Julie Volpelière : peinture de genre et sensibilité romantique française

Expertise des œuvres de l'artiste "Julie Volpelière" et présentation de celui-ci
Portrait de jeune femme au bouquet de fleurs, 1822

Julie Volpelière : peinture de genre et sensibilité romantique française

Introduction

Julie Volpelière, parfois identifiée sous le nom complet de Louise Pauline Julie Volpelière, est une peintre française active dans la première moitié du XIXe siècle. Elle est principalement associée au portrait et à la peinture d’histoire, avec une présence documentée au Salon sur une période longue. Son œuvre est aujourd’hui moins connue du grand public que celle de plusieurs contemporains masculins, mais elle suscite un intérêt croissant dans le contexte des recherches sur les artistes femmes et sur les productions françaises entre Empire, Restauration et Monarchie de Juillet.

La thématique “Julie Volpelière : peinture de genre et sensibilité romantique française” permet d’aborder son travail sous un angle complémentaire. Même lorsque le sujet est un portrait, une commande officielle ou une scène à dimension historique, certains choix iconographiques et certains effets de présence relèvent d’une sensibilité qui s’inscrit dans l’élargissement progressif des registres au XIXe siècle : attention à l’intime, goût pour le récit, attrait pour l’exotisme et, plus largement, déplacement du regard vers l’émotion et la psychologie.

Cet article donne des repères simples pour comprendre cette thématique, identifier les types d’œuvres rencontrées, et situer les principaux facteurs pouvant influencer la valeur d’un tableau attribué à Julie Volpelière. Il propose également un point de méthode sur le marché et sur l’analyse des résultats disponibles en sources ouvertes.

Définition et description générale de la thématique

La peinture de genre désigne, au sens classique, des scènes tirées de la vie quotidienne ou de situations familières : intérieur domestique, sociabilité, jeux, musique, lecture, moments de toilette, conversation, scènes de travail ou de loisir. Au XIXe siècle, la frontière entre portrait, genre et scène historique devient plus mobile. Un portrait peut intégrer des éléments narratifs (accessoires, posture, décor, gestes), et une scène peut être traitée avec une intention de portrait psychologique.

Dans le cas de Julie Volpelière, l’étiquette “peinture de genre” doit donc être comprise de façon souple. Plusieurs œuvres associées à l’artiste relèvent du portrait, mais elles peuvent être lues comme des images de mœurs par la place accordée au cadre de vie, à la mode, aux objets, ou à une forme de récit implicite. Par ailleurs, certaines compositions à sujet “oriental” ou “exotique” s’inscrivent dans une culture visuelle du romantisme, où l’attrait pour l’ailleurs contribue à renouveler les thèmes et les atmosphères.

La “sensibilité romantique” ne se réduit pas à un style unique. Elle recouvre des tendances : primauté du sentiment, intérêt pour la singularité des individus, intensification de l’expression, mise en scène de l’intime, valorisation du pittoresque, et parfois fascination pour l’histoire récente ou pour des figures marquantes (militaires, écrivains, héros). Julie Volpelière intervient précisément dans une période où ces éléments coexistent avec des exigences académiques (commande publique, Salon, hiérarchie des genres) et avec l’héritage néoclassique encore très présent.

Un exemple utile pour situer l’artiste dans son époque est celui des portraits liés à des programmes institutionnels. Le portrait du maréchal Lannes peint en 1834 est présenté comme une commande pour un ensemble destiné au musée d’Histoire de France de Versailles, et il est explicitement décrit comme une copie d’après un modèle de Gérard. Ce type d’œuvre rappelle que l’activité d’un peintre au XIXe siècle peut inclure, en parallèle de créations plus personnelles, des productions d’atelier et des reprises de modèles de référence, souvent attendues par les institutions.

À l’inverse, une composition comme “Volupté orientale” (signée et datée 1836 dans les descriptions de vente) met en avant une scène et un imaginaire qui relèvent davantage d’une culture romantique au sens large : décor, costumes, accessoires et atmosphère concourent à un sujet qui dépasse le simple portrait pour s’inscrire dans une scène de genre à coloration exotique. Dans cette alternance entre commande, portrait social et sujets plus “narratifs”, on peut définir une approche cohérente de la thématique proposée : une œuvre située à la jonction entre représentation des personnes et mise en scène du monde sensible.

Typologies, matériaux, périodes, styles

Typologies d’œuvres associées à Julie Volpelière

Les œuvres attribuées à Julie Volpelière se rencontrent principalement sous forme de portraits (souvent des femmes, parfois des figures masculines), de compositions liées à l’histoire ou à des figures publiques, et plus ponctuellement de scènes évoquant un cadre de vie ou un imaginaire exotique. Dans les catalogues, on retrouve des intitulés typiques du portrait du XIXe siècle : “Portrait de jeune femme”, “Portrait présumé de…”, “Portrait d’officier”. La thématique de genre apparaît lorsque le portrait s’accompagne d’éléments narratifs (bouquet, instrument de musique, intérieur, costume, attributs), ou lorsque le sujet met en scène un personnage dans un rôle ou un décor signifiant.

L’œuvre “Portrait de jeune femme au bouquet de fleurs”, datée 1822 dans des notices, illustre bien ce point : le bouquet n’est pas un simple accessoire décoratif. Il sert aussi de marqueur social, de signe de goût, et d’élément de mise en scène, donnant au portrait une dimension de “scène” contenue, proche d’une image de mœurs.

Matériaux et formats courants

Les œuvres mentionnées dans les sources consultables sont majoritairement des huiles sur toile. Les formats rencontrés peuvent aller du portrait de taille moyenne à des formats plus ambitieux, en fonction de la destination (commande, salon, portrait de représentation). Les cadres d’époque sont parfois signalés dans les descriptions commerciales, mais ils ne suffisent pas, à eux seuls, à qualifier une attribution ou une période.

Sur le plan des éléments observables, les signatures peuvent être indiquées sous des formes proches : “J. Volpelière” et variantes orthographiques selon les catalogues. La présence d’une date (par exemple 1822 ou 1836) constitue un repère utile pour situer l’œuvre dans la trajectoire de l’artiste et dans le contexte stylistique de la Restauration et de la Monarchie de Juillet.

Périodes et contexte artistique

Julie Volpelière s’inscrit dans le paysage artistique français d’une période charnière, marquée par la continuité des cadres académiques (formation, Salon, commande) et par l’émergence de sensibilités nouvelles. L’environnement culturel accorde une place progressivement plus visible aux femmes artistes, même si l’accès aux mêmes réseaux et aux mêmes carrières reste difficile. Les études dédiées aux artistes femmes au début du XIXe siècle rappellent ce contexte d’affirmation progressive et de reconnaissance inégale.

Dans cette chronologie, les années 1820 et 1830 sont particulièrement pertinentes pour la thématique : l’on y observe un intérêt accru pour l’expression des sentiments, pour l’individualité des modèles et pour des sujets capables de suggérer un récit. Une œuvre datée 1836 comme “Volupté orientale” correspond à ce moment où l’imaginaire romantique et le goût pour l’exotisme peuvent cohabiter avec des manières héritées du portrait officiel.

Styles et registres

Sans entrer dans une analyse technique, on peut distinguer plusieurs registres visuels. D’une part, un portrait de représentation, construit, lisible, compatible avec les attentes du Salon et avec les conventions sociales. D’autre part, des portraits plus “narratifs”, où l’on retient l’attention portée aux accessoires, à l’attitude et à l’ambiance. Enfin, certaines compositions relèvent d’un exotisme de salon : costumes, étoffes, ornements, éléments de décor, et jeu entre le modèle et la scène.

Le cas du portrait du maréchal Lannes, présenté comme une copie d’après Gérard, montre aussi un aspect important du XIXe siècle : la circulation de modèles et la légitimité de la reprise, notamment dans le cadre de programmes officiels. Cette donnée influe directement sur la lecture et sur la valeur potentielle : une œuvre conçue comme copie de référence n’a pas la même place sur le marché qu’une composition plus rare, plus personnelle ou plus atypique.

Facteurs influençant la valeur

Pour une œuvre attribuée à Julie Volpelière, l’évaluation repose sur un faisceau d’indices. Les facteurs ci-dessous influencent généralement la valeur observée, sans aborder les questions de conservation ou d’intervention.

Sujet, iconographie et attractivité du thème

La demande varie selon les sujets. Les portraits féminins, lorsqu’ils sont bien identifiés, bien composés et datés, peuvent intéresser un public sensible au portrait français du XIXe siècle et à la redécouverte des artistes femmes. Les œuvres à tonalité “romantique” (intime, musicale, exotique, narrative) peuvent bénéficier d’un intérêt supplémentaire, car elles se rapprochent de catégories recherchées : peinture de genre, scène de mœurs, orientalisme de la première moitié du siècle. Une composition comme “Volupté orientale” se situe précisément sur un segment thématique porteur, car elle croise portrait, décor, et imaginaire exotique.

Datation et période dans la carrière

Une date clairement portée (par exemple 1822, 1836, 1839 dans des notices) aide à rattacher l’œuvre à un moment stylistique et à un contexte précis. Les œuvres des années 1820-1830, dans un marché sensible aux sensibilités romantiques et aux productions de la Restauration, peuvent être mieux comprises et mieux “racontées” au public, ce qui peut soutenir la valeur.

Signature, inscriptions et cohérence des mentions

La présence d’une signature lisible, cohérente avec les formes connues (“J. Volpelière” et variantes), ainsi que d’une date et d’éventuelles annotations au revers (étiquettes anciennes, cachets de marchands) sont des éléments de dossier. Ils ne suffisent pas à eux seuls, mais ils structurent l’argumentation d’attribution et, par conséquent, la valeur potentielle.

Dimensions, ambition de la composition et qualité de présentation

À sujet et attribution comparables, les dimensions et l’ambition de la composition influencent souvent la valeur. Un grand format, une figure en pied, ou une composition plus travaillée dans le décor et la narration se positionnent différemment d’un buste plus simple. La qualité de présentation (lisibilité du sujet, unité visuelle, présence d’un cadre adapté) peut également jouer sur la perception du tableau, notamment lors d’une exposition préalable ou d’une publication de catalogue.

Provenance, expositions et références institutionnelles

Une provenance documentée, une présence au Salon (lorsqu’elle est étayée par des sources) ou un lien clair avec un programme institutionnel (commande, musée, série officielle) peuvent renforcer l’intérêt. Les mentions d’œuvres conservées dans des collections publiques contribuent aussi à la notoriété de l’artiste, même si cela n’entraîne pas mécaniquement une hausse uniforme des prix pour toutes les œuvres attribuées.

Pour les œuvres issues de copies d’après des maîtres reconnus (par exemple d’après Gérard, dans le cas du portrait de Lannes), la place sur le marché dépend souvent de la destination initiale, de la rareté, et de la qualité perçue de l’exécution, mais aussi de la manière dont la copie est documentée et comprise : copie d’atelier, copie officielle, réplique, ou simple reprise tardive.

Marché de l’art : demande, cote, valeur

Le marché des œuvres de Julie Volpelière reste un marché de niche, avec des apparitions relativement peu fréquentes en ventes publiques, et des niveaux de prix très variables selon le sujet, la taille et la qualité d’attribution. Cette situation est courante pour de nombreux peintres du XIXe siècle, et plus encore pour des artistes femmes dont l’historiographie a longtemps été moins développée.

La demande actuelle est portée par plusieurs dynamiques. D’abord, l’intérêt continu pour la peinture française de la Restauration et de la Monarchie de Juillet, notamment le portrait et la scène de mœurs. Ensuite, l’attention accrue accordée aux artistes femmes, avec des recherches, des expositions, et une volonté de compléter les corpus. Enfin, l’attrait du public pour des sujets “narratifs” et identifiables : jeunesse, musique, intimité, exotisme, figures historiques, qui facilitent la lecture et la contextualisation.

Sur le plan de la “cote”, il est préférable de parler de repères plutôt que d’une grille stable. Les résultats publics peuvent être ponctuels et fortement dépendants du contexte de vente. Une œuvre emblématique, bien datée, bien documentée et au sujet attractif peut se détacher nettement du reste. À l’inverse, un portrait plus anonyme, ou une attribution prudente, peut rester à des niveaux modestes, même lorsque la qualité picturale est réelle.

Dans ce cadre, l’analyse de la valeur doit s’appuyer sur des comparaisons raisonnées : œuvres du même artiste quand elles existent en base ouverte, œuvres proches par sujet et période, et cohérence stylistique générale. Le rôle de l’expertise consiste à structurer ces comparaisons et à établir un dossier clair, en distinguant ce qui relève d’une attribution certaine, d’une attribution probable, ou d’un entourage.

Le bureau d’expertise de Fabien Robaldo intervient précisément sur ce type de positionnement : analyse de l’œuvre, mise en cohérence des informations disponibles, et accompagnement dans la compréhension des niveaux de valeur observables, notamment en lien avec les pratiques de marché et avec les ventes publiques, en collaboration possible avec MILLON selon la nature des dossiers.

Résultats de ventes vérifiés

Les résultats ci-dessous proviennent de sources consultables en accès ouvert au moment de la rédaction. 

  • Besch Cannes Auction, 25 avril 2025, lot 101, “Volupté orientale”, 19 050 €.
  • Euvrard & Fabre, 16 avril 2021, lot non précisé dans l’extrait accessible, œuvre attribuée à Louise Pauline Julie Volpelière (portrait), 512 €.
  • Christie’s Paris, 27 septembre 2012, lot 254, “Jeune orientale et sa servante” (œuvre identifiée), prix en euros non affiché dans l’extrait accessible.

Conclusion

Julie Volpelière occupe une place intéressante dans la peinture française du XIXe siècle, à la croisée du portrait, de la peinture d’histoire et de compositions plus narratives. Aborder son œuvre par la peinture de genre et par la sensibilité romantique aide à mieux comprendre certains tableaux, en particulier lorsque le portrait devient aussi une scène et lorsque l’iconographie (fleurs, musique, costume, décor) participe à une lecture émotionnelle et culturelle de l’image.

La détermination d’une attribution, l’identification du sujet, la datation, et la comparaison avec les rares repères de ventes publiques sont des étapes essentielles pour situer une œuvre et apprécier sa valeur. Pour obtenir une analyse fiable et une approche structurée, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo.

FAQ

Qui est Julie Volpelière ?

Julie Volpelière est une peintre française active dans la première moitié du XIXe siècle, associée principalement au portrait et à la peinture d’histoire, avec une participation documentée au Salon sur une période longue.

Que signifie “peinture de genre” dans ce contexte ?

Dans ce contexte, la peinture de genre renvoie à des scènes de la vie quotidienne ou à des portraits qui intègrent une dimension narrative (objets, gestes, décor), au-delà de la seule représentation du modèle.

Julie Volpelière a-t-elle peint des scènes romantiques ?

Certaines œuvres associées à l’artiste relèvent d’une sensibilité romantique au sens large, notamment par l’intime, l’atmosphère, l’exotisme ou l’importance accordée à la psychologie du modèle.

Quels sujets rencontre-t-on le plus souvent ?

Les sujets les plus fréquents sont les portraits (jeunes femmes, personnages identifiés ou présumés), des compositions liées à des figures historiques, et plus rarement des scènes à coloration exotique.

Quels matériaux sont les plus courants ?

Les œuvres mentionnées dans les notices accessibles sont majoritairement des huiles sur toile.

Pourquoi voit-on parfois “d’après” un autre peintre ?

Au XIXe siècle, une partie de la production peut inclure des copies ou reprises de modèles de référence, notamment dans le cadre de commandes et de programmes institutionnels. Cela doit être pris en compte dans l’analyse.

Une signature “J. Volpelière” suffit-elle à authentifier une œuvre ?

Non. Une signature est un indice, mais l’attribution repose sur un ensemble d’éléments : cohérence stylistique, datation, provenance, comparaisons, documentation et concordance des mentions.

Quels éléments influencent le plus la valeur ?

Le sujet, la période, la qualité d’attribution, la présence d’une date, les dimensions, la provenance documentée et l’intérêt iconographique sont généralement déterminants pour la valeur.

Les œuvres de Julie Volpelière sont-elles rares sur le marché ?

Les apparitions en ventes publiques semblent relativement peu fréquentes en sources ouvertes, ce qui peut renforcer l’intérêt pour des œuvres bien documentées et clairement attribuées.

Comment interpréter des résultats de ventes très variables ?

Les écarts s’expliquent souvent par le sujet, la taille, la qualité perçue, le niveau de documentation, l’attribution (certaine ou prudente) et le contexte de vente.

Peut-on faire expertiser un tableau attribué à Julie Volpelière sur photo ?

Une première analyse peut être engagée à partir de photographies et des dimensions, puis complétée si nécessaire par l’examen direct et l’étude des inscriptions et documents associés.

Comment obtenir une estimation ?

Vous pouvez solliciter une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo, afin de situer l’œuvre, préciser l’attribution et proposer un repère cohérent de valeur selon les données disponibles.

Sources

https://www.napoleon.org/en/history-of-the-two-empires/paintings/portrait-of-marshal-lannes/

https://histoiredesarts.culture.gouv.fr/Toutes-les-ressources/L-Histoire-par-l-image/Les-artistes-femmes-au-debut-du-XIXe-siecle

https://fr.wikipedia.org/wiki/Julie_Volpeli%C3%A8re

https://besch.s3.fr-par.scw.cloud/blog/191/besch-cannes-auction-resultats-vente-paques-2025.pdf

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Julie_Volpeli%C3%A8re_-_Portrait_de_jeune_femme_au_bouquet_de_fleurs_-_1822.jpg

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Julie_Volpeli%C3%A8re_-_Young_oriental_woman_and_her_maid_-_1836.jpg

https://www.christies.com/en/lot/lot-5600785

https://www.euvrard-fabre.com/catalogue/111723-dessins-and-tableaux-anciens-mobilier-and-objets-dart-arts

https://www.gazette-drouot.com/lots/9128874-louise-pauline-julie-volpeliere—

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