Expertise · Peinture coréenne · Art contemporain
Vous souhaitez connaître la valeur d’une œuvre de Kim Tschang-Yeul ? L’estimation dépend de la date, du support, du format, de la composition et de la documentation. Une peinture de gouttes d’eau, une œuvre sur journal et une lithographie numérotée nécessitent des comparaisons distinctes.
Le cabinet Fabien Robaldo étudie les photographies, les inscriptions et la provenance pour proposer une première estimation. Cette étude sur documents doit être distinguée d’une authentification définitive.
Faire estimer une œuvre de Kim Tschang-YeulKim Tschang-Yeul (1929–2021), également nommé Tschang-Yeul Kim, est un peintre coréen installé à Paris en 1969. Ses gouttes d’eau en trompe-l’œil apparaissent en 1972. Le motif se développe ensuite sur des fonds variés, notamment des surfaces couvertes de caractères chinois dans les œuvres intitulées Récurrence. Identifier précisément la technique et la période permet de choisir des résultats de vente comparables.
Quelle est la cote de Kim Tschang-Yeul ?
Les repères ci-dessous distinguent les peintures originales, les œuvres uniques sur papier et les estampes. Ils reposent sur des ventes identifiées et ne constituent ni une moyenne du marché ni une estimation automatique. La période de création, la nature du fond, l’état et la provenance peuvent modifier sensiblement la valeur d’une œuvre.
| Typologie d’œuvre | Fourchette indicative de cote |
|---|---|
| Peintures à l’huile ou techniques mixtes sur toile et chanvre, œuvres de 1986 à 2017 dans les ventes étudiées | 25 000 à 160 000 € Commission acheteur incluse |
| Œuvres peintes sur journal ou papier marouflé sur toile, selon les formats et compositions documentés | 12 000 à 26 000 € Commission acheteur incluse |
| Lithographies en couleurs, feuilles individuelles signées et numérotées | 650 à 1 500 € Frais compris |
Les montants en devises ont été convertis aux taux de référence de la Banque centrale européenne du jour de vente ou du dernier jour de cotation antérieur, puis arrondis. Les commissions acheteur sont incluses selon les résultats publiés, sans présumer l’inclusion de toute taxe ou charge supplémentaire. La ligne papier repose sur trois œuvres sur journal ou papier marouflé ; celle des lithographies sur trois feuilles vendues en mars 2024. Les premières Gouttes des années 1970 et les résultats exceptionnels demandent une comparaison distincte.
La rubrique consacrée à l’expertise des arts d’Asie présente le cadre d’étude de ces œuvres. Pour Kim Tschang-Yeul, une description précise du support évite notamment de rapprocher une peinture sur toile et une impression représentant le même motif.
Résultats de ventes aux enchères de Kim Tschang-Yeul
Ces quatre œuvres ont été vendues par quatre maisons différentes. Les prix restent dans leur devise d’origine, avec la base de frais publiée ou établie par les conditions de la vente. Les dates, supports et états décrits doivent être pris en compte avant toute comparaison.
| Œuvre | Maison et date | Description | Prix publié |
|---|---|---|---|
| Gouttes d’eau, 1974 | MILLON 24 novembre 2025 · lot 54 | Huile sur toile · 46 × 38 cm. Auréoles d’humidité signalées dans la notice. | 16 000 € Au marteau, hors frais acheteur |
| Waterdrops, 1982 | PIASA 27 novembre 2024 · lot 22 | Huile sur toile de jute · 89 × 116 cm | 117 000 € Frais de vente inclus |
| Waterdrops, 2002 | Phillips 7 mars 2025 · lot 187 | Huile sur toile de chanvre · 27,4 × 22 cm | 38 100 GBP Commission acheteur incluse |
| Recurrence P.A. 95007, 1992 | Bonhams 4 décembre 2020 · lot 18 | Encre et huile sur papier marouflé sur toile · 73 × 60 cm | 240 000 HKD Commission acheteur incluse |
Un prix au marteau exclut les frais acheteur. Un prix frais inclus ne correspond pas au montant net perçu par le vendeur. Les résultats de dates différentes ne mesurent pas une évolution de cote à eux seuls.
Pourquoi les prix de Kim Tschang-Yeul varient-ils ?
La présence de gouttes d’eau ne suffit pas à déterminer une valeur. Une composition ancienne sur toile laissée visible, une Récurrence avec écriture et une peinture sur journal ne présentent pas le même travail de surface. Leur estimation doit tenir compte de la date, du procédé, de l’organisation des gouttes et de la qualité de leur relation avec le fond.
Le format intervient sans créer de tarif proportionnel à la surface. Chez MILLON, Gouttes d’eau, 1974, une huile sur toile de 41 × 33 cm, a atteint 460 000 € au marteau le 29 avril 2024, lot 1. Ce résultat élevé pour un petit format doit rester un comparable particulier. Il ne fixe pas la valeur de toutes les peintures de 1974.
À l’autre extrémité, la toile de 46 × 38 cm vendue par MILLON en novembre 2025 était décrite avec des auréoles d’humidité. Son résultat de 16 000 € ne doit pas servir de référence pour une peinture de même période sans tenir compte de cette différence d’état. Sur un fond apparent, les marques, restaurations ou modifications du support méritent une observation attentive.
Factures de galerie, anciennes photographies, catalogues d’exposition et historique de collection permettent de suivre l’objet étudié. La recherche de provenance d’une œuvre d’art aide à rapprocher ces pièces documentaires de la peinture, de ses dimensions et de ses inscriptions, plutôt que de se fier au seul nom de l’artiste.
Kim Tschang-Yeul : biographie et évolution de l’œuvre
Né le 24 décembre 1929 et mort le 5 janvier 2021, Kim Tschang-Yeul (김창열, 金昌烈) se forme à l’université nationale de Séoul, puis à l’Art Students League de New York. Il participe au développement de l’abstraction en Corée, puis séjourne à New York à partir de 1965. Il s’installe à Paris en 1969. Ses premières recherches ne se limitent pas aux gouttes d’eau : elles comprennent des compositions abstraites et des expériences sur les formes circulaires.
En 1972, la goutte devient un motif central. Kim Tschang-Yeul peint l’illusion du volume, de la transparence et de l’ombre sur un support dont la texture reste perceptible. Les œuvres ultérieures associent parfois les gouttes à des textes imprimés ou à des caractères chinois. La série Récurrence développe cette rencontre entre surface, écriture et représentation.
Le parcours de Kim Tschang-Yeul invite à situer chaque œuvre dans une chronologie précise. L’étude des peintures modernes et contemporaines croise ainsi la technique, les inscriptions et les documents, sans réduire toute sa production à une seule image de goutte.
- Années 1950–1960 : recherches abstraites en Corée, puis séjour et formation à New York.
- 1969–1972 : installation à Paris et apparition du vocabulaire des gouttes d’eau.
- À partir des années 1980 : développement des compositions avec caractères chinois, notamment les Récurrence.
- 2016 : ouverture du musée consacré à Kim Tschang-Yeul sur l’île de Jeju.
Gouttes d’eau, Récurrence et techniques
La description du support doit aller au-delà de l’apparence du sujet. Kim Tschang-Yeul travaille notamment sur toile, tissu de chanvre, papier et journal. Un papier marouflé sur toile conserve son statut de support papier : la toile qui le porte ne transforme pas l’œuvre en huile exécutée directement sur toile.
Les gouttes sur toile
Les reflets et les ombres donnent l’impression de gouttes déposées sur une surface. Le fond, parfois laissé apparent, joue un rôle dans l’illusion. Une toile ancienne, une composition tardive et un fond enrichi de sable nécessitent des rapprochements techniques distincts.
Les œuvres Récurrence
Les gouttes se superposent à des caractères ou à des éléments d’écriture. Le titre désigne une famille de compositions, sans imposer un support unique. Au Centre Pompidou, Recurrence <ech 89001>, de 1989, est une encre de Chine sur papier de riz marouflé sur toile.
Papiers et journaux
L’artiste utilise aussi l’encre, l’aquarelle ou l’acrylique sur papier, parfois sur des pages de journal. Il faut relever les dimensions de la feuille et examiner marges, montage et inscriptions. La date imprimée du journal et la date portée par l’artiste doivent être distinguées lorsqu’elles apparaissent toutes deux.
Lithographies et éditions
Une lithographie signée et numérotée appartient à un tirage. Son étude porte sur la technique d’impression, le nombre d’exemplaires, la fraction, les dimensions et l’état. Une suite de lettres et de chiffres dans le titre d’une peinture peut être une référence d’œuvre : elle ne prouve pas à elle seule une édition.
Signature et critères pour estimer une œuvre
Les inscriptions peuvent apparaître sur la face, au revers ou sur la tranche. Relevez leur graphie exacte, les dates, titres, références et éventuelles étiquettes. Le nom Kim Tschang-Yeul peut aussi se rencontrer dans l’ordre Tschang-Yeul Kim. Une signature doit être examinée avec l’ensemble de l’œuvre et de sa documentation.
L’étude par le cabinet d’expertise commence par l’identification de l’objet et de ses caractéristiques. Une première fourchette sur photographies peut nécessiter un examen matériel ou des recherches complémentaires avant une présentation en vente.
- Date et période
Photographier les dates et références. Situer l’œuvre parmi les recherches abstraites, les gouttes d’eau ou les compositions avec écriture. - Technique et support
Distinguer toile, chanvre, papier, journal et papier marouflé. Préciser les matériaux réellement identifiés, sans les déduire d’une photographie générale. - Composition et format
Mesurer l’œuvre hors cadre. Observer la disposition des gouttes, la présence de caractères, la couleur et la texture du fond. - Œuvre unique ou édition
Relever toute fraction de tirage, mention d’épreuve et indication d’impression. Distinguer cette numérotation des références figurant dans certains titres. - État de l’œuvre
Documenter auréoles, déchirures, déformations, repeints et restaurations connus. Montrer le revers et le montage lorsqu’ils sont accessibles. - Historique et documents
Joindre factures, certificats existants, anciennes ventes et catalogues. Vérifier que chaque document correspond au format et aux inscriptions de l’œuvre.
Faire estimer et envisager la vente d’un Kim Tschang-Yeul
Envoyez une photographie de face sans reflet, une vue du revers et des gros plans de la signature, des dates, des références et des étiquettes. Indiquez les dimensions hors cadre, la technique si elle est connue, les circonstances d’acquisition et les restaurations signalées. Pour une estampe, ajoutez la feuille entière et la numérotation.
Si l’œuvre appartient à un ensemble transmis ou partagé, un inventaire dans le cadre d’une succession permet de la replacer parmi les autres biens et les documents disponibles. Précisez l’objectif de la demande afin d’orienter l’étude : information sur la valeur, partage ou projet de vente.
Le cabinet Fabien Robaldo confronte ces éléments aux résultats comparables. Pour un projet de vente, l’estimation de l’œuvre et le choix d’une vacation doivent être étudiés avec les conditions de mise en vente. Un résultat antérieur ne garantit pas le prix obtenu pour une autre pièce.
Transmettez les photographies, les dimensions et les documents de votre peinture, œuvre sur papier ou estampe de Kim Tschang-Yeul.
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