Expertise · Tableaux anciens · Dessins français
Vous souhaitez faire estimer un tableau ou un dessin de Louis II de Boullogne ? L’attribution est le premier point à établir. Une œuvre du peintre, une réalisation avec son atelier et une copie d’après sa composition demandent des comparaisons différentes.
Le sujet, la technique, les dimensions, l’état et la provenance permettent ensuite de situer la valeur. Pour un dessin, le lien avec un tableau ou un décor documenté peut apporter un élément important à l’étude.
Demander une estimation gratuiteLouis II de Boullogne (1654–1733), dit le Jeune, doit être distingué de son père Louis Boullogne, dit le Vieux, et de son frère Bon Boullogne. Les variantes Boullogne, Boullongne et Boulogne apparaissent dans les catalogues. Un nom inscrit au dos d’une toile ne suffit donc pas à l’identifier. L’expertise confronte l’œuvre elle-même aux sources historiques et aux notices de ventes, en conservant les réserves d’attribution lorsqu’elles existent.
Cote de Louis II de Boullogne : tableaux et dessins
La valeur d’une œuvre de Louis II de Boullogne dépend de son statut d’attribution autant que de sa technique. Les tableaux mythologiques ou religieux et les dessins originaux ne forment pas un ensemble homogène. Une académie, c’est-à-dire une étude de figure d’après le modèle, peut atteindre un montant important lorsqu’elle est bien documentée.
Les repères ci-dessous concernent les œuvres présentées sous le nom du peintre, sans restriction d’attribution dans les notices retenues. Ils reposent sur des ventes identifiables et ne constituent ni un prix moyen ni un barème applicable à toute œuvre ancienne portant son nom.
| Typologie d’œuvre | Fourchette indicative de cote |
|---|---|
| Peintures sur toile documentées, hors compositions exceptionnelles | 7 000 € – 30 000 € |
| Dessins originaux : académies, études de figures et compositions | 700 € – 30 000 € |
Ces fourchettes ne remplacent pas une estimation individuelle. Le corpus réunit des ventes de plusieurs années, avec des prix hors frais, frais inclus ou dont la base n’est pas précisée, sans retraitement sur une base commune. Les compositions majeures peuvent dépasser ces repères. Les œuvres attribuées, d’atelier, d’entourage ou d’après le peintre doivent être examinées séparément.
L’examen du support, de la matière et des inscriptions permet de choisir des comparables pertinents. Notre rubrique sur l’estimation des tableaux présente les éléments utiles à cette première analyse.
Résultats de ventes de Louis II de Boullogne
Ces six ventes proviennent de six maisons distinctes. Les prix correspondent à des exemplaires précis ; les mentions d’atelier sont conservées. Les dates de vente ne doivent pas être confondues avec les dates d’exécution des œuvres.
| Œuvre | Maison et date | Description | Prix publié |
|---|---|---|---|
| Vénus et Adonis, 1706 | MILLON 4 juin 2025 | Peinture sur toile, 92 × 125 cm. Signée et datée sur le char à gauche ; restaurations anciennes. | 14 500 € Hors frais |
| Personnages au bord d’un fleuve, dans un paysage montagneux, 1724 | Thierry de Maigret 6 juin 2018 | Peinture sur toile, 148 × 136 cm. Signée et datée en bas à droite. | 7 018 € Frais inclus |
| Apollon et Daphnée | Coutau-Bégarie 28 novembre 2018 | Peinture sur toile, 119 × 147 cm. Présentée sous le nom de Louis de Boullogne le Jeune. | 28 000 € Hors frais |
| Étude pour le dieu fleuve | Christie’s 22 novembre 2024 | Pierre noire et craie blanche sur papier gris, 38,4 × 49,7 cm. Monogramme LB en bas à gauche. | 4 032 € Frais inclus |
| Académie d’homme assis, 1694 | Ader 23 mars 2023 | Pierre noire et rehauts de blanc sur papier bleu, 47 × 29,3 cm. Signée et datée en bas à gauche. | 21 120 € Frais inclus |
| Apollon et Daphné, vers 1685 Louis de Boullogne et son atelier | Briscadieu 13 avril 2024 | Peinture sur toile, 115 × 148 cm. Participation de l’atelier expressément mentionnée. | 22 000 € Hors frais |
Le prix hors frais correspond au marteau ; le prix frais inclus comprend la commission acheteur publiée, sans nécessairement inclure toutes les taxes. Aucun de ces montants ne représente le produit net reçu par le vendeur. La participation de l’atelier signalée pour le tableau de Briscadieu interdit de le comparer comme une œuvre entièrement autographe.
Attribution, sujet et documentation : comprendre les prix
La main du peintre et la participation de l’atelier
Le libellé d’une notice doit être lu intégralement. « Louis II de Boullogne », « attribué à », « et son atelier » ou « d’après » décrivent des situations différentes. Comprendre les différences entre attribution et entourage aide à lire ces mentions avant de les confronter à l’examen matériel et aux recherches disponibles.
Le tableau Apollon et Daphné vendu par Briscadieu en 2024 est présenté comme une œuvre de Louis de Boullogne et de son atelier. Il s’agit d’une autre version que celle vendue chez Coutau-Bégarie en 2018. La notice évoque plusieurs dessins et compositions apparentés. Ces rapprochements documentaires ne justifient pas de supprimer la précision concernant l’atelier.
Les tableaux achevés et les études
Le sujet, la fonction et la place de l’œuvre dans un projet comptent davantage qu’un calcul fondé uniquement sur ses dimensions. Une peinture destinée à un décor, une esquisse et une variante ne répondent pas aux mêmes comparaisons. Les tableaux mythologiques et religieux doivent être rapprochés de compositions aussi proches que possible par leur ambition et leur état.
Les œuvres importantes peuvent se situer bien au-delà des repères courants. Pour Le Repas à Emmaüs, une huile sur toile signée et datée de 1704, Uppsala Auktionskammare publie un résultat arrondi de 3,7 millions de couronnes suédoises (SEK), lors de la vente du 16 juin 2022. La base de frais n’étant pas précisée dans ce résultat publié, le montant est conservé en SEK, sans conversion en euros. Ce cas ne représente pas la valeur habituelle de toute peinture de Boullogne.
Les dessins et leur provenance
Pour un dessin, la construction de la figure, la précision des rehauts, la lisibilité du trait et l’état du papier sont examinés ensemble. Une signature ou une date ne dispense pas d’étudier le support. L’Académie d’homme assis de 1694 vendue chez Ader illustre l’intérêt d’une feuille dont la technique, les dimensions et les inscriptions sont précisément décrites.
Une ancienne collection, une exposition ou une publication peut aider à suivre l’histoire d’un exemplaire. Les documents doivent toutefois correspondre à l’objet étudié. La recherche sur la provenance et son influence sur la valeur complète ainsi la comparaison des prix.
Biographie de Louis II de Boullogne (1654–1733)
Louis II de Boullogne (1654–1733), dit le Jeune, est un peintre, dessinateur et graveur français né à Paris le 19 novembre 1654. Il appartient à une famille d’artistes : son père, Louis Boullogne, dit le Vieux, et son frère aîné Bon sont également peintres. Formé auprès de son père, il remporte le prix de Rome en 1673. Son séjour italien, de 1675 à 1679, lui permet notamment de copier les compositions de Raphaël. Revenu en France, il est reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1681, avec une composition représentant Auguste fermant le temple de Janus.
Au début des années 1680, il participe au projet du cabinet des Beaux-Arts de Charles Perrault, à Paris. Plusieurs artistes contribuent à cet ensemble consacré aux arts, parmi lesquels son frère Bon, Charles de La Fosse et Antoine Coypel. Le Louvre conserve son esquisse peinte de Minerve protectrice des Arts, datée vers 1681–1682, ainsi qu’un dessin préparatoire sur papier bleu. La composition du dessin diffère du format circulaire retenu pour la peinture. Ces œuvres permettent de suivre une partie des recherches qui précèdent la réalisation d’un décor et montrent la complémentarité du travail peint et dessiné.
Sa carrière se développe ensuite au service de commandes religieuses et royales. Il intervient notamment dans la chapelle de la Vierge à Versailles et dans la chapelle Saint-Augustin de l’église des Invalides, dont le décor l’occupe entre 1702 et 1709. La mythologie constitue aussi une part de sa production. En 1701, il peint pour la galerie de Fontainebleau une grande composition consacrée à Flore et Zéphyr. Reprise dans la tapisserie des Gobelins, elle inspire également un groupe sculpté réalisé par d’autres artistes pour Trianon. Peinture, dessin et décor monumental s’inscrivent ainsi dans des projets associant plusieurs métiers.
Louis de Boullogne poursuit parallèlement une carrière académique : il devient recteur en 1717, directeur en 1722, puis Premier peintre du roi en 1725. Son activité de dessinateur comprend aussi des projets de médailles et de jetons. Un dessin conservé au Louvre pour le Trésor royal de 1725 associe pierre noire, plume, encre et lavis gris. Ces études complètent les recherches de figures et de compositions liées à ses tableaux. Il meurt à Paris le 21 novembre 1733. Ses peintures et ses dessins restent documentés par les collections publiques et par les travaux consacrés à son œuvre.
- 1673–1679 : Prix et séjour italien. Prix de Rome, puis étude des maîtres et copies de Raphaël en Italie.
- Années 1680 : Académie et premiers décors. Réception à l’Académie et projet du cabinet des Beaux-Arts de Charles Perrault.
- Autour de 1700 : Commandes royales et religieuses. Travaux à Fontainebleau, Versailles et dans la chapelle Saint-Augustin des Invalides.
- 1717–1733 : Responsabilités académiques. Recteur, directeur de l’Académie, puis Premier peintre du roi.
Tableaux, académies et projets décoratifs
L’œuvre de Louis II de Boullogne associe peinture et dessin. Pour l’expertise, il faut établir la fonction de chaque pièce : tableau achevé, recherche préparatoire, étude de figure ou reprise d’une composition. Une gravure exécutée par un autre artiste d’après un tableau doit être identifiée comme telle.
Peintures d’histoire
Les sujets religieux, mythologiques et allégoriques demandent une identification iconographique précise. Il faut examiner l’organisation des figures, le support, les dimensions et les variantes connues. Le titre ancien porté sur une étiquette peut nécessiter une révision.
Académies et études de figures
Les dessins à la pierre noire et aux rehauts de blanc, notamment sur papier bleu, sont documentés dans les collections et les ventes. Cette association de matériaux est partagée par d’autres artistes : elle ne constitue pas un signe exclusif de Louis de Boullogne.
Projets de décors et de médailles
Les esquisses peintes et les dessins de composition peuvent être liés à une commande précise. Les projets de médailles et de jetons constituent aussi une partie documentée de son activité. L’identification doit porter sur le projet représenté et la fonction de l’étude.
Estampes et gravures
Boullogne a également gravé : la BnF le désigne comme graveur d’Artémise. D’autres estampes reprennent ses compositions sous la main d’un autre graveur. Il faut identifier le peintre du modèle, le graveur, l’éditeur et l’état de l’épreuve. Une estampe ne se compare pas à un dessin original.
Le rapprochement avec un décor ou une composition conservée peut préciser la fonction d’une étude. Les archives utiles à l’identification d’une œuvre complètent l’examen des matériaux et des inscriptions.
Signature et identification d’une œuvre de Boullogne
Le monogramme LB est signalé sur plusieurs dessins conservés au Louvre. Il doit être rapproché de la technique, du papier, du style et de la provenance. Une signature, une annotation ancienne ou une étiquette commerciale constitue un élément à examiner, sans suffire à établir l’authenticité.
Les recherches peuvent également modifier l’identification d’un sujet. Le Louvre décrit une Femme allaitant un enfant autrefois rapprochée de la Présentation au Temple, mais étudiée comme une préparation au Baptême du Christ. La notice évoque une ancienne attribution du tableau à Bon Boullogne. Cet exemple invite à confronter les mentions anciennes aux travaux plus récents.
- Artiste et attribution
Distinguer Louis le Jeune de son père et de son frère Bon ; conserver les réserves d’attribution et les mentions d’atelier. - Composition et fonction
Identifier le sujet, les variantes et le lien éventuel avec un tableau, un décor ou un projet documentés. - Technique et dimensions
Relever le support, les matériaux et le format hors cadre ; distinguer dessin original et image imprimée. - Signatures et inscriptions
Photographier signature, monogramme, date et annotations au recto comme au verso accessible. - État et restaurations
Signaler les repeints, rentoilages, manques, déchirures, rousseurs et modifications de format connus. - Provenance et publications
Réunir factures, anciennes notices, catalogues, marques de collection et photographies de l’œuvre.
La monographie Louis de Boullogne d’Hélène Guicharnaud, publiée en 2011, et les notices des collections publiques fournissent des références pour les comparaisons. La présence d’un sujet dans une publication ne suffit pas à attribuer une autre version au peintre.
L’estimation porte sur une valeur de marché ; l’authentification concerne l’attribution. Selon le dossier, un examen direct et des recherches complémentaires peuvent être nécessaires. Le réseau d’experts du cabinet présente les domaines d’étude mobilisables ; un avis sur photographies ne vaut pas certificat d’authenticité.
Faire estimer un tableau ou un dessin de Louis II de Boullogne
Pour une peinture, envoyez une vue de face, une photographie du revers accessible et des détails de la signature, des inscriptions et des étiquettes. Indiquez les dimensions hors cadre, la technique supposée, les circonstances d’acquisition et les restaurations connues.
Pour un dessin, montrez l’ensemble de la feuille ou la partie visible sous le passe-partout. Précisez à quoi correspondent les dimensions indiquées. Ajoutez les marques de collection, les annotations et les documents disponibles, en distinguant une information familiale d’une référence publiée.
Une œuvre peut être étudiée dans le cadre d’un inventaire ou d’une succession. Les documents conservés avec les autres biens peuvent apporter des indications utiles sur son origine et ses anciennes attributions.
Le bureau d’expertise Fabien Robaldo propose une demande d’estimation gratuite en ligne. Les éléments transmis permettent d’orienter l’étude et les comparaisons. Pour préparer une vente éventuelle, notre rubrique sur les enchères et leur fonctionnement complète ces premiers repères.
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