet à part entière ou un marqueur de vie rurale.

Chez Asselijn, l’animal peut être central, comme dans “Le Cygne menacé”, ou intégré au paysage sous forme de bétail, d’animaux de bât, de chiens ou d’animaux aquatiques. Dans les paysages fluviaux, l’animal contribue à donner une échelle et à structurer la lecture. Il peut aussi orienter l’attention vers l’eau : boire, traverser, s’ébrouer, ou être observé par des personnages.

Le paysage fluvial hollandais, au sens large, ne se limite pas à une vue topographique. Il évoque un environnement familier des Provinces-Unies : horizons bas, rives aménagées, chemins, ouvrages hydrauliques, et variations de ciel. Asselijn, qui a également produit des paysages italianisants, peut introduire une atmosphère plus méridionale ou des éléments de ruines, mais la logique de la scène reste comparable : l’eau est un axe de circulation, d’activité et de récit.

Typologies, matériaux, périodes et styles

Grandes catégories d’oeuvres concernées

On rencontre d’abord des peintures, le plus souvent à l’huile, réalisées sur toile ou sur panneau. Les formats varient, de compositions relativement intimes à des scènes plus ambitieuses. Les sujets fluviaux se prêtent bien aux formats horizontaux, mais des formats plus resserrés existent aussi, notamment quand l’artiste privilégie un groupe de personnages et d’animaux au premier plan.

Les dessins et feuilles préparatoires constituent une autre typologie importante. Ils peuvent porter sur des études de personnages, des animaux, des berges, des barques, des ponts, ou des éléments d’architecture. Pour cette thématique, les oeuvres sur papier sont fréquentes, car l’observation du motif, de la rive et des mouvements d’animaux se prête à une pratique plus spontanée.

Enfin, il existe des oeuvres d’atelier, d’entourage, de suiveurs, ainsi que des oeuvres “attribuées à” l’artiste. Sur le marché, cette nuance est structurante pour la valeur. Une scène fluviale “dans le goût de” ou “suiveur de” peut conserver un intérêt décoratif et historique, mais ne se place pas au même niveau qu’une oeuvre autographe.

Matériaux et présentation générale

Les oeuvres de cette période sont souvent réalisées à l’huile sur toile ou sur panneau de bois. Les supports influencent l’aspect final : la toile est fréquente pour les compositions de paysage, tandis que le panneau peut être choisi pour des formats plus contenus et une touche perçue comme plus précise. Pour les dessins, on observe principalement l’encre, le lavis et parfois des rehauts, selon les pratiques graphiques du XVIIe siècle.

Dans la représentation d’animaux, l’intérêt peut porter sur la silhouette, la posture et la dynamique. L’animal est souvent traité avec une attention naturaliste, mais sans basculer dans le portrait animalier isolé. Dans les paysages fluviaux, les éléments récurrents sont les reflets, les zones de passage (gué, bac, pont), et les rives structurées par des chemins.

Périodes et influences repérables

La carrière d’Asselijn se situe dans un moment où de nombreux artistes néerlandais voyagent en Italie et reviennent avec un vocabulaire italienisant. Cette culture visuelle peut se traduire par des horizons plus ouverts, une lumière plus “chaude” et l’introduction de ruines ou de reliefs plus marqués. Dans une scène fluviale, cela peut modifier le caractère du paysage, sans supprimer le rôle central de l’eau et du passage.

En parallèle, l’ancrage hollandais demeure lisible par certains marqueurs : organisation des rives, présence d’ouvrages, activités rurales et navigation. Dans ce cadre, l’animal joue un rôle de “liant” entre la vie quotidienne et le paysage. Les bovins, chevaux et chiens sont autant d’indicateurs d’un récit simple, proche d’une scène de genre intégrée au paysage.

Facteurs qui influencent la valeur

Pour Jan Asselijn, la hiérarchie de la valeur repose d’abord sur l’attribution. Une oeuvre signée, monogrammée, documentée et acceptée comme autographe se place au sommet. Les mentions “attribué à”, “entourage”, “atelier”, “suiveur” ou “dans le goût de” entraînent généralement un écart significatif de valeur, même si le sujet reste séduisant.

Le sujet influence directement l’intérêt. Les paysages fluviaux animés, avec des personnages et des animaux lisibles, sont souvent plus demandés que des vues plus neutres. Les scènes où l’animal est un point focal clair, ou où l’action est immédiatement compréhensible (traversée, halte, abreuvement), peuvent être mieux perçues. Les compositions associant eau, ciel et activité humaine de manière équilibrée correspondent bien aux attentes d’une partie des collectionneurs.

Le format et l’ambition de la composition comptent aussi. Les tableaux de dimensions plus importantes, avec une construction spatiale maîtrisée et plusieurs plans, ont tendance à concentrer une valeur plus élevée, sous réserve d’une attribution solide. À l’inverse, de petites oeuvres peuvent très bien se défendre si elles sont autographes, rares et particulièrement représentatives.

La provenance, les expositions et la bibliographie jouent un rôle de sécurisation. Une oeuvre passée dans des collections identifiées, décrite dans une littérature spécialisée, ou associée à une histoire de collection, inspire davantage confiance. Sur un segment où l’on rencontre des attributions fluctuantes et des variantes d’atelier, ces éléments contribuent à stabiliser la valeur et la lisibilité du dossier.

Enfin, la qualité perçue, au sens simple du terme, a un impact : présence d’un motif animal convaincant, cohérence du paysage, équilibre des masses, et harmonie globale. Ces critères sont appréciés même par des acheteurs non spécialistes, et peuvent expliquer des écarts notables à attribution comparable.

Marché de l’art : demande, cote, valeur

La demande pour Jan Asselijn s’inscrit dans le marché plus large des maîtres anciens hollandais. Il ne se situe pas au niveau des artistes les plus rares et les plus disputés, mais il bénéficie d’une reconnaissance muséale et d’un intérêt historique, notamment pour sa place dans le paysage italianisant et pour des oeuvres emblématiques comme “Le Cygne menacé”. Cette visibilité contribue à maintenir une demande régulière.

Sur le plan de la “cote”, on observe une segmentation claire : peintures autographes et compositions abouties d’un côté, oeuvres attribuées, d’atelier ou de suiveurs de l’autre. En pratique, la valeur se construit par comparaison, en tenant compte des dimensions, de la présence d’animaux, du caractère fluvial du paysage, et de la solidité de l’attribution. Les paysages animés, lorsqu’ils sont bien typés et agréables à lire, trouvent souvent preneur plus facilement.

La représentation animale joue ici un rôle commercial précis. D’un côté, elle élargit le public au-delà des amateurs strictement “paysagistes” : certains acheteurs cherchent une scène de campagne vivante, où l’animal structure l’image. De l’autre, elle crée des points d’accroche : un cheval, des bovins, un chien, un oiseau, ou une scène d’abreuvement, peuvent suffire à différencier deux compositions proches. Dans ce contexte, la valeur n’est pas uniquement une affaire de nom, mais aussi de sujet et de lisibilité.

Le marché est international, mais les références les plus pertinentes proviennent souvent de ventes spécialisées en maîtres anciens en Europe. Les adjudications publiques fournissent des repères, mais elles doivent être interprétées avec méthode : statut d’attribution, niveau de documentation, et présentation du lot. Pour un propriétaire, une estimation cohérente consiste à situer l’oeuvre au bon niveau de la production et à la comparer à des ventes réellement proches, plutôt qu’à des oeuvres plus ambitieuses ou mieux documentées.

Pour une scène fluviale hollandaise animée, le sujet peut être un atout, à condition que l’attribution soit crédible. Les pièces “attribuées à” ou “suiveur” restent actives sur le marché, mais elles répondent davantage à une logique de décor et de collection thématique. Une oeuvre clairement donnée à Asselijn, même de format modeste, peut concentrer une valeur sensiblement supérieure, car elle répond à une recherche d’auteur et de corpus.

Résultats de ventes vérifiés

Les résultats ci-dessous sont des repères publics. Ils illustrent l’écart possible entre une oeuvre donnée à Jan Asselijn, une oeuvre “attribuée à”, et une oeuvre d’entourage. 

  • Lempertz (Cologne), 18 novembre 2023, lot 2052, Jan Asselijn, “Landscape in the Campagna”, 15 120 € (prix avec frais).
  • Lempertz (Cologne), 14 novembre 2020, lot 2038, Jan Asselijn, “Two Figures by Ancient Ruins”, 16 250 € (prix avec frais).
  • Lempertz (Cologne), 16 mai 2024, lot 1233, Jan Asselijn (attribué à), “Southern Landscape with two Hunters and Ancient Temple Ruins”, 2 835 € (prix avec frais).
  • Dorotheum (Salzbourg), 27 mars 2018, lot 40, Jan Asselijn (entourage), “Rastende und reges Treiben beim Fahren in italienischer Landschaft”, 3 750 € (prix avec frais et TVA, selon publication).

Conclusion

La représentation d’animaux et les paysages fluviaux chez Jan Asselijn forment une thématique lisible, recherchée et assez diverse en termes de typologies. Pour approcher la valeur d’une oeuvre, il est essentiel de qualifier l’attribution, le sujet, le format et la documentation. Les résultats publics montrent aussi que des écarts importants existent entre une oeuvre autographe, une oeuvre attribuée et une oeuvre d’entourage.

Pour une analyse claire de votre oeuvre et une estimation gratuite, vous pouvez contacter le bureau Fabien Robaldo au sein de MILLON. L’objectif est de vous fournir une fourchette de valeur argumentée, fondée sur des comparables pertinents et sur l’examen des caractéristiques de l’oeuvre.

FAQ

Qui est Jan Asselijn ?

Jan Asselijn est un peintre du Siècle d’or hollandais, actif au XVIIe siècle, connu pour des paysages et des scènes animalières, avec une composante italianisante dans une partie de sa production.

Quels animaux trouve-t-on le plus souvent dans ses compositions ?

On rencontre notamment des oiseaux (dont le cygne), mais aussi des animaux liés à la vie rurale comme des bovins, chevaux et chiens, souvent intégrés à une scène de passage ou de halte.

Qu’entend-on par “paysage fluvial hollandais” ?

Il s’agit d’un paysage structuré par un cours d’eau, un canal ou une zone humide, avec des berges et des activités humaines liées à l’eau (circulation, travail, navigation).

“Le Cygne menacé” est-il une oeuvre centrale pour comprendre son intérêt actuel ?

Oui, car cette peinture est très connue et renforce la visibilité du nom d’Asselijn, y compris auprès d’un public non spécialiste, ce qui participe indirectement à la perception de sa valeur.

Comment différencier une oeuvre autographe d’une oeuvre “attribuée à” ?

La différence repose sur la solidité des éléments d’attribution : signature ou monogramme, cohérence stylistique, documentation, comparaisons avec des oeuvres de référence et avis d’experts.

Les paysages fluviaux sont-ils plus recherchés que les paysages italianisants ?

La demande dépend du goût du moment et de la qualité du tableau. Les paysages fluviaux animés sont souvent appréciés pour leur lisibilité, mais une scène italianisante réussie peut être tout aussi recherchée.

Les dessins de Jan Asselijn ont-ils une valeur comparable à ses peintures ?

En général, les peintures atteignent des niveaux de valeur plus élevés. Les dessins peuvent toutefois être très recherchés s’ils sont clairement attribués et représentatifs.

Le format influence-t-il fortement la valeur ?

Oui. À attribution égale, un format plus important et une composition plus ambitieuse ont souvent un impact positif, même si des petits formats rares et très typés peuvent être bien valorisés.

La présence d’animaux augmente-t-elle automatiquement la valeur ?

Pas automatiquement. Elle peut renforcer l’attrait si l’animal est convaincant et s’intègre bien à la scène, mais l’attribution et la qualité globale restent déterminantes.

Pourquoi la provenance compte-t-elle autant ?

Une provenance documentée sécurise l’historique de l’oeuvre, facilite les comparaisons et peut réduire l’incertitude sur l’attribution, ce qui influence la valeur.

Peut-on estimer une oeuvre d’entourage ou de suiveur dans cette thématique ?

Oui. Ces oeuvres ont un marché, avec une valeur généralement plus accessible, surtout si le sujet est décoratif et cohérent avec l’époque.

Comment obtenir une estimation gratuite fiable ?

Une estimation utile repose sur l’examen de l’oeuvre, l’analyse de l’attribution et la comparaison avec des résultats publics pertinents. Le bureau Fabien Robaldo peut vous accompagner dans cette démarche.

Sources

  • https://www.rijksmuseum.nl/en/collection/SK-a-4
  • https://en.wikipedia.org/wiki/Jan_Asselijn
  • https://www.nationaltrustcollections.org.uk/object/1535139
  • https://www.lempertz.com/en/catalogues/lot/1231-1/2052-jan-asselijn.html
  • https://www.lempertz.com/en/catalogues/lot/1160-1/2038-jan-asselijn.html
  • https://www.lempertz.com/en/catalogues/lot/1245-2/1233-jan-asselijn-attributed-to.html
  • https://www.dorotheum.com/en/l/5156953/

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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