Estimation d’une estampe de Kawase Hasui
Ce guide présente les repères essentiels pour comprendre la valeur d’une estampe de Kawase Hasui et le fonctionnement du marché pour cet artiste majeur du mouvement shin-hanga. Il s’adresse aux propriétaires, collectionneurs et ayants droit souhaitant une estimation gratuite et fiable avec l’appui du bureau d’expertise de Fabien Robaldo, en collaboration avec MILLON.
L’objectif est de fournir des informations claires sur les typologies, les périodes, les matériaux, les critères simples d’évaluation et les résultats de ventes récents. Les données sont factuelles et orientées marché.
Définition et description générale
Kawase Hasui, actif entre l’ère Taisho et le début de l’ère Showa, est l’un des principaux paysagistes du shin-hanga. Ses estampes sont des gravures sur bois éditées en séries, diffusées par des éditeurs comme Watanabe Shozaburo et, plus ponctuellement, Doi Hangaten. Elles existent en formats standardisés et portent des signatures et cachets permettant d’en situer l’édition.
Les sujets couvrent paysages ruraux, vues urbaines et monuments. Certaines compositions sont devenues des références, notamment les vues enneigées et nocturnes de Tokyo et des régions du Japon. Les tirages de la période de la première diffusion sont généralement recherchés.
Typologies, matériaux, périodes, styles
Typologies et formats
Les formats les plus courants sont l’oban tate-e d’environ 39 x 26 cm et les grands horizontaux dai-oban proches de 36 x 47 cm. On rencontre aussi des aiban, plus petits. Les compositions célèbres comme “Shiba Zojoji” existent en vertical oban, tandis que “Zojoji no yuki” se rencontre en grand horizontal des années 1950.
Les séries notables incluent “Tokyo nijukkei” – Vingt vues de Tokyo, “Tabi miyage” – Souvenirs de voyage I et II, et “Nihon fukei shu” – Collections de vues du Japon. Le titre de la planche et la série figurent souvent en marge, utiles pour l’identification.
Matériaux et éditeurs
Les œuvres sont des xylographies imprimées couleur par planches successives. L’éditeur Watanabe Shozaburo a coordonné la fabrication et apposé différents cachets selon les périodes de tirage. D’autres éditeurs, comme Doi Hangaten, ont produit des compositions distinctes. La lecture des marges et des cachets d’éditeur contribue à situer la période d’édition et donc la valeur.
Pour quelques planches des années 1950, la mention “Commission for Protection of Cultural Properties” apparaît, indiquant une diffusion institutionnelle conjointe avec Watanabe. Cela caractérise une partie des tirages d’après-guerre.
Périodes clés et séries
Les tirages Taisho 1912-1926 et les premiers Showa 1926-1930s forment le cœur de la demande. Les vues de Tokyo publiées avant et autour de 1925, comme “Shiba Zojoji”, sont des jalons. Les scènes de voyage 1919-1921, par exemple “Mishima River, Mutsu Province”, illustrent le début d’une production très suivie qui a structuré la cote.
La production d’après 1945 comprend de grandes vues horizontales iconiques, dont “Zojoji no yuki” de 1953. Ces compositions demeurent actives sur le marché avec une amplitude de prix dépendant du sujet, de l’éditeur et de la période d’édition.
Facteurs simples influençant la valeur
Thématiques et sujets
Les thèmes structurent la valeur. Les vues enneigées, scènes nocturnes et paysages de pluie sont très recherchés. Les monuments identifiables de Tokyo, Kyoto ou Nara, ainsi que certaines rivières et ponts célèbres, concentrent une demande internationale.
Édition, signature et cachets
La présence de la signature “Hasui” et du sceau rouge de l’artiste, combinée au cachet d’éditeur approprié à la date, oriente l’évaluation. Les premiers tirages de l’ère Taisho ou des années 1920, avec cachets Watanabe de période, se positionnent plus haut que des impressions postérieures. Les éditions posthumes et tirages tardifs existent pour certains sujets et se situent à un niveau de prix plus accessible.
Dimensions et tirages
Le format contribue à la valeur. Les oban verticaux classiques et les grands horizontaux des années 1950 occupent des segments dynamiques. Certaines compositions ont connu plusieurs passages en atelier. L’identification de l’état d’édition par la lecture des marges, titres et cachets reste un critère simple d’orientation.
Provenance et documentation
Une provenance claire, une mention d’exposition ou une référence muséale documentée renforcent la perception de la valeur. Les séries complètes ou ensembles thématiques cohérents sont également recherchés par les collectionneurs.
Marché de l’art: demande, cote, valeur
Le marché de Kawase Hasui est international, actif en Amérique du Nord, en Europe et au Japon. Les résultats montrent une hiérarchie nette par période et sujet. Les vues Taisho et premières Showa atteignent des niveaux élevés, surtout pour les scènes de neige et de nuit. Les tirages d’après-guerre bien identifiés, notamment les grands horizontaux 1950s, enregistrent des prix soutenus.
À titre indicatif, les œuvres courantes d’après-guerre se situent souvent dans une fourchette de quelques centaines à environ 2 000 à 3 000 euros pour des sujets standards. Les compositions recherchées des années 1920 à 1930 se positionnent fréquemment entre 5 000 et 20 000 euros, selon la rareté et la notoriété du motif. Des sujets phares, bien référencés et de première diffusion, peuvent dépasser 30 000 euros. Des pointes supérieures existent pour des compositions emblématiques, confirmées par des résultats au-dessus de 50 000 euros pour certaines planches de 1919 à sujet marquant.
La demande reste soutenue par un socle de collectionneurs avertis, un corpus d’images iconiques et un nombre fini d’exemplaires de première diffusion. Les grandes maisons internationales proposent régulièrement des estampes de Hasui, ce qui assure une lecture de marché stable.
Résultats de ventes vérifiés
Sélection de quatre adjudications récentes et documentées, indiquées en euros à titre de conversion approximative à la date de vente.
- Christie’s, New York, “Japanese and Korean Art”, 18 mars 2025, lot 278, “Zojoji no yuki” 1953 – 27 720 USD, env. 25 800 €.
- Christie’s, New York, “Japanese and Korean Art”, 18 mars 2025, lot 281, “Shiba Zojoji” 1925 – 20 160 USD, env. 18 700 €.
- Christie’s, New York, “Japanese and Korean Art”, 18 mars 2025, lot 280, “Evening snow at Terajima Village” 1920 – 37 800 USD, env. 35 200 €.
- Heritage Auctions, Dallas, 20 mars 2025, lot 78158, “Mishima River, Mutsu Province” 1919 – 55 000 USD, env. 51 100 €.
Ces résultats illustrent l’écart de prix entre les grands sujets Taisho et Showa précoce et les éditions d’après-guerre, ainsi que l’attrait persistant des scènes enneigées et de voyage.
Conclusion
Pour connaître la valeur de votre estampe de Kawase Hasui, l’analyse du sujet, de la période d’édition, du format, des signatures et cachets éditoriaux est déterminante. Le bureau d’expertise de Fabien Robaldo vous accompagne dans l’identification et la datation, avec un regard exclusivement orienté marché. Contactez-nous pour une estimation gratuite et documentée. Avec l’appui de MILLON, nous vous apportons une lecture claire et actuelle de la cote de Hasui.
FAQ
Comment reconnaître une estampe de Kawase Hasui éditée par Watanabe Shozaburo?
Repérez la signature “Hasui”, le sceau rouge de l’artiste et un cachet d’éditeur Watanabe cohérent avec la période d’édition. Les mentions en marge et les dimensions standardisées aident à confirmer l’identification.
Quelles séries de Hasui sont les plus recherchées?
Les séries “Tokyo nijukkei” et “Tabi miyage” figurent parmi les plus demandées, avec une préférence marquée pour les vues enneigées et nocturnes.
Les grands formats horizontaux des années 1950 ont-ils une bonne valeur?
Oui, certaines compositions 1950s, dont “Zojoji no yuki”, enregistrent des résultats solides, avec des niveaux dépendant du sujet et du statut d’édition.
Quelle différence de valeur entre une impression Taisho et une impression postérieure?
À sujet comparable, une impression diffusée durant l’ère Taisho ou au début de l’ère Showa tend à se situer plus haut qu’un tirage postérieur.
Les cachets et mentions en marge influencent-ils l’estimation?
Oui. Les cachets d’éditeur, les dates et les titres en marge orientent l’estimation car ils situent l’édition et la diffusion de la planche.
Quelles thématiques atteignent les meilleurs prix?
Les scènes de neige, de pluie et de nuit, ainsi que des monuments identifiables comme Zojoji, sont parmi les plus performantes.
Existe-t-il des rééditions postérieures pour certaines planches?
Oui. Certaines compositions ont connu des rééditions, généralement positionnées à des niveaux de prix inférieurs aux premiers tirages.
Quels formats rencontre-t-on le plus souvent?
Principalement l’oban vertical d’environ 39 x 26 cm et, pour certaines compositions d’après-guerre, un grand horizontal proche de 36 x 47 cm.
Quel est l’ordre de grandeur des prix pour une estampe courante d’après-guerre?
Selon le sujet et l’édition, il n’est pas rare d’observer des adjudications allant de quelques centaines d’euros à environ 2 000 à 3 000 euros.
Pourquoi certaines estampes de 1919 à 1925 dépassent-elles 30 000 euros?
La combinaison sujet iconique, première diffusion et forte rareté sur le marché peut porter ces planches sur des niveaux plus élevés.
Comment demander une estimation gratuite avec le bureau de Fabien Robaldo?
Transmettez des photos recto-verso, les dimensions du feuillet et les mentions en marge. Vous recevrez une estimation gratuite et argumentée orientée marché.
Proposez-vous une estimation pour des ensembles ou des séries complètes?
Oui. Les ensembles cohérents par série ou par thème sont étudiés avec une approche dédiée et un avis de valeur contextualisé.