Pierre Labrouche (1876-1956) peintre et graveur – Cote, prix et estimation
Pierre Labrouche (1876-1956) est un artiste français rattaché au Pays basque, connu à la fois comme peintre de paysages et comme graveur. Son nom apparaît sur des huiles de petit et moyen format (souvent sur panneau), mais aussi sur des estampes en couleurs (eau-forte et aquatinte) et sur des ensembles de dessins et croquis. Pour le public, l’enjeu est double : identifier correctement l’auteur, puis situer la valeur de l’œuvre en fonction de sa technique, de son sujet, de son format et de sa provenance.
Cet article donne des repères concrets sur Pierre Labrouche, son travail, et la lecture du marché aux enchères. Il s’adresse aux collectionneurs, aux ayants droit et à toute personne souhaitant préparer une démarche d’expertise auprès de Fabien Robaldo et de MILLON, dans le cadre d’une estimation gratuite.
| Domaines artistiques | Prix / Valeur / Cote |
|---|---|
| Estampes (eau-forte, aquatinte) | 100 € |
| Peinture (huile sur panneau) | 120 € – 180 € |
| Dessins et croquis (lot) | 200 € |
| Œuvre sur papier (aquarelle et gouache) | 450 € |
Biographie factuelle
Pierre Labrouche naît en 1876 dans la région de Bayonne. Il est également signalé comme décédé en 1956 à Coumères, dans le Sud-Ouest. Plusieurs sources le décrivent comme un artiste lié au Pays basque, actif comme peintre et comme graveur, avec un intérêt marqué pour le paysage et l’architecture.
Formation, milieu artistique, réseaux
Des textes consacrés à ses relations littéraires et artistiques indiquent que Labrouche a travaillé au contact de la sphère parisienne, et qu’il a été associé au graveur et dessinateur Jean-Louis Forain, pour lequel il a réalisé une part importante de son activité d’estampe. Ces mêmes éléments mentionnent un travail “près de Degas”, ce qui doit être compris comme une proximité d’atelier ou de milieu, plus que comme une filiation académique documentée par un cursus officiel unique.
Sur le plan éditorial, Labrouche apparaît aussi dans des publications illustrées, où l’estampe tient une place structurante. Un ouvrage est notamment cité comme un jalon de sa production imprimée, avec des vues de territoires (Navarre, Castille) et une démarche de traduction graphique des paysages.
Implantation et sujets
Les œuvres associées à Pierre Labrouche renvoient fréquemment à des lieux identifiables. Les titres et inscriptions rencontrés en vente ou en catalogue orientent vers le Pays basque (Saint-Jean-de-Luz, Bidassoa, Ciboure), mais aussi vers l’Italie (Venise) et, plus largement, vers des vues de côtes et de villes. Cette variété correspond à un profil d’artiste voyageur, ou du moins à une pratique attentive au motif, entre paysage et architecture.
En expertise, ces éléments biographiques ne remplacent pas l’analyse de l’objet. Ils permettent toutefois de comprendre pourquoi le marché rencontre des œuvres de natures très différentes sous un même nom : peintures, estampes, dessins, parfois ensembles issus d’atelier.
Style de l’artiste
Le style attribué à Pierre Labrouche se lit à travers deux registres cohérents mais distincts : d’une part la peinture de paysage (souvent sur panneau), d’autre part l’estampe (eau-forte et aquatinte, parfois en couleurs). Dans les deux cas, la construction de l’image privilégie la lisibilité des plans, la stabilité des lignes d’horizon et une hiérarchie nette entre masses architecturales, végétation et zones de ciel ou d’eau.
En peinture, les œuvres associées à son nom montrent généralement une touche mesurée, au service de l’atmosphère et de la topographie. Le langage pictural n’est pas celui d’une déconstruction moderniste. Il s’inscrit plutôt dans une continuité post-impressionniste et naturaliste, avec une attention portée aux variations de lumière et à la description des sites.
En estampe, le style résulte directement de la technique. Les aquatintes et eaux-fortes en couleurs suggèrent des passages de valeurs, des zones nuancées et un travail de surface permettant de rendre un ciel, un plan d’eau ou une façade sans recourir au seul trait. La composition y reste structurée, ce qui facilite l’attribution quand l’épreuve est signée ou porte un monogramme.
Pour un propriétaire, la question du style rejoint une question pratique : une même “signature” sur une peinture et sur une estampe ne correspond pas toujours au même niveau de rareté, ni au même public. La conséquence est directe sur la cote, donc sur la valeur à déclarer lors d’une démarche d’expertise.
Techniques, matériaux, périodes
La production attribuée à Pierre Labrouche recouvre plusieurs techniques. Les ventes et catalogues mentionnent des huiles sur panneau, des huiles sur toile, des aquarelles et gouaches, des dessins au crayon, ainsi que des estampes (eau-forte et aquatinte). Le fait qu’il soit identifié comme graveur, et parfois comme graveur en couleurs, est important : cela implique un vocabulaire technique spécifique (états, tirages, papiers, cachets secs), susceptible d’influer sur la présentation en vente et sur la demande.
En peinture, l’huile sur panneau est un support courant pour des formats transportables et des études abouties. Les formats relevés en ventes publiques peuvent correspondre à des vues de bord de mer, de ville ou de canaux. Les panneaux peuvent porter une signature complète, des initiales, ou un monogramme “PL”, parfois accompagné d’une localisation.
Sur papier, l’aquarelle et la gouache peuvent relever de projets graphiques plus construits, notamment lorsqu’il s’agit de compositions destinées à l’affiche ou à l’illustration. Les ensembles de croquis, dessins et études existent également : ils apparaissent parfois en lots, notamment lorsqu’ils proviennent d’un fonds d’atelier.
Pour l’estampe, les mentions typiques incluent “eau-forte”, “aquatinte”, “épreuve en couleurs”, “numérotée”, et la présence possible de cachets (par exemple liés à des cercles ou sociétés). En pratique, ces détails font varier le niveau d’intérêt des collectionneurs : une épreuve signée et numérotée, bien imprimée, peut être plus recherchée qu’une épreuve tardive, fatiguée ou présentée sans marges.
Analyse du marché
Le marché de Pierre Labrouche est un marché de spécialiste, avec une visibilité régulière mais ponctuelle. La conséquence est que les prix se structurent surtout par typologies d’œuvres, plus que par une cote “globale” simple. Il est donc utile de distinguer, dès le départ, les catégories suivantes : peinture (huile), œuvre sur papier (aquarelle, gouache, dessin), et estampe (eau-forte, aquatinte).
Les niveaux de prix issus des ventes aux enchères montrent des écarts sensibles entre ces catégories. Les huiles sur panneau, lorsqu’elles sont de format modeste et de sujet courant (bord de mer, vue urbaine), se situent dans des fourchettes accessibles. Les œuvres sur papier peuvent monter davantage lorsqu’il s’agit d’un projet abouti, datable, et clairement signé. Les estampes peuvent rester à des niveaux plus contenus, mais elles dépendent fortement de l’édition, de la qualité d’impression et de la présentation (marges, papiers, états).
La notion de “cote” doit être maniée avec prudence. Pour un artiste dont l’activité se partage entre peinture et gravure, la cote n’est pas unique. Une huile caractéristique, bien signée, sur un sujet basque identifiable, ne se compare pas directement à une aquatinte de format comparable. L’expertise consiste précisément à replacer l’œuvre dans sa bonne famille technique, puis à comparer avec des résultats pertinents.
Plusieurs facteurs reviennent de manière déterminante dans l’analyse de la valeur. Il y a d’abord la technique et le support. Il y a ensuite le sujet, notamment lorsque le lieu est explicitement “Pays basque” ou “Venise”, car ces thèmes ont un public. Il y a enfin la qualité de l’identification : signature, monogramme, inscription de localisation, et cohérence stylistique. À cela s’ajoute la provenance, en particulier lorsqu’un lot est identifié comme provenant de l’atelier de l’artiste ou d’un ensemble familial.
En pratique, l’évaluation doit également intégrer la façon dont l’œuvre est décrite. La présence de titres d’oeuvres stabilisés, comme “Venise”, “Saint-Jean-de-Luz – Bord de mer” ou “Les rives de la Bidassoa”, facilite le rapprochement avec des ventes antérieures. À l’inverse, une œuvre simplement nommée “Paysage” sans indication, même intéressante, peut être plus difficile à comparer rapidement.
Analyse technique de la thématique
La thématique “Pierre Labrouche peintre” se traite d’abord par l’examen des supports et des habitudes de travail. Les œuvres attribuées à l’artiste apparaissent fréquemment sur panneau, ce qui oriente vers une pratique de plein air ou d’étude sur le motif, avec des formats compatibles avec le déplacement. Le panneau permet un séchage et une manipulation relativement simples, et il se rencontre souvent dans la peinture de paysage de la première moitié du XXe siècle.
Sur le plan des matériaux, l’huile sur panneau implique souvent une préparation fine, parfois visible en bordure ou sur des zones non couvertes. Les inscriptions de localisation sont un indice à considérer au même niveau que la signature : une mention de ville, un monogramme “PL”, ou une annotation de lieu peuvent renforcer la cohérence globale, à condition que l’écriture soit compatible avec d’autres pièces connues.
Les sujets rencontrés en vente montrent une prédilection pour les bords de mer, les rivières et les vues urbaines à forte composante architecturale. Dans une vue de canal ou de port, l’artiste doit résoudre des problèmes de perspective et de réflexion dans l’eau. Dans une scène de côte, il doit articuler les plans (rochers, mer, ciel) sans perdre la lisibilité. Cette logique de construction se retrouve aussi dans ses estampes, ce qui peut aider l’expert : une manière de cadrer et de structurer l’espace peut faire le lien entre peinture et gravure.
La présence de travaux sur papier (aquarelle, gouache) rappelle que Labrouche ne se limite pas à la peinture de chevalet. Un projet d’affiche, par exemple, relève d’une autre économie de l’image : aplats, organisation typographique implicite, et clarté du message visuel. Dans ce cas, l’expertise doit tenir compte du statut du document : étude préparatoire, maquette, ou œuvre autonome.
Enfin, il faut rappeler que la gravure fait partie de l’identité de Pierre Labrouche. Même si la demande porte sur le peintre, la circulation des estampes contribue à la notoriété du nom. Dans certains dossiers, l’analyse technique d’un ensemble mêle peinture, dessins et épreuves. L’examen doit alors être global, tout en établissant une estimation distincte par catégorie.
Marché des enchères
- Marie-Saint Germain (MSG Enchères), 22 juin 2021, lot 78, “Canal in Venice” (eau-forte et aquatinte en couleurs), 100 €.
- Biarritz Enchères, 27 juin 2024, lot 224, “Saint-Jean-de-Luz – Bord de mer” (huile sur panneau), 120 €.
- Biarritz Enchères, 27 juin 2024, lot 225, “Venise” (huile sur panneau), 180 €.
- Biarritz Enchères, 27 juin 2024, lot 229, “Projet d’affiche des villes d’Avignon, Nîmes, Lyon et Arles” (aquarelle et gouache), 450 €.
Conclusion
Pierre Labrouche (1876-1956) présente un profil mixte, où la peinture de paysage et l’estampe coexistent. Cette dualité explique des niveaux de prix très différents selon la technique, le sujet et le format. Pour obtenir une approche fiable, il est recommandé de faire examiner l’œuvre (signature, monogramme, inscriptions, technique, dimensions, cohérence stylistique) et de la comparer à des références de ventes pertinentes.
Pour connaître la valeur de votre peinture, dessin ou estampe attribué à Pierre Labrouche, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo, en lien avec MILLON. L’objectif est d’identifier l’œuvre, de qualifier la technique, de confirmer les titres d’oeuvres quand ils existent, puis d’établir une fourchette cohérente avec le marché des enchères.
Comment identifier une œuvre de Pierre Labrouche ?
L’identification repose sur la signature, le monogramme “PL”, les inscriptions de lieu, la technique (huile, aquarelle, estampe) et la cohérence du style avec des œuvres connues.
Pierre Labrouche est-il surtout peintre ou graveur ?
Les deux pratiques existent. Le marché présente des huiles (souvent sur panneau) et des estampes (eau-forte et aquatinte), ainsi que des dessins et des œuvres sur papier.
Quels sujets reviennent le plus souvent ?
Les paysages et vues d’architecture, notamment au Pays basque (Saint-Jean-de-Luz, Bidassoa) et des vues de Venise apparaissent régulièrement.
Quels supports rencontre-t-on en peinture ?
On rencontre des huiles sur panneau et des huiles sur toile. Le panneau est fréquent pour des formats modestes et des vues de paysage.
Comment lire une estampe signée Labrouche ?
Il faut vérifier la technique indiquée (eau-forte, aquatinte), la présence éventuelle d’une numérotation, la qualité d’impression et les marques comme des cachets secs.
Les dessins et croquis ont-ils une cote spécifique ?
Oui. Les dessins peuvent apparaître en lots. Leur valeur dépend du volume, de l’intérêt des sujets, de la présence d’annotations et de la provenance.
Le lieu représenté influence-t-il la valeur ?
Oui. Un sujet clairement localisé (Pays basque, Venise) peut être plus recherché qu’un paysage non identifié, à technique et format comparables.
La taille de l’œuvre compte-t-elle beaucoup ?
Oui. À sujet égal, un format plus important peut soutenir un prix supérieur, surtout pour les huiles. En estampe, le format compte aussi, mais l’édition et la qualité d’épreuve restent déterminantes.
Une œuvre monogrammée “PL” peut-elle être authentique ?
Oui, si le monogramme est cohérent, situé comme attendu, et si l’ensemble (support, palette, composition) correspond à des œuvres attribuées à l’artiste.
Pourquoi voit-on des écarts entre peintures, œuvres sur papier et estampes ?
Chaque technique a son marché. La rareté, le temps de production, et le public d’acheteurs diffèrent, ce qui crée des niveaux de prix distincts.
Faut-il un titre exact pour faire estimer ?
Ce n’est pas obligatoire, mais un titre précis ou une localisation aide à comparer l’œuvre à des résultats de ventes, donc à affiner l’estimation.
Comment obtenir une estimation gratuite pour une œuvre attribuée à Labrouche ?
Vous pouvez solliciter une expertise auprès de Fabien Robaldo. Des photos, les dimensions et toute information de provenance facilitent la première analyse.
Sources
- Persée – “L’amitié de P.-J. Toulet et de Pierre Labrouche (documents inédits)”
- MSG Enchères (Marie-Saint Germain) – Lot 78 Labrouche – résultat
- MSG Enchères (Marie-Saint Germain) – Catalogue – vente du 22 juin 2021
- Biarritz Enchères – Résultats du 27 juin 2024 (PDF)
- Galerie Paul Prouté – Catalogue (mention Pierre Labrouche, Bayonne 1876 – Coumères 1956)
- askART – Notice biographique Pierre Labrouche
- Proantic – Notice et exemple d’huile sur panneau attribuée à Pierre Labrouche