Louis Berthommé Saint-André : statuaire publique et art décoratif du XXe siècle

Expertise Fabien Robaldo, portrait photo de l'expert en Noir et blanc

Louis Berthommé Saint-André : statuaire publique et art décoratif du XXe siècle, comprendre les œuvres et la valeur

Introduction

Louis Berthommé Saint-André (1905-1977) est principalement identifié comme peintre, graveur, lithographe, illustrateur et céramiste. Sa notoriété sur le marché repose surtout sur des œuvres de chevalet (huiles, dessins, aquarelles) et des estampes. La thématique “statuaire publique et art décoratif du XXe siècle” amène toutefois un angle utile : replacer l’artiste dans le contexte des commandes décoratives de l’après-guerre, où peinture et sculpture s’intègrent à l’architecture, notamment dans les établissements publics.

L’activité de Louis Berthommé Saint-André renvoie davantage à la peinture décorative (panneaux, grands formats, décors) qu’à la statuaire au sens strict. Il peut donc exister un décalage entre l’expression “statuaire publique” et la réalité des œuvres qui circulent le plus souvent en vente : dessins, huiles, lithographies, parfois céramiques. Cet article clarifie les catégories d’œuvres, les repères chronologiques et stylistiques, puis les facteurs concrets qui influencent la valeur et la demande.

Définir la statuaire publique et l’art décoratif au XXe siècle

La statuaire publique désigne, de façon générale, les sculptures visibles dans l’espace public ou intégrées à des bâtiments accessibles au public. Elle regroupe les monuments commémoratifs, bustes, figures allégoriques, bas-reliefs de façade, décors sculptés d’entrée, œuvres installées dans des jardins, cours d’école, mairies ou établissements d’enseignement. Le XXe siècle élargit encore ce champ : les œuvres peuvent être figuratives ou plus stylisées, et s’inscrire dans des programmes décoratifs d’ensemble, associant architecture, peinture et sculpture.

L’art décoratif, dans ce contexte, vise les œuvres conçues pour accompagner un lieu : panneaux peints, fresques, toiles marouflées, mosaïques, vitraux, décors de salles, mais aussi certains ensembles en céramique. L’objectif n’est pas la simple “illustration” d’un mur : il s’agit d’une œuvre pensée avec l’architecture, les volumes, la circulation, l’éclairage, et le programme iconographique d’un bâtiment. Cette approche est particulièrement lisible dans les dispositifs de commande publique d’après-guerre.

En France, l’après-guerre est marqué par des programmes qui associent explicitement peinture et sculpture dans les constructions publiques. Un exemple documenté est celui du lycée Gustave-Monod à Enghien-les-Bains (anciennement Claude-Bernard), où un vaste programme de panneaux décoratifs est mis en œuvre dans les années 1950. Dans ce cadre, Louis Berthommé Saint-André est cité parmi les peintres sollicités pour des œuvres décoratives, aux côtés d’autres artistes, tandis que la sculpture est confiée à un sculpteur identifié dans le programme. Cet exemple illustre bien la complémentarité entre art décoratif (panneaux peints) et statuaire (bas-reliefs, éléments sculptés), sans pour autant signifier que Louis Berthommé Saint-André soit un sculpteur de statuaire publique au sens habituel.

Typologies d’œuvres, matériaux, périodes et styles associés

Œuvres de chevalet : dessins, aquarelles, huiles

Sur le marché, les œuvres les plus fréquentes de Louis Berthommé Saint-André relèvent de la peinture et du dessin. Les dessins peuvent être au crayon, au fusain, à l’encre, parfois rehaussés. Les aquarelles apparaissent régulièrement, avec des sujets figuratifs. Les huiles sur toile (ou sur panneau) constituent l’autre grand ensemble : portraits, scènes d’atelier, nus, paysages, scènes de genre. Ces typologies correspondent à ce que l’on observe dans des catalogues de ventes et des résultats publiés, avec des formats variés et une présence régulière du modèle, de l’atelier, ou de scènes intimistes.

Estampes et illustration : lithographies, gravures, livres illustrés

L’artiste est également identifié comme lithographe et graveur. Dans le cadre du XXe siècle, ces techniques s’inscrivent dans un marché spécifique : tirages numérotés, feuilles signées, portfolios, mais aussi participation à des ouvrages illustrés. Pour l’amateur, l’intérêt est double : d’une part l’accessibilité de certaines feuilles (souvent moins onéreuses qu’une huile), d’autre part l’importance de l’édition (tirage, justification, présence ou non d’une signature manuscrite, qualité de l’impression, et parfois lien à une publication connue).

Art décoratif : panneaux, décors et commandes publiques

L’angle “art décoratif” est pertinent pour replacer Louis Berthommé Saint-André dans une période où certains peintres interviennent sur des chantiers d’art monumental. Dans les programmes documentés des années 1950, les commandes peuvent prendre la forme de grands panneaux, notamment des toiles marouflées (toiles fixées sur support mural). Les sujets imposés ou suggérés dans la commande (par exemple des “scènes récréatives”) orientent la composition, tout en laissant une liberté d’interprétation. Pour un propriétaire, une œuvre relevant d’un décor (étude préparatoire, maquette, carton, variante d’atelier, ou élément autonome) ne s’évalue pas comme une simple “peinture de salon” : le contexte de commande et la destination peuvent influer sur la demande et sur la valeur.

Et la “statuaire publique” dans ce dossier ?

Dans l’état des informations couramment citées, Louis Berthommé Saint-André n’est pas prioritairement présenté comme sculpteur de monuments publics. La prudence est donc nécessaire lorsqu’une sculpture est attribuée à son nom. Une confusion peut exister avec des œuvres “décoratives” (reliefs, céramiques, éléments d’architecture) ou avec des artistes homonymes. En pratique, la majorité des objets rencontrés sous ce nom en vente relève de la peinture, du dessin, de l’estampe et, plus ponctuellement, de la céramique.

Facteurs qui influencent la valeur 

La valeur d’une œuvre attribuée à Louis Berthommé Saint-André dépend d’abord de la typologie. Une huile sur toile n’est pas évaluée comme une aquarelle, et une lithographie signée et numérotée n’a pas le même positionnement qu’un dessin d’étude non signé. La hiérarchie des médiums joue un rôle immédiat dans la lecture des résultats de ventes : à sujet comparable, une huile peut atteindre des montants supérieurs à une feuille sur papier, même si des exceptions existent (dessins particulièrement aboutis, sujets recherchés, provenance notable, ou pièce documentée).

Le sujet est un autre facteur direct. Les scènes d’atelier, portraits, nus, scènes de cabaret, et certains paysages peuvent susciter une demande plus soutenue selon les périodes et les profils d’acheteurs (collectionneurs de figuration française, amateurs de Montmartre et de scènes parisiennes, ou amateurs d’illustration). L’intérêt iconographique peut aussi être renforcé par un titre explicite, une date, ou une inscription au verso.

La période et la cohérence stylistique comptent également, même sans entrer dans une analyse technique avancée. Une œuvre typique, représentative et lisible de l’artiste, se positionne souvent plus facilement qu’une pièce marginale, inachevée, ou atypique. Les dimensions interviennent aussi : le marché peut valoriser certains formats “d’exposition”, mais la demande peut être plus large sur des formats intermédiaires, plus faciles à présenter dans un intérieur.

Enfin, le niveau de documentation influence fortement la valeur. Une œuvre clairement identifiée (titre, provenance, certificat, historique d’exposition, ou lien à un programme décoratif connu) se défend mieux sur le marché. Dans le cas de l’art décoratif et des commandes publiques, une étude préparatoire ou une pièce rattachable à un chantier documenté peut susciter un intérêt particulier, à condition que l’attribution soit cohérente et que le rattachement soit argumenté.

Marché de l’art : demande, cote et niveaux de valeur

Le marché de Louis Berthommé Saint-André est principalement un marché de peintures et d’œuvres sur papier. Il apparaît de manière régulière dans des ventes en France, avec des résultats accessibles pour des feuilles (dessins, ensembles de dessins) et des niveaux plus élevés pour certaines huiles. Cette présence régulière implique un point essentiel pour l’estimation : la comparaison doit se faire à technique et sujet comparables, et à date de vente comparable, car les résultats fluctuent selon la qualité, la taille, le thème et la concurrence du jour.

La “cote” au sens large se construit à partir d’un faisceau d’indices : fréquence des lots, stabilité des prix, capacité de certaines œuvres à dépasser l’estimation, et intérêt des enchérisseurs sur des sujets identifiés. Les pages de résultats publiées par des maisons de ventes, dont MILLON, montrent des adjudications sur des œuvres de formats et de techniques variés. Les prix observés peuvent aller de montants modestes (petites feuilles ou œuvres secondaires) à des montants plus élevés pour des huiles plus attractives.

Le segment “art décoratif” est plus spécifique. Les grands décors in situ (panneaux intégrés à un bâtiment) ne circulent pas comme une œuvre mobile, mais l’artiste peut apparaître via des éléments liés au décor : esquisses, études, dessins préparatoires, projets de composition. Dans ce cas, la demande est plus spécialisée. Elle peut venir de collectionneurs sensibles à l’art monumental de l’après-guerre, à l’histoire des commandes publiques, ou aux ensembles décoratifs d’établissements emblématiques. Ce n’est pas un marché de volume, mais il peut soutenir une valeur cohérente lorsque le dossier est solide.

Sur la question de la statuaire publique, il faut distinguer deux réalités. D’un côté, les programmes publics associent souvent sculpture et peinture : bas-reliefs, décors de façade, sculptures d’intérieur. De l’autre, la documentation disponible ne place pas Louis Berthommé Saint-André au premier plan comme sculpteur de monuments. Pour une sculpture attribuée à son nom, l’approche la plus rationnelle consiste à vérifier l’existence d’une pratique sculptée clairement attestée, la cohérence stylistique, et la présence d’indices matériels simples (signature, cachet, mention de fonderie, ou documentation d’origine), puis à comparer avec des résultats de ventes réellement vérifiés portant sur la même typologie.

Résultats de ventes 

  • Artcurial, 13 février 2007, lot 64, “MODELE DANS L’ATELIER”, vendu 1 480 €.
  • Ader (Salle des ventes Favart), 4 octobre 2023, lot 132, lot de sept dessins, résultat 384 € (frais inclus).
  • Crédit Municipal de Paris (commissaire-priseur : Cheuvreux-Missoffe), 13 juin 2025, lot 48, “Paysage à l’étang et à la barque”, adjugé 110 € (hors frais).
  • MILLON, 17 septembre 2019, lot 29, “Femme à l’éventail”, vendu 320 €.

Conclusion

Louis Berthommé Saint-André s’inscrit pleinement dans la figuration française du XXe siècle, avec une production surtout connue en peinture, dessin et estampe, et une présence ponctuelle dans des contextes d’art décoratif lié à des commandes publiques. La thématique “statuaire publique” doit être comprise ici comme un contexte historique (programmes associant peinture et sculpture) plus que comme un domaine central de l’artiste, sauf documentation contraire au cas par cas.

Pour connaître la valeur d’une œuvre (huile, aquarelle, dessin, estampe, ou pièce liée à un décor) et vérifier la cohérence de l’attribution, le plus efficace est de s’appuyer sur des comparables de ventes et sur les informations disponibles (titre, dimensions, inscriptions, historique). Vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo, afin d’obtenir un avis clair et argumenté sur votre œuvre.

FAQ

Qui est Louis Berthommé Saint-André ?

Louis Berthommé Saint-André (1905-1977) est un artiste français principalement connu comme peintre, illustrateur et praticien de l’estampe, avec une activité mentionnée aussi en céramique et dans le décor.

A-t-il réalisé de la statuaire publique ?

Les informations couramment citées le présentent surtout comme peintre et illustrateur. La statuaire publique n’apparaît pas comme un axe principal. Une attribution en sculpture doit donc être vérifiée avec attention, pièce par pièce.

Que recouvre l’expression “art décoratif” pour cet artiste ?

Elle peut renvoyer à des décors peints, des panneaux, ou des œuvres liées à des programmes décoratifs (par exemple dans des bâtiments publics), ainsi qu’à une pratique de la céramique mentionnée dans certaines notices.

Quels types d’œuvres rencontre-t-on le plus souvent en vente ?

Principalement des dessins, aquarelles, huiles sur toile et des estampes (lithographies, gravures). Les œuvres directement liées à un décor public sont plus rares sur le marché.

Quelles techniques et quels supports sont fréquents ?

Huile sur toile ou sur panneau, techniques sur papier (crayon, fusain, encre, aquarelle), et estampes sur papier. Les supports et techniques exacts varient selon les lots.

La signature est-elle systématique ?

Non. Certaines œuvres sont signées, d’autres non. La présence d’une signature n’est qu’un indice parmi d’autres : sujet, style, provenance et comparaison avec des œuvres documentées comptent aussi.

Un lien avec une commande publique peut-il augmenter la valeur ?

Potentiellement, oui, si le lien est documenté et pertinent (étude préparatoire identifiable, projet rattachable à un programme connu). Sans documentation, l’impact sur la valeur est plus incertain.

Quelle différence entre lithographie et eau-forte pour l’estimation ?

La lithographie et l’eau-forte sont deux techniques d’estampe différentes. Pour l’estimation, on regarde notamment le tirage, la présence d’une signature, l’état de l’édition, le sujet et la demande pour la série.

Quels sujets sont généralement les plus recherchés ?

Souvent les sujets figuratifs lisibles : portraits, scènes d’atelier, nus, scènes de genre et certains paysages. La demande dépend aussi du format et de la qualité d’exécution.

Une œuvre non signée peut-elle avoir une valeur ?

Oui, si l’attribution est cohérente et appuyée par des éléments concrets (provenance, inscriptions, comparaison stylistique, contexte de production). En revanche, l’absence de signature peut réduire l’appétence de certains acheteurs.

Comment se déroule une estimation gratuite ?

Vous transmettez des photographies nettes (face, détails, signature éventuelle, dos, inscriptions) et les dimensions. L’avis s’appuie ensuite sur l’identification, la comparaison avec des résultats vérifiés, et le contexte de l’œuvre.

Quels documents préparer pour une expertise ?

Toute information utile : provenance, facture ancienne, certificat, exposition, publication, ou mention manuscrite. Même un élément partiel peut aider à consolider l’attribution et la valeur.

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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