Richard Guino : figures féminines et art décoratif du début du XXe siècle
Introduction
Richard Guino (1890-1973) occupe une place particulière dans la sculpture française du début du XXe siècle. Son nom est souvent associé à la figure féminine, qu’il traite à la fois comme sujet artistique autonome et comme motif adapté aux arts décoratifs. Son parcours croise plusieurs attentes du marché actuel : l’intérêt pour l’Art déco, la recherche de signatures liées aux grandes collections d’entre-deux-guerres, et l’attention portée aux œuvres situées à la frontière entre sculpture, céramique et objets décoratifs.
Cette thématique “Richard Guino : figures féminines et art décoratif du début du XXe siècle” permet d’aborder, de manière concrète, les types d’œuvres que l’on rencontre le plus fréquemment (statuettes, bas-reliefs, médaillons, céramiques), leurs matériaux, et les critères qui expliquent les écarts de valeur observés en vente aux enchères publiques. L’objectif est de donner des repères simples, utiles pour l’identification, la compréhension et une première lecture du marché.
Comprendre la thématique : figure féminine et arts décoratifs chez Richard Guino
La figure féminine, chez Richard Guino, n’est pas seulement un thème iconographique. Elle sert de point d’équilibre entre plusieurs influences : une culture du nu héritée du classicisme, une sensibilité moderne attentive aux volumes simplifiés, et une adaptation aux goûts décoratifs des années 1910-1930. Dans ce cadre, la femme peut être présentée comme un nu, une bacchante, une maternité, une vendangeuse, une allégorie, ou encore comme un motif de portrait et de buste. Ces variantes se retrouvent dans des œuvres destinées à être regardées comme sculptures, mais aussi dans des formats plus proches des arts décoratifs, comme les médaillons, les bas-reliefs, et les céramiques.
Le lien entre Guino et l’art décoratif du début du XXe siècle se lit dans le choix de certaines formes, conçues pour s’intégrer à un intérieur. Le relief, le médaillon mural, la petite ronde-bosse et la céramique correspondent à des usages décoratifs concrets. Ils traduisent aussi une période où les frontières entre beaux-arts et arts appliqués sont plus perméables, notamment dans les circuits d’expositions et de galeries de l’époque.
La thématique inclut également l’épisode de collaboration avec Auguste Renoir, souvent désigné sous l’appellation Renoir-Guino. Sur le marché, cette association peut influencer la perception et la valeur d’une œuvre, selon qu’elle soit attribuée à Guino seul, ou présentée comme relevant de ce contexte particulier. Dans tous les cas, le sujet féminin reste central : il se prête au modelé, à la douceur des volumes, et à une lecture “intemporelle” qui parle à des publics variés, du collectionneur Art déco à l’amateur de sculpture du XXe siècle.
Typologies, matériaux, périodes, styles : repères simples
Les œuvres de Richard Guino liées aux figures féminines et aux arts décoratifs peuvent être regroupées en quelques typologies faciles à reconnaître. La statuette est l’un des formats les plus courants : une figure féminine isolée, parfois en mouvement, parfois dans une posture plus calme. Le buste et la tête de femme constituent un autre ensemble fréquent, apprécié pour la présence du visage et pour l’équilibre décoratif qu’offre ce type de sculpture. Les bas-reliefs et médaillons, enfin, relèvent pleinement de l’art décoratif : ils sont pensés pour être accrochés ou intégrés à un ensemble, avec une composition concentrée sur un profil, une scène, ou une figure symbolique.
Sur le plan des matériaux, plusieurs familles reviennent régulièrement. Le bronze est très présent, notamment pour les figures féminines en ronde-bosse, mais aussi pour certains bas-reliefs. La terre cuite et le plâtre patiné apparaissent également, souvent en lien avec des étapes de création, des éditions, ou des pièces de présentation. La céramique (faïence, grès, pièces émaillées) occupe une place importante dans la production associée à l’art décoratif, car elle correspond à un langage de surface et de couleur qui s’accorde aux intérieurs de l’époque. On rencontre aussi des pièces en grès sous forme de médaillons, et plus rarement d’autres matériaux selon les séries et les projets.
Concernant les périodes, un découpage simple aide à situer les œuvres. Une phase initiale conduit Guino à affirmer son style et ses thèmes. Une phase correspondant aux années 1910, puis à l’immédiat après-guerre, voit se développer des modèles et des sujets féminins qui dialoguent avec les goûts modernes. Les années 1920 et 1930 sont particulièrement importantes pour la dimension décorative : elles correspondent à l’essor de l’Art déco, à l’intérêt pour la synthèse entre tradition et modernité, et à la diffusion d’objets décoratifs de qualité, parfois proposés en séries. Les périodes plus tardives existent également, mais la demande liée à l’Art déco conduit souvent le marché à privilégier, en visibilité, les œuvres et modèles associés aux décennies 1910-1930.
Le style de Guino, tel qu’il est perçu aujourd’hui dans ce champ, se caractérise généralement par des volumes lisibles, un goût pour l’équilibre, et un traitement qui évite l’anecdote. Les figures féminines se distinguent par des postures claires, des proportions harmonisées et une recherche de présence décorative. Ce positionnement, entre classicisme et modernité, explique une partie de l’attrait actuel : l’œuvre s’intègre facilement dans une collection de sculpture du XXe siècle, mais aussi dans un ensemble plus large orienté vers les arts décoratifs.
Ce qui influence la valeur
La valeur d’une œuvre de Richard Guino liée aux figures féminines dépend d’abord de l’identification et de la qualification de l’objet. Le marché distingue généralement une œuvre unique, une épreuve numérotée, une édition plus large, ou une pièce relevant d’une production décorative. Sans entrer dans des considérations techniques, il est utile de retenir que la présence d’une signature, d’une numérotation, d’une date ou d’une mention de fondeur (quand elle existe) aide à situer l’objet dans une logique de production et donc à mieux cadrer sa valeur potentielle.
Le sujet représenté est un facteur déterminant. Les nus féminins, les bacchantes, les maternités, et les figures à connotation antique ou allégorique figurent parmi les thèmes les plus recherchés. Ils concentrent une partie de la demande “Art déco”, car ils répondent à un imaginaire très présent dans les intérieurs et les expositions de l’entre-deux-guerres. À l’inverse, des sujets moins immédiatement identifiables, ou des pièces plus atypiques, peuvent toucher un public plus restreint et donc présenter des niveaux de valeur plus variables.
Le matériau joue également un rôle. À modèle comparable, le bronze est souvent perçu comme un support “majeur” par le public des ventes, tandis que la céramique attire des collectionneurs sensibles à l’art décoratif et à la couleur. Le grès et les médaillons, en particulier, peuvent intéresser les amateurs d’arts décoratifs pour leur rapport direct au décor mural. La terre cuite et le plâtre patiné sont, selon les cas, appréciés pour leur proximité avec le modelé original, mais le niveau de demande dépend du contexte de présentation et de la lisibilité de l’attribution.
La taille et l’impact visuel comptent. Les pièces plus imposantes, ou celles dont la composition est immédiatement lisible (figure féminine centrale, posture expressive mais simple), ont souvent plus de visibilité en catalogue et en exposition. Toutefois, certains formats modestes peuvent très bien se valoriser s’ils appartiennent à un modèle réputé, s’ils présentent une forte qualité de présence, ou s’ils s’intègrent à une série connue.
La provenance et la documentation influencent la valeur, sans qu’il soit nécessaire de disposer d’un dossier complexe. Une présence dans une exposition, une mention dans un catalogue, une origine clairement établie, ou un historique de collection lisible, sont des éléments qui sécurisent l’appréciation du marché. Pour les œuvres proches des arts décoratifs, l’intérêt peut aussi venir d’un contexte de création (exposition d’art appliqué, galerie, salon) lorsque ces informations sont connues et cohérentes.
Enfin, la manière dont l’œuvre est présentée compte : titre retenu, rapprochements bibliographiques, qualité des photographies, et clarté des informations. À modèle identique, une description structurée et une attribution bien argumentée contribuent à une meilleure compréhension par les acheteurs, et peuvent donc soutenir la valeur observée en vente.
Marché de l’art : demande, cote, valeur pour Richard Guino et les figures féminines
Le marché de Richard Guino se situe au croisement de plusieurs segments. D’un côté, les amateurs de sculpture française du XXe siècle recherchent des œuvres cohérentes avec l’esthétique moderniste, mais accessibles et lisibles. De l’autre, les collectionneurs d’Art déco privilégient les formes décoratives, les thèmes féminins et les objets capables de dialoguer avec le mobilier et les arts appliqués de la même période. La figure féminine constitue ici un point commun : elle apporte une unité visuelle et une continuité de goût qui rendent l’œuvre plus facile à intégrer dans une collection.
Dans les ventes aux enchères publiques, on observe une demande régulière pour les bronzes, les bas-reliefs et les céramiques de Guino, avec des écarts de prix liés à la rareté du modèle, à la qualité perçue, au format et au contexte d’édition. Certains lots se situent dans des niveaux accessibles, tandis que d’autres atteignent des montants plus élevés lorsqu’ils cumulent plusieurs facteurs favorables : sujet très recherché, modèle identifié, provenance intéressante, ou forte visibilité dans les catalogues.
La cote de Guino peut également être influencée par la présence du nom de Renoir dans le champ d’attribution et par l’intérêt renouvelé pour les collaborations et les circulations entre peinture et sculpture au début du XXe siècle. Dans la pratique, l’acheteur veut surtout comprendre ce qu’il acquiert : une œuvre conçue par Guino, une pièce associée à une période précise, et un objet dont la place dans l’art décoratif de l’époque est cohérente. Les lots les plus convaincants sont ceux qui répondent clairement à ces questions.
Il faut enfin rappeler que la valeur est un constat de marché, pas une donnée fixe. Elle évolue selon le calendrier des ventes, la concurrence entre acheteurs, et la manière dont une pièce est positionnée (vente Art déco, vente de sculpture moderne, vente dédiée aux arts décoratifs). Une estimation sérieuse repose donc sur la comparaison avec des résultats publics, sur l’analyse du modèle et de ses variantes, et sur la cohérence d’ensemble du dossier de l’œuvre.
Résultats de ventes vérifiés : exemples utiles pour se repérer
- Artcurial, vente n°6086 (date non précisée sur la page lot), lot 66, “Femme agenouillée à la corbeille de roses”, 3 674 €.
- Artcurial, vente n°6086 (date non précisée sur la page lot), lot 73, “Bacchante aux raisins”, 2 624 €.
- Artcurial, vente n°2908 (date non précisée sur la page lot), lot 13, “Auguste Renoir peignant”, 9 100 €.
- Rossini, “Art Moderne & Contemporain”, jeudi 30 mars (année non précisée sur la page lot), lot 60, “Bacchante à la flûte de pan”, 2 100 € (résultat hors frais).
Conclusion
La lecture des œuvres de Richard Guino à travers les figures féminines et l’art décoratif du début du XXe siècle apporte des repères concrets : typologies clairement identifiables, matériaux variés (bronze, céramique, grès, terre cuite), et une esthétique compatible avec les attentes des collectionneurs d’Art déco et de sculpture moderne. Les écarts de valeur s’expliquent surtout par la qualité d’identification, la désirabilité du modèle, la logique d’édition et la visibilité du dossier en vente.
Pour connaître la valeur d’une sculpture, d’un bas-relief ou d’une céramique attribuée à Richard Guino, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo. Le bureau d’expertise vous aide à qualifier l’œuvre, à la comparer aux résultats publics pertinents, et à préparer une présentation cohérente dans le cadre du marché des enchères, notamment en relation avec MILLON.
FAQ
Richard Guino est-il principalement connu pour des sculptures de femmes ?
Oui, la figure féminine occupe une place centrale dans son œuvre, sous forme de nus, bacchantes, maternités, bustes et compositions décoratives.
Qu’entend-on par “art décoratif” chez Richard Guino ?
Il s’agit d’œuvres pensées pour s’intégrer à un décor : médaillons, bas-reliefs, céramiques, petites sculptures et pièces conçues pour l’intérieur.
Quels matériaux rencontre-t-on le plus souvent ?
On rencontre fréquemment le bronze, la céramique (faïence, grès), la terre cuite et parfois le plâtre patiné selon les pièces.
Les médaillons et bas-reliefs sont-ils recherchés ?
Oui, surtout lorsqu’ils sont bien identifiés et qu’ils correspondent à des thèmes féminins ou allégoriques appréciés dans l’Art déco.
La période 1920-1930 est-elle importante pour cette thématique ?
Oui, car elle correspond à une forte demande décorative et à la diffusion d’esthétiques Art déco qui s’accordent bien aux figures féminines de Guino.
La collaboration Renoir-Guino influence-t-elle la valeur ?
Elle peut influencer l’intérêt du marché, à condition que la présentation et l’attribution soient cohérentes et documentées.
Comment expliquer de grands écarts de prix entre deux œuvres de Guino ?
Les écarts s’expliquent par le modèle, le matériau, le format, la rareté, l’édition, la présence de marques (signature, numérotation) et la qualité des informations publiées.
Une œuvre signée est-elle toujours plus chère ?
Souvent, la signature renforce la lisibilité et peut soutenir la valeur, mais d’autres critères (modèle, matériau, provenance) restent déterminants.
Peut-on estimer une céramique de Guino comme une sculpture en bronze ?
La logique de comparaison n’est pas identique : la céramique et le bronze répondent à des publics et à des usages décoratifs différents, ce qui influence la valeur.
Quels thèmes féminins sont généralement les plus demandés ?
Les nus, bacchantes, maternités et figures inspirées de l’Antiquité sont souvent très recherchés, car ils s’inscrivent bien dans l’imaginaire Art déco.
Pourquoi les résultats de ventes aux enchères sont-ils importants ?
Ils permettent d’observer des prix réellement obtenus en contexte public et de comparer une œuvre à des lots similaires.
Comment obtenir une estimation fiable d’une œuvre attribuée à Richard Guino ?
Une estimation fiable repose sur l’examen de l’œuvre, son identification, et une comparaison avec des résultats publics. Une estimation gratuite avec Fabien Robaldo permet de cadrer ces éléments.
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Guino
- https://www.artcurial.com/ventes/6086/lots/66-a
- https://www.artcurial.com/ventes/6086/lots/73-a
- https://www.artcurial.com/ventes/2908/lots/13-a
- https://www.rossini.fr/lot/135627/20922697-guino-richard-1890-1973-bacchante-a-la-flute-de-pan-bas
- https://www.gazette-drouot.com/en/article/guino-renoir-sculpture-at-its-heart/100726