Richard Guino : terres cuites, bronzes et renouveau de la sculpture figurative

Expertise Fabien Robaldo, portrait photo de l'expert en Noir et blanc

Richard Guino : terres cuites, bronzes et renouveau de la sculpture figurative

Introduction

Richard Guino (1890-1973) occupe une place particulière dans la sculpture figurative du XXe siècle. Son nom apparaît à la fois comme celui d’un sculpteur à part entière, auteur d’un corpus personnel en terres cuites, bronzes et autres matériaux, et comme le collaborateur décisif de Pierre-Auguste Renoir pour un ensemble de sculptures conçues dans les années 1910. Cette double lecture explique une partie de l’intérêt actuel des collectionneurs : elle relie l’histoire de la sculpture moderne, l’épisode Renoir-Guino, et le goût persistant pour la figure, le nu, l’allégorie et le portrait.

La thématique “Richard Guino : terres cuites, bronzes et renouveau de la sculpture figurative” permet d’aborder des œuvres très différentes par leur échelle, leur destination et leur période. Elle met aussi en évidence un point central du marché : les œuvres de Guino se rencontrent sous plusieurs statuts (pièce unique, tirage, édition postérieure, attribution conjointe), et ces paramètres influencent directement la lecture, la rareté et la valeur.

Cet article propose un cadre clair pour comprendre les typologies d’œuvres, les matériaux (terre cuite et bronze en priorité), les grandes périodes, ainsi que les principaux critères de valeur et de demande sur le marché de l’art. Il s’adresse aux propriétaires souhaitant situer une œuvre, préparer une démarche d’expertise, ou demander une estimation gratuite.

Richard Guino : définition et description générale de la thématique

La thématique associe trois éléments : un artiste (Richard Guino), des matériaux (terre cuite et bronze), et une dynamique historique (le renouveau de la sculpture figurative). Elle renvoie d’abord à la production propre de Guino, qui se développe dans un contexte où la figure demeure un langage dominant, malgré l’essor des avant-gardes. Elle renvoie ensuite à la collaboration avec Renoir, qui a contribué à cristalliser l’idée d’une sculpture figurative portée par un modelé souple, une sensualité de la forme et un héritage classique assumé.

Dans les usages du marché, le nom “Guino” peut recouvrir plusieurs réalités. Il peut s’agir d’une œuvre signée Guino et conçue dans son atelier, d’un modèle en terre cuite ayant servi à une édition en bronze, d’un bronze portant des marques de fondeur, ou d’une pièce liée au cycle des sculptures Renoir-Guino. La dénomination “Renoir et Guino” est fréquente pour des œuvres issues de modèles élaborés sous la direction de Renoir et réalisés par Guino, notamment dans les années 1913-1918. Ce point d’attribution n’est pas seulement une question de vocabulaire : il conditionne souvent l’intérêt des amateurs, la diffusion des modèles et les niveaux de prix constatés.

Le “renouveau de la sculpture figurative” ne désigne pas un mouvement unique. Il s’agit plutôt d’un ensemble de tendances du début du XXe siècle qui réaffirment la lisibilité du sujet (corps, visage, geste) et une continuité avec la tradition, tout en intégrant une modernité de simplification, de rythme, et parfois une sensibilité proche des arts décoratifs. Chez Guino, la figure s’exprime par des thèmes récurrents : nus féminins, maternités, figures mythologiques (Vénus, bacchantes), portraits et médaillons, mais aussi des sujets plus intimistes. Les terres cuites jouent ici un rôle central : elles témoignent de la conception et du modelé, et elles alimentent parfois des tirages ultérieurs en bronze.

Typologies, matériaux, périodes et styles : repères simples

Les œuvres associées à Richard Guino se présentent sous plusieurs typologies. La première catégorie, très recherchée, correspond aux sculptures figuratives abouties : nus, figures assises ou agenouillées, scènes allégoriques, groupes, maternités. Une seconde catégorie regroupe les bas-reliefs et les médaillons, souvent de format plus accessible, qui peuvent représenter des profils, des figures mythologiques ou des portraits. Une troisième catégorie, importante pour comprendre l’artiste, réunit les œuvres en terre cuite : modèles, esquisses, variantes, ou pièces autonomes destinées à l’exposition.

Sur le plan des matériaux, deux familles dominent dans la thématique demandée. La terre cuite (ou terracotta) correspond à une matière de modelage, fréquemment utilisée pour concevoir une forme, fixer une idée, ou produire une version finale au caractère direct. Sur le marché, une terre cuite peut être une pièce unique, ce qui influence sa rareté. Le bronze correspond quant à lui à une diffusion plus large des modèles, par le biais de tirages. Il existe des bronzes de différentes époques de fonte, avec des éditions plus ou moins limitées. Sans entrer dans des considérations techniques avancées, il est utile de retenir un principe simple : le modèle (la création) et l’épreuve (l’exemplaire en bronze) ne sont pas toujours contemporains. Deux bronzes du même sujet peuvent donc avoir des niveaux de valeur très différents selon leur contexte de production et leur identification.

La chronologie aide à structurer l’ensemble. Une période clé se situe au milieu des années 1910, autour de la collaboration Renoir-Guino. L’enjeu est alors de matérialiser en sculpture des intentions conçues par Renoir, dans un cadre où Guino apporte une maîtrise du volume et du passage du dessin à la forme. Une autre période importante correspond aux années 1920 et 1930, marquées par un climat favorable à une figure modernisée, proche d’un classicisme renouvelé, et par des liens avec les arts décoratifs. Enfin, l’après-guerre et les décennies suivantes voient circuler des fontes postérieures et des éditions, qui jouent un rôle non négligeable dans la présence de Guino sur le marché actuel.

Du point de vue du style, Guino se distingue par une approche figurative structurée, où la lisibilité du corps et l’équilibre des masses priment. Les sujets féminins, en particulier, occupent une place majeure. Les œuvres attribuées à Renoir-Guino se repèrent souvent par une articulation entre sensualité des volumes et simplicité de la pose, avec une attention au contour et à la stabilité. Dans le corpus propre de Guino, on observe aussi une diversité : figures décoratives, reliefs, portraits, et parfois des formes qui dialoguent avec l’Art déco, sans se réduire à une formule unique.

Facteurs influençant la valeur : les critères concrets attendus par le marché

Plusieurs facteurs influencent la valeur d’une œuvre de Richard Guino, qu’il s’agisse d’une terre cuite, d’un bronze ou d’un relief. Le premier critère est l’attribution et la présentation de l’auteur. Une œuvre signée “Guino” et clairement rattachée à sa production personnelle ne se lit pas comme une œuvre attribuée à “Renoir et Guino”. De même, une mention “Renoir” ou une attribution conjointe, lorsqu’elle est cohérente avec le modèle et le contexte, peut modifier la demande et la hiérarchie des prix.

Le second critère est le statut de l’œuvre : pièce unique (souvent le cas de certaines terres cuites), épreuve en bronze issue d’un tirage limité, ou édition postérieure. Le marché est sensible aux éléments d’identification visibles sur l’œuvre (signature, numérotation, marques) et aux informations documentaires (archives, bibliographie, historique d’exposition). Dans une approche d’expertise, la cohérence d’ensemble compte : sujet, dimensions, inscriptions, et correspondances connues avec des modèles répertoriés.

Le troisième critère tient à la typologie et au sujet. Les grands thèmes figuratifs, comme la Vénus, la maternité, les baigneuses, ou certains groupes décoratifs, sont en général plus recherchés que des sujets secondaires ou des formats très modestes, même si ces derniers peuvent intéresser des collectionneurs par leur rareté ou leur caractère intime. Le format joue également : une sculpture de taille significative, lisible en volume, n’a pas le même positionnement qu’un médaillon, même si les médaillons peuvent constituer un segment dynamique pour des budgets plus contenus.

Le quatrième critère concerne l’existence d’exemplaires comparables passés récemment en vente publique. Le marché se structure par références : quand un modèle précis réapparaît, les acheteurs comparent les résultats, la provenance, la période de production et l’édition. Enfin, la qualité de présentation et la clarté des informations disponibles (titre usuel, date de conception, contexte) renforcent la confiance et peuvent soutenir la valeur, notamment pour des bronzes dont la diffusion peut être variable selon les éditions.

Marché de l’art : demande, cote et niveaux de valeur observés

Le marché des sculptures de Richard Guino est porté par une demande régulière pour la sculpture figurative du XXe siècle, en particulier lorsqu’elle est lisible, décorative, et rattachée à des références fortes. L’épisode Renoir-Guino contribue à la notoriété, car il relie la sculpture à un nom majeur de l’histoire de l’art. Cette notoriété crée toutefois un effet de segmentation : certaines œuvres circulent surtout comme “Guino”, d’autres comme “Renoir et Guino”, et ces deux ensembles ne répondent pas toujours aux mêmes attentes d’acheteurs.

En pratique, la cote se construit par typologie. Les bronzes figuratifs de format courant (autour de 20 à 40 cm, selon les modèles) apparaissent assez régulièrement dans les ventes, avec des résultats très dépendants du sujet, de l’édition et de la provenance. Les terres cuites, plus rares, peuvent attirer des amateurs qui cherchent un rapport direct au modelé, mais elles demandent souvent une identification plus précise (titre, correspondances, contexte) pour obtenir une compétition significative. Les reliefs et médaillons, enfin, constituent un segment plus accessible, où l’on observe des résultats parfois modestes, mais utiles pour établir des points de comparaison.

Le niveau de valeur peut donc varier fortement. Il existe un écart net entre une petite pièce décorative ou un médaillon, et une sculpture figurative importante, bien identifiée, associée à une édition recherchée. Le marché tient aussi compte de la lisibilité du modèle : certains titres, fréquemment cités et reproduits, sont plus faciles à présenter et à comparer. À l’inverse, une œuvre atypique, même intéressante, peut être plus difficile à positionner si elle n’a pas de références publiques récentes.

Pour un propriétaire, l’enjeu est d’éviter les raccourcis. Une même appellation (par exemple “Vénus”, “maternité”, “baigneuse”) peut recouvrir des variantes de modèle, des tailles différentes, et des époques de production distinctes. Une expertise sérieuse vise à décrire précisément l’objet, à situer le modèle, et à analyser les éléments d’identification, afin d’estimer la valeur de manière cohérente avec les références de marché. C’est dans ce cadre qu’une estimation gratuite peut servir de première étape, avant toute démarche plus approfondie.

Dans cet environnement, il est utile de rappeler qu’un bureau d’expertise travaille sur des éléments vérifiables : cohérence de l’attribution, description, comparaisons publiques, et documentation. Le nom MILLON fait partie des acteurs identifiés par les collectionneurs dans l’écosystème du marché de l’art, aux côtés de nombreux opérateurs et études, sans que cela dispense d’une analyse au cas par cas des œuvres et de leurs références.

Résultats de ventes 

Les résultats ci-dessous sont des repères ponctuels. Ils ne remplacent pas une analyse du modèle exact, de l’édition, des inscriptions et du contexte, mais ils illustrent l’amplitude possible des adjudications constatées pour des œuvres attribuées à Richard Guino.

  • Artcurial, date de vente non indiquée sur la fiche publique consultée (vente référencée sur la page), lot 66, “Femme agenouillée à la corbeille de roses”, vendu 3 674 €.
  • Drouot Estimations, date de vente non indiquée sur la fiche publique consultée, lot 179, médaillon (titre abrégé sur la fiche), résultat 60 €.
  • Couton Jamault, 21/11/2024, lot 57, “Richard Guino (1890-1973), L’enfant en colère, bas relief en bronze”, adjudication 250 €.

Conclusion

Richard Guino s’inscrit dans une histoire longue de la sculpture figurative, entre tradition, modernité et arts décoratifs. Ses terres cuites éclairent la conception des formes et peuvent se présenter comme des pièces uniques. Ses bronzes, plus diffusés, exigent une lecture attentive des indices d’identification et de l’édition. Enfin, l’épisode Renoir-Guino donne à une partie de ce corpus une visibilité particulière, qui structure encore la demande.

Pour connaître la valeur d’une terre cuite ou d’un bronze attribué à Richard Guino, l’essentiel est de partir d’une description précise et de comparer avec des références publiques cohérentes. Pour une première approche, vous pouvez demander une estimation gratuite auprès de Fabien Robaldo, afin d’obtenir un avis fondé sur l’identification de l’œuvre et sur des comparables de marché.

FAQ

Comment reconnaître une œuvre de Richard Guino ?

On commence par relever le sujet, les dimensions, la présence d’une signature, d’une numérotation et d’éventuelles marques (atelier, fondeur). L’identification se consolide ensuite par la comparaison avec des modèles connus et des références publiées.

Quelle différence entre une œuvre “Guino” et une œuvre “Renoir et Guino” ?

La mention “Renoir et Guino” renvoie généralement aux sculptures conçues sous la direction de Renoir et réalisées par Guino dans les années 1910. Une œuvre signée Guino peut relever de sa production personnelle, avec une cote et des références de marché qui peuvent différer.

Une terre cuite est-elle forcément plus rare qu’un bronze ?

Souvent, oui, car une terre cuite peut être une pièce unique ou une variante de travail. Un bronze peut exister en plusieurs exemplaires. La rareté doit toutefois être vérifiée modèle par modèle.

Quels sujets sont les plus recherchés sur le marché ?

Les figures féminines, les allégories (comme Vénus), les maternités et certains groupes figuratifs figurent parmi les sujets régulièrement demandés. La demande dépend aussi du format et de la qualité de présentation.

La signature suffit-elle à authentifier une sculpture ?

Non. Une signature est un indice, mais l’expertise prend aussi en compte la cohérence du modèle, les inscriptions, la provenance documentée et les comparaisons avec des œuvres répertoriées.

La numérotation sur un bronze a-t-elle un impact sur la valeur ?

Oui, car elle peut indiquer une édition, une limitation du tirage ou un type d’épreuve. L’interprétation exacte dépend du système de numérotation et du contexte de production.

Les marques de fondeur sont-elles importantes ?

Elles peuvent aider à situer une épreuve, à comprendre sa diffusion et à renforcer l’identification. Elles ne suffisent pas seules, mais elles font partie des éléments examinés.

Pourquoi voit-on des écarts de prix importants pour des œuvres apparemment proches ?

Les écarts proviennent souvent du sujet, du format, de l’édition, de la période de fonte, de la provenance et de la qualité de la documentation disponible au moment de la vente.

Quels documents préparer pour une estimation ?

Des photographies nettes (vue générale et détails), les dimensions, le poids si possible, toute information d’achat, factures, catalogues, certificats ou historique de collection.

Une œuvre peut-elle être estimée à partir de photos ?

Une première estimation peut être proposée à partir d’un dossier photographique complet. Une conclusion plus engageante peut nécessiter un examen direct selon les cas.

Quel délai pour obtenir une estimation gratuite ?

Le délai dépend du volume de demandes et de la complexité du dossier. En pratique, un dossier clair (photos, dimensions, inscriptions) accélère l’analyse.

À quoi sert une estimation avant toute démarche sur le marché ?

Elle sert à identifier l’œuvre, à situer une fourchette de valeur et à clarifier les éléments déterminants (attribution, édition, comparables), afin d’éviter des décisions fondées sur des approximations.

*Les informations publiées sur ce site ont un objectif exclusivement informatif. Nous ne délivrons aucun certificat d’authenticité lorsqu’une estimation est demandée en ligne. Les estimations fournies restent sous toutes réserves de l’avis des artistes, fondations, comités ou instances officielles compétentes et reconnues.

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