Estimation Paul Moreelse (1571-1638) – cote, prix, valeur et marché
Artiste majeur d’Utrecht, Paul ou Paulus Moreelse est surtout connu pour ses portraits et ses scènes pastorales du premier XVIIe siècle. Son œuvre intéresse un public de collectionneurs attaché aux écoles du Siècle d’or néerlandais. Comprendre sa cote permet de situer la valeur d’un tableau signé, attribué ou d’atelier, et d’anticiper le potentiel d’un passage en vente publique.
Le bureau de Fabien Robaldo analyse les caractéristiques matérielles et historiques de chaque œuvre, croise les ventes passées et documentées, et propose une estimation gratuite afin d’éclairer toute décision. Cette page présente des repères fiables sur la biographie, le style, les techniques, ainsi qu’une lecture simple du marché aux enchères, avec des résultats récents exprimés en euros. Pour une étude personnalisée, sollicitez une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo en lien avec MILLON.
| Domaines artistiques | Prix / Valeur / Cote |
|---|---|
| Peinture – portraits autographes | de 10 240 € à 38 234 € |
| Peinture – sujets allégoriques ou pastoraux | de 20 620 € à 20 620 € |
| Peinture – attribué, école ou cercle | de 2 268 € à 15 510 € |
Biographie factuelle
Paulus Moreelse naît à Utrecht en 1571 et y meurt en 1638. Formé auprès de Michiel Jansz. van Mierevelt à Delft, il effectue un séjour d’étude en Italie avant 1596. À son retour, il rejoint la guilde des selliers d’Utrecht alors compétente pour les peintres. En 1611, il participe à la fondation de la guilde de Saint-Luc de la ville et en devient le premier doyen. Son activité s’étend au portrait, à quelques sujets d’histoire et à des images pastorales dans les années 1620. Il est également actif dans la vie civique d’Utrecht, avec des responsabilités d’urbanisme et d’architecture. Ses premiers tableaux datés apparaissent au début du XVIIe siècle, et sa production documentée se concentre jusqu’aux années 1630.
Moreelse travaille pour une clientèle aisée des Provinces-Unies. Ses portraits individuels et paires de portraits constituent la majorité des œuvres relevées en collections et aux enchères. Son nom est souvent abrégé en Paulus Jansz. Moreelse, et sa signature varie selon les périodes, entre monogramme ligaturé PM et formes développées.
Style de l’artiste
Le style de Moreelse se caractérise par un portrait mesuré, précis dans la description des costumes, fraises et accessoires, avec une mise en page stable et une lumière régulière. Les effigies à mi-corps et trois-quarts prédominent, souvent datées et monogrammées. Dès les années 1620, il développe des images pastorales et allégoriques de bergers et bergères, format mi-corps, qui rejoignent les goûts d’Utrecht pour les thèmes arcadiens. La figure est présentée frontalement ou en légère torsion, sur fond sombre, avec attributs lisibles. Cette constance iconographique facilite les rapprochements d’atelier ou d’école, tout en posant des enjeux d’attribution quand l’œuvre n’est pas signée.
Techniques, matériaux, périodes
Supports et médiums. Les portraits sont majoritairement à l’huile sur panneau de chêne ou sur toile pour certains formats. Des petits formats sur cuivre existent, notamment pour des têtes ou bustes. Les œuvres pastorales se rencontrent sur toile ou sur panneau selon l’époque.
Périodes. Les portraits des années 1602-1615 affichent une sobriété de composition. À partir des années 1620, la série de bergers et bergères gagne en présence sur le marché, souvent datée entre 1622 et 1635. Les paires de portraits datées des années 1630 sont recherchées pour leur cohérence iconographique et leurs dimensions.
Signatures et inscriptions. On rencontre le monogramme ligaturé PM, des formes “PMorel. fe.” ou “Moreelse fecit”. Les dates apparaissent fréquemment en haut du champ, parfois accompagnées d’abréviations latines usuelles.
Analyse du marché – typologies, cote, valeur, facteurs déterminants
Typologies recherchées. Les portraits autographes identifiés, signés et datés, avec provenance continue, concentrent la demande. Les paires de portraits présentent un intérêt supérieur en raison de leur unité et de leur rareté relative. Les sujets pastoraux et allégoriques signés, de dimensions moyennes, constituent un second pôle de demande. Les œuvres “attribuées à”, “école de” ou “cercle de” se situent en dessous, avec une dispersion plus large des prix selon la qualité et l’état.
Cote et valeur. Les repères récents en euros montrent une fourchette significative pour les peintures autographes, de cinq à près de quarante mille euros selon le sujet, la datation, la qualité de conservation et la documentation. Les sujets allégoriques et pastoraux datés atteignent des niveaux comparables aux portraits de même format. Les tableaux attribués, d’école ou de cercle, se négocient plus bas, souvent en dessous de quinze mille euros, avec des exceptions si la qualité picturale est élevée ou si l’œuvre est en relation étroite avec un prototype autographé.
Facteurs déterminants. Signature et date visibles. Provenance publiée. Dimensions supérieures au demi-format. Présence d’un pendant avéré. Qualité d’exécution dans les carnations et les étoffes. Documentation scientifique antérieure. Contexte de vente et localisation jouent aussi un rôle. Ces éléments modulent la valeur finale au marteau et l’appétit des enchérisseurs.
Analyse technique de la thématique – matériaux, périodes, écoles, caractéristiques
Matériaux. Panneaux de chêne de bonne densité pour les portraits du début de carrière. Toiles pour plusieurs œuvres des années 1620-1630, notamment les images pastorales. Le cuivre apparaît pour des petits formats. La préparation reste régulière et les couches picturales présentent des glacis mesurés, avec une palette maîtrisée adaptée aux noirs des costumes et aux blancs des fraises.
Périodes et ateliers. Les œuvres des années 1620-1630 sont parfois relayées dans l’atelier ou par des suiveurs d’Utrecht. Des variantes proches existent pour les bergères et certains types de portraits. La distinction “attribué”, “atelier”, “école” ou “cercle” s’appuie sur la qualité d’exécution, la lecture de la touche et les données matérielles. Sur le marché, ces catégories impactent directement la valeur.
Écoles et caractéristiques. Le corpus s’inscrit dans l’école d’Utrecht avec des liens documentés avec Abraham Bloemaert et le milieu caravagesque local sans excès de clair-obscur dans les portraits. Les codes vestimentaires hollandais sont traités avec régularité. La présence de monogrammes et dates facilite l’indexation et la comparaison avec les œuvres conservées en musées.
Marché des enchères
Les exemples ci-dessous illustrent la diversité des niveaux de prix observés pour des œuvres autographes et attribuées, exprimés en euros.
- Dorotheum, Vienne, 17 octobre 2017, lot 97, “Portrait of Helena van de Poll”, 38 234 €.
- Dorotheum, Vienne, 9 juin 2020, lot 303, “A mother and child as Venus and Cupid”, 20 620 €.
- Dorotheum, Vienne, 18 décembre 2019, lot 24, “Portrait of an officer”, 10 240 €.
- Lempertz, Cologne, 16 novembre 2024, lot 2209, attribué, “Damenporträt”, 2 268 €.
Ces résultats confirment un marché actif pour les portraits signés et datés, et une hiérarchie lisible entre autographes et œuvres attribuées ou de cercle.
Conclusion
Le marché de Paul Moreelse reste structuré par l’authenticité, la datation et le sujet. Les portraits autographes bien documentés tirent la valeur vers le haut, tandis que les œuvres attribuées ou de cercle se situent dans une fourchette plus basse. Pour positionner précisément votre tableau et obtenir une estimation gratuite, contactez Fabien Robaldo. Un avis documenté, en lien avec les équipes de MILLON, vous apporte un repère clair et argumenté avant toute démarche.
FAQ
Comment faire estimer un tableau de Paul Moreelse ?
Transmettez des photos nettes, dimensions, support, éventuelles signatures ou dates, et toute information de provenance pour obtenir une estimation gratuite.
Quelle signature Paul Moreelse utilise-t-il le plus souvent ?
On rencontre un monogramme PM ligaturé, “PMorel. fe.” ou “Moreelse fecit” avec date, selon les périodes.
Les paires de portraits ont-elles une prime de marché ?
Oui, une paire cohérente et d’époque bénéficie souvent d’un intérêt supérieur, ce qui peut accroître la valeur.
Les sujets pastoraux de bergers et bergères sont-ils recherchés ?
Oui, ils constituent une part identifiable de l’œuvre des années 1620-1630 et trouvent preneur lorsqu’ils sont bien conservés et documentés.
Un tableau attribué à Moreelse a-t-il la même cote qu’un autographe ?
Non, la cote des œuvres attribuées, d’école ou de cercle est inférieure, avec des écarts sensibles selon la qualité d’exécution.
La provenance influence-t-elle la valeur ?
Oui, une provenance continue et publiée renforce la confiance et peut soutenir la valeur au marteau.
Quels supports rencontre-t-on le plus souvent ?
Huile sur panneau de chêne pour de nombreux portraits et huile sur toile pour certains sujets, notamment pastoraux.
Quelle période de production est la plus présente sur le marché ?
Les œuvres datées des années 1620-1630 sont fréquemment observées en ventes publiques.
Les dimensions jouent-elles sur la cote ?
Oui, à qualité comparable, les formats plus importants soutiennent la valeur.
Que regarder pour reconnaître un portrait typique ?
Format buste ou trois-quarts, fraise et costume détaillés, fond sombre, lumière régulière, monogramme PM et date visibles.
Existe-t-il des œuvres de référence en musée ?
Oui, plusieurs portraits et sujets allégoriques sont conservés dans des musées européens et américains, utiles pour les comparaisons.
En combien de temps obtenir une estimation ?
Un premier avis chiffré est généralement transmis rapidement après réception des informations requises.