Estimation Leonora Carrington : prix, cote et valeur aux enchères

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Leonora Carrington compte parmi les figures majeures du surréalisme international. Née en Angleterre en 1917 et installée au Mexique à partir de 1942, elle a développé une œuvre personnelle qui associe peinture, dessin, sculpture et écriture. Ses compositions mettent en scène des figures féminines, des animaux, des créatures hybrides et des références à l’alchimie, aux mythologies anciennes et aux traditions mexicaines.


Son marché connaît une forte reconnaissance internationale. Les peintures narratives des années 1940 à 1960 occupent le niveau le plus élevé de sa cote, tandis que les œuvres sur papier, estampes et sculptures relèvent de segments distincts. La provenance, la période, la technique, les dimensions et l’historique d’exposition peuvent entraîner des écarts de prix considérables.


L’examen d’une œuvre signée ou attribuée à Leonora Carrington demande donc une étude documentaire et technique approfondie. Une première estimation permet de situer le bien avant, si nécessaire, de poursuivre les recherches avec les spécialistes et professionnels compétents.


Biographie

Origines et formation artistique

Leonora Carrington naît le 6 avril 1917 dans le Lancashire, en Angleterre. Elle grandit au sein d’une famille aisée, dans un environnement où elle se familiarise avec les récits populaires, les légendes celtiques et la littérature fantastique. Ces références culturelles réapparaissent ensuite dans ses peintures, ses récits et ses pièces de théâtre.

Après une scolarité difficile dans plusieurs établissements, elle choisit de se consacrer à l’art. Elle étudie notamment à la Chelsea School of Art, puis à l’académie londonienne fondée par le peintre Amédée Ozenfant. Cet enseignement lui apporte une connaissance structurée du dessin, de la composition et des techniques picturales. À Londres, elle découvre les œuvres et les idées du mouvement surréaliste, alors en plein développement.

Rencontre avec le surréalisme européen

En 1937, Leonora Carrington rencontre Max Ernst. Elle séjourne avec lui à Paris, puis à Saint-Martin-d’Ardèche. Durant cette période, elle fréquente plusieurs membres du groupe surréaliste et commence à exposer. Elle ne se limite cependant pas au rôle de muse parfois attribué aux femmes dans les récits historiques du mouvement. Elle affirme rapidement une pratique autonome et développe ses propres figures symboliques.

Ses premières peintures importantes comprennent des autoportraits, des représentations de chevaux et des figures animales. Le cheval prend une place particulière dans son vocabulaire. Il peut être interprété comme une figure de liberté, de transformation ou comme un double de l’artiste. Cette iconographie apparaît notamment dans plusieurs œuvres réalisées à la fin des années 1930.

La Seconde Guerre mondiale interrompt cette période. Max Ernst est arrêté en France en tant que ressortissant allemand. Leonora Carrington quitte alors le pays et traverse une grave crise psychique en Espagne. Elle est internée dans un établissement à Santander. Cette expérience est ensuite racontée dans « Down Below », publié en français sous le titre « En bas ».

Installation et carrière au Mexique

Après son départ d’Europe, Leonora Carrington passe par New York avant de s’installer à Mexico en 1942. La capitale mexicaine accueille alors plusieurs artistes et intellectuels européens en exil. Elle y retrouve un milieu favorable au développement de son travail, sans intégrer pour autant l’esthétique nationaliste associée aux principaux muralistes mexicains.

Elle se lie étroitement avec la peintre Remedios Varo, la photographe Kati Horna, Benjamin Péret et José Horna. Les échanges entre ces artistes portent sur la peinture, la littérature, les sciences occultes, les mythologies, la cuisine et les pratiques théâtrales. En 1946, Leonora Carrington épouse le photographe Emerico « Chiki » Weisz.

Une exposition organisée en 1947 par la Pierre Matisse Gallery à New York participe à sa reconnaissance internationale. Son travail est ensuite présenté au Mexique, aux États-Unis et en Europe. Une importante rétrospective lui est consacrée à Mexico en 1960. En 1963, elle réalise « El mundo mágico de los mayas » pour le Museo Nacional de Antropología.

Au cours des décennies suivantes, elle poursuit simultanément la peinture, le dessin, l’écriture et la sculpture. Elle s’engage également dans le mouvement de libération des femmes au Mexique durant les années 1970. À partir des années 1990, sa production sculptée prend une visibilité croissante. Leonora Carrington meurt à Mexico le 25 mai 2011, à l’âge de 94 ans.

Style de l’artiste

Leonora Carrington est associée au surréalisme, mais son œuvre ne constitue pas une simple application des principes de l’automatisme ou de la psychanalyse freudienne. Elle construit un langage autonome à partir de ses lectures, de son expérience personnelle et de traditions culturelles variées.

Ses compositions réunissent fréquemment des créatures hybrides, des animaux anthropomorphes, des figures féminines, des oiseaux, des chevaux, des hyènes, des géants et des personnages encapuchonnés. Les scènes prennent parfois la forme d’un banquet, d’une cérémonie, d’une réunion domestique ou d’un rituel. Malgré leur apparence fantastique, elles suivent souvent une organisation spatiale précise.

L’artiste mobilise des références à l’alchimie, au tarot, à la cabale, au gnosticisme, aux mythologies celtiques et aux religions anciennes. Son installation au Mexique enrichit ce vocabulaire. Certaines œuvres intègrent des objets, des animaux ou des traditions issus de son nouvel environnement, sans perdre les références européennes liées à son enfance et à sa formation.

Les figures féminines ne sont généralement pas représentées comme de simples objets d’observation. Elles agissent, se transforment, organisent des cérémonies ou occupent une fonction centrale dans la narration. L’identité, la liberté et la place des femmes constituent ainsi des thèmes importants de son œuvre.

Le traitement pictural varie selon les périodes. Certaines peintures présentent des couches fines, des détails minutieux et des effets de transparence. D’autres privilégient une matière plus visible ou des couleurs plus soutenues. Les compositions horizontales réalisées au Mexique peuvent rappeler la structure d’une prédelle médiévale, avec plusieurs épisodes réunis dans un même espace.

Techniques, matériaux et périodes

Leonora Carrington a travaillé sur de nombreux supports. L’huile sur toile est présente dès sa période européenne et reste importante durant toute sa carrière. Elle utilise également l’huile sur panneau ou sur bois, ainsi que la tempera à l’œuf. Certaines peintures associent plusieurs procédés afin d’obtenir des surfaces mates, des transparences ou une grande finesse dans les détails.

Les années 1930 correspondent à ses premières peintures surréalistes européennes. Les autoportraits, les chevaux et les animaux y occupent une place notable. Les œuvres de cette période sont rares sur le marché et peuvent bénéficier d’un intérêt particulier lorsqu’elles disposent d’une provenance établie.

Les années 1940 marquent un changement majeur. Après son arrivée à New York puis au Mexique, Carrington développe des compositions narratives plus complexes. Elle expérimente des formats allongés et approfondit son intérêt pour l’alchimie, les traditions médiévales et les cérémonies collectives. Plusieurs peintures aujourd’hui considérées comme essentielles datent de cette décennie.

La production des années 1950 et 1960 prolonge cette recherche. L’artiste réalise des huiles sur toile ou sur panneau, des peintures à la tempera, des dessins et des projets de plus grande ampleur. Cette période est particulièrement recherchée sur le marché lorsqu’une œuvre associe une composition élaborée, un sujet caractéristique et un historique documentaire précis.

Sur papier, Leonora Carrington pratique l’encre, le crayon, le pastel et différentes techniques graphiques. Elle produit également des lithographies, des gravures et d’autres œuvres imprimées. Leur valeur dépend notamment du procédé, du tirage, de la signature, de la justification et de la qualité d’impression.

La sculpture devient un domaine important de son activité tardive. Elle travaille notamment le bronze et conçoit des figures animales ou hybrides. Des sculptures peintes et des œuvres monumentales complètent ce corpus. L’identification d’un bronze demande de relever les dimensions, le numéro d’édition, la marque du fondeur et les documents associés.

Son activité comprend aussi des tapisseries, des textiles, des bijoux, des décors et des costumes de théâtre. Parallèlement aux arts visuels, elle écrit des nouvelles, des romans, des textes autobiographiques et des pièces de théâtre. Ces productions contribuent à la compréhension de son univers, mais relèvent de marchés différents lorsqu’elles apparaissent en vente.

Analyse du marché

La cote de Leonora Carrington est aujourd’hui internationale et fortement hiérarchisée. Les records concernent un nombre limité de peintures ou de sculptures exceptionnelles. Ils ne peuvent pas être appliqués automatiquement à une œuvre de petit format, à une estampe ou à une attribution non documentée.

Les peintures majeures exécutées entre les années 1940 et 1960 occupent généralement le sommet du marché. Les collectionneurs recherchent en particulier les compositions narratives complexes, les scènes rituelles et les œuvres intégrant les figures emblématiques de l’artiste. Les sujets liés à l’alchimie, aux créatures hybrides, aux figures féminines et aux animaux peuvent renforcer l’intérêt lorsqu’ils sont traités dans une composition aboutie.

La technique ne suffit pas, à elle seule, à établir une hiérarchie. Une tempera à l’œuf sur panneau peut atteindre un niveau important si elle appartient à une période recherchée et si sa provenance est solide. Inversement, une huile sur toile plus tardive, peu documentée ou moins caractéristique peut se situer à un niveau différent.

Les dimensions interviennent dans l’évaluation, mais elles doivent être rapprochées du sujet et de la période. Un grand format présentant une composition majeure dispose généralement d’un potentiel supérieur. Une œuvre de dimensions réduites peut néanmoins être recherchée si elle possède un caractère historique, une provenance ancienne ou une participation à des expositions reconnues.

La provenance constitue un critère déterminant. Une transmission directe depuis l’artiste, une présence ancienne dans une collection identifiée ou une étiquette de la Galería de Arte Mexicano peuvent contribuer à documenter le parcours du bien. Les factures, correspondances, photographies anciennes, certificats, catalogues et étiquettes d’exposition doivent être étudiés ensemble.

L’historique des expositions et la bibliographie peuvent également soutenir la valeur. Une œuvre reproduite dans un ouvrage de référence ou présentée lors d’une rétrospective bénéficie d’une meilleure traçabilité. Il convient toutefois de vérifier que la reproduction et les dimensions correspondent exactement au bien examiné.

Les dessins, pastels et encres forment un segment autonome. Leur prix dépend de la date, du sujet, du niveau d’exécution et de leur lien éventuel avec une peinture connue. Les estampes se situent généralement à un niveau inférieur, avec des différences liées à la rareté de l’édition et à la présence d’une signature autographe.

La sculpture occupe désormais une place visible dans le marché de l’artiste. Le résultat obtenu en 2024 par « La Grande Dame (The Cat Woman) » confirme l’intérêt pour les pièces historiques et monumentales. Ce résultat exceptionnel ne constitue toutefois pas une référence directe pour tous les bronzes édités ou pour les sculptures de dimensions plus modestes.

La progression récente de la cote est concentrée sur des œuvres muséales dotées d’un historique remarquable. Une estimation cohérente doit donc reposer sur des ventes comparables par technique, période, dimensions et importance artistique, plutôt que sur le seul record mondial.

Analyse technique de l’oeuvre de l’artiste

L’étude d’une œuvre attribuée à Leonora Carrington commence par l’identification exacte du support. Une toile, un panneau de bois, une feuille de papier ou une sculpture en bronze appellent des méthodes d’analyse différentes. La technique annoncée doit être confrontée à l’aspect de la matière et aux caractéristiques connues de la période supposée.

Pour une peinture, il convient d’étudier la construction de la composition, le dessin préparatoire éventuellement visible, la superposition des couches et le traitement des détails. Les œuvres de Carrington peuvent présenter des glacis fins, des zones opaques et des tracés précis. La comparaison doit porter sur des œuvres datées et documentées, exécutées avec une technique similaire.

Les inscriptions constituent des indices importants. La signature peut se trouver en bas à droite ou à gauche, mais cette position varie selon les œuvres. Certaines peintures portent également un titre, une date ou des annotations au revers. Une signature isolée ne suffit jamais à démontrer une attribution. Sa graphie, son emplacement et son intégration à la couche picturale doivent être replacés dans un ensemble d’éléments concordants.

Les étiquettes anciennes peuvent préciser une galerie, une exposition, une collection ou un numéro d’inventaire. La Galería de Arte Mexicano a notamment joué un rôle dans le parcours de plusieurs œuvres. Chaque mention doit être rapprochée des archives, catalogues et publications accessibles.

Pour une estampe, l’examen porte sur la technique d’impression, le papier, la numérotation, la justification du tirage et la signature. Une reproduction décorative ne possède pas le même statut qu’une lithographie originale signée et numérotée. Le titre et l’édition doivent être identifiés avant toute comparaison avec un résultat de vente.

Pour une sculpture, la marque du fondeur, le numéro d’édition, la date de conception et la date de fonte sont essentiels. Plusieurs versions d’un même modèle peuvent exister. La présence d’une signature moulée ou gravée doit être confrontée aux justificatifs d’édition et à la documentation disponible.

Un catalogue raisonné des peintures dirigé par le Dr Salomon Grimberg est indiqué comme étant en préparation dans des notices de vente. Son annonce ne remplace pas l’examen de la provenance et du dossier documentaire. Certaines œuvres présentées aux enchères ont également fait l’objet d’une confirmation par Harold Gabriel Weisz Carrington, fils de l’artiste. La procédure pertinente dépend donc du type de bien et des informations déjà disponibles.

Une estimation sur photographies constitue une première orientation. Elle permet d’examiner le sujet, les dimensions annoncées, la signature et les documents transmis. Elle ne doit pas être confondue avec une authentification certaine ou avec une expertise produisant des effets juridiques particuliers.

Marché des enchères

Les résultats suivants sont des prix avec frais publiés par les maisons de vente. Les conversions en euros des adjudications exprimées en dollars reposent sur le taux de référence disponible à la date concernée.

  • Sotheby’s, New York, 15 mai 2024 : « Les Distractions de Dagobert », 1945, huile sur toile, vendue 26 297 083 €.
  • Sotheby’s, New York, 18 novembre 2024 : « La Grande Dame (The Cat Woman) », 1951, sculpture, vendue 10 784 685 €.
  • Sotheby’s, New York, 17 mai 2022 : « The Garden of Paracelsus », 1957, huile sur toile, vendue 3 130 633 €.
  • Christie’s, Paris, 23 avril 2024 : « Levitasium », vers 1950, huile sur toile, vendue 541 800 €.

Le résultat de « Les Distractions de Dagobert » constitue un record majeur, très supérieur au précédent sommet atteint par l’artiste. L’œuvre réunissait plusieurs caractéristiques rarement présentes simultanément : une date importante, une composition complexe, un grand format, une provenance reconnue et une bibliographie développée.

« The Garden of Paracelsus » illustre également l’intérêt porté aux peintures narratives des années 1950. Sa provenance, liée notamment à la Galería de Arte Mexicano, et son historique d’expositions internationales participaient à sa position sur le marché.

La vente parisienne de « Levitasium » fournit un repère européen pertinent pour une huile de format plus réduit. Christie’s précisait que l’œuvre devait être incluse au catalogue raisonné des peintures en préparation. Ce type d’indication documentaire peut jouer un rôle important dans la confiance des enchérisseurs.

Conclusion

L’estimation d’une œuvre de Leonora Carrington exige de distinguer les peintures majeures, les œuvres sur papier, les estampes et les sculptures. La période, la technique, le sujet, les dimensions, la provenance, les expositions et les publications déterminent ensemble sa place sur le marché.

Un record mondial ne permet pas d’évaluer directement une œuvre différente. L’analyse doit être fondée sur des comparables pertinents et sur un examen attentif de la documentation. Une signature visible constitue un premier indice, mais ne remplace pas l’étude technique et historique du bien.

Si vous possédez une peinture, un dessin, une estampe ou une sculpture signée ou attribuée à Leonora Carrington, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. L’envoi de photographies de l’ensemble, de la signature, du revers, des dimensions et des documents disponibles permettra de fournir un premier avis de valeur et, lorsque la situation le justifie, de vous orienter vers les spécialistes et la maison de ventes aux enchères adaptés.

Sources
Fiches artistes et marques
https://www.sothebys.com/en/artists/leonora-carrington https://www.sothebys.com/en/articles/leonora-carringtons-magnum-opus-to-highlight-sothebys-modern-evening-auction https://www.sothebys.com/en/videos/after-being-outbid-30-years-ago-eduardo-costantini-finally-won-his-beloved-leonora-carrington https://www.sothebys.com/en/articles/extraordinary-highlights-from-the-new-york-sales https://www.sothebys.com/en/buy/auction/2022/modern-evening-auction/the-garden-of-paracelsus https://press.christies.com/adjuge-189399/ https://www.phillips.com/detail/leonora-carrington/NY030124/12 https://www.dorotheum.com/en/l/6482562/ https://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/492697 https://www.moma.org/artists/993-leonora-carrington https://mam.inba.gob.mx/destacadas.html https://inba.gob.mx/prensa/15261/leonora-carrington-heredo-a-mexico-la-magia-de-su-poesia-pintura-y-escultura- https://www.fundacionmapfre.org/media/arte-cultura/exposiciones/folleto-leonora-carrington-en.pdf https://www.fundacionleonoracarrington.org/

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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