Estimation Louis Carrogis de Carmontelle (1717-1806)

Expertise des œuvres de l'artiste "Louis Carrogis de Carmontelle" et présentation de celui-ci

Louis Carrogis de Carmontelle (1717-1806) est un peintre et dessinateur français associé au milieu aristocratique de la seconde moitié du XVIIIe siècle, notamment autour de la maison d’Orléans. Son nom apparaît régulièrement dans les recherches liées au portrait de société, aux scènes dessinées pour le divertissement, et à une production graphique qui mêle observation, mise en scène et sens du détail. Pour une demande d’estimation Louis Carrogis de Carmontelle, l’enjeu principal consiste à identifier précisément la typologie de l’oeuvre, sa technique et son format, car les écarts de valeur peuvent être importants selon qu’il s’agit d’un dessin isolé, d’une composition ambitieuse à la gouache, ou d’un élément lié à ses fameux « transparents ».

 

Sur le marché, Carmontelle est le plus souvent recherché pour ses portraits de profil, ses scènes de groupe et ses paysages animés, exécutés à l’aquarelle et à la gouache, parfois rehaussés de blanc, ainsi que pour les oeuvres relevant de dispositifs visuels plus rares. Les sujets identifiables, la qualité d’exécution, la provenance, la présence d’inscriptions anciennes et l’état de documentation (références, historique, collections) structurent fortement l’estimation. Le bureau d’expertise de Fabien Robaldo intervient pour analyser ces éléments, préciser l’attribution (autographe, entourage, atelier, d’après), et établir une fourchette cohérente avec les résultats publics. Cette approche permet d’aboutir à une estimation gratuite argumentée et exploitable, adaptée au contexte réel du marché.

 
Domaines artistiquesPrix / Valeur / Cote
Livres imprimés de Carmontelle (édition ancienne)200 €
Transparents, fragments (aquarelle et gouache)10 496 €
Transparent panoramique (aquarelle et gouache)114 000 €
Grande composition à la gouache (scène de groupe)531 000 €

 

Biographie

Louis Carrogis, dit Carmontelle, naît à Paris en 1717 et y meurt en 1806. Il exerce une activité multiple, à la fois artistique et intellectuelle. Il est connu comme dessinateur et peintre, mais aussi comme auteur dramatique, organisateur de divertissements et concepteur de projets liés au décor et à la mise en scène. Cette pluralité de compétences explique la diversité des oeuvres rencontrées sous son nom, depuis le portrait jusqu’à des productions plus spécifiques liées à des dispositifs visuels.

Son parcours est étroitement lié à la maison d’Orléans. Il est au service du duc de Chartres, futur duc d’Orléans, dans un contexte où la sociabilité aristocratique, la représentation et les loisirs structurent les commandes et la circulation des images. Dans ce cadre, Carmontelle développe une production graphique tournée vers le portrait, l’évocation des figures du temps, et la narration de scènes de la vie mondaine. Ses dessins témoignent d’une attention au costume, aux usages et aux signes de rang, ce qui contribue aujourd’hui à l’intérêt historique et documentaire de ses feuilles.

Parallèlement, Carmontelle est associé à l’histoire des jardins, notamment par sa participation à la création du parc Monceau (dans sa phase du XVIIIe siècle), projet emblématique d’une évolution du goût vers un jardin plus pittoresque et composé. Enfin, il est rattaché à l’invention et au développement de « transparents », oeuvres peintes destinées à être vues par transparence dans un dispositif de défilement, entre image, spectacle et illusion d’optique. Ces ensembles, plus rares, peuvent atteindre des niveaux de valeur sensiblement supérieurs aux dessins isolés.

Style de l’artiste

Le style de Carmontelle se caractérise par une recherche de lisibilité et d’identification du sujet. Dans le portrait, il privilégie fréquemment le profil, un format efficace pour saisir une physionomie, une coiffure, un accessoire ou un élément de costume. La pose est souvent sobre, avec un cadrage resserré ou une figure représentée en buste, parfois insérée dans un décor de jardin ou de parc. Cette approche favorise la reconnaissance des modèles et répond à une fonction sociale de l’image, proche d’un relevé de société.

Dans les scènes de groupe et les compositions plus narratives, l’artiste organise l’espace pour guider la lecture. Les personnages sont décrits avec une attention régulière aux silhouettes, à la gestuelle et aux interactions. Les visages restent généralement définis, sans chercher l’effet spectaculaire, mais en conservant une individualisation suffisante. Les décors, lorsqu’ils sont présents, servent souvent de cadre à la scène plutôt que de sujet autonome, sauf dans certaines feuilles où le paysage devient plus structurant.

Pour les oeuvres liées aux « transparents », le style s’adapte à une finalité précise. La composition doit rester lisible en rétroéclairage et dans le mouvement. Les transitions, la succession des plans et la continuité du paysage deviennent déterminantes. Cette logique explique des choix de couleurs, de contrastes et de simplification des détails, sans exclure des passages très finis sur des zones clés. Dans une démarche d’estimation Louis Carrogis de Carmontelle, cette diversité stylistique impose de comparer l’oeuvre à une typologie précise, plutôt qu’à une image générale de l’artiste.

Techniques, matériaux, périodes

Les oeuvres attribuées à Carmontelle sont le plus souvent des dessins et des oeuvres sur papier. Les techniques courantes associent le crayon (pierre noire, sanguine, parfois plusieurs crayons) à des reprises à l’aquarelle et à la gouache, avec la possibilité de rehauts de blanc. Cette combinaison permet d’obtenir un modelé rapide, une description précise des étoffes et une hiérarchie des plans, tout en conservant une exécution compatible avec une production relativement abondante.

Les supports rencontrés sont variés. Pour les portraits et scènes, il s’agit généralement de feuilles individuelles. Pour les transparents, on rencontre des assemblages de feuilles, parfois de grandes longueurs, destinées à un dispositif de lecture optique. Les matériaux utilisés doivent être compris au regard de la finalité de l’objet. Une feuille de portrait est conçue pour être vue frontalement, à la lumière ambiante. Un transparent, lui, est conçu pour être éclairé par l’arrière, ce qui modifie la perception des couleurs et le rôle des réserves.

D’un point de vue chronologique, l’essentiel de la production recherchée sur le marché correspond à la maturité de l’artiste, lorsque son activité s’inscrit pleinement dans les réseaux aristocratiques et dans la culture du divertissement. L’identification d’une période peut passer par la mode du costume, la nature des coiffures, le type de montage ancien, et la manière de traiter le paysage ou l’architecture de jardin. Dans une logique d’expertise, ces indices contribuent à étayer une attribution et à préciser un contexte de réalisation, éléments qui influencent directement la valeur.

Analyse du marché

Le marché de Carmontelle se structure autour de plusieurs familles d’oeuvres. On distingue d’abord les portraits (souvent de profil), ensuite les scènes de société ou scènes de plein air avec figures, puis les compositions plus ambitieuses et documentées, et enfin les transparents (fragments ou rouleaux) qui relèvent d’un segment spécifique. Chacune de ces familles répond à des critères de rareté et de désirabilité différents, ce qui explique des niveaux de valeur très contrastés.

Les portraits de profil, lorsqu’ils sont bien attribués et d’une qualité régulière, sont recherchés pour leur dimension documentaire et pour l’élégance de leur exécution. La présence d’une identification du modèle, d’une provenance ancienne ou d’une inscription cohérente peut changer l’intérêt de la feuille. Le marché valorise aussi les portraits représentant des personnalités identifiables, ou rattachables à des cercles précis, en particulier autour de la maison d’Orléans. Inversement, une attribution trop prudente (entourage, école, d’après) ou un sujet non identifié tend à limiter la fourchette.

Les grandes scènes de groupe à la gouache, lorsqu’elles sont reconnues, constituent un segment plus rare. Elles peuvent atteindre des prix très élevés, car elles combinent dimension muséale, intérêt historique, et importance de composition. Dans ces cas, les attentes du marché portent sur la documentation, l’historique de propriété, la bibliographie et la cohérence d’ensemble. L’analyse porte aussi sur le format, la densité de figures, la qualité du traitement des costumes et la stabilité de l’attribution.

Les transparents constituent un cas particulier. Les fragments, plus faciles à conserver et à encadrer, circulent plus régulièrement que les rouleaux panoramiques complets. Les ensembles longs et complets, lorsqu’ils apparaissent, relèvent d’une rareté structurelle. Ils attirent des profils d’acheteurs différents, intéressés par l’histoire du spectacle, les dispositifs optiques et la culture visuelle du XVIIIe siècle. La conséquence est un potentiel de valeur supérieur, mais aussi une nécessité d’expertise renforcée, car l’identification, la reconstitution et la compréhension du dispositif influencent fortement l’appréciation.

Enfin, il existe un marché distinct pour les livres et éditions anciennes associés à Carmontelle, notamment liés à son activité d’auteur. Ce segment ne reflète pas directement la cote du peintre, mais il peut intervenir dans une succession ou une collection cohérente. Dans un dossier d’expertise, il est utile de séparer clairement ces catégories, afin de produire une estimation Louis Carrogis de Carmontelle lisible et fidèle aux réalités de marché.

Analyse technique de la thématique

Dans le cadre d’une estimation Louis Carrogis de Carmontelle, l’analyse technique porte d’abord sur l’identification de la typologie. Une feuille de portrait de profil n’obéit pas aux mêmes critères qu’un fragment de transparent ou qu’une grande scène à la gouache. La première étape consiste donc à décrire l’objet de manière normalisée: technique (crayons, aquarelle, gouache, rehauts), support (papier, assemblage), format (feuille, montage, rouleau), et présence éventuelle de textes (inscriptions, légendes, numérotation, mentions de personnages).

Pour les portraits, certains points sont structurants. Le traitement du visage est souvent fin, avec un contour net, et une mise en couleur limitée mais précise, particulièrement sur les carnations et les éléments de costume. Les coiffures et accessoires sont des marqueurs de datation. Les vêtements, jabots, bas, souliers, boucles et épées, lorsqu’ils sont rendus avec soin, renforcent l’intérêt de la feuille. Sur le plan de l’attribution, la qualité du trait, la cohérence des ombres et la manière de construire la silhouette constituent des indices à examiner avec attention.

Pour les scènes et paysages animés, l’analyse porte sur l’organisation des plans, l’intégration des figures dans l’espace, et la relation entre architecture de jardin et mise en scène. Carmontelle peut s’inspirer de lieux existants tout en adaptant la topographie à une finalité narrative. La représentation d’un château, d’une terrasse, d’un plan d’eau, d’une fabrique ou d’une allée, doit être lue comme un décor construit pour accueillir l’action. Dans une expertise, on distingue ce qui relève d’une description plausible de ce qui relève d’une composition de convenance.

Pour les transparents, l’examen technique est encore plus spécifique. On observe la présence de feuilles jointes, la continuité du paysage, et la manière dont les zones de couleur et les réserves sont pensées pour un rétroéclairage. Les dimensions, la segmentation en « vues » successives et les indices de montage (bords, raccords, repères) deviennent des éléments centraux. Un fragment isolé peut se comprendre comme une partie d’un ensemble plus vaste, ce qui suppose une vigilance particulière sur l’identification et la cohérence du sujet.

Enfin, la question des titres d’oeuvres et des identifications anciennes se traite avec méthode. Certaines feuilles portent des légendes, des noms de personnages, ou des notes de collection. Ces éléments, lorsqu’ils sont cohérents et documentés, peuvent renforcer l’intérêt historique et donc la valeur. Ils doivent toutefois être évalués comme des informations à vérifier, et non comme des garanties automatiques. Le rôle de Fabien Robaldo est d’assembler ces indices, de les comparer à des références publiques, et de proposer une estimation argumentée, en lien avec les pratiques de MILLON.

Marché des enchères

  • ALDE (Paris), 9 octobre 2014, lot 14, 200 €.
  • Sotheby’s (Paris), 29 septembre 2015, « Les gentilshommes du duc d’Orléans dans l’habit de Saint-Cloud », 531 000 €.
  • Artcurial (Paris), date non précisée sur la notice consultée, lot 141, 10 496 €.
  • La Gazette Drouot (article de résultat), date non précisée sur la notice consultée, transparent panoramique, 114 000 €.

Conclusion

La valeur d’une oeuvre attribuée à Louis Carrogis de Carmontelle dépend d’abord de sa typologie (portrait, scène, transparent), puis de sa qualité d’exécution, de son format, et de son niveau de documentation. Les résultats publics montrent des écarts importants entre une édition ancienne, un fragment, un transparent complet et une grande composition à la gouache. Pour obtenir une fourchette fiable, une analyse méthodique est indispensable.

Pour une estimation gratuite, vous pouvez solliciter le bureau d’expertise de Fabien Robaldo. L’étude s’appuie sur l’examen de l’oeuvre, l’identification de la technique et du sujet, et la comparaison avec des références publiques, en lien avec MILLON. Cette démarche permet de positionner l’oeuvre de façon cohérente sur le marché, avec une conclusion claire et directement exploitable.

 

 

Qui est Louis Carrogis de Carmontelle ?

Louis Carrogis de Carmontelle (1717-1806) est un artiste français connu comme dessinateur et peintre, actif dans le milieu aristocratique du XVIIIe siècle, et associé à la maison d’Orléans.

Quels types d’oeuvres de Carmontelle rencontre-t-on le plus souvent ?

On rencontre surtout des oeuvres sur papier: portraits (souvent de profil), scènes avec figures, paysages animés, et éléments liés aux « transparents » (fragments ou ensembles).

Quelles techniques sont fréquentes chez Carmontelle ?

Les techniques les plus courantes associent crayon (pierre noire, sanguine, plusieurs crayons) et mises en couleur à l’aquarelle et à la gouache, parfois avec rehauts de blanc.

Qu’est-ce qu’un « transparent » attribué à Carmontelle ?

Il s’agit d’une oeuvre peinte conçue pour être vue par transparence dans un dispositif optique, souvent sous forme de fragments encadrés ou de rouleaux panoramiques plus longs.

Pourquoi la cote de Carmontelle varie-t-elle autant ?

La cote dépend de la rareté, du format, de la qualité, du sujet (modèle identifié ou non), et du niveau de documentation. Les transparents complets et grandes compositions peuvent se situer très haut.

Comment reconnaître un portrait de profil typique de Carmontelle ?

On observe généralement une silhouette nette, une attention au costume et à la coiffure, et une mise en couleur à l’aquarelle et gouache, avec une recherche de ressemblance.

Une inscription ou une légende au verso augmente-t-elle la valeur ?

Elle peut augmenter la valeur si elle est cohérente et documentée, notamment lorsqu’elle identifie le modèle ou l’origine de l’oeuvre. Elle doit néanmoins être évaluée au cas par cas.

Les oeuvres « attribuées à » Carmontelle ont-elles la même valeur que les autographes ?

Non. Une attribution prudente (attribué à, entourage, d’après) est généralement valorisée moins haut qu’une attribution autographe solidement étayée.

Les livres de Carmontelle sont-ils concernés par l’estimation du peintre ?

Ils relèvent plutôt du marché du livre ancien. Ils peuvent toutefois apparaître dans une collection cohérente et nécessitent une estimation séparée.

Quels éléments fournir pour une demande d’estimation ?

Des photos nettes (recto, verso, détails), les dimensions, la technique supposée, et tout élément d’historique (provenance, facture, ancienne étiquette, annotation) facilitent l’expertise.

Peut-on estimer une oeuvre de Carmontelle à partir de photos ?

Une première analyse est possible à partir de photos, mais la confirmation de certains points (technique, montage, indices d’attribution) peut nécessiter un examen direct.

Comment obtenir une estimation gratuite avec Fabien Robaldo ?

Vous pouvez transmettre les éléments visuels et descriptifs disponibles afin d’obtenir un avis initial et une estimation structurée, en lien avec les références de marché suivies avec MILLON.

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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