Jean-Baptiste Perronneau : portraits bourgeois et aristocratiques du XVIIIe siècle

Expertise des œuvres de l'artiste "Jean-Baptiste Oudry " et présentation de celui-ci, portrait de Jean-Baptiste Oudry, par Jean-Baptiste Perronneau, 1753, musée du Louvre, Paris

Jean-Baptiste Perronneau : portraits bourgeois et aristocratiques du XVIIIe siècle

Introduction

Jean-Baptiste Perronneau (1715-1783) est l’un des grands portraitistes français du XVIIIe siècle. Il est particulièrement reconnu pour ses portraits au pastel, réalisés pour une clientèle bourgeoise et aristocratique, à Paris comme en province. Son nom revient régulièrement sur le marché de l’art, avec des œuvres qui peuvent atteindre des niveaux de prix élevés selon le modèle, la période, le format et la qualité d’exécution.

Cet article présente une approche claire de la thématique “Jean-Baptiste Perronneau : portraits bourgeois et aristocratiques du XVIIIe siècle”. Il vise à aider à identifier les grandes caractéristiques de ces œuvres, à comprendre ce qui influence leur valeur et à situer l’artiste dans le marché actuel.

Pour une demande d’avis, d’attribution ou de valeur, le bureau d’expertise Fabien Robaldo accompagne les particuliers, en lien avec MILLON, dans une démarche d’expertise et de estimation gratuite adaptée au marché.

Comprendre la thématique : Perronneau et le portrait au siècle des Lumières

La thématique renvoie à une production centrée sur le portrait, au moment où l’image du notable et du “bon goût” prend une place essentielle dans la société. Au XVIIIe siècle, l’aristocratie et la bourgeoisie aisée affirment leur rang par le vêtement, les accessoires, la posture et la maîtrise d’un code social précis. Le portrait devient un outil de représentation, mais aussi un espace de nuance psychologique, où l’artiste peut suggérer un tempérament, une assurance, une retenue ou une intelligence.

Perronneau s’inscrit dans cette culture du portrait, avec une identité propre. Il travaille à une époque où le pastel est apprécié pour sa capacité à rendre les carnations, les textures et les effets de matière de façon directe. Son œuvre ne se limite pas à un milieu unique : il représente des aristocrates, des officiers, des hommes de robe, des négociants, des femmes du monde, mais aussi des figures d’une bourgeoisie provinciale en ascension. Cette diversité explique en partie l’attrait durable de ses portraits.

Sur le plan historique, l’artiste est actif dans un paysage concurrentiel où figurent d’autres portraitistes majeurs. La comparaison avec certains contemporains est fréquente dans les publications, mais la lecture la plus utile, pour un collectionneur ou un détenteur, consiste à situer Perronneau par ses sujets, ses formats et la cohérence de son style dans le temps.

Définition et description générale : portraits bourgeois et aristocratiques de Perronneau

Par “portraits bourgeois et aristocratiques”, on désigne ici des œuvres représentant des individus appartenant aux élites sociales du XVIIIe siècle. Cela inclut l’aristocratie (noblesse d’épée, noblesse de robe, familles titrées) et la bourgeoisie aisée (magistrats, négociants, administrateurs, professions libérales, élites urbaines). Dans les portraits de Perronneau, ces catégories se lisent à travers des indices visibles : qualité des étoffes, dentelles, rubans, broderies, bijoux, décorations, mais aussi sobriété assumée d’un habit, d’une perruque ou d’un maintien.

Ces portraits sont souvent conçus en buste ou à mi-corps. Le modèle est généralement représenté de trois quarts, le regard orienté vers le spectateur, avec un fond neutre ou très peu narratif. L’objectif n’est pas de décrire un intérieur, mais de concentrer l’attention sur le visage, l’expression et la présence sociale du modèle. Dans ce cadre, Perronneau recherche un équilibre entre ressemblance, distinction et perception du caractère.

Le pastel occupe une place centrale dans cette production. Il permet un rendu nuancé des chairs, des ombres et des transitions, ce qui convient particulièrement au portrait. Perronneau réalise aussi des portraits à l’huile, plus rares dans le regard du grand public, mais importants dans l’évaluation globale de l’artiste. Pour certains modèles, on peut rencontrer des œuvres en pendant : un portrait d’époux et un portrait d’épouse conçus pour être présentés ensemble.

Typologies, matériaux, périodes et styles : repères simples

Les typologies de portraits les plus fréquentes

On rencontre le plus souvent des portraits individuels, centrés sur une figure unique. Les portraits d’hommes sont souvent associés à des codes de fonction (habit, parfois décoration, parfois tenue de magistrat ou d’homme de loi). Les portraits de femmes mettent fréquemment en avant la mode, la coiffure, les rubans, la dentelle, et une recherche de délicatesse dans les couleurs. Les portraits d’enfants existent également, mais sont moins fréquents dans l’ensemble de la production et peuvent relever d’autres circuits de commande.

Les formats ovales sont courants, notamment pour des œuvres destinées à des espaces privés. Les formats rectangulaires existent aussi, parfois plus institutionnels. La taille joue un rôle important : un grand pastel abouti, à l’échelle d’un véritable portrait de représentation, n’a pas le même positionnement qu’une effigie plus petite ou plus simple.

Matériaux et supports : ce qu’il faut retenir sans entrer dans la technique

Deux grands ensembles dominent : le pastel sur papier (souvent présenté sous verre) et la peinture à l’huile sur toile. Dans les deux cas, l’artiste recherche une présence du modèle, avec un travail attentif du visage, des yeux et des transitions de tons. Le pastel peut donner une impression de proximité, tandis que l’huile peut offrir une présence plus “posée” selon la composition retenue.

L’identification d’un portrait passe aussi par des éléments simples : la présence d’une signature, une date, une inscription ancienne, un nom de modèle (quand il est documenté), ou des indices d’attribution dans des catalogues raisonnés et bases spécialisées. Ces éléments n’assurent pas automatiquement l’authenticité, mais ils structurent l’analyse.

Périodes de production et évolution stylistique

Pour une lecture accessible, on peut distinguer une phase d’affirmation au milieu du siècle, puis une maturité où les portraits gagnent en assurance et en singularité. Les portraits datés sont particulièrement utiles pour situer un style dans le temps. Dans les années 1750-1760, on observe souvent des modèles représentés avec une grande clarté de lecture, une palette raffinée et un sens du visage qui fait la réputation de l’artiste. Plus tard, certains portraits montrent une approche différente, parfois plus libre, qui reste appréciée quand l’œuvre est pleinement aboutie.

Il faut aussi tenir compte du fait que Perronneau travaille pour une clientèle parisienne et provinciale. Les commandes en province ne sont pas “secondaires” par principe : elles peuvent au contraire correspondre à des notables très importants localement, avec des portraits ambitieux et soignés. Cette dimension itinérante fait partie de l’identité de l’artiste et explique la diversité des provenances actuelles.

Facteurs qui influencent la valeur d’un portrait de Perronneau

L’évaluation d’un portrait attribué à Perronneau repose sur un faisceau d’indices. Dans la pratique, plusieurs facteurs pèsent directement sur la valeur et sur l’intérêt du marché.

Le premier facteur est l’attribution. Un portrait autographé et bien documenté ne se place pas au même niveau qu’une œuvre d’atelier, qu’une copie ancienne, qu’un “d’après” ou qu’une attribution incertaine. La cohérence stylistique, la présence d’une signature, d’une date et l’existence d’une bibliographie solide sont déterminantes pour établir un niveau de confiance.

Le second facteur est l’identification du modèle. Un portrait de personnage identifié, surtout si le modèle est historiquement important, peut susciter davantage d’intérêt. Inversement, un modèle non identifié peut rester très recherché si la qualité picturale est élevée et si le portrait est typique du meilleur Perronneau. Les portraits en pendant (couple) peuvent aussi peser sur la valeur, selon qu’ils sont réunis ou séparés.

Le troisième facteur est le format et l’ambition de l’œuvre. Un grand pastel abouti, avec une présence forte du modèle et une exécution homogène, est généralement plus recherché. Les portraits plus petits, les esquisses ou les œuvres d’attribution plus prudente peuvent présenter une valeur différente, même si l’intérêt historique demeure.

Le quatrième facteur concerne la provenance et la traçabilité. Une provenance ancienne, une présence dans une collection connue, une exposition, ou une référence dans une monographie peuvent soutenir le dossier. Dans le marché, la qualité du “dossier” compte souvent autant que l’image, car elle sécurise la lecture de l’œuvre et sa place dans la production de l’artiste.

Enfin, le sujet et la force visuelle du portrait influencent directement la demande. Certains portraits se distinguent par la qualité du regard, l’équilibre des couleurs, la subtilité des vêtements, ou la manière dont l’artiste rend une présence sociale sans rigidité. Ce sont souvent ces œuvres, immédiatement convaincantes, qui atteignent les meilleurs niveaux de valeur.

Marché de l’art : demande, cote et valeur des portraits de Perronneau

Le marché de Perronneau se situe au croisement de plusieurs dynamiques. D’un côté, le portrait du XVIIIe siècle reste un segment solide, porté par l’intérêt pour l’histoire sociale, la qualité décorative de ces images et la rareté relative des œuvres majeures encore sur le marché. De l’autre, la lecture du pastel comme médium de premier plan a progressé, ce qui renforce l’attention portée à des artistes spécialisés dans ce domaine.

La demande est souvent internationale. Les amateurs de portrait français du XVIIIe siècle, les collectionneurs de dessins et pastels, ainsi que certaines institutions, suivent ce type d’œuvres. Les résultats récents montrent qu’un portrait bien attribué, visuellement fort et bien présenté peut créer une compétition, notamment lorsqu’il s’agit d’une œuvre datée, d’un modèle identifié ou d’un portrait représentatif de la maturité de l’artiste.

La cote de Perronneau n’est pas uniforme, car elle dépend fortement de la typologie du portrait et de son niveau d’aboutissement. Les œuvres au pastel, quand elles sont autographes et de qualité, occupent souvent les positions les plus attractives. Les huiles peuvent atteindre des prix élevés lorsqu’elles correspondent à des portraits de premier plan, mais elles apparaissent plus irrégulièrement et sont évaluées au cas par cas.

En pratique, la valeur se construit autour de trois points clés : certitude d’attribution, qualité visuelle, et dossier (provenance et bibliographie). C’est pourquoi une expertise structurée est utile avant toute décision. Une lecture rapide sur photographie peut orienter, mais une analyse sérieuse nécessite de prendre en compte l’œuvre réelle, ses inscriptions, son cadre, et les informations disponibles sur son parcours.

Résultats de ventes vérifiés

Les exemples ci-dessous donnent des repères concrets sur des résultats publiés. Ils ne remplacent pas une expertise, car chaque œuvre possède ses particularités, mais ils aident à comprendre l’amplitude possible de la valeur selon la qualité et le contexte.

  • Artcurial (Paris), 31 mars 2016, lot 5, “Portrait de femme au corsage orné de rubans roses”, 22 100 €.
  • Saintonge Enchères (Royan), 18 octobre 2025, lot non communiqué sur l’extrait public consulté, “Portrait d’Antoine-Charles II Lorimier”, 297 600 €.
  • Actéon – Compiègne Enchères (Compiègne), 23 novembre 2024, lot non communiqué sur l’extrait public consulté, “Portrait d’un gentilhomme”, 74 999 €.

Conclusion

Les portraits bourgeois et aristocratiques de Jean-Baptiste Perronneau occupent une place importante dans le portrait français du XVIIIe siècle. Le pastel, la force des expressions, la diversité des modèles et la qualité des meilleurs portraits expliquent la régularité de la demande. Pour autant, la valeur dépend d’éléments précis : attribution, période, format, identification du modèle et solidité du dossier.

Si vous possédez un portrait attribué à Perronneau, ou un pastel du XVIIIe siècle pouvant s’y rattacher, vous pouvez solliciter une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. Cette démarche permet d’obtenir un avis argumenté, une première fourchette de valeur et une orientation cohérente avec le marché, en lien avec MILLON.

FAQ

Comment reconnaître un portrait au pastel de Jean-Baptiste Perronneau ?

On observe d’abord le type de composition (buste, trois quarts), la place donnée au visage et au regard, puis la cohérence stylistique. La présence d’une signature ou d’une date peut aider, mais l’attribution reste un travail d’expertise.

Les portraits de Perronneau sont-ils toujours au pastel ?

Non. Perronneau est surtout connu pour le pastel, mais il a aussi réalisé des portraits à l’huile. Les deux existent sur le marché et n’ont pas exactement les mêmes repères de demande.

Pourquoi parle-t-on de portraits bourgeois et aristocratiques ?

Parce que sa clientèle comprend des élites sociales du XVIIIe siècle : noblesse, officiers, hommes de robe, négociants et notables. Les codes vestimentaires et la posture rendent souvent ce statut lisible.

Un portrait non identifié a-t-il moins de valeur ?

Pas nécessairement. L’identification peut renforcer l’intérêt historique, mais un portrait non identifié peut avoir une valeur élevée si l’attribution est solide et la qualité picturale remarquable.

Qu’est-ce qui fait varier la valeur d’un Perronneau ?

Les critères principaux sont l’attribution, la qualité d’exécution, le format, la date, la provenance, la bibliographie et l’attrait visuel du portrait.

Les formats ovales sont-ils fréquents chez Perronneau ?

Oui, on rencontre régulièrement des portraits ovales au XVIIIe siècle, notamment pour des œuvres destinées à des intérieurs privés.

Existe-t-il des portraits en pendant chez Perronneau ?

Oui. Certains ensembles sont conçus par paire (par exemple mari et épouse). Lorsque les deux portraits sont réunis, cela peut influencer la valeur globale.

Comment distinguer un original d’une copie ou d’un “d’après” ?

La réponse passe par une analyse stylistique, la comparaison avec des œuvres documentées, et l’examen des inscriptions et provenances. Une mention “attribué à” ou “d’après” change fortement la lecture de valeur.

La provenance a-t-elle un impact sur la valeur ?

Oui. Une provenance ancienne, une exposition ou une référence bibliographique peuvent renforcer le dossier et soutenir la valeur, surtout pour un portrait de haut niveau.

Pourquoi les pastels du XVIIIe siècle sont-ils recherchés ?

Ils offrent souvent une grande présence du modèle et une qualité de rendu des carnations. Le marché apprécie la rareté des œuvres abouties et bien attribuées.

Peut-on demander une estimation gratuite pour un portrait attribué à Perronneau ?

Oui. Une estimation gratuite permet d’obtenir un premier avis sur l’attribution et la valeur, à partir d’éléments visuels et documentaires, puis d’affiner selon les besoins.

Quels documents sont utiles pour une expertise ?

Des photos nettes (face, détails, signature, dos), les dimensions, et toute information de provenance (factures anciennes, inventaires, mentions familiales) sont des éléments utiles pour structurer l’analyse.

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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